Mon doctorat honoris causa a provoqué un déclic

Que leur a apporté le doctorat honoris causa qui leur a été décerné par l’UCLouvain ? Réponses de Maggy Barankitse (2004) et Boris Cyrulnik (2010).

Maggy Barankitse – docteur honoris causa 2004

« Que vous a apporté le doctorat honoris causa que vous avez reçu de l’UCLouvain ? » Maggy Barankitse éclate de rire… Burundaise exilée au Rwanda où elle poursuit son action auprès des réfugiés, la fondatrice de la Maison Shalom, un réseau créé en 1994 pour accueillir les enfants victimes de la guerre civile, répond d’une voix douce et déterminée. Pour elle, son doctorat honoris causa en 2004 a été l’élément déclencheur qui a donné naissance à de multiples réalisations.

« La première chose, c’est l’amitié sincère de personnes éprises de justice sociale qui ont immédiatement formé un réseau jusqu’à ce que le recteur d’alors, Marcel Crochet, me remette la distinction de l’université. Un peu plus tard il est venu sur place pendant une semaine voir la Maison Shalom. Avec Pascale Vielle (ndlr : professeure à la Faculté de droit et ‘marraine’ de Maggy), nous avons créé la Maison Shalom Belgium et nous avons eu l’idée de construire un hôpital où d’ailleurs beaucoup d’étudiants sont venus en stage. »

Selon Maggy Barankitse, ce doctorat honoris causa a provoqué un déclic en Belgique. « Tout de suite après, j’ai été reçue par le Roi Albert. La Reine Paola a fait soigner un enfant de la Maison Shalom et la famille Peterbroeck m’a accueillie et m’a offert un pied-à-terre, un ‘chez moi’ en Belgique. Le jour de la cérémonie, j’ai aussi rencontré l’éditeur Jean Mouttapa par l’intermédiaire de Gabriel Ringlet et en 2005 paraissait mon livre ‘La haine n’aura pas le dernier mot’ chez Albin Michel. C’est émouvant, j’en ai les larmes aux yeux quand j’y repense. En plus c’était un moment crucial au Burundi où on préparait les élections de 2005. »

L’UCLouvain lui a remis son premier doctorat honoris causa… aujourd’hui Maggy en a huit, dont trois aux Etats-Unis. Exilée au Rwanda, elle y poursuit inlassablement son travail de construction auprès des réfugiés burundais, distillant son message de paix. « Personne ne pourra détruire ce trésor, la paix, même au milieu des bombardements et de la haine. Notre unique mission, c’est de changer le monde en paradis. On peut le faire », conclut-elle tout simplement, animée d’une incroyable et contagieuse détermination.

 

 

Boris Cyrulnik, docteur honoris causa 2010

« Le souvenir que je garde de la cérémonie des docteurs honoris causa est détonant, gai, amical, pompeux », répond sans hésitation Boris Cyrulnik qui a été touché et amusé. « Il ne manquait que les trompettes de Jéricho. » Ce que cela m’a apporté ? Des relations d’amitié avec Bernard Rimé (son parrain) et d’autres universitaires que je connaissais, comme Nathalie Grosbois, relations que nous entretenons toujours.

Boris Cyrulnik ajoute que ce fut pour lui une reconnaissance importante, l’UCLouvain étant très appréciée en Europe, et ailleurs.