Veille sur les dépendances et assuétudes

Guide d’évaluation pour appuyer les interventions communautaires visant à prévenir les méfaits liés à la consommation de substances chez les jeunes

11 août 2022

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Guide d’évaluation pour appuyer les interventions communautaires visant à prévenir les méfaits liés à la consommation de substances chez les jeunes

Guide d’évaluation pour appuyer les interventions communautaires visant à prévenir les méfaits liés à la consommation de substances chez les jeunes : Fondé sur la mise en œuvre du modèle de prévention islandais dans le comté de Lanark, Canada. Le guide d’évaluation élaboré par l’Agence de…

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Addictions France publie son rapport annuel sur les pratiques des lobbies de l’alcool.

08 août 2022

Dans cette 5ème édition, l’association revient sur le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, marqué par l’influence sans précédent des industriels de l’alcool. Addictions France a observé l’évolution et l’impact des lobbies de l’alcool sur les politiques de santé entre 2017 et 2022. En voici quelques éléments saillants :➡ Différentes tentatives pour faire le lien entre sport et alcool et tenter de réintroduire la vente et la consommation d’alcool dans les stades, au prétexte d’un soutien au monde du sport. ➡ Considérer que les acteurs de l’industrie sont des « acteurs de prévention » et leur confier l’élaboration d’un « plan de prévention » qui oublie sciemment les mesures réellement efficaces. ➡ La présence à l’Élysée d’une ex-lobbyiste du vin. Conséquence : des intérêts économiques privilégiés au détriment des recommandations préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé et l’affaiblissement du plan de lutte contre les addictions.➡ La posture paradoxale et idéologique de certains membres du Gouvernement vis-à-vis des drogues, avec la valorisation à l’extrême de l’alcool d’une part et la diabolisation de la consommation de cannabis d’autre part. En ce début de quinquennat, Addictions France appelle le nouveau Gouvernement à changer de cap et à mettre en œuvre sans plus attendre une politique transversale sur les addictions.

EN SAVOIR PLUS / https://addictions-france.org/datafolder/uploads/2022/07/Observatoire-des-pratiques-des-lobbies_2021.pdf


PRIMAVERA : Programme d’éducation préventive en milieu scolaire

28 juillet 2022

Présentation de l’intervention

Contexte

Les programmes interventionnels dit probants ou prometteurs de prévention [1] sont de plus en plus mobilisés par des acteurs de la prévention et de la promotion de la santé souhaitant s’appuyer sur les données probantes pour enrichir leurs pratiques. Le Projet PRIMAVERA en fait partie [2]. Il s’agit d’un programme interventionnel de prévention des conduites à risques et addictives, élaboré par des professionnels du champ de la prévention, à partir de leurs expériences de mise en œuvre de projets en milieu scolaire. Il contribue à la promotion d’un environnement favorable, en prévention des conduites addictives, en développant notamment les compétences psycho-sociales (CPS)[1] des enfants et adolescents. 

Oppelia, une structure nationale[2] 

L’Association Oppelia est née en 2007. Elle est issue du regroupement d’associations gestionnaires de petits établissements de services spécialisés dans les soins et la prévention en addictologie. Dans une logique de mutualisation des moyens, de partage d’expertises mais aussi pour renforcer leur positionnement dans le champ des politiques publiques liées à la gestion des addictions, ces organisations, bien implantées localement et à l’identité forte, se sont unies car elles souffraient de cette fragmentation sur le territoire. Oppelia est constituée aujourd’hui de 19 structures réparties sur autant de départements. Elle a pour objet d’apporter une aide aux personnes (et leur entourage) rencontrant des difficultés (psychologique, sociale, médico-sociale, sanitaire) liées à l’usage de substances psychotropes.

A l’origine du projet : différentes sources d’inspiration  

  • Il existait en France l’ARPAE (Association de Recherche de Promotion et d’Approche Expérientielle) pendant français de l’AQGE : Association Québécoise de Gestion Expérientielle) qui a commencé avant les années 2000 à infuser ce type d’approches. La rencontre avec le Président André Therrien de l’AQGE a été déterminante. Il développait au Québec le projet PRISME s’adressant aux collégiens qui, sur chaque année du collège, visait le développement des CPS, la compréhension du mécanisme des addictions et les risques liés à certaines pratiques. Isabelle Sédano a pu se former à cette approche (2004) et l’a développée dans le département de l’Aisne.
  • Dans ce même département, la mise en place d’une action de ce type auprès d’enfants plus jeunes a permis la création et le déploiement d’un programme intitulé « A vos marques, prêts ? Santé ! » pour les CM1/CM2. L’association « Santé des enfants, santé des adolescents dans la Somme », mise en place par des infirmières scolaires a développé des actions sur des thématiques similaires (basées sur un programme Québécois GymSAT : « Gymnastique sensibilisation aux toxicomanies »). A la Réunion, PRISME s’est développé et a adapté son modèle pour favoriser la liaison école-collège.
  • Actions originellement sectorisées (maternelle, primaire, collège), l’objet de PRIMAVERA a été de retravailler cet ensemble pour faire un programme permettant de suivre les enfants de 9 à 12 ans sur deux niveaux d’établissements. En effet, le changement d’établissement est identifié par les promoteurs de l’action comme une situation de potentielles nouvelles prises de risques. C’est dans cet élan que le projet actuel s’inscrit. Ce sont donc plusieurs programmes qui ont été fondus en un outil unique. 

PRIMAVERA : Résumé du programme

PRIMAVERA : Son déploiement  

Toute structure souhaitant le déploiement du programme sur son territoire va contacter les référentes nationales ou la Fédération Addiction. Ce temps permet d’expliciter en quoi il consiste, les pré-requis pour s’y impliquer, les partenaires nécessaires à solliciter. Une journée de présentation peut être mise en place auprès de différents professionnels des organisations, pouvant engendrer l’organisation d’une formation. A l’échelon local, une fois formés, les acteurs doivent identifier un collège de secteur et les écoles attenantes. Une fois identifiés, une formation a lieu au niveau des enseignants, dans l’objectif de développer un langage commun sur les conduites à risques et addictives, connaitre cette thématique et son environnement de prise en charge, se mettre dans l’esprit du programme, la posture, les valeurs, s’approprier les outils. Dans l’idée d’un transfert de compétence vers les enseignants qui doivent à terme animer seuls les séances, des temps de préparation de ces dernières et de débriefing à leur issue sont inscrits dans le processus de mise en œuvre, principes auxquels les promoteurs/trices de PRIMAVERA ne dérogent pas. Les acteurs d’Oppelia restent dans un rôle de supervision et de soutien dans le cadre du développement du projet sur ces 4 années.

Exemple de déploiement : Oppelia – Passerelle 39  

La structure, implantée dans le Jura, est composée d’un CSAPA, d’un CAARUD et d’une Consultation Jeunes Consommateurs (CJC). Les acteurs impliqués sur le développement de PRIMAVERA font partie de l’équipe dédiée à la CJC. Passerelle 39 est missionnée pour porter l’ingénierie du programme au niveau de la région Bourgogne-France-Comté. Elle met en place deux formations par an dans la région (une à destination des enseignants co-animateurs, l’autre à destination des professionnels des CSAPA/CJC souhaitant mettre en œuvre le programme), des supervisions d’accompagnement et anime les comités de pilotage régionaux.

Après le développement du programme auprès d’un collège de secteur et ses écoles attenantes en 2017, le projet s’est étendu à deux autres secteurs et trois autres collèges de référence sur l’année suivante. Pour ce faire, l’équipe s’est étoffée (4 professionnels aujourd’hui) avec le soutien financier de l’Agence Régionale de Santé souhaitant le déploiement du projet sur le territoire. Dans une logique d’appel à projet, Passerelle 39 a également commencé, parallèlement, à développer d’autres programmes probants.

