Suggestions d'articles en ligne

CISMODOC

Cette rubrique vise à rassembler les sources d’informations utiles, articles scientifiques et assimilés électroniques ainsi que les articles de presse nous semblant pertinents, pour une meilleure compréhension de l’actualité changeante de l’islam contemporain.

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Bombaerts J-P., Comment émanciper l'islam de Belgique des tutelles étrangères ?, L'Echo, 3 octobre. L’idée de supprimer les financements étrangers s’avère difficile à réaliser dans les faits, raison pour laquelle il faut réactiver les outils existants tels que la cellule de traitement des informations financières (CETIF).

Second European Union Minorities and Discrimination Survey (EU-MIDIS II) Muslims – Selected findings. L’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié un rapport qui examine les expériences de discrimination, de profilage et de surveillance policière ainsi que les perceptions de citoyens, de 15 pays européens - dont la Belgique -, se déclarant musulmans. Le rapport montre que beaucoup de musulmans font encore l’objet de discrimination. C’est particulièrement le cas dans le domaine de l’emploi, ce sont les répondants maghrébins et la femme musulmane voilée qui connaissent le niveau le plus élevé de discrimination. 

Corpas Aguirre M., L’Espagne réfléchit sur la manière de contrôler ses imams, Oasis, 28 septembre 2017. Même si celle-ci est en avance sur le plan législatif au niveau de la question du financement du culte musulman et du contrôle des imams, elle reste néanmoins préoccupée - comme la majorité des États européens - par cette problématique. Par ailleurs, qu’entend-on par le contrôle des imams et des mosquées ? S’agit-il d’un contrôle du discours lors des prêches, de la création d’un registre des imams, de la formation du personnel religieux, etc. ?

La Fondation Bertelmanns vient de publier son rapport 2017 « Muslims in Europe. Integrated but not accepted? ». Une étude réalisée sur un échantillon de 10 000 personnes issues de cinq pays européens (France, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne, Australie). Ce rapport met en exergue que, malgré les tensions sociales, l’insertion des musulmans européens dans la société progresse. Tout d’abord, une progression générale du sentiment d’appartenance et d’identification au pays d’accueil : le seul pays où l’on constate une sensible diminution c’est en France. Ensuite, l’acquisition de la langue du pays d’accueil tend à se généraliser. Le rapport souligne également que le niveau d’éducation des jeunes générations tend à s’améliorer de génération en génération. C’est la France qui offre une meilleure intégration dans le système scolaire, les jeunes étant scolarisés plus longtemps. Par contre, elle a une faible capacité intégratrice sur le marché de l’emploi, même chez les citoyens musulmans les plus qualifiés. Ce sont les musulmans pratiquants qui sont le plus touchés par le chômage. Une intégration plus importante par le travail est constatée en Allemagne et en Suisse, mais les étudiants quittent l’école plus jeunes, s’investissant par conséquent moins dans de longues études. Concernant les relations musulmans/non-musulmans, c’est au Royaume-Uni que les relations avec les non-musulmans sont les plus faibles (68%) et en Suisse les plus élevées (87%), en France et en Allemagne le taux est également élevé (78%). Le rapport "Religion Monitor" tend à montrer que l’affiliation religieuse n’est pas un frein à l' insertion des musulmans. Pour le rapport complet cliquez ici

Filiu J-P., La relance de la « campagne d’Europe » de Daech, Un si Proche Orient, 27 août 2017. Dans ce billet, Jean-Pierre Filiu (historien et arabisant) explique que le lancement de la campagne terroriste de Daesh en Europe, qui avait débuté avant la proclamation du califat, rentre dans une nouvelle phase.  Celle-ci montre que les attaques terroristes touchent l’ensemble de l’Europe (l’Allemagne, le Danemark, le Royaume-Uni ou encore l’Espagne) et ne se limitent pas uniquement à la Belgique et la France. La dernière attaque en Catalogne montre l’existence de cellules terroristes dormantes.

Gaillard H., Faits religieux au travail : de l’émergence à l’encadrement par le droit et le management, The Conversation, 22 août 2017. Un texte qui montre les évolutions législatives nationales, mais aussi européennes, qui accorde la liberté religieuse dans les entreprises. La pluralisation grandissante de la société donnera naissance à diverses polémiques sur les manifestations religieuses aussi bien dans le milieu professionnel que scolaire. Le droit apporte des réponses à ses controverses, mais ces réponses proviennent aussi du dialogue au sein des entreprises qui souhaitent promouvoir la diversité. 

Sottas Ph., En Arabie saoudite, la communauté chiite menacée, Les Yeux du Monde.fr, 21 août 2017. La communauté minoritaire chiite saoudienne (10 à 15% de la population) subit une politique de discrimination depuis la création de l’Arabie saoudite. La volonté de suprématie de L’Iran et de l’Arabie saoudite se répercute sur la minorité chiite.

Filiu J-P., Le discutable bilan de trois ans de coalition anti-Daech, Un si Proche Orient, 18 août 2017. Jean-Pierre Filiu montre que, malgré les trois ans de bombardements aériens et la coalition internationale contre l’« État islamique », la capacité terroriste de ce dernier depuis sa création n’a pas faibli : l’attentat terroriste à Barcelone en est la preuve.

Rouxel M., Entretien avec Leila Seurat – Le point sur le Hamas, Les clés du Moyen-Orient, 18 août 2017. Le Mouvement de la Résistance Islamique se positionne, en vertu de son engagement politique, comme interlocuteur alternatif à l’OLP. L’entretien montre les évolutions des positions politiques du mouvement ainsi que les alliances régionales.

Brignone M., Est-ce toute la faute du wahhabisme ?, Oasis, 7 août 2017. Pour beaucoup de penseur(e)s musulmans contemporains, la résolution de la crise religieuse et politique dans le monde arabo-musulman nécessite un retour au réformisme du 19e siècle. Selon Soumaya Ghannouchi (fille du chef de parti politique tunisien Ennahda, une organisation proche des Frères musulmans), c’est lors de l’exil de militants de la confrérie (Frères musulmans) dans les Pays du Golfe que l’islam politique assimile le rigorisme salafiste et intègre l’idéologie wahhabite. C’est seulement à partir de la deuxième guerre du Golfe que la légitimité de l’Arabie saoudite sera progressivement contestée par de nombreux islamistes et la rivalité entre ces deux courants ne fera que s’accentuer. L’auteur critique cette position en signalant par exemple que la rencontre de l’idéologie wahhabiste et réformiste a lieu avant l’exil des Frères musulmans, déjà avec le réformiste Rashid Rida (m.1935). Il remet également en question la vision englobante de l’islam politique.

Crétois J., Maroc : culture, spiritualité et écologie au service de la diplomatie chérifienne, Jeune Afrique, 2 août 2017. Le Maroc mène une diplomatie culturelle et écologique. Il utilise la culture comme outil pour lutter contre le terrorisme avec la création de centres de formation universitaires pour des imams étrangers, notamment africains. En termes d’écologie, on peut citer la création de la plus grande centrale solaire Noor ou de la COP22 de Marrakech en 2016.

Entretien avec Haoues Seniguer l’islamisme du Moyen Orient à l’Europe, Les clés du Moyen-Orient, 24 juillet 2017. L’émergence de l’islamisme légaliste et de l’islamisme violent se fait généralement dans des circonstances particulières. Le premier se développe dans un contexte autoritaire (lorsque les institutions politiques ne respectent pas les règles démocratiques et le pluralisme) et le second se développe suite à l’effondrement de la structure étatique. Il ne faut cependant pas minimiser le dynamisme et l’autonomie du religieux, ainsi la politisation du religieux peut se faire aussi dans un contexte démocratique.

Mann C., Comment le voile a donné naissance à la « hijabista » mondiale, The Conversation, 12 juillet 2017. Un article qui explique en quoi le voile islamique suscite de virulentes controverses en Occident.  Mais aussi ses évolutions, ses variantes, notamment géographiques. En effet, il évolue différemment selon les régions.  L’article explique aussi la notion de « hijabista », phénomène récent de jeunes femmes modernes, branchées et voilées.

Brignone M., Les clivages du Moyen-Orient : sunnites, chiites mais aussi..., Oasis, 28 juin 2017. Pour comprendre  ce que les jeux d’alliances et les tensions dans le Moyen-Orient ont fait en règle générale à la rivalité géostratégique entre régimes sunnites et régimes chiites, principalement l’Iran et l’Arabie saoudite. L’analyse de la dernière crise met surtout en avant l’émergence d’une nouvelle génération d’hommes politiques et une nouvelle conception de l’ordre politique au Moyen-Orient. En effet, la mise en place d’un front anti-Qatar ne peut s’expliquer par cette division historique sunnite-chiite.

Guillermin-Golet S., Le mythe des terroristes « loups solitaires » (1/2) et (2/2), Les Yeux du Monde.fr, 15 juin 2017. Pour expliquer les derniers attentats, le vocable de « loup solitaire » a plusieurs fois été évoqué dans les médias et par des experts. La première partie de ce texte se penche sur l’origine de cette formule et la seconde s’interroge sur la pertinence du terme dans le contexte actuel où les organisations terroristes incitent les citoyens à se joindre à eux de manière individuelle, à devenir un « loup solitaire – lone mujahidin » et attaquer leur pays d’origine ou de résidence. Cela signifie que ces loups solitaires ne le sont pas complétement et que l’usage de cette formule pour la compréhension d’un phénomène aussi complexe n’est pas suffisant.

Wagemakers J., Pourquoi les salafistes sont anti-soufis, Oasis, 8 juin 2017. Le salafisme qui prône un retour à l’islam des origines s’oppose généralement au soufisme. Les reproches du salafisme au soufisme sont à la fois doctrinales et politiques.

Ambrosio A. F., Les confréries et le coup d’état turc, Oasis, 6 juin 2017. Les différents courants soufis ont façonné l’islam turc et ont également influencé le pouvoir politique turc actuel. C’est le mouvement de Fethullah Gülen qui s’oppose à l’institutionnalisation de la mystique musulmane en confrérie,  particulièrement étudié ici.

