Bien évaluer au moyen d’un QCM, c’est possible !

 

Dans le contexte actuel, une évaluation juste et équitable des acquis des étudiant·es est plus que jamais une priorité. L’UCLouvain a mené une vaste réflexion sur le recours aux questions à choix multiples (QCM).  Elle a mis en place un plan de formation et d’accompagnement des enseignant·es et pris une mesure unique en Fédération Wallonie Bruxelles : l’abandon des points négatifs.

À l’université, de nombreuses méthodes d’évaluation sont à la disposition des enseignant·es. Parmi elles, l’évaluation par QCM peut être justifiée par différentes raisons : le souhait d’utiliser un mode de correction le plus objectif et équitable possible, la volonté de balayer largement la matière (ou, à l’inverse, d’approfondir la connaissance de certains contenus), le besoin d’une méthode permettant une correction rapide ou encore le fait d’être confronté à un grand nombre d’étudiant·es à évaluer.

Des enquêtes menées auprès du public étudiant par l’Administration de l’enseignement et de la formation (service QOPA), il apparaît toutefois que celui-ci a une perception globalement négative de cette technique comparée aux autres modes d’évaluation. Beaucoup d'étudiant·es estiment que les QCM n’évaluent pas correctement leurs connaissances et sont d'avis que cette méthode donne une trop grande place à la stratégie.

Soucieuse de redonner confiance dans ce type évaluation et, plus largement, de mettre les étudiants·es dans les meilleures conditions pour démontrer leurs compétences, l’université a entamé en 2018 une large réflexion visant à améliorer le recours aux QCM. Celle-ci a abouti à la mise en place d’un plan d’action reposant sur quatre principes :

  1. Varier les méthodes d’évaluation dans un même programme d’études.
  2. Veiller à une bonne (in)formation des étudiant·es par les enseignant·es sur les modalités d’évaluation et le niveau d’exigence requis.
  3. Augmenter les exigences de qualité dans la conception des QCM.
  4. Informer et accompagner les enseignant·es sur l’ensemble des questions relatives à l’évaluation.

La fin du recours aux points négatifs

C’est le travail sur le troisième point - l’amélioration de la qualité des QCM - qui a amené l’université à adopter une mesure unique en Fédération Wallonie Bruxelles : l’abandon du recours aux points négatifs. Pour rappel, cette technique consiste à retirer des points à un·e étudiant·e lorsqu’il ou elle coche une réponse incorrecte dans une liste de propositions. Elle est utilisée pour limiter l’effet du hasard : le principe des choix multiples comporte en effet le risque qu’un·e étudiant·e réussisse en cochant au hasard une ou plusieurs réponses.

Plusieurs études, dont celles menées à l’UCLouvain par l’Administration de l’enseignement et de la formation (service QOPA), ont cependant montré que la méthode des points négatifs n'améliore ni la validité ni la fidélité d’une évaluation par QCM, car elle ne met pas l’étudiant·e dans de bonnes conditions pour démontrer sa connaissance de la matière. Elle engendre en outre un risque d’échecs abusifs. La prise de risque qu’elle impose pénalise les étudiant·es prudent·es ou manquant de confiance, qui ne sont pas encouragé·es à faire la démonstration de leurs connaissances, et au contraire pousse les étudiant·es plus téméraires à tenter leur chance. L’évaluation basée sur cette technique se fonde donc aussi sur l’aptitude de l’étudiant·e à prendre des risques, ce qui n’est pas l’objectif recherché.

L’usage des points négatifs sera donc abandonné à l’UCLouvain dès la session d’examens de janvier prochain. En parallèle, plusieurs solutions alternatives sont proposées aux enseignant·es pour limiter l’effet du hasard : réaliser des QCM comportant un grand nombre de questions (ce qui permet de poser plusieurs questions relatives à un même acquis d’apprentissage), concevoir des QCM où il est de l’intérêt de l’étudiant·e de répondre à toutes les questions mais où le seuil de réussite est fixé au-delà de 50%, ou encore recourir à des questions à réponses multiples (plusieurs réponses sont correctes).

Former et accompagner les enseignant·es

Pour les aider à s’engager dans ce processus d’amélioration de la qualité des QCM, les enseignant·es peuvent faire appel à différentes ressources mises à leur disposition par le Louvain Learning Lab (LLL), le département de l’université chargé de l’accompagnement pédagogique des enseignant·es. Des formations aux méthodes d’évaluation sont organisées plusieurs fois par an (une semaine de formation sera d’ailleurs organisée durant la semaine du 7 décembre) et des formations adaptées peuvent être mises sur pied à la demande d’une faculté ou d’une équipe.

De nombreux documents sont en outre à la disposition des enseignant·es sur le site dédié du LLL. Parmi ceux-ci, relevons le tout récent « Cahier du Louvain Learning Lab »* entièrement consacré à la pratique du QCM. Conçu comme un guide à destination de l’enseignant·e qui souhaite concevoir une évaluation à choix multiples, il passe en revue toutes les étapes du processus, du choix de la modalité d’évaluation à l’analyse des résultats en passant par la formulation des questions, l’établissement de la note, l’information aux étudiant·es et d’autres aspects. Le cahier intègre bien entendu les dernières recommandations de l’université. Dans un souci de partage, il est téléchargeable sur les pages web du LLL (voir ci-dessous).

*QCM or not QCM, Processus de conception d’une évaluation par QCM, sous la direction d’Emilie Malcourant, Cahier du Louvain Learning Lab N°10, Presses universitaires de Louvain, téléchargeable sur www.uclouvain.be/lll.

Publié le 30 novembre 2020