Elle arrive cette année à la fin du suivi d’une de ces premières cohortes pour PRIMAVERA.

PRIMAVERA : les séances avec les enfants

C’est l’approche expérientielle (inspiré de KOLB[3]) qui sert de guide au promoteur de ce programme dans le cadre de son développement. L’activité auprès des enfants se déploie autour de 4 grandes étapes :

« La méthode pédagogique expérientielle consiste à faire jouer les enfants, parce que le fait que ce soit ludique implique davantage dans la séance, c’est attractif. Ils peuvent être mis en compétition, mais la plupart du temps c’est coopératif. Ils vivent une expérience, avec un support qui est plutôt ludique… Un plateau de jeu, une activité physique. On va avoir un support de jeux dans lesquels ils investissent leur corps. On n’est pas forcément dans la réflexion, mais on peut aussi l’être, parce qu’il va falloir argumenter les propos, il va falloir dire ce qu’on pense à un moment donné, individuellement ou collectivement. C’est la première étape.

La seconde étape : le binôme (l’enseignant et le chargé de prévention) va questionner les enfants : « Racontez-moi, qu’est-ce que vous avez compris ? Qu’est-ce qui s’est passé ? C’était facile ? difficile ? Est-ce que vous avez réussi, ou pas ? ».

La troisième étape, c’est la généralisation : « Qu’est-ce qu’on peut en retirer de tout ça ? Est-ce que vous avez déjà vécu des choses similaires ? Qu’est-ce qui se passe quand on fait cela dans la vie ? »

La quatrième et dernière étape, c’est : « On a vu que par exemple dans le jeu de bonbons que convaincre c’était quelque chose qui était plus facile quand il fallait en manger plutôt que de convaincre de pas en manger… Que vous aviez réussi à mettre en place des techniques durant le jeu… ». On fait une synthèse, et puis on se dit : « Comment on peut réinvestir les choses dans la vraie vie ? » 

Corinne Defrance | Oppelia – KAIROS & IPT

Ces quatre étapes sont le fil rouge de cette méthode pédagogique expérientielle, quels que soient les jeux, les outils, les supports. Elle va permettre aux animateurs de faire en sorte que les enfants s’impliquent et puissent réinvestir des choses qu’ils ont apprises. Selon les promotrices du programme, ils le réinvestissent parce que c’est une récurrence, ils apprennent à réfléchir de la sorte. A chaque séance, il y a un retour sur les précédentes, de la reformulation, de la re-mémorisation. D’année en année, cela facilite l’imprégnation, la compréhension. « Le plaisir d’avoir appris d’une certaine manière fait qu’on mémorise mieux les choses – qu’ils anticipent les situations dans lesquelles ils vont se retrouver ».

Les animateurs se doivent cependant d’être garant du respect, de l’écoute et du non jugement entre les enfants. Les supports de jeu permettent un « paravent ». Selon Mme Defrance, cela permet de dire ce que l’on pense de ce qui se passe émotionnellement chez soi sans pour autant livrer ses émotions. La parole devient alors support de travail. Et c’est à travers cette parole que la notion de risque de manière générale va être questionnée. Cela aide les enfants à comprendre comment on se positionne, comment on travaille l’affirmation de soi et le savoir dire « non », la conscientisation du choix qui est fait et des risques potentiels. Selon les contributrices, l’importance est qu’ils sachent autant pourquoi ils disent oui que pourquoi ils disent non, comment on fait des choix, des choix seuls, des choix en fonction de telles ou telles données.

Tout cela est soutenu par une approche positive, ce qui n’est pas souvent le cas, selon les contributrices, à l’école où l’on est le plus souvent jugé, où les défauts sont majoritairement plus soulignés que les qualités. Par exemple, un exercice permet à l’enseignant d’énoncer devant la classe les qualités d’un élève. L’enfant peut alors se sentir considéré autrement que par des notes ou sur la base de son comportement.

Principaux enseignements

Résultats observés

Le programme a fait l’objet dans l’Aisne d’une étude randomisée par l’INSERM et l’OFDT pour en évaluer la pertinence[4] et a été reconnu comme efficace[5]. Amélioration du climat de classe, meilleure compréhension des enfants entre eux, meilleure acceptation de la différence sont des effets constatés. Les intervenants de Passerelle 39 identifient dans les groupes d’enfants accompagnés l’émergence d’une confiance en soi et le développement d’une relation à l’autre plus empathique. Les interviews montrent différents effets sur les promoteurs le mettant en œuvre.

Les effets sur les promoteurs de PRIMAVERA

Un des effets majeurs pour les acteurs d’Oppelia est aujourd’hui de penser leurs actions en mode « programme ». Qu’ils soient sollicités par un établissement face à l’émergence d’un produit qui inquiète[6] ou pour tout type de sollicitations provenant de l’Education Nationale (EN), leur idée reste de structurer un programme de prévention sur la durée. Les acteurs disent que cette variété apporte du « relief » à l’ensemble de leur pratique : plus de programmes entraine plus d’expérience en termes de stratégies, d’acquisition de compétences, renforce leur boite à outils, leurs options de travail, inspire à la création.  

« Ces programmes probants, ça vient nous inspirer en CJC. Toutes les actions ne sont pas dissociées. Il y a tout le temps des liens. Quand je suis en consultation, le fait d’avoir développé des programmes ou d’avoir fait des ateliers, je vais apprendre beaucoup de ce que les jeunes, les partenaires peuvent nous dire. En suivant des jeunes pendant un certain temps, on apprend beaucoup et ensuite on peut le restituer, même en consultation en individuel. Et vice versa. Toute l’expérience qui est vécue aussi dans les entretiens, on va pouvoir s’en servir pendant les ateliers ».

Yohann Roméro | Oppelia – Passerelle 39   

Mais cette stratégie d’action par programme nécessite une adaptation et une articulation face aux freins potentiels : impossibilité de former tout le monde ; Spécialisation des fonctions ; Complexité en matière de planification sur le temps scolaire ; Charge de travail augmentée liée à la préparation des interventions…

Les effets perçus au niveau des autres acteurs

Les promoteurs notent l’intérêt d’avoir un objet de travail commun avec leurs partenaires. Une des clés de réussite est d’établir une relation d’équivalence, de réciprocité entre les enseignants qui ont la connaissance du terrain, la manière dont le programme peut s’y déployer et les intervenants PRIMAVERA qui ont la connaissance d’un programme qu’ils ont créé et qu’ils maitrisent. Au niveau des enfants, la récurrence de travail d’une année sur l’autre permet à ces derniers de se souvenir de ce qui est fait, des intervenants, d’influer progressivement sur leurs aptitudes, ancrant la démarche. Les promoteurs perçoivent comme effets au niveau des enseignants que cela leur permet de découvrir leurs élèves autrement (Exemple : des enfants discrets se révèlent plus actifs). Ils sont amenés à réutiliser certains outils dans le cadre de leurs activités quotidiennes. Ils identifient que les enfants ont besoin de ces temps d’expression libre pour construire leur pensée, trouver une autre place et être acteur de leur apprentissage, favorisant ainsi le développement de leurs CPS, invitant les enseignants à se questionner sur leurs propres CPS. 

Difficultés rencontrées

Les contributrices/teurs énoncent un certain nombre de difficultés sur lesquelles il est complexe d’agir :

« Les heures « PRIMAVERA » peuvent être des heures de cours comme des heures libres. C’est toute une organisation dépendant du positionnement du Principal. Pour certains professeurs, ça sera des heures de cours, sans compensation, pour d’autres des heures complémentaires payées. D’un établissement à l’autre, il peut y avoir (ou pas) une bonification salariale qui soit faite parce qu’il y a cet investissement. Ce n’est pas un détail en soi. On se rend compte que certains professeurs très motivés au départ lâchent au bout de deux-trois ans, parce justement : manque de considération, de prise en compte du travail effectué plus ou moins de manière bénévole ».

