Les initiatives de l’UCL en faveur du «bien vieillir»

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Le 1er octobre, c’est la Journée internationale des personnes âgées. Le vieillissement est un enjeu sociétal identifié comme stratégique par l’UCL, qui mène de nombreuses recherches en faveur du «bien vieillir».

Un grand nombre de chercheurs UCL de tous horizons sont par ailleurs réunis au sein du consortium de recherche Louvain4Ageing, qui favorise les projets pluridisciplinaires et intersectoriels.

Diminuer les risques dus à une médication «inappropriée» chez les seniors

L’utilisation des médicaments chez les personnes âgées est souvent une nécessité, mais comporte également certains risques. Selon de récentes statistiques européennes, 15% des 70-79 ans et près de 20% des patients à partir de 80 ans consomment dix médicament ou plus par jour, alors que 50 à 60% en consommeraient au moins cinq. De nombreuses études scientifiques ont montré, y compris en Belgique, que 40 à 50% des personnes âgées reçoivent au moins un médicament dit « inapproprié », pour lequel les risques sont supérieurs aux bénéfices. Les conséquences de cette utilisation inappropriée de médicaments ne sont pas anodines. Par exemple, jusqu’à 30% des hospitalisations chez les personnes âgées seraient directement liés à la prise de médicaments. Face à cette problématique, le groupe de recherche en pharmacie clinique au sein du Louvain Drug Research Institute, en collaboration avec le CHU UCL Namur et les Cliniques Universitaires Saint Luc, met en place et évalue différentes approches visant à minimiser les risques liés à une mauvaise utilisation des médicaments chez les personnes âgées. Le projet OPERAM, financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon 2020, a pour but d’optimiser la médication des personnes âgées pour notamment diminuer les hospitalisations liées aux médicaments. Les médecins et pharmaciens cliniciens participant utiliseront un logiciel qui servira de support à l’identification des médicaments inappropriés auprès de 2000 patients dans 4 pays européens, dont la Belgique. Le projet COME-ON est, lui, financé par l’INAMI. Avec le soutien d’une équipe de recherche de l’UCL et de la KU Leuven, une trentaine de maisons de repos, au nord et au sud, ont formé leur personnel à l’utilisation appropriée des médicaments et ont organisé des concertations multidisciplinaires (médecin généraliste, pharmacien et infirmier) pour revoir et optimiser le traitement de chaque résident.

Être aidant proche : entre reconnaissance et fragilité

Près d’un Belge sur 10 peut être considéré comme un aidant proche, soit 860000 personnes (150000 équivalents temps plein) : 50% prodiguent des soins de façon quotidienne et 20% y consacrent plus de 20 heures par semaine. Leur présence est indispensable pour permettre aux personnes qu’ils accompagnent de vivre chez elles, en accord avec leur choix de vie, et en particulier chez des personnes âgées fragiles. Prendre conscience de la présence des aidants proches en mettant en valeur leur action est d’autant plus important que certains ne se reconnaissent pas comme tels. Il est cependant important également, en tant que professionnels de la santé, d’être attentif aux possibles conséquences de l’aide sur la santé de ces aidants. Ces aidants sont en effet de plus en plus sollicités en raison du contexte sociodémographique (vieillissement de la population, incitation des personnes âgées à rester vivre chez elles le plus longtemps possible, raccourcissement des durées de séjour hospitalier). Etre aidant proche implique un investissement important sur le plan social, psychologique, financier et également de la santé physique. Prévenir l’épuisement et les problèmes de santé d’un aidant informel s’avère donc indispensable. Le projet CAREGIVER, mené par Marie de Saint-Hubert, gériatre au CHU UCL Namur et chercheuse à l’Institut de recherche Santé et Société de l’UCL, s’intéresse à la santé des aidants proches de personnes âgées fragiles et vise à identifier des facteurs de risque de décompensation. 79 aidants ont été rencontrés via les consultations de gériatrie, la collaboration avec l’asbl Aidants Proches, les médecins généralistes. Les premiers résultats montrent le caractère double de l’aide apportée : la grande majorité des aidants la décrivent comme épanouissante. Un certain nombre de ces aidants présentent néanmoins des facteurs de risque pour la santé: un tiers des aidants présente en effet un risque de dépression.