Pellegrino C., Qui sont les soufis, Oasis, 6 juin 2017. Un éclairage sur les origines du soufisme, la naissance des confréries et son institutionnalisation, ses grands maîtres mais également son étymologie.

Tiberj V., Une France moins xénophobe ?, La vie des idées fr., 6 juin 2017. L’intensification des attaques terroristes a-t-elle favorisé la montée de l’extrême droite et d’actes xénophobes à l’encontre des musulmans ? L’article montre un tableau nuancé ainsi que l’influence du récit de ces événements par les médias, les responsables politiques et sociaux.

Rouxel M., Taha Hussein (1889-1973), Les clés du Moyen-Orient, 30 mai 2017. Un article qui retrace la vie, les œuvres de l’un des plus importants écrivains, poètes et penseurs musulmans contemporains. Il se fait connaître grâce à de nombreux romans, mais c’est en 1927, avec la publication de son livre sur la poésie préislamique qu'il est propulsé sur la scène publique.

Colonna d’Istria M-A., L’Islam politique et l’Occident (1/3) : naissance d’un mouvement dans le tourbillon politique du XXe, Les Yeux du Monde.fr, 30 mai 2017. Un article qui situe la naissance de l’islam politique dans son contexte historique, un mouvement né avec la rencontre avec l’Occident. L’analyse de cette mouvance politique se fait à partir de deux théoriciens de l’islam politique qui encore aujourd’hui restent des références, Sayyid Abul Ala Maududi et Sayyid Qutb.

Une vidéo virale pour célébrer le ramadan et rejeter le terrorisme, L'Orient-Le Jour, mai 2017. Une grande agence de télécommunication koweitienne a diffusé, le vendredi 26 avril (la veille du Ramadan), une vidéo prônant la tolérance et rejetant la violence et le terrorisme, celle-ci a fait l’objet de plusieurs millions de vues.

Huchon O., Cartographie des premiers califats de l’islam et de l’expansion de la foi musulmane (VIIe – IXe siècles), Les clés du Moyen-Orient, 29 mai 2017. L’histoire de l’expansion de l’islam en quatre cartes : de l’époque du prophète (622) jusqu’au califat abbasside (VIIIe-IXe siècles).

Faye G., Ibn Khaldoun, un penseur dans l'islam, Le Point Afrique, 27 mai 2017. Un bon résumé de l’histoire personnelle d’Ibn Khaldoun (1332-1406), de sa formation, de sa pensée, de ses apports scientifiques, du contexte politique dans lequel il a vécu, etc. ainsi que de sa réception dans le monde arabo-musulman contemporain.

Dans un dossier intitulé : se saisir des attentats. La vie des idées nous propose deux articles : Truc G., l’attentat, le djihadiste et le territoire, La vie des idées.fr, 24 mai 2017 et Carpentier M.,Terrorisme et règle de droit, La vie des idées.fr, 29 mai 2017. Le premier article se penche sur la délicate question du sort des dépouilles de djihadistes. L’enterrement de ces djihadistes montre la déterritorialisation des terroristes. Par ailleurs, la question n’est seulement juridique, mais également politique. Le second article montre la difficulté des États de droits et du système juridique de contrer le terrorisme contemporain. Les démocraties européennes sont à la recherche d’un modèle capable d’assurer la sécurité des citoyens tout en assurant la liberté de ces derniers.

Enquête internationale sur les hommes et l’égalité des sexes, ONU femmes et ONG Promundo, mai 2017. Une étude inédite de l’ONU sur « Comprendre les Masculinités » dans quatre pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (Égypte, Liban, Maroc et Palestine) nous fournit des informations sur les attitudes et pratiques des hommes dans leurs relations avec le sexe opposé. Cette enquête nous montre que l’égalité homme-femme et l’inclusion des femmes dans la vie publique sont loin d’être acquises dans cette partie du monde. Par exemple, une partie importante des hommes interrogés (et plus de la moitié des femmes) acceptent la division traditionnelle entre les sexes et considèrent que la place de la femme est de s’occuper des tâches ménagères et de prendre soin de sa famille. L’étude met également en avant la violence domestique, le partage des tâches ménagères, les activités professionnelles hors du domicile, l’état psychologique avec un taux de dépression important (aucune perspective d’avenir et conditions de vie difficiles), etc. L’étude relève la « crise de la masculinité » dans un monde en pleine transformation, ce qui a une incidence sur les relations de genre et la construction des identités. Elle met également en exergue la difficulté des hommes à faire face au changement et à la transformation que connaissent ces sociétés. Elle indique par exemple «  Les hommes en particulier font face à un dilemme complexe : d’un côté, ils s’accrochent à un passé qui ne correspond plus au présent et, de l’autre, ils ne savent souvent que penser d’un changement susceptible d’alléger le lourd fardeau d’obligations patriarcales que leur impose la société ou ne sont pas disposés à l’accepter. ». En vue d’ améliorer l’équilibre entre les sexes et inciter au changement de certaines attitudes problématiques, l’étude recommande notamment l’engagement de figures religieuses avec un discours religieux progressiste visant à remettre en cause les stéréotypes sexistes, promouvoir des versions équitables de la masculinité et permettre un développement ainsi qu’une croissance inclusive. On constate que la transformation des attitudes et pratiques des hommes passe aussi par un discours religieux prônant l’égalité des sexes et dépassant le schéma familial traditionnel. L’étude note néanmoins une amélioration significative de la condition de la femme même si l’inclusion des femmes dans la vie publique et l’égalité des sexes est loin d’être acquise. Ici le résumé des résultats de l’enquête internationale en français

Blasphème : un argument pour discréditer des adversaires dans des pays musulmans, Religioscope, 9 mai 2017. Le gouverneur protestant de Djakarta a été condamné à deux d’emprisonnement pour blasphème pour avoir accusé ses adversaires politiques (principalement des groupes radicaux) d’utiliser à mauvais escient et de mal interpréter un verset coranique (Sourate 5, verset 51) selon lequel « le chef de l’État doit être musulman ». La sévérité de ce verdict crée la surprise et met en exergue l'influence grandissante des groupes radicaux dans le plus grand pays musulman. En outre, nombreux sont ceux qui craignent la montée de l’intolérance religieuse dans un pays multiconfessionnel où il deviendra inconcevable qu’un non-musulman devienne chef de l’État ou occupe un poste à responsabilité. Pour le gouverneur de Djakarta, l’accusation de blasphème est utilisée à des fins politiques et pour éliminer des personnalités politiques et opposants gênants. Notons que certaines constitutions, notamment dans les régimes présidentiels, exigent que le Chef de l’État soit musulman comme c’est par exemple le cas en Mauritanie, en Algérie, etc. Par contre, dans d'autres constitutions comme celle de l'Égypte, on ne retrouve aucune référence explicite à la religion du dirigeant, même si dans la réalité il est impensable d’avoir un chef d’Etat non-musulman excepté dans un pays pluriconfessionnel tel que le Liban où le pouvoir est partagé avec les autres confessions.

Bobin F., Mohamed Talbi, l’éclaireur du Coran, Le Monde Afrique, 5 mai 2017. L’historien et islamologue tunisien, Mohamed Talbi, vient de nous quitter à l’âge de 95 ans. Il prônait une lecture du Coran dynamique. Elle consiste à lire le Coran et la tradition musulmane «  avec les yeux des vivants et non avec ceux des morts » comme il l’expliquait. Le texte sacré doit également être compris en le mettant en relation avec les circonstances historiques et sociales de la révélation.

Lutfia Tisnadibrata I., Indonesian Muslim Women Leaders Speak Out on Marriage, Extremism, Rape, BernarNews, 5 mai 2017. L’émergence théologienne et savante musulmane est un phénomène nouveau qui a donné lieu en Indonésie a un premier congrès. Des questions liées à l’intégrisme religieux, l’éducation des femmes, à la polygamie, le mariage précoce, la violence sexuelle et l’obligation d’épouser son violeur, etc. y ont été abordées. Ces théologiennes, souvent traditionalistes, tentent de faire entendre leurs voix et de participer aux débats de sociétés et à la réforme de ces sociétés majoritairement musulmanes. Si le mouvement s’amplifie et s’organise, cela pourrait menacer l’autorité religieuse traditionnelle qui était exclusivement masculine. La majorité des participantes étaient des Indonésiennes. Toutefois, des Saoudiennes, des Pakistanaises, etc. étaient également présentes. Pour aller plus loin, voir article de Feillard A. et van Doorn-Harde  P. sur la nouvelle génération de féministe au sein de l’islam traditionnel en Indonésie.

Honoré L., Religion au travail : perspectives européennes et outre-Atlantique, The Conversation, 4 mai 2017. La pratique religieuse s’invite fréquemment sur les lieux de travail. Celles qui posent régulièrement problème sont le port visible de signes religieux, le menu religieux, le respect du calendrier religieux, etc.  La difficulté est de trouver un équilibre entre la liberté religieuse et le bon fonctionnement de l’entreprise. Une différence de perception entre la France et les États-Unis : d’un côté on privilégiera les accommodements raisonnables afin de garantir la liberté religieuse, de l’autre on privilégiera les intérêts collectifs aux intérêts personnels.  Le désarroi de certaines entreprises face à certains comportements religieux est lié en réalité à la place du religieux dans la sphère publique qui est renvoyée dans les sociétés sécularisées au domaine privé.

Benraad M., État islamique : non pas « influencer » le scrutin mais abattre la démocratie, The Conversation, 4 mai 2017. Dans cet article l’auteur vise à montrer que l’objectif de Daesh est de détruire la démocratie, car selon eux les États démocratiques sont en contradiction avec la souveraineté divine en appliquant la séparation de l’État et reconnaissant la souveraineté fondée sur la volonté du peuple. Les idéologues de Daesh développent une argumentation antidémocratique et ne reconnaissent aucune légitimité au vote démocratique. À travers ses organes de propagande, Daesch pousse les musulmanes à rejeter et à combattre la démocratie. Par ailleurs, ils considèrent les groupes islamistes et les musulmans qui participent aux élections ou entrent dans la compétition électorale comme des apostats. Pourtant, historiquement, les institutions politiques en terre d’islam ont toujours été diversifiées.

