La biodiversité respectée

Plusieurs années avant son interdiction légale, le glyphosate n’a plus eu sa place dans la gestion des espaces verts de l’UCLouvain. Une action concrète parmi d’autres qui traduit la démarche réflexive et engagée du Service de gestion du patrimoine et des espaces extérieurs (GPEX).

L’UCLouvain, ce sont des auditoires, des laboratoires, des bureaux, des bibliothèques, des places propices à la rencontre et à l’échange mais aussi des espaces de vie et de nature. Des composantes essentielles au bien-être de l’ensemble de la communauté universitaire. Si la nature s’exprime pleinement au sein du Bois de Lauzelle ou du lac de Louvain-la-Neuve, deux lieux verts et emblématiques de l’UCLouvain, elle n’en est pas moins inexistante dans ses campus, entre ses bâtiments, au détour de ses ruelles. Cette nature urbaine bénéficie d’ailleurs d’une gestion respectueuse et engagée menée par le Service de gestion du patrimoine et des espaces extérieurs (GPEX).

Le processus avait été entamé dès 2011, mais en 2016, l’UCLouvain décide de supprimer totalement tout usage de produits phytosanitaires dans la gestion de ses espaces verts. Une décision qui a anticipé l’interdiction émanant de la Région wallonne, rendue effective dès 2019. Dans les quartiers néolouvanistes, tout est donc désherbé à la vapeur d’eau. Une méthode naturelle qui n’entrave pas la biodiversité. D’autres l’encouragent même comme la fauche tardive qui s’applique à de plus en plus d’espaces de verdure. Les 240 000 m2 de surface totale de Louvainla- Neuve comptabilisent aujourd’hui 86 000 m2 de terrain traités en fauche, soit une augmentation de 22 à 36 % en dix ans. Prés fleuris, installation d’hôtels à insectes et de nichoirs, haies de groseilliers ou petits vergers s’ajoutent à ces initiatives prises en faveur de la biodiversité urbaine sur l’ensemble des sites de l’Université.

Défis

  • Gérer les impacts des changements climatiques en remplaçant notamment certains arbres par d’autres espèces supportant la sécheresse.
  • Anticiper les évolutions du paysage émanant de l’expansion urbanistique.
  • Augmenter les surfaces de fauche et de pré fleuri. 30 nouveaux ares viennent d’être semés dans ce but dans le quartier du Biéreau.
  • Poursuivre la gestion différenciée qui plante au maximum des végétaux capables de pousser correctement jusqu’à l’âge adulte afin de minimiser les tailles et de créer des zones de refuge pour la faune.

Frein

  • « Non, la fauche tardive n’est pas un laisser-aller de la part des services d’entretien ». Les idées préconçues ont la vie dure. Le manque de communication auprès des habitant·es est un obstacle à certaines pratiques plus écologiques.

Un nouvel envol d'hirondelles

Au creux du béton louvaniste se nichent des hirondelles et des martinets noirs. Mais peu, trop peu. En 30 ans, la population de ces oiseaux a diminué de près de 45 % dans nos régions. En cause : la destruction des habitats, le manque de nourriture, la difficulté à trouver des matériaux adéquats pour la confection de nids, les migrations périlleuses, etc.

Et si Louvain-la-Neuve se faisait à nouveau berceau protecteur de ces espèces ? Telle est l’idée d’un groupe de membres du personnel dont le projet, soutenu par l’Université, propose un plan d’action concret et collaboratif. Après un recensement préliminaire des populations présentes sur le site, ce programme réunit, autour du projet, le personnel, les étudiant·es, les habitant·es et les écoles. Durant l’hiver 2018, 200 nids d’hirondelles et 36 de martinets ont été installés dans le but de mener des études scientifiques basées sur la protection et l’éthologie de ces deux espèces d’oiseaux.