L’UCL crée un Living Lab à LLN pour mieux comprendre les enjeux du vieillissement

En 1991, la Wallonie comptait 21% de personnes âgées de 60 ans et + tandis que Louvain-la-Neuve en comptait 5%. En 2015, les chiffres grimpent à 24% pour la Wallonie (attestant ainsi du vieillissement de la population), tandis qu’à LLN, le nombre de 60 ans et + passait de 5 à 19%. Suite à cette forte augmentation, l’UCL a décidé de mettre sur pied un Living Lab, sorte de laboratoire à ciel ouvert, afin de mieux comprendre pourquoi Louvain-la-Neuve attire les personnes âgées et surtout, quels dispositifs mettre en place pour favoriser un vieillissement harmonieux. Un projet pilote dont les résultats pourraient ensuite être transposés au reste de la Wallonie. L’objectif du Living Lab de l’UCL ? Créer un laboratoire participatif qui offre la possibilité de tester certaines idées, technologies, modes d’organisation pour améliorer le vieillissement de la population mais aussi mieux comprendre les problèmes engendrés par le vieillissement. La particularité de ce projet de recherche? Il a été initié par la plateforme UCL Louvain4Ageing qui favorise l’interdisciplinarité autour des questions de vieillissement et rassemblera des chercheurs aux profils divers : médecins, économistes, démographes, sociologues, urbanistes, psychologues, ingénieurs (robotique). Les chercheurs de l’UCL sont déterminés à mieux appréhender et comprendre la population de LLN, via deux approches: une étude démographique, sur base des données dont dispose le Centre de recherche en démographie de l’UCL, afin de déterminer les profils des 60 ans et + (âge, degré d’instruction, actifs ou non professionnellement, type de logement, etc.); une enquête de terrain, sur base de questionnaires en face à face afin de mieux connaître les modes de vie de ces habitants. L’objectif est de récolter les témoignages de 750 personnes.

Améliorer la rééducation des victimes d’AVC grâce à un jeu intelligent adapté aux robots interactifs

Chaque année en Belgique, 19000 personnes sont victimes d’un premier AVC. Les lésions cérébrales sont donc une importante cause d'incapacité à long terme au sein de notre population, justifiant une rééducation intensive et prolongée. Cette forte demande est à l’origine du développement de la robotique de rééducation dont l’UCL est partie prenante puisque le Louvain Bionics, centre pluridisciplinaire de pointe en robotique médicale, a développé le robot REAPlan pour assister la rééducation du bras. Aujourd’hui, l’UCL mène un projet dont l’objectif est d’améliorer la rééducation des patients cérébrolésés grâce à RoBiGAME, un jeu sérieux intelligent adapté aux robots interactifs. Explications.

Les avantages des robots interactifs? Ils permettent l’exécution active, passive ou activo-passive d’un grand nombre de mouvements, en contrôlant la qualité et en fournissant des feedbacks au patient. Seulement, l’interface Homme-Machine des robots est encore relativement rudimentaire. Or, cette interface pourrait faire interagir l’homme et la machine de manière intelligente, en intégrant des jeux sérieux au robot interactif. Ces jeux constituent une source de motivation et d’adhésion des patients aux longs programmes de réadaptation. Ils offrent également la possibilité de prendre en charge les troubles associés des lésions cérébrales. L’objectif du projet mené par le Pr Thierry Lejeune et son équipe? Développer ROBiGAME, un jeu sérieux intelligent de rééducation du membre supérieur adapté aux robots interactifs dont le scénario s’adapte aux capacités fonctionnelles du patient, et dont l’assistance fournie évolue en fonction de performances motivationnelles, motrices et cognitives du patient. ROBiGAME devrait améliorer la rééducation des patients cérébrolésés en appliquant de manière optimale les recommandations actuelles de bonne pratique en rééducation neurologique.