Benzine R., Mayeur-Jaouen C. et  Philip-Gay M, Rapport - Mission de réflexion sur la formation des imams et des cadres religieux musulmans, mars 2017. Ce rapport, de 72 pages, établi par trois universitaires, un islamologue (R. Benzine), une historienne de l’islam (C. Mayeur-Jaouen) et une juriste (M. Philip-Gay) a été remis le 6 mars dernier, mais seulement mis en ligne pour le grand public à la fin du mois d’avril ‘17). Ce document dresse un état des lieux de la formation des cadres religieux musulmans, qui se fait principalement à l’étranger ou au sein d’instituts privés musulmans et pointe ainsi le manque de Centres de formation et d’étude dans le cadre universitaire. Ce rapport déplore également la disparition de discipline comme l’islamologie dans les des universités françaises et demande sa réhabilitation. Actuellement, l’étude de l’islam et du monde musulman se fait principalement à partir de disciplines telles que les sciences politiques et les relations internationales. Pour pallier à ce manque de formation, les auteurs du rapport proposent la mise en place, en ligne, de formations en islamologie ainsi que des formations complémentaires en sciences humaines et sociales destinées aux étudiants issus d’instituts privés musulmans et formés dans les instituts étrangers dans la mesure où ces derniers ont généralement une approche confessante et l’enseignement des matières non religieuses, comme les disciplines critiques historiques, la sociologie, l’anthropologie, etc., y font souvent défaut. Lire ici l’ensemble du rapport.

Hadoux S. et Tihon M., Les femmes se mobilisent pour le référendum en Turquie. Au-delà du clivage entre islamistes et laïcs, Orient XXI, 13 avril 2017. Dans un contexte de menace terroriste et de guerre avec le PKK et Daesch ainsi qu’à la suite du putsch raté de l’été 2016, la population turque est appelée à s’exprimer par le vote au sujet d’une réforme de la Constitution, celle-ci ayant pour objectif de renforcer les pouvoirs du chef de l’Etat turc. Depuis 2003, Erdogan mène une politique alliant conservatisme religieux et prospérité économique. Cet article montre l’importance de la mobilisation féministe mais également la diversité des positions qui ne peuvent être expliquées par le seul clivage conservateur et moderniste. Ainsi, même parmi les électrices qui votent traditionnellement pour l’AKP, certaines sont conscientes de l’enjeu du référendum et notamment de l’élargissement du pouvoir du chef d’Etat qui faciliterait les dérives autoritaires et rendrait la contestation politique encore plus difficile. Les femmes qui mènent une campagne pour le « non » critiquent également la politique patriarcale du gouvernement. En revanche, celles qui sont favorables à cette modification constitutionnelle mettent en avant l’amélioration du niveau de vie des ménages et la modernisation de l’infrastructure du pays (transport, accès à l’éducation et au travail, etc.) que la politique économique ultralibérale d’Erdogan a permis. Par ailleurs, elles espèrent aussi une stabilité politique du pays grâce à un président fort. 

Messarra A., L’Islam et les musulmans doivent se pencher sur eux-mêmes, Oasis, 11 avril 2017. La conférence du Caire, organisée en collaboration avec le Conseil des sages musulmans et le président égyptien, sur le thème de « Liberté, citoyenneté, diversité et intégration », a réuni au sein de la célèbre Université du al-Azhar, plus de 200 personnalités et experts de différentes confessions, issus de 60 pays provenant principalement du monde arabe. Ces experts se sont entretenus sur des thèmes tels que la citoyenneté, la diversité, la liberté, le principe d’égalité…, l’objectif de ce rassemblement étant la transformation des mentalités et la coexistence entre des minorités dans des pays majoritairement musulmans. Cette conférence a par ailleurs débouché sur une déclaration sur la citoyenneté et le vivre ensemble.

Sbai J., Comment la France a traité l’islam et les musulmans, Orient XXI, 10 avril 2017. D’après l’auteure, c’est déjà depuis le XVIIe siècle – siècle des Lumières - que l’islam fait partie des débats. Avant la révolution française, cette religion était présentée comme plus tolérante et plus naturelle que le christianisme et ayant en outre une vocation universelle. Cette période est caractérisée par un « orientalisme islamisant » avec la IIe république et la colonisation qui développa un « orientalisme arabisant ». Ce second orientalisme redéfinit les relations avec les musulmans dans les colonies ainsi que les nouveaux musulmans installés en France. Fin des années 1970, l’islam réapparaitra dans les débats avec l’émergence de l’islam politique sur la scène internationale et la vague d’immigration provenant de pays musulmans. Les citoyens musulmans sont généralement absents des débats sur l’islam, comme notamment de celui portant sur l’enseignement de la langue arabe dans les écoles. Les débats et la production scientifique sur l’islam se focaliseront dans les années 1960 sur le couple « racisme-immigration » avant un changement de paradigme dans les années 1980. Il sera substitué par le couple islam-laïcité. La construction du modèle laïc français se fit dans un premier temps sur une critique du christianisme qui se focalise aujourd’hui principalement sur l’islam.

Mayer J-F., Caucase du Sud : religions et jeux d’influence, Religioscope, 27 mars 2017. C’est à partir notamment de la notion de soft power (capacité ou « pouvoir de convaincre ») que sera examinée cette recherche, s’étalant sur trois ans, sur le rôle des religions dans les relations transnationales et les stratégies d’influence dans cette région à la fin de la période soviétique. Les quatre grands acteurs dans cette région qui peuvent avoir recours à la dimension religieuse dans leurs stratégies d’influences sont : la Turquie - à travers notamment le mouvement de Fethullah Gülen -, la Russie et l’Église orthodoxe, l’Iran et - sonoffre de formation à Qom par exemple - ainsi que l’Union européenne en tant qu’acteur sécularisé prônant des valeurs d’individualisme libéral.

Paccaud D., Kazakhstan : entre islam traditionnel et réminiscences chamanistes - étude de cas sur les mazars, Religioscope, 27 mars 2017. L’auteur se focalise sur le mausolée d’un saint soufi du XVIIIe siècle devenu un lieu de pèlerinage : le mazar de Beket-Ata. En premier lieu, il faut se rappeler que c’est au XVe s. que l’islam devient la religion prédominante au Kazakhstan. Précisions aussi que l’islamisation des nomades, un processus encouragé par la tsarine Catherine II, se fera à partir du XVIIe s. Ensuite, le Kazakhstan est non seulement une région marquée par le chamanisme et l’influence du soufisme, mais a également connu le délitement de la transmission de l’héritage religieux sous la domination communiste ce qui explique qu'une partie importante des pèlerins se déclarent simplement musulmans sans faire de distinction entre les différents courants musulmans (sunnite/chiite, différentes écoles juridiques, etc.) et refusent généralement d'entrer dans ces polémiques. Pourtant, ils sont majoritairement sunnites et appartiennent à l’école juridique hanafite. Des orthodoxes musulmans à la recherche d’un islam purifié critiquent les superstitions et l’idolâtrie dans ce lieu de recueillement et de prière notamment dans le mazar de Beket-Ata.  Ils critiquerons, en autres, le fait qu'il n’y a pas de séparation entre femme et homme, les rituels accomplis sont un mélange de chamanisme, de soufisme et de pratique traditionnelle. Il en va de même,  la prière quotidienne musulmane, telle que pratiquée dans ce mausolée, s’éloigne des modalités  orthodoxes de la prière.

Haddad M., Pourquoi réformer l’islam est faisable, Le Monde des religions, 22 février 2017. Après avoir soutenu une thèse sur M. Abduh, sous la direction de M. Arkoun, l’auteur est à présent enseignant d’islamologie et de religions comparée dans une université tunisienne. Dans cet article, l’auteur développe l’hypothèse suivante : les penseurs réformistes musulmans du 19e siècle ont posé les jalons d’un développement de pensée dans le contexte arabo-musulman moderne, les problématiques de l’époque restant d’actualité. Retenons notamment l’introduction dans la pensée de l’époque de concepts et paradigmes modernes. Pourtant, la réforme initiée par Abduh fut avortée. Selon M. Haddad, les raisons en sont multiples. D’abord, parce que la pensée moderne est celle de l’ennemi dans la période postcoloniale et où le progrès ne concernera plus que les avancées technologiques et non plus le champ de la pensée. La montée de l’islam politique ainsi qu’une relecture de la pensée de Abduh à travers le prisme du wahhabisme et du fondamentalisme qui l’ont dénaturé, notamment les écrits de son disciple Rachid Rida. Le versant spirituel de l’islam fut minoré par le versant identitaire, raison pour laquelle il faut entreprendre de nouveaux chantiers pour la réinterprétation de la tradition. 

Gramer R., Comment Daech endoctrine les enfants avec une application, Slate.fr, 20 février 2017. Un article qui explore la programmation scolaire ainsi que les applications éducatives de l’EI. En plus des diverses propagandes sur les réseaux sociaux, il a développé un programme éducatif ayant pour objectif de familiariser les enfants, dès leur plus jeune âge, à leur idéologie violente et d’en assurer la transmission.

Shahrour M., "Les mouvements islamistes sont de véritables arnaques", Tel Quel, 7 février 2017.  M. Shahrour est l’un des plus importants herméneutes du texte coranique et penseur critique contemporain dans le monde arabe. Ce professeur en génie civil, issu d’une famille sunnite pratiquante, propose une lecture alternative. Son approche exégétique est scientifique et se fonde plus particulièrement sur les méthodes linguistiques modernes.  Il publie dans les années 1990 un livre intitulé Le livre et le Coran qui connaîtra un succès important en librairie mais qui suscitera également des critiques virulentes. Par la suite, il publiera plusieurs autres ouvrages. Les thèses principales développées dans cet ouvrage est que dans le contexte musulman, les autorités religieuses détiennent le monopole de la pensée, le musulman doit cesser de penser par procuration et doit développer une pensée autonome sur son patrimoine religieux. M. Sharour critique également la sacralisation des sciences religieuses et de l’exégèse musulmane classique qui n’ont pas évoluer avec la société et les progrès scientifiques. Les nouvelles générations doivent poursuivre le travail de réinterprétation et le Coran doit revenir au centre de la religion. De plus, son interprétation ne nécessite pas de littérature secondaire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il critique la sacralisation des Hadiths et de la Sunna. Selon lui, les groupes extrémistes se basent sur les anciennes lectures et interprètent le Coran de manière exclusivement politique. À propos du Coran, il distingue deux types de messages coraniques : l’un, de type universel, qui prône des valeurs éthiques qui peuvent rester d’application encore aujourd’hui ; l’autre, de type contextuel, étant des valeurs (ou une éthique) non recevables aujourd’hui. L’essence d’une religion est, d’après M. Shahrour, éthique et non politique, juridique, etc. et, la distinction entre les deux éthiques est primordiale, notamment pour les personnes vivant en Europe.

