Collection de cours manuscrits de l'Université

ARCV

Collection de cours manuscrits de l'Université de Louvain 1425-1797

La collection de 152 cours des I7e et 18e siècles s'est constituée progressivement à partir des années 1940, les incendies d'août 1914 et de mai 1940 ayant détruit les collections antérieures. Elle bénéficia de la générosité de mécènes qui possédaient dans leur bibliothèque tel ou tel manuscrit de cours, patiemment copié par l'un de leurs ancêtres, étudiant à l'université de Louvain. Aujourd'hui, c'est dans les catalogues de libraires et dans les ventes publiques qu'il faut chercher ces précieux témoignages sur l'enseignement et la vie quotidienne de la cité universitaire.

La collection conservée à l'UCL est d'une grande valeur et peu d'universités peuvent s'enorgueillir d'en posséder une aussi vaste. La plupart du temps, les cours d'ancien régime sont mêlés aux collections de manuscrits divers.

Ces cours sont l'œuvre d'étudiants. On imagine ceux-ci, assis dans leur chambrée, à la lumière d'une bougie peut-être, peinant à recopier les textes, en latin, que les professeurs enseignaient sous forme de dictée ou de commentaires.

Les nombreuses matières, arides parfois, étaient regroupées dans deux types de cours : la logique et la physique. Ainsi, dans la deuxième moitié du 18e siècle, la Physique traitait du mouvement, de l'optique, de l'hydrostatique, de la perspective, de l'électricité, du son, de l'air, des vapeurs, de la mécanique, de l'astronomie, de la cosmographie, de la géographie, de la gravité, du magnétisme, des météorites, de la lumière, de l 'architecture, du calendrier, du feu, du mouvement des marées, de l'eau, du corps naturel… Une diversité qui permet de suivre l'évolution des connaissances du temps.

Le catalogue a une visée analytique. Il spécifie la discipline faisant l'objet du cours et différents renseignements relatifs à celui-ci : date, noms des professeurs dispensant la matière, nom de l'étudiant et endroit où il suivait le cours. Egalement des données techniques: matière du livre, dimensions, nombre de folios, état de la reliure, provenance du manuscrit et date d'entrée dans la collection. Il énumère les matières et répertorie l'iconographie qui flanque les textes.

Le catalogue est illustré et contient plusieurs index. Une introduction substantielle présente l'histoire de la collection et en explique les valeurs documentaires. Elle porte aussi intérêt aux conditions dans lesquelles l'enseignement universitaire était organisé sous l'ancien régime, où l'université de Louvain était la seule existant sur le territoire de la Belgique actuelle.

L'iconographie présente dans les cours se révèle pleine d'intérêt.

Les gravures, plus rares au 17e siècle, se généralisent dans le courant du 18e siècle et se retrouvent presque systématiquement pour illustrer certaines matières. Vendues chez les libraires, elles étaient intercalées entre les cahiers ou à la fin du cours lors de la reliure.

Certains étudiants, peut-être moins nantis ou plus artistes dessinaient parfois à la plume ces mêmes gravures. Beaucoup de dessins ou de schémas manuscrits parsèment les pages ou les espaces laissés vides lors de la copie. Certains illustrent les propos du texte, mais d'autres sont dus à l'imagination débridée de l'étudiant copiste. Scènes de carnaval, paysages, étudiant au travail ou … pinte à la main, animaux familiers se retrouvent sur les pages de plusieurs cours.