La Ferme du Biéreau, une success story au cœur de l’Université

FOCUS PARTENAIRE

En quelques années, la Ferme du Biéreau est devenue un centre musical de référence au cœur du Brabant wallon. Intimement liée à l’Université, cette « Maison de toutes les musiques » organise chaque année une centaine de concerts et accueille plus de 40 000 visiteurs. Visite des lieux avec Gabriel Alloing et Axel de Jenlis, respectivement directeur et directeur adjoint de la Ferme.

Comment est né ce projet de lieu dédié à la musique dans une des fermes historiques de LLN ?

GA et AdJ Ancienne ferme brabançonne typique, la Ferme du Biéreau réunit, autour d’une cour quadrangulaire, plusieurs bâtiments classés : le corps de logis au sud, le fenil/foyer et les écuries respectivement à l’est et à l’ouest, et la grange au nord. Fin des années 1980, l’UCLouvain envisage la reconversion de la ferme en un espace culturel à vocation musicale ; la grange, dont le volume et la charpente constituent un atout majeur, est destinée à devenir une salle de concert. En vue de la réalisation du projet, l’UCLouvain s’associe à la Ville qui peut, en tant que pouvoir public, obtenir des subsides auprès de la Région wallonne (la ferme étant classée) et de la Communauté française. La Ville acquiert ainsi l’ensemble de la ferme via un bail emphytéotique, et partage la gestion des lieux à parité égale avec l’UCLouvain. La rénovation d’une première partie des bâtiments (la grange et l’aile Est) prendra près de 15 ans pour s’achever en 2005. A partir de l’été 2007, la gestion de la Ferme est confiée à l’ASBL Espace culturel Ferme du Biéreau créée pour l’occasion. Depuis, nous organisons de nombreux concerts, résidences d’artistes, enregistrements, création et diffusion de spectacles et nous continuons à œuvrer pour terminer les rénovations de la Ferme. Ainsi, il y a quelques semaines, nous avons inauguré les écuries et la cour fraichement rénovées. Les dernières phases de travaux concerneront l’imposant corps de logis et un agrandissement du foyer.

Comment définiriez-vous l’identité de la Ferme du Biéreau ? Quel est son ADN ?

GA et AdJ Selon sa devise, la Ferme du Biéreau est « la maison de toutes les musiques ». Notre but est de proposer une offre musicale très variée : du jazz au rock en passant par le classique, les musiques du monde, etc. Concerts, résidences d’artistes, enregistrements studio, productions et festivals s’y succèdent tout au long de l’année. L’ambiance si particulière de la grange confère aux activités qui s’y déroulent une atmosphère unique appréciée aussi bien du public que des artistes. A partir de 2021, nous pourrons également organiser de multiples activités dans le cadre plus intimiste et charmant des deux nouvelles salles des écuries (les Voussettes au rez et la faîtière à l’étage) qui viennent d’être rénovées. De plus, depuis quelques années, la Ferme est devenue une maison de création et de diffusion de spectacles musicaux mêlant souvent plusieurs disciplines en plus de la musique (théâtre, vidéo, etc), ce qui est unique en Belgique francophone. Bref, l’ADN de la Ferme, c’est le dynamisme, la diversité et la créativité au service de la musique sous toutes ses formes.

Quelques chiffres pour illustrer ce dynamisme ?

GA et AdJ Évidemment, depuis mars 2020, nous traversons une phase très difficile en raison de la crise du coronavirus qui a un impact particulièrement aigu pour le spectacle vivant. En effet, même lorsque nous n’étions pas à l’arrêt quasi complet comme c’est le cas depuis fin octobre, nous devions déjà faire face à des mesures sanitaires strictes qui limitaient nos capacités d’accueil. Les chiffres de cette saison ne sont donc pas représentatifs de notre activité normale. En temps normal, chaque saison, nous organisons en nos murs plus de 100 concerts vus en moyenne par environ 16 000 spectateur·trices. Si on ajoute la location des salles —qui représente 2/3 de nos activités—, ce sont plus de 40 000 visiteur·euses au total qui passent par la Ferme chaque année. Chaque saison, nous organisons aussi plusieurs festivals de musique, parmi lesquels le festival Kidzik (festival de musique jeune public) ou encore le festival international Est-Ouest (musique classique). Avec près de 250 événements par an, nos espaces sont occupés quasiment tous les jours de l’année, que ce soit pour des concerts, des enregistrements, des résidences, des conférences, des événements corporate, etc. De plus, la saison dernière, nos productions auront été appréciées par plus de 15 000 spectateur·trices – pour la plupart dans d’autres salles que la nôtre – au cours d’une soixantaine de représentations.

Quelles sont les interactions entre la Ferme et l’Université ? Comment intensifier encore ces relations autour, par exemple, de projets de recherche-création ?

GA et AdJ Les interactions entre la Ferme et l’Université sont nombreuses. Comme indiqué précédemment, l’Université est à l’origine du projet de la Ferme et continue à œuvrer à son développement notamment par l’intermédiaire de ses représentant·es au CA et via UCLouvain Culture. Concrètement l’Université contribue au financement de nos activités par une subvention annuelle. Par ailleurs, les étudiant·es et la communauté universitaire utilisent régulièrement nos infrastructures pour y organiser des activités. De plus, UCLouvain Culture s’associe à notre saison en participant à la programmation d’un certain nombre de concerts et événements, en offrant des places à la communauté universitaire et en soutenant notre cycle de concerts de midi, les Midzik. Par ailleurs, sur des projets dûment choisis, nous organisons des temps d’échange entre artistes et étudiant·es en liaison avec leurs cours. Nous allons encore intensifier ces relations en développant, chaque saison, des projets spécifiques afin de mettre la musique et ses déclinaisons en relation avec d’autres disciplines académiques. Nous avons déjà initié cette idée la saison dernière avec une conférence-concert autour du thème « musique et intelligence artificielle ». Dès la saison prochaine, en partenariat avec l’Université, nous souhaitons à nouveau explorer un thème lié à la musique par le biais d’un colloque, d’une conférence et d’échanges académiques. Le but de ce projet: contribuer à des travaux de recherche ainsi qu’à des modules d’enseignement de l’UCLouvain.

Propos recueillis par Frédéric Blondeau

 

Emmanuel Dekoninck nommé à la tête de l’ATJV

C'était un des postes à renouveler dans le paysage théâtral belge francophone. Le CA de l’Atelier Théâtre Jean Vilar a tranché en désignant en septembre dernier Emmanuel Dekoninck. Comédien, auteur, metteur en scène, enseignant à l’IAD, l’interprète de Colin dans L’Écume des jours (2000) et le metteur en scène de Frankenstein à Villersla-Ville (2013) ou de Hamlet avec Thomas Mustin (2019), Emmanuel Dekoninck est sorti du Conservatoire de Bruxelles en 1998 pour, aussitôt, se lancer sur les planches. Il fonde et anime notamment Les Gens de bonne compagnie et la Compagnie Ecce Homo. Il entrera en fonction à l’ATJV le 1er octobre 2021. D’ici là, il travaillera de concert avec la directrice sortante Cécile Van Snick pour assurer la transition. TRACES reviendra en détail sur cette nomination dans son numéro de septembre et proposera un portrait du nouveau directeur du Vilar.

 

Article publié dans le numéro 2 de TRACES, le magazine de l'actualité culturelle à l'UCLouvain. Lire la suite