Mc Nicoll J., L'islam politique: qui a le droit d'en parler ?, Huffington Post, 8 février 2017.  Dans ce billet, une bloggeuse canadienne estime que l’évènement tragique qui a lieu dans la mosquée québécoise et le contexte haineux envers les communautés musulmanes ne doivent pas nous faire occulter l’existence de l’islamisme radical et du discours raciste envers les non-musulmans. Elle met en exergue l’importance de s’attaquer aux deux discours extrémistes qui engendrent de la violence et qui s’alimentent mutuellement.

 Lefébure A., Islam et femmes : Asma Lamrabet pose les questions qui fâchent, HuffPost Maroc, 8 février 2017. Dans cette interview, elle explique d’emblée qu’elle part d’une posture croyante. Selon elle, la place accordée à la femme dans les discours politiques, religieux, etc. montre que cette question centralise toutes les incertitudes. Les discours conservateurs dominants sur la femme permettent de maintenir l’identité culturelle et religieuse dans le contexte postcolonial mais également dans le contexte mondialisé actuel. D’ailleurs, la question de la femme est aussi bien instrumentalisée par le politique que dans le discours religieux qui reste largement patriarcal. A. Lamrabet prône aussi bien un féminisme qu’un islam dépolitisé, ancrés dans l’identité culturelle et spirituelle mais critique envers la pensée religieuse traditionnelle. Elle déplore également le fait que, même en Occident, la femme musulmane est réduite aux questions qui fâchent, elle exhorte aussi à une exégèse coranique féminine qui libère la femme.

Gaüzere D., Afghanistan : le troisième front de l’Etat Islamique ?, Diploweb.com, 7 février 2017. Un article qui explique que malgré la défaite de Daesh sur plusieurs fronts, notamment en Irak et en Syrie, on ne doit pas minimiser : d’une part, les loups solitaires ou les revenants qui pourraient encore agir de manière isolée et perpétrer des actes violents partout dans le monde ; d’autre part, il ne faut surtout pas minorer les zones d’influence de Daesh notamment dans les Zones Tribales centrasiatiques (Pakistan et Afghanistan) où la présence de ses sympathisants est importante. En effet, plusieurs mouvances islamistes radicales ont prêté allégeance à Daesh et ce dernier entretient des contacts suivis avec plusieurs cellules dormantes d’autant plus que les talibans, leurs concurrents, traversent une crise profonde de leadership.

Être né en France d’un parent immigré, Institut national de la statistique et des études économiques, Février 2017. Une étude réalisée par l’INSEE, publiée le 8 février 2017, s‘intéresse aux enfants français ayant au minimum un parent immigré. L’étude relève que les descendants des immigrés proviennent principalement d’Afrique et que plus de la moitié n’ont qu’un seul parent issu de l’immigration. L’INSEE met également en exergue quelques spécificités de ces jeunes descendants d’immigrés : ils quittent tardivement le foyer parental (en raison peut-être de la plus grande difficulté de trouver un emploi), il s’agit d’une population plus jeune que la moyenne nationale, ils habitent moins dans des zones géographiques concentrées par rapport à leurs parents, même si la ségrégation spatiale subsiste encore, ils habitent principalement dans les villes. L’étude précise également qu’une importante majorité vit en couple avec un conjoint qui n’est ni descendant d’immigré, ni immigré. Ils reproduisent ainsi le même schéma familial que le reste de la population.

Hartmann D., Les cyber-prédicateurs n’ont pas la cote, Le courrier, 20 janvier 2017. Une étude réalisée par une équipe de recherche de l’Université de Lucerne (Luzern), dirigée par le prof. M. Baumann, directeur d’étude en sciences humaines et religieuses. L’étude se concentre sur la formation de l’opinion et des idées religieuses chez les jeunes musulmans suisses. Le panel est composé de jeunes entre 15 et 30 ans, majoritairement sunnites et pratiquants. Les résultats de l’étude montrent que les ressources disponibles sur le net restent des sources incontournables d’information. Cependant, les jeunes interrogés s’appuient sur des supports issus de plusieurs canaux leur garantissant une information fiable. Par ailleurs, ces jeunes ne se rallient pas systématiquement aux discours religieux des cyber-prédicateurs. En outre, leur pratique religieuse n’est pas observée sans raison ni esprit critique. D’après l’étude, leurs principales préoccupations porteraient d’ailleurs sur la négociation de leurs croyances religieuses dans leur contexte sociétal, familial ainsi qu’au sein de leurs cercles d’amis. Certains adoptent une attitude positive et sont en quête de dialogue alors que d’autres sont dans l’enfermement identitaire. Les résultats de cette étude sont bien évidemment à nuancer car il est évident que la liberté individuelle - ainsi que la critique à l’égard des figures religieuses d’autorités - est moindre dans les pays où les grands courants religieux et/ou l’Etat détiennent le monopole de l’organisation de la religion et ce même dans les pays européens.

Legrain J-F., La e-communication du Hamas, Orient XXI, 18 janvier 2017. Un article qui montre les capacités adaptatives en termes de communication des organisations politiques religieuses. C’est avec professionnalisme qu’elles développent l’ « e-communications ». L’auteur étudie spécialement la stratégie et les plans de communication du Hamas qui s’investit dans les nouvelles techniques de diffusion de sa pensée. Divers canaux de diffusion sont investis : il se déploie sur les réseaux sociaux ainsi qu’à travers les médias tels que la radio, la télévision, la presse écrite, etc. mais aussi par la création d’un site web officiel. Il est important de souligner que souvent la place du religieux est marginalisée ; il s’agit prioritairement d’une communication politique qui vise à sensibiliser les sociétés arabes et musulmanes mais aussi occidentales.

Alijla A., The invisible battle, Qantara.de, 18 janvier 2017. L’auteur retrace l’histoire de l’émergence de la notion de « vrai musulman » par opposition au « faux musulman »  qu’il faut  combattre. Il traite également de la division des intellectuels arabo-musulmans quant à l’analyse de la violence au nom de la religion. Malgré l’important investissement d’une élite intellectuelle et culturelle pour proposer d’autres interprétations des textes religieux, les débats sur les réseaux sociaux restent dominés par le discours conservateur.  À titre d’exemple, certains courants obscurantistes ont justifié l’attaque terroriste dans une boite de nuit à Istanbul par le fait que la majorité des victimes étaient arabo-musulmanes et qu’elles n’avaient pas à être dans un lieu de débauche. Selon l’auteur, le véritable changement doit émaner d’une politique gouvernementale forte, notamment en matière de culture et d’éducation afin de développer le sens critique.

Ozerdem A. et Baser B. Dans une Turquie sous tension, Erdoğan fait fausse route, The Conversation, 11 janvier 2017. Un article qui entend expliquer les processus qui ont abouti aux violences politiques actuelles en Turquie. En effet, depuis deux ans, la Turquie est marquée par différents événements tragiques, plusieurs attaques terroristes, un putsch manqué qui a engendré de violentes répressions à l’encontre de ceux qui sont soupçonnés d’appartenir à la confrérie Gülen ou à un autre groupe d’opposition. Les trois organisations pointées du doigt par le gouvernement turc sont le PKK (parti des Travailleurs du Kurdistan) de tendance marxiste, l’Etat islamique et le mouvement Gülen selon. Les auteurs critiquent l’autoritarisme du  gouvernement actuel qui n’assure ni la sécurité ni la stabilité du pays.

Redissi H., Ce « hérétique orthodoxe » qui osa repenser l’Islam, Oasis, 10 janvier 2017. Un article qui analyse la réception de la pensée du réformateur M. Abduh.  Une figure centrale du mouvement de réforme, née au début du siècle dernier, qui produira aussi bien une pensée fondamentaliste que moderniste. Le salafisme se réclame des salaf al-salih « pieux ancêtres », qui désignent généralement la première génération des compagnons et les générations suivantes jusqu’à Ibn Hanbal (m. 855). Toutefois, dans la réalité, tous les réformateurs vont jusqu’à Ibn Taymiyya (m. 1328). Étant donné la prolongation d’un islam des origines jusqu’au 14ème siècle, l’auteur se pose la question de savoir « si le fondamentalisme n’est pas un néo-traditionalisme ? » même si de manière générale les réformateurs du début su siècle dernier sont anti-traditionnalistes car rejettent le taqlid (imitation des ancêtres), rejettent les écoles juridiques, critiquent l’élite religieuse traditionnelles et l’islam populaire, etc. Le salafisme réformiste naquit, d’après l’auteur, suite à la publication d’un article d’Abduh et Afghani ayant pour thème l’islam en déclin et proposant comme solution un retour aux fondamentaux. Aujourd’hui, les trois expressions du salafisme contemporain (lettré et missionnaire, politique et djihadiste -révolutionnaire-) ne se réfèrent plus au réformisme du début du siècle dernier  dont Abduh était une figure de proue. L’auteur signale également que ces trois figures (le missionnaire, le politique et le combattant) ont toujours existé dans l’histoire de l’islam. L’article permet de mieux discerner les débats actuels autour du terme fort médiatique de salafisme mais aussi d'une certaine manière de le démystifier.

