Pierre Coulie, président de l’ARMB

Depuis janvier dernier, le Professeur Pierre Coulie assure la présidence de l’Académie royale de Médecine de Belgique, et ce pour un an. L’occasion de faire le point sur le rôle de cette Académie et de ses membres.

Fondée en 1841 par Léopold Ier, l’Académie royale de Médecine de Belgique (ARMB) rassemble aujourd’hui une centaine de membres, académiques issus des universités francophones du pays, experts dans les domaines de la médecine, de la pharmacie, de la médecine vétérinaire et de la dentisterie. Son objectif ? Contribuer au progrès de la santé pour tous les Belges et améliorer les conditions de la recherche scientifique dans le domaine biomédical. Depuis 1930, il existe deux Académies royales de Médecine en Belgique, une pour la partie francophone et une pour la partie néerlandophone du pays.

Le rôle de l’ARMB est triple :

  • Permettre aux académiques du milieu médical de se tenir au courant des avancées dans les différents domaines médicaux (médecine, pharmacie, dentisterie, médecine vétérinaire). « Chaque mois, nous nous réunissons pour 2 ou 3 conférences de 45 minutes sur des sujets de pointe présentés pour que chacun puisse comprendre les avancées réalisées dans un domaine spécifique », explique Pierre Coulie, Professeur à l’Institut de Duve de l’UCLouvain.
  • Remettre des avis à la demande des autorités de santé ou spontanément sur une problématique de santé au sens large sociétale ou de santé publique. « Chaque membre de l’Académie est spécialiste dans son domaine et avec la pluralité de ses membres, l’Académie rassemble des expertises qui couvrent quasiment tous les domaines médicaux », poursuit le Président de l’ARMB.
  • Organiser des séances publiques thématiques autour d’un sujet médical ou sociétal à connotation médicale, souvent d’actualité. « Comme par exemple, les problématiques du rejet de la vaccination (lire encadré ci-dessous), du dépistage du cancer, de la médecine des migrants etc. », précise le Professeur Coulie. « Toutes ces séances sont publiques, les étudiants et toute personne intéressée par l’un ou l’autre sujet abordé lors de ces séances sont bienvenus. »

Chaque année de nouveaux membres sont élus suite à des propositions d’académiciens ou  des candidatures spontanées. En 2018, le Professeur Didier Lambert a intégré l’ARMB, tout comme ses collègues Patrice Cani en 2016 ou Sophie Lucas, Véronique Préat et Jean-Paul Thissen en 2017, pour ne parler que des membres de l’UCLouvain qui ont récemment rejoint l’Académie.

C’est le secrétaire perpétuel, actuellement le Professeur Jean-Michel Foidart (ULiège), et le président, le Professeur Pierre Coulie (UCLouvain) pour l’année 2019, assistés d'un Bureau de 5 autres académiciens, qui en gèrent le fonctionnement, prennent de nouvelles initiatives et adaptent le règlement. Ce dernier doit être validé par des arrêtés royaux. En février dernier, faisant suite à une tradition née avec S.M. la Reine Elisabeth qui avait montré un grand intérêt et dévouement pour la médecine au cours de la guerre 1914-18, S.M. la Reine Mathilde a été nommée Membre d’honneur de l’ARMB. S.M. La Reine a une formation de logopède et s’intéresse tout particulièrement à la santé des enfants en général.

Le Palais des Académies, où se déroulent les activités de l’ARMB, abrite également l’Académie royale de Belgique (ARB) qui rassemble les experts scientifiques des domaines non médicaux tels que l’ingénierie, la biologie, la chimie, la littérature etc. L’ARB organise elle aussi des conférences/leçons dans le cadre du « Collège Belgique » sur des thèmes variés, accessibles au grand public.

      Les vaccins à la Une

      « La problématique du rejet de ou de l’adhésion à la vaccination n’est pas nouvelle même s’il y a actuellement un pic de médiatisation par rapport notamment au retour de la rougeole », explique Pierre Coulie. « Ce n’est pas un problème facile à régler car les raisons des refus ou de la méfiance sont fort variables d’un pays à l’autre. Une méfiance vis-à-vis de  la médecine dite conventionnelle  s’est installée suite à des abus médiatisés qui polluent le raisonnement des gens. Il faut correctement informer la population, dédramatiser, présenter clairement les avantages de la vaccination sans du tout en cacher les très rares inconvénients. Une partie de la population pense que les autorités, médecins ou groupes pharmaceutiques leur cachent des effets secondaires graves des vaccins. Ce n’est pas le cas. L’Académie royale de Médecine a un rôle important à jouer pour informer la population avec objectivité. Si le rejet de la vaccination continue sur cette voie, d’autres maladies graves et facilement évitables, comme la diphtérie, referont leur apparition ».

      Publié le 20 mars 2019