10 ans de Prix Marcel De Merre

Depuis 2010, le prix Marcel De Merre en nanosciences et nanotechnologies a été décerné pratiquement tous les deux ans afin de permettre à un chercheur de l’UCLouvain de réaliser un séjour de perfectionnement à l’étranger (Prix OUT) et à un chercheur étranger de séjourner à l’UCLouvain (Prix IN).

Les nanosciences et nanotechnologies sont habituellement définies comme l’ensemble des études et procédés qui concernent les structures, dispositifs et systèmes à l’échelle nanométrique (10-9 mètre, un milliardième de mètre). Les nanosciences se concentrent sur l’émergence de propriétés nouvelles et la manipulation de la matière à l’échelle du nanomètre, tandis que les nanotechnologies concernent la conception et la production de dispositifs applicatifs. Les principaux champs scientifiques concernés sont les nanomatériaux, la nanomédecine et la nanoélectronique. Les nanosciences et nanotechnologies ont connu un essor phénoménal au cours des 25 dernières années, comme en témoignent les indicateurs scientifiques et technologiques ainsi que le niveau des financements publics. Cet engouement est justifié par l’impact révolutionnaire de certaines applications et le potentiel économique gigantesque, même si certaines prédictions paraissent exagérément optimistes.

Au début des années 2000, Pierre De Merre a éprouvé le désir de participer plus directement à la vie de l’université. C’est par l’intermédiaire de son ami Guy de Cordes qu’il a pris contact avec la Fondation Louvain et que l’idée de financer un projet a pris corps. Pierre De Merre a rencontré personnellement de nombreux professeurs de l’École polytechnique de Louvain avant de prendre la décision de dédier ce prix bisannuel au domaine des nanosciences et des nanotechnologies et à la mémoire de son père, Marcel De Merre.

Prix en nanotechnologies

Le Prix De Merre est un prix bisannuel en nanosciences et nanotechnologies afin d’attirer à l’UCLouvain des jeunes chercheurs brillants (Prix IN) et de permettre à des chercheurs plus confirmés d’acquérir une expertise nouvelle via un séjour sabbatique à l’étranger (Prix OUT) dans le but d’accroître la visibilité internationale de l’institution. Les lauréats de la bourse IN se voient octroyer, pour une durée de deux ans, une bourse de recherche postdoctorale afin de développer un projet de recherche ambitieux dans un laboratoire de l’UCLouvain actif dans le domaine des nanosciences et nanotechnologies.

En 10 ans, le Prix Marcel De Merre a octroyé neuf bourses de recherche. Quatre professeurs de l’UCLouvain (Jean-Pierre Raskin (2010), Alain Jonas (2015), Xavier Gonze (2018) et Jean-François Gohy (2018)) ont été récompensés pour mener leur recherche à l’étranger, tandis que cinq jeunes chercheurs (Andrés Rafael Botello Méndez (2010), Ruby May A. Sullan (2013), Jean-Joseph Adjizian (2015), Hui Shang (2018) et Paul Baral (2020)) ont été accueillis à l’UCLouvain durant deux ans.

Le lauréat 2020

La cinquième édition du Prix Marcel De Merre a récompensé Paul Baral, docteur en mécanique des matériaux de l'Université de Lyon, pour son projet de recherche intitulé « Deformation mechanisms of Earth’s upper mantle constituents at the nanoscale ». Il est accueilli à l’UCLouvain depuis 2020 pour mener ses recherches dans le laboratoire du professeur Thomas Pardoen. L’objectif principal de son étude est d’améliorer la compréhension des phénomènes physiques élémentaires responsables du comportement du manteau terrestre. Plus particulièrement, ce projet porte sur la mesure de propriétés mécaniques de l’olivine, qui compose 60 % du manteau supérieur. Ainsi, comprendre ses mécanismes de déformation, à l’échelle de quelques centaines de nanomètres, aura un grand impact sur l’étude de la tectonique des plaques.

Les premiers résultats montrent que la phase amorphe de l’olivine – présente dans certaines conditions aux joints de grains – se révèle moins résistante que le cristal d’olivine lorsqu’elle est soumise à de très faibles vitesses de déformation. Le glissement aux joints de grains pourrait donc être facilité par la présence de cette phase amorphe. Des essais à hautes températures (jusqu’à 800 °C) sont actuellement en cours pour se rapprocher des conditions naturelles de sollicitations de l’olivine amorphe dans le manteau terrestre supérieur.

Publié le 30 juin 2021