Sexual violence, criminality, and immigration: Germany discusses how to report on immigrants’ criminal offences, Euro-Islam.info, 6 janvier 2017. Les répercussions de l’attaque terroriste de Berlin, les agressions sexuelles à Cologne mènent à des politiques restrictives en matière de régularisation des immigrés et à des politiques de plus en plus sécuritaires. L’intérêt de l’article réside d’un côté dans la mise en exergue de l’impulsion populiste qui incite à la médiatisation de tout acte répréhensible commis par un réfugié ou un étranger. D’un autre côté, l’article démontre la complexité de la situation en communiquant les chiffres concernant le taux de criminalité chez les différents groupes ethniques.  D’après des sociologues et criminologues, la criminalité est plus importante chez les réfugiés économiques qui, contrairement aux réfugiés politiques, ont peu de chance d’être régularisés et de pouvoir être intégrés dans le circuit économique légal. Enfin, les auteurs de crimes et d’actes violents présentent des caractéristiques communes : l’isolement social, des antécédents familiaux violents ainsi que des expériences  de jeunesse et d’adolescence violentes.

Sadiqi F., Female Perceptions of Islam in Today’s Morocco, Journal of Feminist Scholarship, 2016. L’auteur linguiste et spécialiste des questions de genre analyse dans cet article la perception de la femme marocaine sur le religieux. Le religieux au Maroc englobe trois dimensions : la foi, la culture et le politique. En effet, la religion est le fondement culturel et symbolique de l’identité nationale. Il existe d’ailleurs très peu de dissociation entre les identités religieuse et marocaine. Dans une société qui reste patriarcale, elle réalise des interviews auprès d’un échantillon comprenant 25 femmes. Il en ressort que la surdétermination de la religion sur d’autres aspects dépendra de la situation matrimoniale, du niveau d’éducation, de l’exercice - ou pas - d’une activité rémunérée. Ainsi, la femme marocaine, comme la société marocaine, ne constitue pas un groupe homogène. La société est traversée par de nouvelles façons d’être musulmane et le rapport à la religion est à la fois pluriel et complexe.

Orban A-Cl., Bossut N. et Rousseau N., Quand le racisme se fonde sur la culture, Pax Christi Wallonie Bruxelles, décembre 2016. L’article traite des changements dans l’argumentaire raciste, la différenciation ne se situant plus dans la hiérarchisation des races mais plutôt en termes de culture et de mode de vie inconciliable. Il s’appuie sur la théorie sociale du culturalisme. D’ailleurs, la catégorisation en groupe constitue un processus de construction identitaire normal. En revanche, il ne faut pas oublier qu’il s’agit de constructions sociales et non de données établies. Selon les auteurs, il existe deux formes de racisme qui se renforcent mutuellement : le racisme obsessionnel et la discrimination structurelle. L’idéologie raciste enferme les individus des groupes identitaires et hiérarchisés, fait disparaître la multiplicité des identités et les individualités pour en faire des êtres interchangeables. Les auteurs illustrent leurs propos à partir du cas des personnes afro-descendantes.

Fayad H., L’islam renouvelé, Oasis, 22 décembre 2016. l’auteur tente de répondre à la question qui taraude les penseurs musulmans depuis maintenant plus d’un siècle et demi : les causes du retard des musulmans sur les plans économique, politiques, culturel, scientifique, etc. Selon lui, le problème est lié à la préférence accordée au précepte plutôt qu’à la finalité, à la forme plutôt qu’à la substance, à l’interprétation littérale plutôt que spirituelle, etc. L’emprisonnement dans des formules littérales des mouvements empêche tout progrès. Il appelle à un renouvellement de l’islam grâce à une lecture et une compréhension du Coran conformes à l’esprit du temps et de l’époque.

Bennamate N., Benkirane est-il en train de séculariser son discours ?, Telquel.ma, 23 décembre 2017. Le journaliste interroge le lien existant entre religion et nation dans le contexte marocain. Il questionne aussi la sécularisation du discours religieux à partir de celui du leader d’un parti islamiste marocain (PJD) qui affirme que le comportement du musulman est plus important que les rites religieux. Cela signifie-il que la pratique effective serait moins importante que les bonnes actions ? Il fait également remarquer que cette évolution concerne l’ensemble des partis politiques traditionnels marocains mobilisant également le référentiel religieux. Cependant, le degré d’instrumentalisation du religieux est bien plus important au sein de l’islam politique. Il rappelle également que dans la réalité, il existe bel et bien une différenciation au niveau du discours entre le travail de prédication et le politique. En effet, le fonctionnement de l’islam politique n’est pas complétement religieux. Ce dernier n’est-il pas en train de s’intégrer dans le processus de laïcisation à l’instar des autres partis politiques au sein desquels le religieux n’a plus la prééminence ? Le politologue M. Tozy souhaite élargir le débat à la liberté de conscience qui constituerait une avancée bien plus significative.

Tenzer N., La guerre russe en Syrie change l'ordre du monde et le visage du XXIe siècle, HuffingtonPost, 20 décembre 2016. Dans cet article, l’auteur montre que l’intervention russe en Syrie marque un tournant stratégique et que nous entrons dans une nouvelle ère des relations internationales pour les décennies à venir. L’auteur explique qu’une grande puissance comme la Russie se sent libre d’entreprendre une guerre sans même devoir produire une justification ou rencontrer une quelconque opposition sérieuse des autres puissances. De sorte que, les grandes puissances ne sont plus désormais garantes de l’ordre du monde et de la quasi-mort de l’ONU, la possibilité d’enfreindre la loi internationale sans représailles détruisant l’espoir que les valeurs de justice de liberté, etc. finiraient par triompher. Il est nécessaire, selon l’auteur, de poursuivre les combats pour des idéaux de justice, de liberté, la démocratie, etc. afin de ne pas sombrer dans « l’ensauvagement » du monde.

Ben Mansour M., « Rire en Islam », La vie des idées, 13 décembre 2016. L’auteur s’attache à comprendre la relation de l’islam avec l’humour. Malgré une certaine défiance vis-à-vis du rire dès le début de l’islam - car assimilé au ricanement « des païens » face aux adeptes de la nouvelle religion - ou une ironie opposée aux principes des textes sacrés. Des érudits musulmans vont pourtant s’appuyer sur le Coran, la vie du prophète et celles des compagnons pour légitimer l’humour et le rire. De plus, les grandes figures emblématiques telles que les califes, les savants, etc. aimaient l’humour et la gaieté.  L’article est truffé d'anecdotes provenant du Moyen-âge, aussi bien dans la littérature arabe classique (Adab) que dans l’humour populaire qui touchait aussi la sphère religieuse mais aussi la sphère intime par exemple.

Herzet M. et Benyekhlef F., « Foulard à la HEPL, le retour sur une très mauvaise pièce… », Les progressistes musulmans, novembre 2016. Dans cet article, vous trouverez la lecture de deux militants laïques, une athée et un musulman progressiste,  sur l’interdiction du port du foulard dans l’enseignement supérieur. Après une typologie des différentes positions sur cette problématique, ils regrettent l’inaction des laïques musulmans, et la montée au créneau « d’associations communautaires musulmanes » mais aussi les maladresses de part et d’autres dans un contexte particulier. Cet article exprime la pluralité des positions sur ces questions au sein d’acteurs musulmans et non musulmans.

    Tourabi A., « La sécularisation, une révolution en cours », Tel Quel, 29 novembre 2016. Le célèbre journaliste marocain émet l’hypothèse que la société marocaine est en pleine transformation et connait un processus de sécularisation souterrain. Malgré la volonté de certains groupes d’instaurer une version de l’islam ritualiste et littéraliste ainsi qu’une visibilité religieuse grandissante, l’influence de la religion sur des sphères comme les institutions économiques, sociales et politiques s’amenuise. Évidemment, il s’agit d’une position tranchée mais il est vrai que peu d’études empiriques existent sur le quotidien du musulman, la sécularisation et l’athéisme dans ces sociétés.

    Dassetto, F., « Interprétations du radicalisme jihadiste et terroriste. À propos d’une polémique bien peu utile : Kepel vs Roy vs Burgat », Blog Felice Dassetto, 13 novembre 2016. Dans ce billet, F. Dassetto entend apporter un regard critique sur le débat entre trois grands spécialistes de l’islam contemporain. Une polémique qui risque de figer la recherche. Le texte permet également de dépasser cette polémique franco-française. Les explications concernant le passage au jihadisme-terrorisme sont multiples. Il existe de multiples facteurs concomitants. Afin d’éviter des analyses partielles, le sociologue propose l’analyse des facteurs causaux tenant compte de divers aspects : individuel, culturel, contextuel, les processus sociologiques de radicalisation, etc.

    Oubrou T., « La violence terroriste ne peut pas être soignée que par le religieux », Le Huffington Post, 12 novembre 2016. L’imam-théologien T. Oubrou explique que le religieux ne peut répondre seul à la violence terroriste même si les responsables religieux doivent assumer leurs parts de responsabilités et arrêter de prôner des pratiques qui engendrent des violences mentales. Cependant, l’intensité des débats sur l’islam mène à la confusion entre certaines pratiques religieuse et le terrorisme. En outre, la mondialisation provoque des crises et conflits auquel le discours religieux ne peut répondre seul.

    Khosrokhavar F., « Le martyre djihadiste féminin, un post-féminisme régressif », The conversation, 1 novembre 2016. L’auteur apporte un éclairage sur l’évolution du terrorisme contemporain et sa féminisation. Contrairement aux hommes, les motivations des jeunes femmes européennes sont plus humanitaires et plutôt liées à la recherche d’un « mari idéal » qui restaure « l’image écorchée de la masculinité ». Ce n’est donc pas une haine envers la société mais une recherche du « mari idéal » qui restaure « l’image de la masculinité ».  Elles ont souvent baigné dans un univers pré-djihadiste avant leur radicalisation et sont généralement issues des classes moyennes. Parmi elles figurent beaucoup de converties. Sa féminisation distingue le départ de jeunes femmes et l’apparition d’un nouveau djihadisme.

    Roy O., « Radicalisation : faire le djihad et mourir », Religioscope, 25 octobre 2016. Il s’agit d’un entretien avec O. Roy réalisé par Jenny M. dans lequel il aborde son dernier ouvrage dans lequel il analyse le djihadisme contemporain, Le djihadisme et la mort. Il  explique dans cet article les concepts développés telles que « l’islamisation de la radicalité », le « nihilisme générationnel », l’idée que les terroristes sont « born again », etc. L’une des pistes proposées est de faire en sorte que les frustrations ne se canalisent pas vers le djihadisme guerrier.

