Résilience familiale

Louvain-La-Neuve

Logo chaire Baron Frère

Concepts

Deux approches de la résilience familiale se distinguent (Delage & Cyrulnik, 2010, p. 42-43).

La première s’intéresse aux caractéristiques familiales contribuant à la résilience d’un individu qui reçoit un soutien psychoaffectif suite à un traumatisme.

La deuxième s’intéresse aux manifestations d’une résilience du groupe familial face à un événement traumatique pour la famille, autrement dit, au ‘processus résilient familial maintenant une cohésion, un bien-être et un développement familial’.

Ce processus de résilience familiale implique des compétences collectives renforçant les compétences individuelles des personnes concernées par l’événement traumatisant. Chaque membre d’une famille vit de façon singulière les liens d’appartenance et les liens d’attachement alimentés par le partage émotionnel d’expériences vécues. Lorsque ces personnes vivent ensemble une souffrance, ils éprouvent des difficultés à la partager, à en parler parce que les émotions sont trop intenses, ou trop complexes pour mettre des mots sur les ressentis (Delage, 2009, p. 169-170).

Une recension des travaux consacrés à la résilience familiale est proposée dans des articles et dans un chapitre ‘Stress and resilience in families with atypical children’ (Baurain & Nader-Grosbois, 2009 de l’ouvrage ‘Résilience, régulation et qualité de vie’ de Nader-Grosbois (2009) et dans le chapitre. ‘Etre parents d’un enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme : du stress… à une vie de meilleure qualité’ (Nader-Grosbois & Cappe, 2015 dans l’ouvrage ‘Stress et défis de la parentalité, Thématiques contemporaines’ (Roskam & Mikolajczak, 2015).

Intérêt

Dans ce cadre, la naissance d’un enfant avec une déficience et l’annonce d’un diagnostic constituent un événement perturbant qui peut provoquer la désorganisation d’une famille en rompant son équilibre ; elle doit ainsi opérer des changements organisationnels et relationnels, faire face à un défi adaptatif et faire preuve de ‘résilience familiale’ (Walsh, 1998, 2002).

Questions

  • Quelle est la variabilité dans le processus de résilience familiale au sein de familles ayant un enfant présentant des déficiences et troubles de développement différents ?
  • Quels facteurs individuels, familiaux sont favorables ou défavorables à la résilience familiale depuis l’annonce jusqu’à des périodes ultérieures d’éducation ?
  • Quels facteurs de l’intervention, de l’accompagnement auprès de l’enfant, de ses parents, et de la famille favorisent ou enfreignent la résilience familiale ?

Evaluation

Un canevas interprétatif des représentations de la famille à propos de sa résilience a été mis au point par la Professeure Nathalie Nader-Grosbois (2008, 2009, 2010) permet d’aider les chercheurs et les professionnels à cibler les facteurs en jeu à évaluer ou pour lesquels des données qualitatives doivent être recueillies.

Intervention

Dans certains cas, une psychothérapie familiale est nécessaire pour atténuer la souffrance, soutenir l’intersubjectivité et les compétences des membres de la famille (Delage, 2004, p. 2-3 ; Delage, 2009, p. 175 ; Delage & Cyrulnik, 2010) et elle vise à :

                - la restauration de la « protection » au sein de la famille
                - la reconnaissance de la souffrance de chacun
                - le partage émotionnel
                - la mobilisation de l’intersubjectivité par la mutualité des émotions, la conscience réflexive et l’empathie envers les états mentaux d’autrui, la reconstruction d’une réalité sur base des apports de chacun dans l’activité narrative.

Une recension des interventions propices à soutenir la résilience familiale, proposées aux familles d’enfants ayant des déficiences intellectuelles, des troubles du spectre de l’autisme, des troubles du comportement, etc. est proposée dans l’ouvrage ‘Psychologie du handicap’ de Nader-Grosbois (2015) ainsi que dans l’ouvrage ‘Résilience, régulation et qualité de vie’ de Nader-Grosbois (2009)