2005

Des conséquences de la stigmatisation aux stratégies de défense de soi : le cas des personnes sans emploi.
David Bourguignon, Ginette Herman, Vincent Yzerbyt (2005)

Le chômage est une situation stigmatisante dont découlent bon nombre de difficultés rencontrées par les chômeurs. Tel sera le propos défendu dans cette thèse qui montrera en quoi la stigmatisation vécue par les chômeurs constitue un obstacle dans leur processus d'insertion sociale et professionnelle et peut être responsable de leur faible estime de soi. Dans un premier temps et sur base des travaux réalisés sur l'activation / menace du stéréotype (Steele et Aronson, 1995 ; Petty et Wheeler, 2001), la mauvaise réputation des chômeurs sera épinglée comme étant à l'origine de leurs faibles performances intellectuelles et de leurs intentions limitées d'entreprendre des recherches d'emploi et des activités culturelles. Dans un second temps, nous nous pencherons sur les difficultés à mettre en évidence un déficit d'estime de soi auprès des membres de groupes stigmatisés (Crocker et Major, 1989). La raison de ces difficultés réside dans la flexibilité dont font preuve les individus stigmatisés pour garder une estime de soi positive. Deux types de stratégies de protection de soi seront envisagés. La première consiste en la capacité des membres de groupes stigmatisés d'aménager leur réalité. Nous montrerons au travers de deux études que face à des situations de menace, les chômeurs minimisent leur perception de discrimination afin de protéger leur estime de soi. La seconde renvoie aux cognitions qui se révèlent être protectrices pour les membres de groupes stigmatisés. Partant du modèle « rejet-identification » développé par Branscombe, Schmitt et Harvey (1999), nous démontrerons l'importance de distinguer l'aspect personnel et groupal de la perception de discrimination au travers de populations différentes. Tout d'abord, deux études réalisées auprès de groupes communément étudiés dans le champ de la stigmatisation (le groupe des noirs et des femmes) témoigneront des effets différenciés de ces deux aspects sur l'estime de soi et montreront que la discrimination bénéfique pour l'estime de soi des chômeurs, tel n'est pas le cas pour l'identification qui constitue pour ce groupe un véritable fardeau. L'ensemble de ces résultats sera discuté à la lumière de la littérature sur la stigmatisation et de la théorie de l'identité sociale.groupale ainsi que l'identification se révèlent être des pensées protectrices. Cette réflexion sera ensuite prolongée par l'étude des personnes sans emploi, ce qui nuancera quelque peu ces premières conclusions. En effet, bien que la perception de discrimination groupale soit bénéfique pour l'estime de soi des chômeurs, tel n'est pas le cas pour l'identification qui constitue pour ce groupe un véritable fardeau. L'ensemble de ces résultats sera discuté à la lumière de la littérature sur la stigmatisation et de la théorie de l'identité sociale.

 

Transformation des structures familiales et évolution des politiques sociales : les services à la petite enfance comme services de cohésion sociale
Vincent Lhuillier, Francesca Petrella, avec la collaboration de Florence Degavre (2001-2005)

Dans le contexte de transformation des structures familiales et des évolutions sur le marché du travail, cette recherche européenne analyse la manière dont les politiques publiques, la sphère familiale et les organisations du tiers secteur interagissent dans le cas des services d’accueil des jeunes enfants (0-3 ou 0-6 ans selon les pays). L’objectif de cette recherche est de comprendre quelles sont les réponses apportées par les différentes organisations existantes aux évolutions socio-économiques et démographiques en cours et d’étudier en quoi les services d’accueil, qu’ils soient publics, privés, traditionnels ou innovants, contribuent à la cohésion sociale. Cette recherche a été menée dans une approche comparative à partir de rapports nationaux et de plusieurs études de cas locaux menées dans huit pays européens (Belgique, France, Italie, Espagne, Suède, Allemagne, Bulgarie, Royaume-Uni). Pour la Belgique, les études de cas ont porté sur Schaerbeek (Bruxelles) et, de façon plus limitée aux services extrascolaires, sur Ottignies- Louvain-la-Neuve. Les résultats ont conduit à la formulation de recommandations pour les politiques sociales et familiales.