    Teissier H., « Algérie, le mysticisme soufi contre l’extrémisme », Oasis, 19 octobre 2016.  Un article qui met en exergue l’évolution des idées religieuses dans une Algérie qui a connu la violence extrémiste commise dans les années ‘90. Les courants mystiques musulmans peuvent-ils devenir un rempart contre le djihadisme et le radicalisme ?

    Conesa P., Verluise P., « L’Arabie saoudite : quelle diplomatie religieuse ? », Diploweb.com, 15 octobre 2016. Il s’agit d’un entretien du directeur de Diploweb.com, avec l’auteur d’un ouvrage publié aux éditions Robert Laffont par Conesa P., enseignant à Sciences-Po, qui traite du prosélytisme international du régime saoudien. Il explique comment, en s’appuyant sur une légitimité religieuse et tribale, mais aussi en se nommant salafiste et non plus wahhabite, le mouvement panislamiste devient progressivement le plus influent dans le monde grâce aussi aux ressources financières dont dispose le régime saoudien.

    Hourdeaux A-S., « Omero Marongiu, une voix dissonante de l'islam de France, Croix du Nord, 15 octobre 2016. Cet article permet de comprendre comment un intellectuel musulman (sociologue), après avoir suivi un parcours de militant musulman actif pendant plusieurs années, va tout quitter pour prendre et appeler à une réforme de l’islam de France.  

    Larroque A-Cl., « L’islamisme aujourd’hui : du quiétisme au djihâdisme », Diploweb.com, 10 octobre 2016. Un article de Larroque A-Cl., maître de conférences en Questions internationales à Sciences Po, qui met exergue la diversité des islamismes et distingue trois courants dans l’islamisme : l’activisme politique, l’activisme missionnaire et l’activisme violent et terroriste. L’auteure retrace aussi l’historique de ces courants en montrant comment les diverses interprétations des sources scripturaires, les intérêts nationaux, l’histoire, etc. sont la source de cette pluralité et des transformations constantes des mouvances de l’islam politique.

    Abdou Filali-Ansary, « Enseigner la religion «L’école doit s’ouvrir aux humanités », L’economiste, 27 septembre 2016. L’auteur, un philosophe marocain et spécialiste des questions de la laïcité, de la démocratisation et de la sécularisation des sociétés musulmanes, nous livre son opinion suite à la révision des programmes et manuels d’enseignement religieux au Maroc. Cette démarche n’est pas suffisante selon lui. En effet, il faut établir une distinction entre le prêcheur et le chercheur.  Les clercs religieux ne développent pas un savoir mais plutôt un discours simpliste qui défend un point de vue sans offrir de perspective. Une transformation de l'éducation islamique n’aura d’impact que si les enseignants de religion produisent non seulement un discours en phase avec les attentes des nouvelles générations mais également un discours scientifique sur l’héritage arabo-musulman grâce à l'apport des sciences humaines.

    El Karoui H., « Un islam français est possible », Institut Montaigne, rapport septembre 2016. L’IFOP (un institut de sondages d’opinion et d’études de marketing) et l’Institut Montaigne (Think tank libéral) publient une enquête inédite  qui a pour ambition de dresser le portrait des Français de confession musulmane. L’étude est composée d’un rapport comportant des recommandations et des propositions pour faire émerger un islam français. Il est  rédigé par  Hakim El Karoui (Normalien, agrégé de géographie, ancien enseignant à l’Université Lyon, chargé des discours de Premier ministre) et s’accompagne d’une annexe étant un résumé de l’enquête.  L’analyste des données de l’enquête est Antoine Jardin (ingénieur de recherche CNRS et co-auteur avec G. Kepel de l’ouvrage Terreur dans l’Hexagone. Genèse). Cette enquête fait forcément couler beaucoup d’encre. D’une part, il y a une réticence française (mais aussi belge) au recensement ethnique et religieux et, d’autre part, les interprétations et les commentaires sur les résultats de l’enquête divergent dans un contexte post-attentat et en pleine campagne électoral.

    Une étude menée aux Pays-Bas par le sociologue Frank van Tubergen (Utrecht University) montre que même si la sécularisation des jeunes musulmans hollandais est plus lente que celle des jeunes chrétiens, le mouvement de sécularisation est plus important chez les jeunes générations de musulmans hollandais que dans les premières générations. Son étude met en exergue la diminution du temps passé à la lecture du Coran, une fréquentation de la mosquée moins régulière, l’augmentation de la consommation d’alcool, etc. des jeunes générations par rapport à leur parent.

    Caillet R., « Analyse: de l'usage du takfir au Nigéria - la controverse de Boko Haram avec l'État Islamique en Afrique de l'Ouest », Religioscope, 2 septembre 2016. L’article apporte un bref éclairage sur les origines de ce mouvement d’inspiration « salafiste-jihadiste » et les controverses provoquées lors  de son allégeance à l’Etat Islamique. Un conflit théologique qui oppose certains dirigeants du groupe et l’EI. Il s’agit d’une question doctrinale cruciale : l’excommunication « takfirisme » des populations musulmanes en raison de leurs pratiques ou croyances déviantes de la sphère de l’islam.

    Gaüzère D. , « Kirghizie: l'islam politique en tension avec l'identité nationale », Religioscope, 2 septembre 2016. L’article apporte un éclairage sur une région très peu étudiée, le Kirghizistan une région très peu islamisée historiquement mais également désislamisée lors de la période soviétique qui voit, depuis le début du siècle, une réactivation de l’islam en général au sein de la population avec le développement, par exemple, d’écoles turques de Fettullah Gülen mais aussi une influence de mouvements telles que le Tabligh, le salafisme, etc. jusqu’au basculement dans les groupes djihadistes. Au-delà de cette islamisation de la population, progressivement certaines valeurs religieuses sont progressivement introduites dans les programmes politiques.  L’article nous apporte également un éclairage sur les clivages religieux (protestant, religion traditionnelle, etc.) dans cette région et les clivages géographiques (Nord-Sud).  

    Dialmy A., « Le burkini, entre féminisme blanc et féminisme islamique », Le Huffington Post, 23 août 2016. Ce sociologue de la religion du genre et de la sexualité montre la compromission du Burkini est compromis qui permet d’entrer dans la modernité tout en respectant les préceptes religieux. Il pose la question de la cohabitation de différentes tenues vestimentaires dans le même espace public.

    Olivier Moos, correspondant pour Religioscope au Proche-Orient, publie une série de trois dossiers consacrés à l’État islamique.

    • Moos O., « L’État islamique », Religioscope, août 2015. Dans ce premier article, l’auteur propose une analyse des principaux éléments qui ont permis la création d’une organisation centralisée de type révolutionnaire « L’Etat islamique ».
    • Moos O., « Iconoclasme en jihadie », Religioscope, décembre 2015. Il s’agit d’une réflexion sur la destruction des patrimoines culturels irakien et syrien, de leur médiatisation et de la mise en scène réalisée par l’état islamique. L’article vise à démontrer que ces destructions suivent une logique rationnelle ayant une visée politique.
    • Moos O., « Le jihad s'habille en Prada - une analyse des conversions jihadistes en Europe », Religioscope, août 2016. L’auteur analyse les raisons pour lesquelles une partie de la jeunesse musulmane européenne est séduite par la violence djihadiste.

    Ildefonso Ocampos T., « Le féminisme laïc étouffe les voix du féminisme islamique », Middle East Eye, 4 juillet 2016. L’analyste politique espagnole spécialisée dans les stratégies de l’UE au Moyen-Orient s’interroge sur la diversité de la pensée féministe et plus particulièrement des courants féministes provenant des sociétés arabo-musulmanes. Elle défend l’idée qu’une égalité homme-femme est possible dans un cadre islamique.

    Fuchs N., « Les frontières de l’identité collective dans le militantisme de cité », Agora, 2016. Un article de Nathalie Fuchs, Postdoctorante Sciences Po, montre les processus de construction identitaire des jeunes issus de l’immigration maghrébine habitant les cités.

    Dalle I., « Ces athées (presque) invisibles dans le monde arabe », Orient XXI, 14 juin 2016. L’auteur déplore le manque d’article consacré à l’athéisme dans le monde arabe. Cette question n’est-elle pas aussi bien niée dans le monde arabe mais aussi par les chercheurs qui travaillent sur le religieux ?

    Papi S., « Les fattara du ramadhân au Maghreb ou l’hétéropraxie religieuse au prisme des normes sociales et juridiques », L’Année du Maghreb, 2016. Généralement, les musulmans ne transgressent pas facilement l’obligation religieuse du jeûne du mois de Ramadan surtout si la rupture du jeune a lieu en public. En effet, la pratique du jeûne comporte une dimension collective et marque l’appartenance à la communauté, il s’agit d’un « fait social total». L’apparition récente de déjeuneurs sur l’espace public durant le mois de ramadan dans des pays majoritairement musulmans pose non seulement la question de la liberté individuelle et de conscience mais aussi de l’individualisation des pratiques religieuses et de la sécularisation de ces sociétés. L’auteur, chercheur associé à l’IREMAM et docteur en droit public, traite de 3 pays maghrébins (Maroc, Tunisie, Algérie).

    Eryaman S., « Ramadan 2016 : des Allemands proposent un calendrier musulman pour raccourcir le jeûne », Zaman France, 10 juin 2016.
    Un article qui montre la difficulté de respecter l’horaire local de la rupture du jeûne dans certaines régions du Monde où celui-ci peut atteindre 18 heures sur une journée.

    Attiya R. et Privot M., « Carte blanche: le ramadan est-il intégrable à la modernité? », Le Soir, 9 juin 2016. Deux auteurs musulmans, Attiya Radouane (orientaliste) et Michaël Privot (islamologue), s’interrogent sur les modalités d’intégration du ramadan dans la modernité.

    Lamghari Y., « Complotisme : tremplin vers le radicalisme violent ou le chemin parallèle ? »,  Pax Christi Wallonie-Bruxelles, juin 2016. L’auteur, un spécialiste en gestion de la diversité culturelle et religieuse, analyse le lien entre les idées complotistes et le djihadisme. Les djihadistes sont-ils toujours complotistes ?

