Groupe d’histoire romaine, GHR

CEMA

Le GHR consacre ses recherches à l’histoire du monde romain depuis l’époque républicaine jusqu’au Ve siècle ap. J.-C. L’interdisciplinarité est au centre des préoccupations de ses membres, qu’il s’agisse de croiser des sources de nature variée ou de les interpréter à la lumière des sciences humaines et sociales. Les chercheur·euses du groupe travaillent pratiquement sur tous les types de documents qui nous sont parvenus, exploitant aussi bien les textes majeurs de la littérature latine (à l’instar de certains traités de Sénèque), que l’épigraphie (singulièrement les inscriptions militaires et religieuses), la numismatique ou l’archéologie (notamment les traces des lieux de cultes païens ou chrétiens).
Si les thématiques des recherches sont variées, toutes s’inscrivent dans deux domaines étroitement interconnectés : l’histoire sociétale, comprise comme l’histoire des structures des communautés humaines au sens large, et l’histoire des représentations.

Le groupe rassemble des profils variés : s’y côtoient en effet professeur·es, post-doctorant·es et doctorant·es, partageant leurs savoirs, expériences et enthousiasme au service de la recherche.
Ses membres sont également amené·es à assurer des charges d’enseignement.

Les recherches menées par les membres du Groupe d’histoire romaine ont donné lieu au développement de plusieurs projets de recherche :

  1. De la République à l’Empire. Aspects religieux et idéologiques d’une métamorphose politique, entre Rome et la Grèce
    Ce projet de recherche, auquel contribuent principalement P. Marchetti et P. Assenmaker, vise à une meilleure compréhension des idéologies et des modes de propagande qui, aux IIe et Ier siècles av. J.-C., contribuèrent à la progressive déliquescence des structures de la Res Publica et à l’émergence d’un régime nouveau : le Principat. Les travaux générés dans le cadre de ce projet portent sur les thèmes idéologiques et religieux employés dans la propagande des grandes familles républicaines et des imperatores de la fin de la République, jusqu’à Auguste. Ce projet a donné lieu à la rédaction d’une thèse de doctorat, consacrée aux développements et manifestations de l’idéologie impératoriale à l’époque de Marius et Sylla (P. Assenmaker, 2010). Une attention particulière est portée au témoignage des émissions monétaires de la période. La recherche n’est pas limitée à Rome et à l’Italie, mais intègre la partie grecque de l’Empire, afin de mettre en évidence la dimension hellénique des politiques et des programmes idéologiques développés par les imperatores.

  2. "Les soldats germains dans l’armée romaine impériale"
    Recherches prosopographiques basées essentiellement sur l’épigraphie latine. Sur base de l’étude des traces laissées par les simples soldats et les sous-officiers jusqu’au grade de centurion, l’objectif est de réaliser un corpus exhaustif des soldats originaires des provinces de Germanie Inférieure et de Germanie Supérieure. Sur base de ce corpus, l’étude permettra d’appréhender la notion d’identité germanique, et la manière avec laquelle celle-ci est exprimée ; cette étude est rendue possible grâce à des approches religieuse, onomastique, sociale...
     
  3. Projet interuniversitaire "L’intégration de la Gaule Belgique dans l'Empire
    Collaboration entre David Colling (UCLouvain), Dr. Anthony Alvarez Melero (ULB - Universidad de Sevilla), Arnaud Hulstaert (ULB) et Damienne Nicolaï (ULB). Le but de la démarche consiste en une réflexion sur l’importance de la province de Gaule Belgique dans l’Empire romain. L’étude comporte deux grandes parties : la première contient une étude prosopographique des agents du Prince en poste dans la province de Gaule Belgique, de rang sénatorial et équestre, puisqu’il s’agit avant tout d’élucider la place occupée par la région dans les cursus administratifs. L’objectif est ici de mettre à jour l’ouvrage de W. Meyers, fort décrié, et dont la qualité scientifique laisse à désirer. Qui plus est, inspirés en partie par l’ouvrage d’H.-G. Pflaum intitulé « Fastes de Narbonnaise », dans un second temps, le projet s'intéressera en sus aux élites civiles et ainsi qu’aux militaires qui furent originaires de Gaule Belgique. L’attention est donc ici portée tout à la fois aux magistrats municipaux, aux détenteurs de sacerdoces ainsi qu’aux soldats (y compris les officiers).
     
  4. Les concepts oblatifs et les relations interpersonnelles de don au Ier siècle p.C.n. Une étude socio-anthropologique à partir de Sénèque le Jeune
    Thèse de doctorat de M. Degand, sous la direction de Fr. Van Haeperen et L. Isebaert.
    Notre projet de recherche se veut essentiellement une étude interdisciplinaire. Ayant recours aux concepts et aux notions développés par les sciences sociales, nous souhaitons revisiter la problématique oblative et les rapports interpersonnels de don dans la Rome antique. Ainsi, nous fixons comme point de départ à notre recherche l’analyse de l’œuvre de Sénèque, en premier lieu son traité De Beneficiis. Nous envisageons de soumettre plusieurs aspects de cette œuvre stoïcienne d’importance majeure aux grilles de lecture issues des sciences sociales (la sociologie et l’anthropologie notamment). À travers celles-ci, nous croyons pouvoir apporter un regard neuf et original sur les relations de don entre individus à l’œuvre au début de notre ère.
     
  5. Recherches sur les coexistences religieuses à Rome au IVe siècle p.C.n. Païens et chrétiens dans un âge de transition identitaire
    Thèse de doctorat de V. Mahieu, sous la direction de Fr. Van Haeperen (UCLouvain) et N. Belayche (EPHE/Paris).
    L’Empire romain connaît au IVe siècle une phase de transition religieuse qui représente un moment clé dans l’histoire de l’Occident. Une transition de nature religieuse, certes, mais qui ne sera pas sans avoir un impact à d’autres niveaux : politique, social et culturel. Cette recherche se place dans la lignée de cette historiographie qui tend enfin à donner à cette période fondamentale la place qu’elle mérite.
    Cette étude prend donc la forme d’une enquête historique sur la coexistence religieuse entre chrétiens et païens dans la ville de Rome. Celle-ci, centre de l’Empire, marqué par un paganisme encore vital, et place non moins importante du christianisme, fournit une documentation inégalable, qu’elle relève de la littérature, l’épigraphie, l’archéologie ou l’iconographie. À partir de ce large éventail de sources est donc menée cette recherche qui cible en particulier le processus de cohabitation en termes d’espace et de temps : de manière plus prosaïque, comment chrétiens et païens (et juifs) façonnent et marquent-ils le paysage religieux romain et comment se partagent-ils le calendrier ? Quelles logiques d’occupation de l’espace et quelles dynamiques calendaires développent-ils individuellement et en interaction ?
    Cette approche constitue une porte d’entrée vers la problématique plus large des modes de cohabitation religieuse qui se jouent à divers niveaux dans l’Urbs du IVe siècle.