Isabelle Sédano | Oppelia – CSAPA Horizon 02

Il peut exister des biais dans les choix d’intervention liés à l’outillage des territoires en matière de diagnostic des populations. Les promotrices/teurs de PRIMAVERA sont souvent plus sollicité.e.s par des quartiers dits sensibles bénéficiant d’une politique de la ville avec des données (Contrats Locaux de Santé ou de Santé Mentale) qui donnent une meilleure mesure de la santé des populations au détriment de secteurs ruraux ou semi-ruraux. Les territoires ne sont d’ailleurs pas dotés de la même manière, ce qui peut influer l’implication et l’appui du rectorat. Pour les Hauts-de-France (l’Aisne), les contributrices font état d’une enquête faite systématiquement par les infirmières à l’entrée au lycée qui a entrainé la motivation du rectorat à se mobiliser sur cette question.

Facteurs facilitants & stratégies de mise en œuvre

Convaincre de l’intérêt de la démarche est donc le challenge principal des acteurs de PRIMAVERA. Ils ont en appui pour cela les résultats de leur recherche. Si la complexité du programme peut questionner, les promoteurs/trices rassurent les enseignants en expliquant les expériences des autres territoires, en valorisant les résultats de la recherche. Au-delà de la formation, ils soulignent qu’ils seront à leurs côtés dans les temps d’animation, sur des réunions en interne des établissements, auprès des parents, qu’ils les aideront à s’approprier les concepts de CPS, qu’il y a de plus un intérêt majeur à suivre des enfants sur plusieurs années. Les acteurs d’Oppelia soulignent qu’ils jouissent d’un climat d’intervention favorable, avec un appui de leur direction mais aussi de leurs Agences Régionales de Santé respectives. En fonction des différents publics et face à certaines difficultés, différentes stratégies sont développées :

Intervenants PRIMAVERAEtablissementsEnseignantsEnfants/Ados
Garder les mêmes interlocuteurs sur plusieurs annéesGarder les mêmes interlocuteurs sur plusieurs annéesGarder les mêmes interlocuteurs sur plusieurs annéesTravailler au rythme d’apprentissage des enfants
Faire du lien avec les CJC pour :

>Favoriser la création d’un environnement favorable

>Créer des passerelles entre les activités de la CJC et les programmes
Mise en place de conventions pour :
>Montrer aux financeurs qu’il y a une base solide d’un travail collaboratif
>Donne de la légitimité 
>Garantit la continuité en cas de changement de principal
Travail préliminaire de rencontre et de présentation du projet avec l’ensemble des parties prenantes (enseignants, infirmières scolaires, parents…)Créer des liens de confiance avec les enfants/adolescents pour permettre à ces derniers d’établir des relations de confiance avec les adultes, parler de leurs préoccupations, voire leurs expérimentations
Au moment de l’implantation du programme :

>Repérage d’un territoire avec un collège ou plusieurs collèges qui sont alimentés par des écoles de secteur

>Aller vers des collèges avec qui ils ont déjà travaillé où la confiance est établie
La proximité avec le rectorat permet de :

>Cibler de manière plus précise des territoires ou la volonté des chefs d’établissements est engagée

>Une volonté du rectorat d’impulser, d’accompagner, de donner des moyens pour pouvoir le faire
Le modèle de la formation :

>Les enseignants expérimentent eux-mêmes les outils qu’il vont mettre en place

>La découverte se fait par une mise en situation puis une analyse décortiquée d’une séance
Montrer dans les établissements aux jeunes qu’ils peuvent être aidés, que les conduites addictives et à risques est un sujet qui peut être abordé en classe dans un cadre approprié, sécurisant

Concernant la place des parents, les écoles ont plus ou moins de résistance à les associer. Selon les contributeurs/trices, c’est le point le plus aléatoire. Sachant à quel point ils jouent un rôle déterminant dans la santé des enfants, des jeunes, dans leurs consommations, leurs expérimentations, les stratégies sont alors d’en parler en conseil d’école, d’inviter les parents à certaines séances, de les solliciter dans le cadre du bilan d’année.

« Une chargée de prévention de mon équipe fait en sorte que certains exercices du livret des enfants soient faits à la maison. Au fur et à mesure des séances, ça prend de plus en plus. A chaque séance elle demande s’ils ont pu le faire avec leurs parents, ce qu’ils en ont dit. S’il n’y a que la moitié des enfants qui l’a fait au début, à la fin de l’année tous les enfants ont fait les exercices avec leurs parents. C’est une manière de les associer »

Corinne Defrance | Oppelia – KAIROS & IPT    Des solutions émergentes de l’expérience

« On n’avait pas la cartographie. C’est quoi l’inspection académique ? Ça s’organise comment ? C’est quoi la place des conseillers pédagogiques ? Des Inspecteurs de l’Education Nationale (IEN) ? Qui fait quoi ? A qui s’adresser ? On n’avait pas le mode d’emploi. Petit à petit, on a mis dans la boucle de plus en plus de monde, mais en partant du bas (des enseignants vers les directions). Nous avons eu un conseiller pédagogique, enseignant, qui est retourné à l’inspection académique : ça a été le maillon qui nous a permis de faire le lien, de débloquer des situations. On a eu un allié. Quelqu’un de terrain qu’on connaissait et qui nous a aidés à nous mettre en lien avec les bons services ». 

Claire Crausaz | Oppelia – Passerelle 39

Dans la mise en œuvre, les éducateurs spécialisés de Passerelle 39 ont exprimé leur difficulté à se situer dans un environnement professionnel qui n’est pas le leur (l’EN), où il est complexe d’y voir clair, de comprendre les rôles et interactions entre acteurs, de savoir à qui se référer si une difficulté est rencontrée (refus d’un enseignant de faire la suite, recherche de remplaçant.e.s).

Dans le cadre des formations, les chargés de prévention notent avoir eu du mal à se sentir légitimes pour aller former des enseignants. Pour Claire Crausaz, c’est une formation interne sur les cycles du langage des addictions qui a été levier. Il a pu être identifié qu’il était important d’être formé à PRIMAVERA mais aussi qu’aborder les questions de représentations sur les conduites addictives et de clarifier les postures des acteurs de l’addiction pouvaient être un levier. Les résultats de la première formation les ont confortés dans cette stratégie. La mise en œuvre des suivantes, agrémentées de retour terrain, à renforcer leur légitimité à intervenir dans le cadre de la formation des enseignants. 

La mise en place et le déploiement de PRIMAVERA nécessite d’être formé. Si les acteurs mentionnent que le document de référence pose les bases du travail (activité principale, thème, objectif), il ne définit qu’une manière de faire. Il a fallu pour les acteurs de Passerelle 39 plus le structurer, baliser le processus. Si des outils sont proposés, il y a mille façons d’animer les séances, plus vivantes que cela n’est décrit. Il est également possible d’utiliser des techniques avec lesquelles on est plus à l’aise. Cela a été vécu comme une possibilité de mieux investir le projet, ne pas être dans une simple duplication sur les territoires mais vraiment d’une dynamique d’appropriation locale. Les promoteurs de PRIMAVERA mais aussi certains enseignants ont donc fait des aménagements selon les établissements :

  • Modification de certaines séances parfois redondantes ; Fusion et apport d’une séance supplémentaire sur une thématique peu ou pas explorée sur proposition de l’enseignant,
  • Recherche de méthodes pour renforcer l’expérience vécue par les enseignants afin qu’ils comprennent au mieux l’intérêt de l’expérience qui va être vécue par les enfants,
  • Rédaction par une enseignante d’une histoire introductive pour certaines séances.

