Aider les plus démunis

Lorsque le génocide prend fin au mois de juillet 1994, le pays est en cendres. Infatigable, Vjeko poursuit son ministère sacerdotal. Il aide tous les survivants, qu’ils soient Hutu ou Tutsi, à reconstruire leurs maisons et leur communauté. Il fait appel aux bienfaiteurs occidentaux pour aider à reconstruire les maisons des survivants du génocide. Il fournit du matériel agricole et de cuisine aux personnes les plus défavorisées.

Vjeko encourage également les veuves du génocide à se regrouper dans une association. Celle-ci organise aujourd’hui encore des activités d’élevage, d’agriculture et de commerce.

Vjeko contribue à la construction d’un orphelinat à Mbare, dans l’ancienne commune de Nyamabuye, aujourd’hui district de Muhanga. Il aide également le gouvernement rwandais, en participant à l’agrandissement de la prison de Gitarama et s’occupe des prisonniers jusqu’à ce que la Croix-Rouge prenne le relai.

Même après l’horreur du génocide, pendant lequel il se sera dévoué corps et âme pour son prochain, Hutu comme Tutsi, Frère Vjeko refuse de rentrer en Europe. Il est désormais chez lui au Rwanda.

C’est hélas ici, sur sa terre d’accueil et d’adoption, qu’il meurt le soir du 31 janvier 1998, à 41 ans. Frère Vjeko est tué par balles, devant l’église de la Sainte-Famille, à Kigali. Les auteurs de son assassinat demeurent à ce jour inconnus. La population locale réclame encore aujourd’hui, 17 ans plus tard, qu’une enquête soit menée.

Bouleversés par la perte de leur prêtre et berger, les paroissiens de Kivumu écrivent à l’évêque de Kabgayi, pour que la messe des funérailles se déroule en l’église que Frère Vjeko a contribué à construire et à faire vivre, et qu’il y soit inhumé.