L'erreur archivistique

ARCV

De la compréhension de l'erreur à la perception et à la gestion des incertitudes

 

4e de couverture

 

L’erreur est inhérente à toute activité humaine et a donné lieu à de nombreuses prises de position, du droit à l’erreur revendiqué à la stigmatisation de l’erreur comme déviance.
L’archivistique, comme science de la gestion des archives, ne fait pas exception à cette règle, d’autant plus peut-être que les bouleversements de toutes natures y ont été particulièrement importants au cours des deux derniers siècles.
A y regarder de plus près cependant, il apparaît rapidement d’une part que la notion même d’erreur est fluctuante suivant les lieux et les époques, vérifiant le vieil adage « vérité par-delà, erreur par-deçà », et d’autre part, que ce terme générique recouvre des réalités très différentes, qu’il s’agisse de dysfonctionnements, de pratiques inadéquates, voire de fautes ou … simplement de différences d’appréciation.
Pour les archivistes confrontés aux défis conceptuels, technologiques, juridiques, démocratiques et scientifiques de la société de l’information, identifier les erreurs et leurs sources comme les enseignements à en retirer est donc crucial, que ceux-ci touchent aux principes mêmes de la discipline ou aux différentes fonctions archivistiques.
Sur la base de l’analyse de cas concrets, touchant soit aux grands principes de la discipline, soit aux grandes fonctions généralement identifiées, soit aux différents niveaux de prise de décisions, l’objectif de ces deux journées d’étude était de définir l’erreur archivistique en tant que telle, d’en dresser une typologie, d’en identifier les causes, les conséquences et les enseignements.

 

Table des matières

 

 Introduction
    Paul SERVAIS

Retours réflexifs sur les théories et les pratiques

L’erreur : sens et significations
    Robert STEICHEN

    1. Introduction
    2. Trois voies d’approche
    3. L’erreur humaine
    4. L’erreur qualifiée ou professionnelle
    5. L’erreur archivistique du commun des mortels
    6. L’erreur compulsive ou symptomatique
    7. Le désir de l’archiviste : mission de sauvetage
    8. L’erreur archivistique : une étrange jouissance
    9. Une logique de la perversion archivistique
    10. L’archiviste et la toute-puissance divine
    11. L’archivage contre l’entropie
    12. Entropie et répétition des erreurs
    13. Une éthique de l’archivage : sauver les signifiants de l’ordre culturel ?

L’erreur archivistique. Une impression « grafienne »
    Christoph GRAF

    1. Introduction - Définitions
    2. La tradition de l’historien-archiviste comme péché originel
    3. Le « Records Management » comme talon d’Achille
    4. Le respect des fonds et l'évaluation comme « pièce de résistance »
         La description et la mise en valeur des fonds
         L’évaluation et le tri
    5. L’ouverture des archives comme pilier de la démocratie

L’archivistique à l’épreuve de l’erreur et du temps
    Bruno DELMAS

    Introduction   
    1. L’erreur avant l’erreur, l’erreur avant la règle
         La méconnaissance de la nature propre des archives et la formation de collections de monuments écrits
         La variabilité de l’utilité des archives et les destructions jugées aujourd’hui intempestives
         Les erreurs de la Révolution française ?
    2. L’apparition de la règle et l’essor de l’erreur archivistique au milieu du 19e siècle 
         Le poids des pratiques du passé dans l’application des règles d’archivage
         Les erreurs de bon sens et le zèle inutiles
         Les difficiles élaborations et adaptations des règles génératrices de nouvelles erreurs
         L’interprétation difficile des règles d’archivage
         La difficulté de tirer les leçons des erreurs du passé
    3. Le défi de l’innovation et de la cohérence : vers de nouvelles erreurs archivistiques
         Les erreurs dues à la passivité face à l’évolution contexte
         Les erreurs dues au contexte : les erreurs idéologiques et opportunistes
         Les erreurs dues aux tentations idéologiques
         Les erreurs psychologiques
    Conclusion

Les fondements scientifiques de la théorie du cycle de vie et les archives
    Martine CARDIN

    Erreur et objectivité scientifique
    L’approche par les âges : l’énoncé théorique
    Cycle de vie et sciences de la nature
    Cycle de vie et sciences de la culture
    Conclusion

La gestion de l’erreur

    Karel VELLE

    1. Qu’est ce qu’une « bonne gestion » pour les Archives de l’État ?
    2. L’évaluation des prestations dans les services d’archives
         Pourquoi évaluer les prestations dans un service d’archives ?
         Quels sont les conditions et critères pour évaluer les prestations ?
         Quelles prestations peuvent déjà être évaluées ?
         Quelles sont les prestations que nous n’évaluons pas et que nous devrions évaluer à l’avenir ?
    3. La surveillance de la qualité du service au public
    En guise de conclusion

Analyses de cas, partages d’expériences


I. Des archivistes


Péché et (dés)ordre originels. L’abstention comme prévention de l’erreur selon Jenkinson

    Didier DEVRIESE


Faut-il vraiment que l’archiviste soit historien ?