Bilan & facteurs de réussites

Le projet a déjà fait l’objet d’un certain nombre de valorisations. Dans le cadre d’un récit d’expérience produit en 2018 [3], une schématisation a mis en exergue sa contribution aux cinq axes de la promotion de la santé définis par la charte d’Ottawa. L’idée du programme est bien de démontrer qu’intervenir seulement au moment où émergent les problématiques ne suffit pas. Il est nécessaire d’intervenir en amont ou au moment où cela peut être initié. Il semble nécessaire d’expliciter que parler de certains produits, ce n’est pas forcément « donner envie de » tout en soulignant que cela n’empêchera pas certains adolescents, malgré tout, d’expérimenter.  Pour conclure, les acteurs interviewés mentionnent des points d’appui pour la réussite du déploiement de PRIMAVERA :  

  • Le premier contact est un moment clé, déterminant. C’est à ce moment que les protagonistes vont s’apprivoiser, essayer de se comprendre, s’écouter mutuellement, se mettre d’accord sur ce qu’il peut être fait ensemble ou pas. C’est à partir de ce moment que nait l’engagement réciproque. Il faut être attentif à ne pas se précipiter dans la mise en œuvre.
  • Au regard des enfants, ils se positionnent comme tiers éducatif non jugeant qui favorise l’acquisition et le développement de compétences par un apprentissage ludique.  
  • A la question de savoir si le primaire est un lieu pour aborder des questions autour du tabac ou de l’alcool, les contributeurs disent oui : « Les enfants sont dans le même monde que nous. Ce sont des choses qu’ils voient autour d’eux. Ils sont témoins des mêmes choses dans la vie de tous les jours. Du coup, ils ont plein de questions ». Et il faut pouvoir les aider à trouver et construire leurs réponses.
Tous les acteurs qui souhaitent déployer le programme PRIMAVERA doivent préalablement contacter :
Pour Oppelia : Mme Corinne Defrance c.defrance@oppelia.fr ou Mme Isabelle Sédano isedano@oppelia.fr
Pour la Fédération Addiction : Alexis Grandjean, a.grandjean@federationaddiction.fr ou infos@federationaddiction.fr 

[1] « Savoir résoudre des problèmes, communiquer efficacement, avoir conscience de soi et des autres, savoir réguler ses émotions : telles sont quelques-unes des compétences psychosociales (CPS) des personnes. Depuis trente ans, de nombreux programmes de prévention s’appuyant sur leur développement ont été mis en œuvre à travers le monde. Elles sont reconnues comme un déterminant clé de la santé et du bien-être, sur lequel il est possible d’intervenir efficacement. Ce type d’intervention est déployé de manière relativement récente en France » : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/les-competences-psychosociales-definition-et-etat-des-connaissances

[2]  https://www.oppelia.fr/

[3] https://www.innovation-pedagogique.fr/article6342.html

[4] Pour des contraintes financières, le projet de recherche s’est limité à 3 ans de déploiement (du CM2 à la 5éme) dont la dernière année a été amputée de son questionnaire suite aux conséquences de l’épidémie de COVID 19.

[5] Primavera-Evaluation-2022.pdf (oppelia.fr)

[6] PTC « Pete ton crâne » : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/hautes-pyrenees/tarbes/petes-ton-crane-on-vous-dit-tout-sur-cette-drogue-de-synthese-responsable-du-malaise-d-une-lyceenne-a-tarbes-2520716.html

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Belief and Recall of Nicotine as Therapeutic for COVID-19 May Undermine E-Cigarette Quitting Behavior

20 juillet 2022
Health Education &Behavior, Ahead of Print.
We examine the proposition that misinformation about the therapeutic potential of nicotine to prevent or treat COVID-19 may lead to relapse among attempted e-cigarette quitters. A sample of N = 507 e-cigarette ever-users who reported at least one quit attempt in the past year were surveyed in June of 2021 for recall and belief in several claims about COVID-19 and nicotine. Participants who recalled and believed at least one misinformation claim were significantly more likely to have relapsed than those who did not recall or believe such claims. These differences remained robust to regression analysis adding demographic covariates and accounting for continuous measurement of recall and belief. Misinformation about e-cigarette use is reaching young adult e-cigarette users who are trying to quit. The implications of these findings merit further research to characterize potential barriers to successful e-cigarette cessation.

Differences in Beliefs and Behaviors Related to COVID-19 Prevention Among Adult Current and Former Smokers and With and Without A Cancer Diagnosis

20 juillet 2022
American Journal of Health Promotion, Ahead of Print.
PurposeStudy aims included assessing differences in beliefs/behaviors about COVID-19 prevention among current and former smokers with and without cancer.DesignA cross-sectional survey about COVID-19 beliefs/behaviors was administered from June 2020 to January 2021.SettingSurvey conducted online via Qualtrics from June 2020 to January 2021.SubjectsParticipants were current (n = 101) and former (n = 102) smokers with and without cancer.MeasuresQuestions were related to beliefs about efficacy of and engagement in behaviors for COVID-19 prevention.ResultsResults from logistic regressions displayed that individuals with cancer were more likely to indicate using hand sanitizer with at least 60% alcohol was ineffective (OR = .12, 95% CI: [.02, .65]) and avoided public transportation (OR = 1.84, 95% CI: [1.04, 3.28]) compared to those without cancer. Former smokers were more likely to indicate taking vitamin C was effective (OR = .45, 95% CI: [.22, .93]) and rinsing your mouth with salt water (OR = 1.89, 95% CI: [1.02, 3.50]) was ineffective compared to current smokers. Current smokers were more likely to indicate not smoking was effective compared to former smokers (OR = 2.19, 95% CI: [1.13, 4.24]).ConclusionsCounters to COVID-19 misinformation may need to be tailored to different at-risk groups based on differential beliefs and behaviors.

E-learning : mieux détecter les consommations nocives d’alcool

23 juin 2022

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Santé
13/06/2022
Le SPF Santé publique lance sur sa plateforme l’e-learning « Alcool, parlons-en ».

Treatment Experiences Among People Who Use Opioids: A Social Ecological Approach

14 juin 2022
Qualitative Health Research, Ahead of Print.
The prevalence of opioid use disorder (OUD) and surge in overdose deaths remain key public health concerns. Despite evidence supporting the efficaciousness of medications for opioid use disorder, most people with OUD do not receive treatment. In this qualitative study, semi-structured interviews were conducted with 35 adults in a northeastern city to learn about their experiences with substance use treatment. Qualitative data were analyzed using an inductive thematic content analysis approach, and a social ecological model was applied to examine contextual factors affecting participants’ experiences accessing and engaging in treatment. While we organized our findings following the individual, interpersonal, community, and society levels of the socio-ecological model, we also observed overlap and interconnectedness between and across these levels. Our findings suggest that retention in treatment often depends upon personal motivation, treatment availability, the match of the treatment modality to an individual’s needs, and social support. A person-centered approach is needed to promote individualized care and tailor treatment components to the patient’s needs.

Papy et mamy « boom » chez les usager·es de drogues

14 juin 2022

La proportion de personnes âgées au sein de la population des usager·es de drogues tend à augmenter en Europe. Quels sont les facteurs de cette tendance ? Quelles sont les problèmes et risques liés à ce phénomène et comment les prévenir ?

