L’UCL teste une nouvelle molécule pour la prévention des métastases cancéreuses, sur la souris

Publié le 04 décembre 2017

Il y a 3 ans, Pierre Sonveaux, chercheur à l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCL et son équipe ont découvert que, lorsque les mitochondries (sortes d’usines énergétiques) des cellules tumorales sont altérés, elles favorisent la formation des métastases. Ils ont ensuite validé une molécule, le mitoQ, capable de bloquer ces altérations et, ainsi, d’empêcher l’apparition des métastases tumorales. Aujourd’hui, Pierre Sonveaux vient de valider une 2e molécule1, la catéchine:lysine 1:2, permettant d’éviter l’apparition des métastases dans des expériences réalisées sur la souris. Ces résultats de recherche sont publiés dans la revue scientifique Frontiers in Pharmacology.

Cette nouvelle avancée réalisée par Pierre Sonveaux et son équipe est le fruit de multiples collaborations : celle des chercheurs de l’UCL avec Paul Niebes, qui a découvert les propriétés de la catéchine, et Henri May de la PME wallonne, VALORE (Seneffe), qui a fourni sa molécule à l’UCL dans le but de faire avancer la recherche. Des tests ont été réalisés, toujours sur la souris, et ils sont concluants : la catéchine:lysine 1:2 bloque clairement l’apparition des métastases de mélanome. Un brevet a donc été déposé. Deuxième collaboration, avec l’entreprise pharmaceutique belge, BePharBel, pour le développement de la molécule et sa production à large échelle. Avec, pour objectif, la production d’un médicament, si les tests à venir, d’abord sur la souris et ensuite, si tout va bien, sur l’homme, s’avèrent concluants. Ces tests et productions ont pu être réalisés grâce aux investissements BePharBel de la Région wallonne.

Pourquoi mener des recherches sur une 2e molécule, plutôt que de concentrer toutes ses forces sur la première découverte ? « En recherche, les découvertes sont nombreuses mais toutes ne débouchent pas sur des tests concluants chez l’homme. Notre objectif est donc de doubler les chances de réussite » explique Pierre Sonveaux.

La suite ? Continuer les tests avec cette 2e molécule sur la souris, pour voir si elle est efficace sur tous les types de cancers. Il s’agira ensuite de combiner l’action de la molécule avec d’autres traitements anticancéreux, histoire de s’assurer qu’ils sont bien compatibles (pas de toxicité ni d’interférence).

1. Cette molécule est issue d’une plante originaire d’Indonésie.

Article : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fphar.2017.00869/full

         


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