    Audebrand F., « Fabien Truong, Jeunesses françaises : Bac+5 made in banlieue », Sociétés et jeunesses en difficulté, Printemps 2016. Dans cette note de lecture, l’auteur, un enseignant, souhaite analyser le rapport au savoir des jeunes issus de l’immigration vivant dans les banlieues. Il y démontre aussi bien les processus d’exclusion que d’auto-exclusion.

    Privot M., « Essai de typologie des méthodes de financements des mosquées en Europe (Première partie) », Les Cahiers de l’Islam, 26 mai 2016. Dans le premier article, l’auteur, un islamologue, dresse le panorama des sources de financement des lieux de culte musulmans en Wallonie. Dans le second, il propose de nouvelles pistes de financement pour une autonomisation de ces lieux de cultes. Privot M., « Essai de typologie des méthodes de financements des mosquées en Europe » (Seconde partie) », Les Cahiers de l’Islam, 30 avril 2016.

    Elabed D., De Tareq Oubrou à Tariq Ramadan : quelles contributions pour quels réformismes musulmans ?, Les Cahiers de l’Islam, 24 mai 2016. Deux articles qui portent sur deux penseurs contemporains influent dans la sphère francophone. Le premier article propose une comparaison entre deux figures réformistes, le philosophe et islamologue Tariq Ramadan et l’imam théologien Tareq Oubrou (imam-théologien). Le deuxième article quant à lui tente une synthèse de leurs apports.

    Yafi N., « Apprendre l’arabe pour combattre le djihadisme ? », Orient XXI, 18 mai 2016.  Le texte de Yafi N., directrice du Centre de langues de l’Institut du monde arabe, répond à la question du lien entre la langue arabe et la violence. La langue arabe est-elle une langue violente par essence ?

    Zarachowicz  W. (entretien avec Benslama F.), « De l’islamisme au surmusulman : quand la psychanalyse se penche sur les parcours sacrificiels », Télérama, 16 mai 2016. Cet article apporte une réflexion sur le désir sacrificiel au nom de l’islam dans le processus de radicalisation. Le djihadiste contemporain est un « musulman imprégné par l’islam, hanté par la culpabilité de n’être « pas assez musulman » et le sacrifice ».

    Abdelrahim A. (Entretien avec Ahmad Saad Zayed), « L’avenir de la pensée dans le monde arabo-musulman passe-t-il par les réseaux sociaux ? », Sens Public, 13 mai 2016.
    Un entretien avec A. Saad Zayed, diplômé en sciences politiques et en jurisprudence islamique,  évoque les changements en cours dans le monde arabo-musulman et la mobilisation de la communication numérique par certains intellectuels pour une transformation culturelle et une démocratisation de ces sociétés.  

    AFP, « Séparation entre la politique et la religion: Une majorité d'habitants d'Afrique du Nord favorables selon un sondage », Al Huffington Post Maghreb, 10 mai 2016. D’après une étude réalisée auprès dans cinq pas d’Afrique du Nord la majorité se déclare favorable à une séparation du politique et du religieux.

    International Crisis Group, Boko Haram sur la defensive ?, 4 mai 2016.  L’International Crisis Group, ONG multinationale dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits meurtriers, offre ici une synthèse sur la situation du groupe armé Boko-Haram au Nigéria et analyse la gestion du gouvernement.

    Wallach Scoot J., « Cette étrange obsession française pour le voile – vue de l’étranger », Orient XXI, 27 avril 2016. L’analyse d’une historienne américaine sur le traitement du vêtement religieux en France.

    De la Porte X., « Pourquoi Internet pose problème à l’islam, plus qu’aux autres religions », Rue 89, 23 avril 2016. De la Porte X., journaliste et essayiste, explique en quoi la présence de l’islam sur internet est multiforme, contrairement au catholicisme qui a développé une stratégie numérique globale. D’autant plus intéressant qu’internet joue un rôle important dans le processus de radicalisation.

    Gabryel N., « Une anthropologie marxienne de l'islam : comment la déviance devient une culture », Le Huffington Post, 11 avril 2016. L’auteur, anthropologue et philosophe, chargé d'enseignement à l'EHESS, montre comment les terroristes se trouvent à la périphérie de la société. Pourtant, nous explique l’auteur, ils pensent être au centre et visent le retranchement de la société dans un espace marginal. 

    Charfi A., Il ne s’agit pas d’une lutte entre sociétés musulmanes et non-musulmanes, Oasis, 30 mars 2016. Le monde arabo-musulman est affecté par la tension modernité-tradition, raison pour laquelle, pour cet universitaire tunisien spécialiste de la pensée et de la civilisation musulmane, le conflit dans le monde musulman s’explique par l’affrontement entre deux modes de pensée : l’une progressiste, l’autre conservatrice plutôt qu’une tension entre non-musulman et musulman. Par ailleurs, d’après lui, la pensée arabe doit revisiter de façon critique la période coloniale et reconnaître les apports de la colonisation tout en ne niant pas les aspects négatifs. Les arguments utilisés sont d’ailleurs dans la critique contre l’universalisme occidental, eux-mêmes issus de la pensée européenne. Les sociétés arabo-musulmanes ont toujours été dans les échanges avec leur environnement culturel. Selon l’auteur, les sociétés musulmanes se trouvent dans un changement inexorable et dans un processus d’autonomisation et de distanciation par rapport au référentiel religieux.

    Zouari F., « Les paradoxes du "féminisme islamiste" », Le Huffington Post, 8 mars 2016. La romancière et journaliste franco-tunisienne s’interroge sur la capacité du féminisme islamique à changer les rapports de force traditionnels entre les sexes. Même si les féministes islamistes arrivent, comme la modernité d’ailleurs, à créer des ruptures dans ses sociétés conservatrices, elle pointe l’ambiguïté de leurs discours.

    Belhaj A., « Le Coran et ses traductions en français », Dossiers documentaires du CISMODOC, mars 2016.
    Après un bref aperçu historique du texte coranique et des difficultés théologique et linguistique de sa traduction dans d’autres langues que l’arabe, l’islamologue A. Belhaj nous offre une comparaison de huit traductions les plus célèbres en langue française.  

    Bin Ramli H., « Décrypter Daech : la théologie musulmane dévoyée », The conversation, 2 mars 2016. L’auteur, chercheur au Cambridge College et enseignant à l’Université de Londres, répond à la question : « Est-ce que l’Etat islamique s’inscrit - ou non - dans la théologie musulmane ? ».

    Hughes A. W., « Décrypter Daech : si l’EI se fonde sur la religion, pourquoi est-il si violent ? », The conversation, 2 mars 2016. L’article apporte un éclairage sur les causes profondes de l’émergence du groupe Etat islamique. Professeur à l’Université de Rochester, il répond à la question : « Est-ce que la violence est inhérente à l’islam ? ».

    Guéhenno J-M. et Hénin N., « Dix conseils à l’attention des gouvernants pour se débarrasser de l’organisation de l’État islamique », Orient XXI, mars 2016.
    Les deux auteurs, N. Hénin (journaliste et ex-otage en Syrie) et J-M Guénon (Président-directeur de l’International Crisis Group), proposent dix pistes pour vaincre l’organisation de l’Etat islamique. Ils mettent l’accent sur la nécessité de projet politique avant toute intervention militaire.

    Feugas F., « La modernité revendiquée des musulmans de Turquie, L’islam est-il soluble dans la démocratie ? », Orient XXI, 19 février 2016. L’article propose le compte rendu d’un ouvrage récent, Muslimism in Turkey and Beyond. Religion in the modern world  de Çevik N. aux éditions Palgrave/Mcmillan, qui a pour objectif de montrer comment les musulmans de Turquie allient la modernité à leur islamité. Feugas F. est journaliste et  archiviste-documentaliste.

    Corbiau F., « Des jeunes de Molenbeek, j’en connais plein ! Mais pas des radicalisés », MIGMAG, 18 février 2016. L’article retrace l’histoire d’un jeune éducateur exerçant à Molenbeek-saint-Jean, filleul du Roi Baudouin. Il explique en quoi la question de l’identité et des appartenances est cruciale lors de la transition entre l’enfance et l’âge adulte.

    Gurvan K., « Pourquoi ces 5 imams cartonnent sur YouTube », Libération, 11 février 2016.  
    L’auteur, un journaliste, nous dévoile qui sont les imams francophones les plus populaires sur les réseaux sociaux dans les contextes belge et français.

    Overbeeke A., « Modeler l’Islam à son image. La réorganisation gouvernementale des structures destinées à gouverner l’Islam belge », Observatoire UCL droit et religions, 11 février 2016.  L’auteure interroge la mise sous tutelle du religieux - et de l’islam en particulier - par l’État. La radicalisation violente n’incite-t-elle pas à une omniprésence de l’État dans l’organisation religieuse ?

    Entretien avec L. Al Rachid et M. Rey, « Les racines de l’État islamique », La Vie des idées, 9 février 2016. Ce texte, issu d’un entretien entre Matthieu Rey (maître de conférences au Collège de France) et Loulouwa Al Rachid (post-doctorante au sein de l’European Research Council Wafaw) montre en quoi l’Etat islamique est enraciné dans l’histoire de la région traversée par l’autoritarisme et l’instabilité liée aux différentes interventions américaines.

    Lazrak-Toub J., «Regard d’une réalisatrice saoudienne sur le foulard en France – « Mariam » de Faiza Ambah », Orient XXI, 4 février 2016. L’article apporte le regard d’une saoudienne sur la polémique du voile en France.

    Louizi M. ( rencontre avec ), « Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans, retour éclairé vers un islam apolitique », Les Cahiers de l’Islam, 25 janvier 2016.Un texte qui met en lumière le rapport de violence et de non-violence dans l’islamisme contemporain. Il explique aussi ce qui l’a motivé à quitter les Frères musulmans.

    Çevik N., « Le foulard islamique, la mode et l’émancipation, des « Mipsterz » au « Poppy Hijab », Orient XXI, 19 janvier 2016. Le voile islamique fait irruption dans le monde de la mode. Quelle est la relation entre la mode et la religion ? Qu’indique cette évolution ?  L’auteure est post-doctorante à l’Université de Virginie.