Les observateurs internationaux relèvent une augmentation du nombre et de la proportion de patientes et patients âgés entrant en traitement pour une consommation problématique de drogues illégales depuis les années 2000 au niveau international et européen1. En 2010, un tiers des usager·es problématiques avaient entre 35 et 64 ans2. De plus, la proportion de patient·es de plus de 40 ans en traitement d’un usage problématique d’opioïdes est passée d’1 sur 5 en 2006 à 1 sur 3 en 20133. En Belgique, le vieillissement de la population en traitement s’observe également depuis de nombreuses années, avec près d’1 patient·e sur 4 ayant plus de 50 ans4. Le vieillissement des patient·es est moins marqué en matière de consommation d’alcool.

Parallèlement, dans certains pays, la prévalence de la consommation de drogues illégales chez les personnes âgées s’est accrue au cours des années 2010 et même à un rythme plus rapide que pour les groupes d’âge plus jeunes (c’est notamment le cas aux États-Unis et en Allemagne). La consommation de cannabis est en augmentation chez les 55-64 ans de plusieurs pays d’Europe occidentale5.

La prévalence de la consommation sur la vie des drogues traditionnelles (c’est-à-dire sur le territoire depuis plusieurs décennies, comme le cannabis, l’héroïne, le LSD…) est plus élevée parmi les usager·es âgés par rapport aux plus jeunes. Au contraire, la prévalence de la consommation sur la vie des drogues plus récentes (par exemple la MDMA) est plus importante chez les usager·es jeunes.

Le vieillissement de la population, et plus spécifiquement celui des usager·es, soulèvent des inquiétudes quant à la capacité des services spécialisés et non spécialisés à prendre en charge et gérer un nombre croissant d’usager·es âgées, leurs besoins de santé et leurs problématique parfois complexes (problèmes de santé mentale, douleurs chroniques, polyconsommation, comorbidités, etc.) au cours des prochaines décennies.

Les facteurs d’augmentation du nombre d’usager·es âgés

Plusieurs facteurs influencent l’accroissement de l’étendue de l’usage de drogues chez les personnes âgées. L’un de ces facteurs pourrait être un effet de cohorte, par lequel un groupe d’individus, ici la génération du babyboom, partagent des expériences sociales et culturelles communes à cause de leur période de naissance (entre 1946 et 1964). Ces expériences peuvent être différentes des cohortes précédentes. Les babyboomers ont grandi dans un moment où l’usage des drogues illicites atteignaient des niveaux relativement élevés et ont dès lors davantage expérimenté des drogues au cours de leur jeunesse que les générations précédentes ; et une partie d’entre eux et elles ont poursuivis leur consommation.

Les usager·es de drogues illégales tendent en effet à poursuivre le type de consommation qu’ils ont initié au cours de leur jeunesse et sont généralement moins exposés aux drogues plus récentes que les plus jeunes6. Les opioïdes (principalement l’héroïne), la cocaïne et le cannabis sont les drogues les plus consommées par les usager·es âgés, et la majorité d’entre eux consomment également de l’alcool7. Cet effet de cohorte explique en partie une prévalence de l’usage plus importante au sein des personnes plus âgées dans nombres de pays occidentalisés8.

L’usage simple de cannabis (i.e. non problématique), tout particulièrement, est marqué par cet effet de cohorte, contribuant ainsi à une augmentation de la prévalence. Cette tendance est renforcée par la baisse des risques perçus liés à la consommation de cannabis et les évolutions sociétales favorables à sa légalisation depuis les années 2000.

Culture de la drogue : évolutions du 20ème siècle

Le rapport de l’Occident à la consommation de drogues a significativement évolué depuis les années 1960. L’usage de drogues s’est érigé en totem de la contre-culture politisée, alternative, post-matérialiste, transgressive et libératrice de la jeunesse des années 1960-1970, en réaction aux valeurs des générations précédentes et du monde politique. Les drogues illicites les plus consommées étaient alors le cannabis, le LSD et les amphétamines. L’héroïne est devenue de plus en plus disponible à partir de la moitié des années 1970, jusqu’à atteindre un pic dans les années 1980-1990 en Europe occidentale. L’augmentation de la disponibilité de l’héroïne, en combinaison avec l’effet de cohorte, est à l’origine de l’épidémie d’usage d’héroïne, d’infections au VIH et d’overdoses des années 1980 et 19909.

Le nombre croissant d’usager·es âgés entrant en traitement peut s’expliquer par le vieillissement des usager·es ayant connu un long parcours de consommation (problématique) et plusieurs tentatives de traitement. La grande majorité des usager·es âgés entrant en traitement ont effectivement débuté leur consommation avant leurs 30 ans et beaucoup sont référés par le système judiciaire10. Cette tendance illustre la nature chronique et le risque de rechute qui composent les consommations problématiques (y compris les dépendances)11.

Toutefois, 35% des usager·es âgés entrant en traitement en Europe le font pour la première fois, ce qui signifie qu’ils peuvent avoir développé une problématique tardivement au cours de leur vie12.

Les demandes de traitement en Belgique13

L’indicateur de demandes de traitement (TDI) donne un aperçu du profil et du parcours des personnes en demande de traitement. Ainsi, les demandeur·ses de plus de 45 ans ayant des antécédents thérapeutiques ont en moyenne commencé la consommation de la substance problématique avant leurs 35 ans (32 ans pour les opiacés, 27 ans pour la cocaïne et 35 ans pour les hypnotiques). Les primo-demandeur·ses tendent à avoir débuté leur consommation plus tard (respectivement 36 ans, 33 ans et 41 ans).

L’origine de la demande est semblable pour les primo-demandeur·ses et les demandeur·ses ayant des antécédents thérapeutique de plus de 45 ans, et émanent principalement de la personne elle-même, de la famille, du ou de la médecin généraliste ou de l’hôpital ; une orientation par la justice est beaucoup moins fréquente.

Enfin, les usager·es de plus de 45 ans représentent environ 30% des demandes (chiffre stable depuis 2015). Les personnes de plus 65 ans sont davantage représentées au sein des primo-demandeur·ses (3,8% en 2019, contre 2,9% chez les demandes avec antécédents thérapeutiques).

La photographie de la situation en Belgique est cependant partielle. Le TDI n’est en effet récolté que dans les services spécialisés en assuétudes et dans les hôpitaux (généraux et psychiatriques). Les cabinets et institutions privés, le milieu pénitentiaire, les maisons médicales et la grande majorité des services de santé mentale non spécialisés n’y prennent pas part. Ainsi, les usager·es précarisés sont surreprésentés. Or, on peut considérer que les personnes âgées ayant des problèmes de consommation sont sous-représentées au sein des services participant au TDI (hormis les personnes vivant en grande précarité) ; d’une part, parce qu’elles sont plus souvent suivies par des généralistes ou par des institutions privées (ambulatoires ou résidentielles). La recherche « Up To Date » pointe par exemple que les personnes consultant un ou une médecin généraliste pour des problèmes liés à l’abus de substances sont majoritairement des adultes entre 45 et 64 ans (57,9%)14. D’autre part, les personnes âgées sont, du fait de leur âge et parfois d’un usage problématique ou à risque de longue durée, davantage impactées par la mortalité (précoce) liée à l’usage de substances.

Ainsi, l’augmentation de la consommation de drogues et des entrées en traitement des usager·es âgés s’explique parallèlement par des facteurs jouant sur l’initiation tardive aux drogues (ou la reprise d’une ancienne consommation)15 :

  • L’évolution de la perception des risques liés à la consommation de drogues ;
  • L’augmentation de la disponibilité des drogues ;
  • Des changements dans l’acceptabilité sociale de l’usage ;
  • La médication ou l’automédication pour lutter contre la douleur, l’anxiété ou encore les défis et maux liés à l’entrée en pension ou au vieillissement.

