Quand l’université se met au service des athlètes

Dans ce quatrième volet de notre série consacrée aux Jeux olympiques et paralympiques, nous abordons la question du rôle que jouent les universités dans l'encadrement des athlètes de haut niveau. Préparation physique, préparation psychologique, insertion socio-professionnelle, … celui-ci se situe à différents niveaux.

Mardi 17 août, 10h30, Laboratoire de l’effort de la Faculté des sciences de la motricité de l’UCLouvain. Dans la chambre hypoxique, Maxime Hordies et Jean-François Deberg, deux athlètes handbikers (para-cyclisme), effectuent leur troisième séance d’acclimatation en vue des jeux paralympiques qui s’ouvrent dans quelques jours à Tokyo. « Nous reproduisons dans la chambre les conditions qu’ils devraient connaître lors de leurs épreuves, explique Nicolas Benoit, expert en performance sportive au Laboratoire de l’effort. « Une température d’environ trente degrés et un taux d’humidité de 70 à 80%. Pour les athlètes paralympiques, plus encore que pour les athlètes valides, il est important de pouvoir gérer les conditions climatiques extrêmes. »

Maxime et Jean-François effectueront encore une séance le lendemain, avant de s’envoler pour Tokyo où ils ont de bonnes chances de décrocher une médaille (tous deux ont été champions du monde dans leur catégorie). Cette après-midi, c’est le champion de tennis en chaise roulante Joachim Gérard qui occupera la chambre.

Ces derniers mois, le Laboratoire de l’effort de l’UCLouvain a vu défiler une belle brochette d’athlètes olympiques et paralympiques : parmi eux, les Belgian Cats (l’équipe nationale de basketball féminin), le coureur de 800 m Eliott Crestan, la spécialiste du 1500 m Elise Vanderelst et l’équipe belge d’équitation. « Chaque membre de l’équipe est venu·e tester pendant une heure ses facultés d’adaptation à la chaleur et l’humidité, explique Nicolas Benoit. Après le test, nous avons pu leur donner une procédure d’acclimatation individualisée. Les trois médaillés de bronze à Tokyo, Pieter Devos, Jérôme Guery et Grégory Wathelet (photo), sont donc passés par ici. »

Collaboration interuniversitaire

Les services du Laboratoire de l’effort ne sont qu’un des volets de l’aide proposée par l’UCLouvain aux athlètes de haut niveau. Le Service de psychologie du sport, qui offre notamment un soutien à la gestion du stress, en est un autre. « Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles se sont réparti les différents volets de l’aide à la performance sportive en fonction de leurs compétences et des outils dont elles disposent, explique Marc Francaux, professeur de physiologie de l’exercice et responsable du Laboratoire de l’effort. A l’UCLouvain, nous sommes spécialisés dans les aspects métaboliques de l’effort et dans la psychologie du sport; l’ULB s’occupe davantage des aspects force et puissance et du volet nutritionnel; l’ULg est quant à elle spécialisée dans l’analyse du mouvement et dans la prévention des blessures. »

La collaboration des trois universités s’organise au sein de l’asbl « Centre d’aide à la performance sportive », subventionnée par le ministère des Sports de la FWB. « 80% de nos athlètes qui sont allé·es à Tokyo ont fait appel aux services de l’asbl », précise encore Marc Francaux.

Enfin, Thierry Zintz, professeur émérite de la Faculté des sciences de la motricité et toujours actif au sein du Comité international olympique (CIO), rappelle l’implication de l’UCLouvain dans le programme « MEMOS » du CIO. Celui-ci propose aux athlètes un master exécutif en management des organisations sportives accessible via la valorisation des acquis de l’expérience (VAE). L’UCLouvain est une des douze universités partenaires du programme. « Ce programme témoigne de la volonté du CIO d’offrir aux athlètes des solutions pour rebondir après leur carrière sportive. C’est aussi un aspect important de l’encadrement: il est fini le temps où l’on abandonnait les athlètes après leur carrière sportive», assure le Pr Zintz.


Les handbikers Maxime Hordies et Jean-François Deberg en pleine séance d’acclimatation dans la chambre hypoxique de l’UCLouvain. Debout, Nicolas Benoit.

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Publié le 18 août 2021