    Geisser V., « Gilles Kepel hanté par l’islamisation de la France », Orient XXI, 15 janvier 2016. Dans cet article le sociologue et politologue français, Geisser V.,  porte un regard critique sur l’ouvrage de G. Kepel Terreur dans l’Hexagone.

    Hoffner A-B., « L’islam du « juste milieu » veut exister sur Internet», La Croix, 15 janvier 2016. L’auteure, journaliste, montre comment la prolifération de sites musulmans rigoristes incite des imams ou des associations à créer de sites internet alternatifs.

    Châteauneuf-Malclès A., La sociologie de la radicalisation : entretien avec Farhad Khosrokhavar, Ens de Lyon, 10 janvier 2016. Farhad Khosrokhavar, spécialiste des processus de radicalisation et directeur d'étude à l'EHESS, porte un regard sociologique sur le terrorisme et le phénomène de radicalisation.
     

    Mabilon-Bonfils B., « L’école de la République est-elle islamophobe ? », The Conversation, 7 janvier 2016. L’auteure, sociologue à l’Université Cergy-Pontoise, traite dans cet article de la capacité de l’école à créer des liens sociaux après les attentats contre Charlie Hebdo mais également des rapports conflictuels de l’islam avec l’école, des stéréotypes véhiculés à l’école, etc. 

    Rapport Messner, « La formation des imams en France », mars 2015.
    Un rapport de 27 pages dans lequel on prône le renforcement des formations à la laïcité et une meilleure collaboration entre les universités et les instituts de formation musulmane.

    Id Yassine, R., « Les musulmans francophones : des religiosités indécises ? », Histoire, monde et cultures religieuses, Décembre 2015. L’auteur s’interroge sur le type d’usage et de rapport que les musulmans vivant dans le monde francophone ont avec la langue française alors que la sacralisation de la langue arabe demeure importante. La francisation de certains termes religieux dans les discours religieux, les écrits, l’expression de la religiosité musulmane participe-t-elle à la construction d’une identité religieuse d’expression francophone ? Existe-t-il un imaginaire musulman francophone ? L’intégration de termes islamiques dans la langue française participe-t-elle à la modernisation religieuse ?

    A. Belhaj, « Après les attentats : Vers un débat de fond sur la formation des imams et la réforme de l’islam », Cismoc Papers-on-line, 11 décembre 2015.
    Le texte A. Belhaj, islamologue, explique les raisons pour lesquelles s’approprier la formation des imams est nécessaire dans un contexte post-attentats.

    Lacroix Th., « La France est-elle vraiment un pays assimilationniste ? », The Conversation, 30 novembre 2015. Lacroix Th., directeur adjoint de Migrinter (Université de Poitiers) montre comment l’assimilationnisme revient dans les débats publics après la radicalisation religieuse de certains jeunes musulmans. L’auteur retrace également l’historique de ce terme.

    Dorna A., « La question religieuse et ses relations avec la politique », Les cahiers de psychologie politique, juillet 2015. Un article qui traite du « retour du religieux » et de l’islamisme au cours des dernières décennies et prône la laïcité comme seul espace de débat et de liberté car non fondée sur des vérités révélées.  

    Atran S., « Ce que la sociologie propose dans la lutte contre la violence extrémiste », Le Huffington Post, 29 juin 2015.  Un article d’un anthropologue qui propose des pistes d’action pour « détourner » les jeunes de l’extrémisme violent.

    Simenel R., « Les Dépravés de Dieu » Une jeunesse marocaine sous l’influence du Cheytan », Ateliers d'anthropologie, 2015. Un article qui explique que la jeunesse de l’homme marocain se situe entre sa naissance et le jour de son mariage. Ce temps est caractérisé par la transgression alors que le mariage permet le retour à la religion.

    Dassetto F. (avec la collaboration de Ralet O.), « Relations entre musulmans et non-musulmans». Conflits autour de la création de mosquées en Belgique ». Études de trois cas et perspectives générales, octobre 2015 (version révisée ; première version non publiée en français, avril 2009). L’objectif de la recherche est de mettre en lumière les processus sociaux à l’œuvre dans le déclenchement et le déroulement de conflits autour des mosquées. L’analyse à partir de trois cas de conflits dans les mosquées belges au cours des années 2008-2009. 

    Chiffoleau S., « Le pèlerinage à La Mecque : une industrie sous contrôle », La Vie des idées, 29 avril 2014. Un texte de Sylvia Chiffoleau, historienne, chercheur CNRS, qui relate comment l’Arabie saoudite met en place une rationalisation du pèlerinage et apporte un éclairage sur l’intervention de certains pays européens - la France et la Grande-Bretagne - dans la préparation du pèlerinage.

    Francis M., Why the “Sacred” Is a Better Resource Than “Religion” for Understanding Terrorism, Terrorism and Political Violence, février 2015. L’auteur conteste la pertinence explicative de  la notion de violence religieuse. La lecture d’un livre sacré, même prônant la violence, n’est pas suffisante pour passer à l’acte violent. Même lorsque la violence se fait au nom de Dieu, la seule explication religieuse n’est pas suffisante car les causes sont multiples. Il propose un concept qui fonctionne également pour les convictions séculières : la notion de –sacré- ou de –croyance et valeurs non négociables-, c’est-à-dire des valeurs considérées comme absolues et non négociables pour le maintien de l’identité. La nécessité de maintenir ces valeurs religieuses -ou non- peuvent mener -ou non- à la violence, raison pour laquelle, il faut analyser et comprendre la trajectoire menant à la violence. Vous trouverez un compte rendu en français ici

    Lorcerie F., « L’islam, un défi pour la laïcité à l’école ? Dédramatiser les faits, désacraliser le mot, professionnaliser l’approche », Tréma, 1 avril 2014. L’auteure, directrice de recherches au CNRS, interroge les pratiques musulmanes et les affiliations religieuses. Ne mettent-elles pas en danger les institutions communes ? 

    Rachik H., Où les islamistes distinguent politique et prédication, Oasis, 21 février 2014. Un article, datant de 2014 mais qui reste néanmoins d’actualité, traitant de la sécularisation dans le contexte marocain. Ce sont, dans un premier temps, les penseurs nationalistes qui introduisent des idées et concepts hors de l’héritage religieux et local. Ces idées seront ensuite récupérées par la monarchie ainsi que par les partis islamistes qui souhaitent intégrer le champ politique. Alors que le mouvement nationaliste et la monarchie sont un mélange de pensées séculière et religieuse où l’instrumentalisation du religieux est ponctuelle, les mouvements islamistes préconisant quant à eux une vision totalitaire de l’islam qui va, grâce au système politique, structurer tous les domaines de la vie sociale. Pourtant, d’après lui, dans l’analyse des sociétés et des partis politiques musulmans, il faut dépasser cette conception holistique de l’islam car, dans les faits, la norme religieuse compose avec la réalité sociale. Quant à l’individu il négocie et adapte ses croyances au contexte dans lequel il vit. L’une des conclusions de l’anthropologue est que le problème se situe au niveau de l’approche de la religion et non de la religion elle-même.

    Rodier C. « L’halal à l'épreuve de la socialisation inversée », Enfances familles Générations, 2014. L’objectif de l’article de Rodier C., Université de Lausanne, est de montrer le nouveau rapport à la foi des jeunes musulmans : ils adhérent à un islam qu’ils jugent savant, souvent opposé à celui de leurs parents. 

    Sèze R., « Prédication et autorité des imams en France », Revue d'éthique et de théologie morale, 2012. L’article présente une étude réalisée auprès d’une trentaine d’imam en France.

    Khursheed W.,« Femmes de culture musulmane et participation politique, en France et en Grande-Bretagne », Hommes et migrations, 2012. Un article qui met en lumière l’engagement civique et politique des femmes musulmanes en France et en Grande-Bretagne.

    Conti B., « L'émergence de l'islam dans l'espace public », Archives de sciences sociales des religions, 2012. Le sociologue Conti B. explique comment les populations musulmanes vivant en Italie, issues d’une immigration plus récente que d’autres pays européens, font progressivement sortir leur religion de la sphère privée.  

    Lory P., « Diversité et historicité de l'islam », Éduscol, 15 avril 2011. Une introduction de Lory P., directeur d'études à l'École pratique des hautes études, portant sur les grandes étapes historiques de l’islam, les courants et la diversité des attitudes théologiques. L’article fait suite à une présentation s’adressant aux professionnels de l’éducation française, un article utile pour les enseignants. 

    Schneuwly Purdie M., « Silence... Nous sommes en direct avec Allah » », Archives de sciences sociales des religions, 2011. L’auteure, chercheuse à l’Université de Fribourg, présente des intervenants musulmans qui offrent un accompagnement religieux aux détenus musulmans dans les prisons suisses. Au-delà du cas particulier de la Suisse, l’intérêt de l’article réside dans la typologie des cinq profils d’intervenants présentés (Imam, aumônier, grand frère, médiateur, visiteur).

    Dirèche K., « Les Murchidât au Maroc. Entre islam d’État et islam au féminin », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Décembre 2010. L’émergence des prédicatrices (murchidâts) dans le champ religieux marocain apparait dans un contexte de réorganisation et de modernisation de l’appareil religieux marocain. L’auteure, directrice de recherches au CNRS, montre les difficultés liées à la volonté de préserver l’identité religieuse et la volonté de moderniser le champ religieux.

    Avon D. & Idrissi A., « Du Coran et de la liberté de penser », La Vie des idées, 21 octobre 2008.  Cet article, de D. Avon (historien) et A. Idrissi (linguiste) montre comment le débat libre et la liberté de critiquer les débuts de l’islam va progressivement faire place à la censure et à la sacralisation de l’entourage du Prophète et des débuts de l’islam. 

    Mills-Affif E., « L’islam à la télévision, les étapes de la médiatisation », Cahiers de la Méditerranée, 2008. Ce texte analyse les raisons pour lesquelles l’islam est devenu un objet central sur les chaînes de télévision françaises et dans les magazines d’information. L’auteur, docteur en histoire et communication, examine les écarts de traitement dans le discours médiatique entre les différentes chaînes mais aussi avec la réalité mouvante et l’apparition de termes nouveaux.