Concernant ce dernier point, les personnes âgées présentent en effet des niveaux plus élevés de problèmes de santé mentale, par exemple des états dépressifs, et de plus hauts taux de facteurs de risques sociaux, tels que le deuil, l’isolation sociale, les problèmes financiers et le manque de soutien social. Le passage à la pension pourrait également avoir un impact sur l’usage de drogues, mais les preuves scientifiques sont actuellement limitées16. Un usage tardif peut aussi être associé à une prescription d’analgésiques, qui présentent des risques de mésusage si leur prise n’est pas correctement ou suffisamment encadrée. De plus, de nombreuses personnes âgées rapportent souffrir de douleurs qui ne sont pas traitées de manière suffisante, à cause d’autres substances qui ont accru leur tolérance aux analgésiques. L’allongement de l’espérance vie et le vieillissement de la population impliquent également que la proportion de patient·es âgées subissant des interventions chirurgicales et suivant des traitements médicamenteux augmente17.

L’allongement de l’espérance de vie ne concerne évidemment pas uniquement la génération des babyboomers. Les générations suivantes poursuivent cette tendance, tout en présentant des taux de prévalence de consommation au moins aussi élevés ; il est dès lors nécessaire de penser l’adaptation des services et des soins sur le long terme18.

Usage de drogues et vieillissement19

Le processus de vieillissement et l’usage de drogues s’influencent mutuellement, selon différents mécanismes. En premier lieu, le vieillissement du corps humain altère son fonctionnement et sa constitution. Un corps humain plus âgé peut maintenir des niveaux de concentration de substances psychoactives dans le sang plus longtemps que les corps plus jeunes. Ceci affecte bien évidemment les fonctions motrices et cognitives, augmentant ainsi les risques d’accident, de chute et de blessure, ou rendant difficile l’accomplissement d’activités quotidiennes.

La prise de substances ayant des propriétés hallucinogènes et désorientantes (médicaments psychotropes inclus) est particulièrement risquée. Les personnes âgées ont une sensibilité accrue, ce qui décuple les effets de ces substances, et leur tolérance est généralement plus basse. De plus, elles sont également davantage susceptibles de prendre des médicaments prescrits pour traiter différents maux physiques et psychiques. Or, les effets des médicaments prescrits et ceux des drogues peuvent interagir, s’annuler ou se potentialiser, mettant les personnes en danger20.

Parallèlement, nous l’avons vu, le processus de vieillissement peut affecter les facteurs de risque de développer une consommation problématique sur le tard, en renforçant ou déclenchant des problèmes psychologiques, sociaux ou de santé. Atteindre un âge avancé s’accompagne en effet de nombreux bouleversements psychosociaux et physiques (pension, solitude, douleurs chroniques, deuil, problèmes de santé mentale, etc.). Les facteurs participant à détériorer la santé psychique comprennent le manque de ressources personnelles (faibles compétences professionnelles, faible intelligence émotionnelle, manque de perspectives, image de soi négative, sentiment de ne pas contrôler sa vie) et la rupture progressive des liens sociaux (familles, ami·es, travail)21.

L’usage de drogue (en particulier de longue durée) peut à son tour aggraver l’état de santé mentale et physique des personnes, compliquer voire accélérer le processus de vieillissement du corps et du cerveau. Les personnes âgées usagères ont en effet plus de problèmes physiques et de santé mentale que leurs pairs en population générale et les jeunes usager·es. Les usager·es, en particulier qui fument ou qui ont recours à l’injection, sont davantage sujets à des maux cardiorespiratoires. De même, les maladies infectieuses sont plus fréquentes parmi les usager·es âgés, notamment parce que leur consommation peut dater de plus longtemps, d’une période où les services de réduction des risques étaient moins répandus.

L’usage de drogue est aussi associé à un risque accru de diabète précoce et plus sévère, de troubles neurologiques et de cancer. Les usager·es plus âgés expérimentent aussi souvent une accélération des morbidités médicales et une progression dans la détérioration de leurs organes, en particulier les usager·es dépendants. Le système immunitaire des personnes usagères, notamment celles ayant longtemps vécu dans de mauvaises conditions, est davantage affecté par le vieillissement22. Ainsi, on estime qu’à 40 ans, ils/elles peuvent requérir un niveau de soin normalement destiné aux personnes âgées23.

Additionnellement, les usager·es de drogues sont disproportionnellement plus affectés par des problèmes psychologiques et psychiatriques, qui sont souvent plus complexes et sévères qu’au sein de la population générale (anxiété, démence, solitude, problèmes de mémoire, confusion). L’usage prolongé de drogues illicites est en effet associé à des troubles dépressifs et cognitifs. Et des évènements de vie stressant, courants au sein des usager·es âgés (notamment le décès de proches), peuvent de plus exacerber des problèmes de santé mentale et/ou provoquer une augmentation de la consommation ou l’adoption de modes de consommation plus risqués24.

Enfin, les études rapportent également que les usager·es de drogues illégales plus âgés sont souvent socialement exclus et isolés de leurs proches et réseaux externes à leurs réseaux d’usager·es. Ils/elles sont davantage marginalisés, ont de plus hauts taux de chômage, un niveau d’éducation plus bas, sont plus souvent sans abri et sont plus susceptibles d’avoir fait un séjour en prison25.

Les usager·es de drogues âgés ont donc des profils souvent plus complexes que leurs jeunes pairs, présentent davantage de comorbidités et disposent généralement de moins de ressources pour faire face aux dommages et risques liés à une consommation de drogue. Le processus de vieillissement aggrave en effet les facteurs de risques et tend à fragiliser les facteurs de protection (insertion sociale, activités sportives et de loisir, santé physique et mentale, soutien des proches, etc.).

PROBLÈMES ET RISQUES CHEZ LES USAGER·ES DE DROGUES ÂGÉS26

Santé physique et mentale
  • Risque accru de décès par maladie, overdose et suicide
  • Âge médian plus jeune au décès
  • Apparition prématurée de troubles dégénératifs, problèmes cardiovasculaires, maladie du foie, douleurs physiques, capacité physique fonctionnelle réduire, problèmes respiratoires et diabète
  • Risque accru d’infection au VIH et à l’hépatite C
  • Risque accru de chutes, de fractures, de blessures et d’accidents de la route sous l’influence d’une substance psychoactive (légale ou illégale)
  • Difficulté accrue à effectuer les tâches de la vie quotidienne (douleurs, état dépressif…)
  • Risque accru de sursédation, d’overdose, de confusion et d’évanouissement
  • Incidence accrue de problèmes chroniques de santé mentale
Social
  • Stigmatisation et sentiment de honte freinant la détection des consommations problématiques et l’accès aux soins
  • Incidence accrue des problèmes financiers, du chômage et du sans-abrisme
  • Contact limités avec la famille et la communauté, isolement social, solitude et exclusion
  • Crainte de subir la désapprobation du personnel soignant

Une épidémie invisible ?

La recherche scientifique n’a pris que récemment conscience du problème de l’usage de substances psychoactives chez les personnes âgées. Ceci découle du fait que, du point de vue scientifique, épidémiologique et culturel, les personnes âgées et les personnes usagères de drogues sont souvent négligées voire oubliées. Et si les problématiques liées au « bien vieillir » sont reconnues, les défis relatifs au processus de vieillissement des personnes âgées consommant des drogues légales et illégales le sont beaucoup moins.

