De la représentation à la littéralité

Analysant avec profondeur les discours légitimant l’architecture numérique, d’une part, et l’architecture collaborative, de l’autre, l’auteur montre à quels retours de flamme dialectiques on s’expose lorsque, suivant l’ambition de Manfredo Tafuri, on prétend « dépasser » la figure de l’architecte apparue à la Renaissance, tout à la fois intellectuel, artiste et « maître-penseur » au service des classes dominantes. À peine croit-on s’être débarrassé de l’architecte classique, et avec lui des mirages et des ravages de la Raison, de l’esthétique et de l’avant-garde, que ces dernières, ainsi que le fait apparaître l’auteur, reviennent sous une forme plus pernicieuse encore. Troquant la « représentation » contre la « littéralité », on n’obtient en définitive qu’une représentation – rationnelle, artistique ou politique – de la « littéralité ».

Aleksey Sevastyanov est architecte, diplômé par l’ENSA de Paris La Villette (2012), où il a également accompli un post master en Architecture et Philosophie (2013). Il a soutenu une thèse de doctorat en philosophie à l’Université de Lille, sous la direction de Holger Schmid. Elle a pour titre : « Architecture et irreprésentable. Pour une critique du sublime » (2018) et a obtenu une mention au Prix de la recherche et de Thèse de Doctorat en Architecture de l’Académie d'architecture (2019). Il publie des articles dans les Cahiers thématiques (« Sur le statut de l'architecture discursive : (im)matérialité de l'œuvre architecturale postmoderne ») et dans Médiation et Information (« Cette image qui parle. Sur quelques contradictions de l’image de synthèse en architecture »).


Aleksey Sevastyanov
Les pages du laa, No 33, novembre 2019.
 

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