Un arboretum non dénué de charme

arboretum
L’UCL a créé une réserve pour les arbres en 2004. On y voit principalement les espèces que les étudiants bioingénieurs doivent connaître.
 

Cet été, l’Avenir vous fait découvrir quelques-uns des lieux insolites de l’UCL. Première étape: l’arobretum.

Pierre Lhoir
Séquoia, cèdre, savonnier, érable, ginkgo, tsuga, épicéa de Shrenk… Au-dessus du golf de Louvain-la-Neuve, à la limite avec Wavre, se love l’arboretum de l’UCL. Avec ses quelque 150 espèces d’arbres, cet espace de 4 hectares est à la fois un lieu didactique, un laboratoire et un espace de flânerie.

Sa création remonte à l’automne 2004. Avant, il y avait là un champ de maïs et une peupleraie. «Nous y avons planté les espèces que les étudiants bioingénieurs doivent connaître ainsi que quelques autres espèces. Car il n’y avait pas grand-chose par ici tandis qu’à Louvain, il y a un arboretum qui date des années 30 et le parc d’Arenberg, explique Pierre Lhoir, technicien forestier dans l’Unité des eaux et forêts de l’UCL au sein de l’Earth and Life institute. Les arbres ne sont donc pas les uns contre les autres afin de pouvoir bien les voir, même lorsqu’ils seront adultes.»

Sur quatre espaces, il y a tant des résineux que des feuillus originaires de tout l’hémisphère Nord, du Japon aux États-Unis, si ce n’est l’araucaria du Chili, originaire de la Cordillère des Andes dont certains nomment les aiguilles «désespoir du singe», ce conifère ne se laissant pas facilement grimper.

Aucun arbre adulte n’a été planté, c’est pourquoi les arbres ont encore une taille modeste. Le plus difficile a d’ailleurs été de trouver les graines ou arbustes. «On m’a parfois certifié que les graines feraient pousser telle espèce alors que c’était un hybride qu’on a donc dû couper», continue Pierre Lhoir.

Ce dernier est aussi revenu de voyages avec des graines. «J’ai, par exemple, ramené des graines d’un charme-houblon du massif des Maures dans le Sud-Est de la France. Il s’installe bien sous nos latitudes. Tout comme un séquoia dont les graines ont été ramenées des États-Unis par une riveraine.»

C’est en cela que cet espace vert est un laboratoire: il permet d’observer comment des arbres venus d’ailleurs s’adaptent aux conditions météo de nos contrées. «C’est un enjeu important vu notamment la problématique du réchauffement climatique.»

Enfin, l’arboretum est un lieu d’agrément. Mardi nous y avons croisé deux joggeurs et deux promeneuses. Quatre membres du service de gestion du patrimoine – espaces extérieures de l’UCL s’occupent des lieux.

Actuellement, ils installent des poteaux en bois sur lequel est fixé un numéro repris dans un inventaire disponible dans des boîtes aux lettres, aux entrées du site. Celui-ci reprend l’aire d’origine et le nom latin de l’espèce, ce qui ne facilite pas la découverte. N’empêche, les lieux ne manquent pas de charme.

Quentin Colette (L'Avenir)

 

epicea

Un épicéa de Schrenk.

sequoia

Un séquoia géant originaire de l'ouest des États-Unis.

charme

Un charme-houblon.

araucacia

L'araucacia du Chili, la seule espèce venue de l'hémisphère Sud.



Vite dit

Difficile cohabitation avec les chevreuils
L’arboretum a été créé en 2004 mais a connu deux premières années difficiles à cause des chevreuils. «Nous avons perdu presque deux ans de plantations. Nous avons donc ceinturé les arbres pour qu’ils puissent croître», témoigne Pierre Lhoir. Les mulots n’ont pas toujours été tendres non plus avec les arbres.

Ce n’était pourtant pas un sapin de Noël
Cet hiver, un sapin, dont les graines ont été récoltées sur le Mont Ventoux, a été coupé et emporté par un malotru. «Or, c’est moche comme sapin de Noël», sourit jaune Francis, un des membres qui gère l’arboretum. Une plainte a été déposée à la police.

Pauvre Europe
«À cause des grandes glaciations, de nombreuses espèces n’ont pas pu migrer en Europe ce qui fait que la flore y est assez pauvre. On ne compte que deux espèces de résineux et une vingtaine d’espèces de feuillus», explique Pierre Lhoir.

Fauchage tardif

L’arboretum fait l’objet d’un fauchage tardif, histoire d’être un lieu accueillant pour les insectes. Le prochain fauchage sera effectué d’ici au 15 juillet.