L’invisibilisation de l’augmentation de la consommation chez les personnes âgées s’explique par les nombreux obstacles handicapant l’identification, le diagnostic et le traitement des usages problématiques au sein de cette population27 :

  • Manque de connaissances et données scientifiques
  • Réticence du personnel médical à aborder la question des consommations
  • Déni de la consommation problématique
  • Visites médicales précipitées, trop courtes
  • Stigmate ou honte de la consommation
  • Réticence générale à chercher une aide professionnelle
  • Manque de ressources financières ou de moyen de transport
  • Absence d’assurance ou de mutuelle
  • Comorbidités compliquant le diagnostic ou le traitement
  • Réduction du réseau de soutien social

Le manque de données et de connaissances signifie en retour d’importantes lacunes en matière d’outils de détection adaptés, de programmes de prévention, traitement et réadaptation ayant montré de bons résultats, de structures et formations adaptées et spécialisées, et plus globalement signifie une attention insuffisante à la problématique lors de l’élaboration des politiques et programmes publics28.

Le déficit en matière de prévention des risques liés à la consommation et d’identification et détection (précoce) des consommations problématiques s’explique d’abord par le manque de connaissance et de formation des professionnel·les de la santé, ainsi que par des croyances erronées au sujet de la consommation de drogues (en général et chez les personnes âgées). Ensuite, les personnes âgées rapportent peu leur consommation lors de leurs contacts avec le personnel soignant, que ce soit à cause de la honte, de la peur, de formes de démence ou de l’isolation sociale29. Il n’existe par ailleurs pas actuellement d’outil de dépistage et diagnostic de l’usage de drogues spécifiquement conçu pour les personnes âgées. Les outils destinés à la population générale ne sont en effet pas adaptés à cette population, pour différentes raisons, à savoir30 :

  • La pharmacocinétique et la physiologie des individus changent avec le vieillissement. Les manifestations, la sensibilité et les réponses des personnes âgées aux symptômes physiologiques d’une dépendance peuvent dès lors être altérés et ne pas correspondre aux critères diagnostiques ;
  • Le déclin de la santé physique, les troubles cognitifs ou les comorbidités sévères peuvent jouer sur la capacité des personnes âgées à se souvenir, à monitorer les consommations ou à interpréter certains critères diagnostiques. De plus, dans les cas où le processus de vieillissement s’accompagne d’un accroissement de la sensibilité aux effets des drogues, une réaction négative peut se produire même avec un faible usage ;
  • Les critères diagnostiques ayant trait à la dégradation des liens sociaux et professionnels et aux problèmes judiciaires s’appliquent moins aux personnes âgées qui sont souvent pensionnées, moins actives, ont moins d’obligations, perdent davantage de proches et voient leur réseau social diminuer.

La prise en charge et le traitement d’usages problématiques chez les personnes âgées présentent de réelles difficultés (situations psychosociales complexes, comorbidités). Les personnes dépendantes, en particulier, requièrent des soins continus et l’intervention de multiples disciplines (pharmacologie, thérapie comportementale, accompagnement social…). Plusieurs observateurs s’inquiètent de la capacité actuelle des structures spécialisées et non-spécialisées à absorber l’augmentation du nombre de personnes âgées usagères de drogues et à répondre à leurs besoins en santé physique et mentale31.

Recommandations

Le vieillissement de la population représente une série de défis en termes d’organisation de la société. Une modification de la pyramide des âges augmente notamment le poids des pensions sur la part active de la population. Elle implique également l’adaptation de nombreuses politiques publiques, y compris l’enseignement, la formation, le logement, le transport et les loisirs. L’augmentation du nombre de personnes âgées signifie de plus grands besoins en santé et assistance, en logements spécialisés et, plus généralement, en infrastructures publiques32.

Les services de soins devront s’ajuster à ce changement, et plus spécifiquement à l’augmentation de la proportion de personnes âgées usagères de drogues (UD – de longue durée ou sur le tard) en leur sein. Les services non-spécialisés et la première ligne de soins devront proposer une prise en charge intégrée, souple, holistique et adaptée à l’âge. Les services spécialisés en assuétudes devront quant à eux adapter leurs programmes, fonctionnement et organisation afin de prendre en compte les besoins complexes et spécifiques des usager·es âgés.

Les services spécialisés, en particulier, ne sont actuellement pas forcément adaptés ni équipés pour accueillir des usager·es de drogues illégales âgés, ayant une longue histoire de consommation, ponctuée de période d’abstinence et de rechutes. Les traitements de substitution aux opiacés, la gestion de la douleur et un recours plus important aux thérapies psychosociales (entretien motivationnel, thérapie cognitivo-comportementale) semblent particulièrement indiqués pour cette population33 34.

Nous invitons le lecteur ou la lectrice à consulter le tableau suivant pour prendre connaissances de recommandations en ces matières35.

RECOMMANDATIONS
Soins et care
Prise en charge intégrée et holistique
  • Offrir une prise en charge intégrée, holistique et adaptée à l’âge
  • Développer un cadre pour guider les soins, la création de services, la formation du personnel soignant et la prescription appropriée de médicaments
  • Recourir à des technologies d’assistance innovantes ou mettre à profit les technologies existantes pour assurer la coordination du traitement, le soutien et le suivi de la situation des personnes âgées qui font usage de drogues (services de télémédecine, services de téléphonie permettant la prise en charge et le suivi des personnes âgées et de leur proches aidant)
  • Appuyer les politiques publiques à l’adresse des personnes âgées qui font usage de drogues sur les principes d’indépendance, de participation, de soins, d’épanouissement personnel et de dignité
  • Garantir le droit au soulagement de la douleur dans le cadre des soins palliatifs et l’accès universel aux médicaments essentiels
  • Concevoir un modèle de soins intégrés souple et adaptable (à domicile ou résidentiel, aidant·es naturels/familiaux ou aidant·es professionnels…), qui ne visent pas forcément l’abstinence
  • Coordonner et fluidifier le continuum de soins depuis le dépistage jusqu’à la revalidation
  • Développer des services d’outreach pour entrer en contact avec les personnes âgées marginalisées
  • Améliorer la communication entre les professionnel·les spécialisés en assuétudes et les soignant·es de 1ère ligne
  • Intégrer des professionnel·les de la santé ayant des expériences dans le domaine des assuétudes au sein des services gériatriques
  • Développer des stratégies de soin et des services adaptées aux personnes âgées, qui prennent en compte les préoccupations et contextes psychologiques, sociaux et sanitaires, ainsi que des inégalités sociales de santé et des obstacles dans l’accès aux soins et services
  • Impliquer les personnes UD dans le processus d’élaboration des politiques de prise en charge intégrée et dans l’évaluation des services et programmes
Former et anticiper
  • Renforcer la formation du personnel soignant non-spécialisé (détection des usages et des dépendances, lutte contre la stigmatisation des usager·es, orientation vers les services spécialisés)
  • Renforcer la formation du personnel soignant non-spécialisé (détection des usages et des dépendances, lutte contre la stigmatisation des usager·es, orientation vers les services spécialisés)
  • Former les professionnel·les spécialisés en assuétudes à la prise en charge des personnes âgées et leurs besoins particuliers (y compris la perte de mobilité, le deuil, l’isolation sociale…)
  • Préparer les services spécialisés à l’augmentation de la proportion de personnes âgées (équipement adapté, formation, gestion des comorbidités, prise de médicaments)
Prévention et détection
  • Renforcer la prévention et la promotion de la santé grâce à la coopération intersectorielle
  • Porter une attention particulières aux inégalités sociales de santé et les obstacles dans l’accès aux services et dispositifs de prévention et détection précoce
  • Ajuster le type et le dosage des médicaments à la physiologie et pharmacocinétique des personnes âgées
  • Surveiller et encadrer la prescription de benzodiazépines et d’opiacés aux personnes âgées. Être vigilant aux risques de surconsommation et d’usage problématique (voir notamment INAMI, 2019)
  • Les adultes de 60+ ans devraient être systématiquement dépistés pour le mésusage d’alcool, de drogues et de médicaments psychotropes lors de leurs visites médicales
  • En cas de détection d’une consommation problématique, les praticien·nes réorientent les patient·es vers les services d’accompagnement ou de traitement adéquats
  • Les professionnel·les de la santé sensibilisent aux effets néfastes de l’usage de drogues légales et illégales et des médicaments
  • Le personnel soignant participe à identifier et réduire les obstacles dans l’accès aux traitements
  • Créer ou améliorer les outils de détection et de diagnostic adaptés aux parcours et aux réalités des personnes âgées
Lutte contre la stigmatisation
  • Veiller à ce que le dépistage soit mené de façon bienveillante et sans stigmatisation
  • Revoir le vocabulaire et le langage employés dans les médias et les stéréotypes véhiculés
  • Encourager les personnalités publiques à parler de leurs expériences personnelles
  • Mieux former le personnel non-spécialisé
  • Favoriser le contact entre les personnes UD et non-UD
  • Associer les personnes âgées et les personnes UD à l’élaboration de messages de lutte contre la stigmatisation et à la formation continue des prestataires de prévention et de soins
  • Observer et évaluer en permanence les programmes de formation visant à lutter contre la stigmatisation pour s’assurer qu’ils restent actuels et adaptés aux objectifs poursuivis
Recherche et collecte de données
  • Améliorer la mesure et la surveillance de la santé et du bien-être des personnes âgées (et particulièrement UD)
  • Elargir la tranche d’âge de la population ciblée par les études épidémiologiques
  • Améliorer l’évaluation et la surveillance de l’usage de médicaments soumis à prescription et en vente libre (et ainsi réduire les prescriptions multiples, le nomadisme médical et les admissions aux services d’urgence)
  • Mener des recherches portant sur les comportements de consommation, la santé et les caractéristiques sociales des personnes âgées usagères, et identifier leurs besoins
  • Renforcer les connaissances en matière de différences genrées au sein des personnes âgées UD
  • Renforcer les connaissances relatives aux effets des inégalités sociales de santé sur la santé des personnes âgées, leur usage de drogues légales et illégales et leur accès aux services et soins
  • Soutenir et évaluer la mise en place de projets innovants afin de dégager des bonnes pratiques prévention, détection, réduction des risques et soins