    Olivier ROBERT

    Qu’est-ce que les archives ?
    L’archivistique est-elle une science ?
    Le conservateur et le manager
    Le rôle de l’historien dans les archives
    Qu’est-ce qu’une erreur ?

II. Évaluation et acquisition


Des pratiques et décisions politiques pour les archives. Fonds factices, collections et « papiers inutiles ».
À propos de l'action de Louis-Prosper Gachard
    Jean-Marie YANTE
    1. Les archives des Chambres des Comptes
    2. Fonds et collections factices
    3. Recueils de correspondances et d’autres documents
    4. Tris et éliminations

L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs.

Cent cinquante ans de tri aux archives de l’État à Gand


    Marc CARNIER

    Les Archives de l’État à Gand
    Le cadre légal et la pratique
    Le tri aux Archives de l’État à Gand
         Commissariat d’arrondissement de Termonde en 1851
         Conseil de Flandre et États de Flandre en 1886
         La Cour d’Appel en 1924 et 1941
         Les critères
    Conclusions
    Annexe : Tri dans le ressort des Archives de l’État à Gand jusque 1970

La constitution de fonds d’archives historiques est-elle sujette à l’erreur ?

    Marie-Anne CHABIN

    1. Qu’est-ce qu’un fonds erroné ?
         L’erreur et l’erreur en archivistique
         Le passé, le présent et l’avenir
    2. Les causes de l’erreur dans la collecte et le traitement des fonds
         Les causes dues à la collecte
         Les causes dues au traitement
         Les causes des causes
    3. L’environnement numérique
         La révolution numérique
         La nécessaire évolution des méthodes archivistiques
    4. Pour de nouveaux principes archivistiques
         Principes de représentativité et de subsidiarité
         Le tableau de bord archivistique
    Conclusion

L’erreur archivistique : question d’évaluation ou d’acquisition ?

Prévenir ou se prémunir contre l’erreur de jugement ?


    Basma MAKHLOUF et Jacques GRIMARD †

    Introduction
         Prolégomènes à la réflexion
         Les termes de la réflexion
    Une recherche doctorale sur la qualité des archives définitives
         Délimitation conceptuelle
         Problématique
         But général
         Objectifs spécifiques
         Approche méthodologique
         Limites de la recherche
         Résultats escomptés
    Conclusion

III. Description et inventorisation


L’illusion documentaire : de l’usage de la classification en archivistique

    Bénédicte GRAILLES

    Position du problème
    L’épouvantail du système décimal
    Un dommage collatéral : le self-indexing system
    Annexes

L’apprentissage par les erreurs : un outil important pour l’archiviste

    Cynthia COUTURE

    1. Présentation de la ville de Montréal
    2. Présentation de la ville de Brossard
    3. Les fusions et leurs conséquences sur les archives
    4. Le calendrier de conservation au Québec : législation, fondements et application
         Réalisation d’un inventaire détaillé de tous les documents
         Individualisation des délais pour chaque unité
         Approbation par l’unité et conservatisme des décideurs
         L’archivistique, une discipline en émergence
    5. La refonte du calendrier de conservation
         Élaboration simplifiée et évolutive
         Analyse rationnelle de la valeur des documents
         Élaboration de règles pour des types de documents « génériques »
         Élaboration de délais pour les exemplaires principaux des documents
    6. La pertinence de l’apprentissage par l’erreur pour l’archiviste et son intégration aux pratiques
    7. Que pouvons-nous développer, en tant qu’archivistes, pour apprendre de nos erreurs ?
    En guise de conclusion

La normalisation au secours de l’archivistique ?
    Bruno GALLAND

    Introduction
    1. La normalisation dans les archives : étapes et objectifs
         Les étapes
         Les objectifs de la normalisation
    2. « Vingt ans après... » ou quels enseignements peut-on tirer des premières expériences de la normalisation dans les archives ?
         Les bénéfices de la normalisation : la description
         Le records management
         Les prestations externalisées d’archivage
         « Vérité en deçà des normes, erreur au-delà ? ». Les risques de la normalisation

IV. Conservation et communication

La foi béate mène à la faute : l’évolution technologique comme source d’erreur
    R.-Ferdinand POSWICK, o.s.b.

    1. Sources d’erreur dans la gestion électronique de textes et de documents
         Choix de matériels : deux exemples
         Choix des supports
         Procédures
         Le microfilmage
    2. La gestion informatisée d’archives apporte-t-elle une valeur ajoutée propre et quels sont ses risques ?


Et si l’erreur n’en était pas une ?
Les archives historiques en tant qu’objet de culture matérielle dans le cadre muséal
    François CARTIER

    Introduction
    Les archives du Musée McCord : d’hier à aujourd’hui
    Le document d’archives comme objet de culture matérielle
    Conclusions