Références

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Nézet, O., Spilka, S., Legleye, S. & Beck, F. (2009). Usages de subtsances psychoactives après 60 ans. Tendances n°67, septembre. Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

OICS (2021). Rapport 2020. Nations Unies, Organe international de contrôle des stupéfiants, mars 2021.

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Vogt, I. (2009), ‘Lebenslagen und Gesundheit älterer Drogenabhängiger: Ein Literaturbericht’ Suchttherapie 10, pp. 17–24.

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Whole body massage for newborns: A report on non-invasive methodology for neonatal opioid withdrawal syndrome

14 juin 2022

J Neonatal Perinatal Med. 2022 May 16. doi: 10.3233/NPM-220989. Online ahead of print.

ABSTRACT

BACKGROUND: Infants with in-utero exposure to opioids are at risk Neonatal Opioid Withdrawal Syndrome (NOWS) and non-pharmacological methods of care, like swaddling, quiet ambient environment are routinely recommended but are not systematically studied. We hypothesized that opioid exposed infants can tolerate whole body massage while hospitalized.

METHODS: This is a prospective observational study (August 2017 to January 2019) and infants of mothers having a history of opioids use (OUD) were included. Infants received whole body massage for 30 minutes from birth till discharge home. Infants heart rate (HR), respiratory rate (RR), systolic (sBP) and diastolic blood pressure (dBP) were recorded prior to and at the end of massage session.

RESULTS: The pilot study enrolled 30 infants. The mean birth weight and gestational age were 38±1 weeks and 2868±523 grams, respectively. All massage sessions were well tolerated. There was marked decrease in HR, systolic and diastolic BP and RR, (p < 0.01) in all study infants post massage, more profound among infants with NOWS (p < 0.01) than without NOWS.

CONCLUSIONS: Whole body massage is very well tolerated by infants with in-utero opioid exposure. Infants with NOWS had marked decrease in their HR and BP from their baseline after massage.

PMID:35599503 | DOI:10.3233/NPM-220989

Enquête : L’impact de la crise COVID-19 sur les habitudes festives des jeunes

31 mai 2022
Eurotox, Modus Vivendi et ASARBW lancent une enquête afin de mieux comprendre comment la crise sanitaire a impacté les habitudes festives des jeunes et d’identifier leurs besoins.


L’enquête est anonyme et s’adresse aux personnes âgées de 15 à 30 ans vivant en Wallonie ou en Région bruxelloise.

Les réponses fournies restent confidentielles. Elles ne seront en aucun cas partagées à des tiers.

Répondre à cette enquête prend environ 10 à 15 minutes. Les résultats seront publiés dans un rapport synthétique que vous pourrez télécharger.

Merci de partager cette enquête auprès de vos publics et de vos partenaires !

Tableaux de bord 2021 de l’usage de drogues et ses conséquences socio-sanitaires

25 mai 2022

L’équipe d’Eurotox a le plaisir de présenter ses Tableaux de bord de l’usage de drogues et ses conséquences socio-sanitaires 2021, portant sur l’actualité en cette matière. L’un est consacré à la Région wallonne, l’autre à la Région de Bruxelles-Capitale.

Ces documents offrent un état des lieux détaillé de la situation socio-législative et épidémiologique relative à l’usage de substances psychoactives légales et illégales. Ils débutent par une mise en contexte politique et légale de l’usage de drogues au plan international et fédéral, complétée par une contextualisation régionale (respectivement wallonne et bruxelloise).

Télécharger les Tableaux de bord de l’usage de drogues et ses conséquences socio-sanitaires :

Compte tenu des mécanismes de stigmatisation et du cadre légal actuel de l’usage de drogues illégales, un chapitre est consacré au lien entre les inégalités sociales de santé et l’usage de drogue.

L’état des lieux de la consommation porte sur les grandes catégories de produits (alcool, tabac, médicaments psychotropes, cannabis, autres drogues illégales, nouvelles substances psychoactives). Une section spécifique est également consacrée à la polyconsommation et une autre aux principaux comportements d’usage sans produits (usage des technologiques de la communication et de l’information, et usage des jeux de hasard et d’argent). Pour chaque catégorie, le cadre législatif, la disponibilité et l’usage au sein de différentes populations (population générale, population scolaire, usager·es de drogues, etc.) sont détaillés.

Les différentes conséquences sanitaires et sociales liées à l’usage de substances psychoactives sont abordées à travers les données relatives aux infractions pénales, aux intoxications, aux demandes de traitement pour un usage problématique, aux prises en charge dans les services de psychiatrie, aux infections au VIH et hépatites B et C, à la mortalité et au coût social.

Enfin, nous proposons une mise à jour épidémiologique du focus thématique COVID-19, qui examine les dernières données relatives à l’impact de la crise sanitaire sur les usages et les usager·es.

 

Opioid-Related Public Health Communication Campaigns: An Environmental Scan

24 mai 2022
American Journal of Health Promotion, Ahead of Print.
The opioid overdose epidemic continues to devastate lives across the United States and has worsened during the COVID-19 pandemic. In this paper, we review 166 online-accessible opioid-related campaigns to understand the current state of the science and practice of campaigns to address the opioid crisis. The findings suggest that health promotion practitioners can have a greater impact on reducing overdose deaths if they move beyond awareness-raising messaging about opioid misuse and place a greater emphasis on driving demand for evidence-based treatments such as medications for opioid use disorder and on reducing stigma related to treatment and recovery.