Veille : Les femmes

Projet de capitalisation sur la promotion du dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus

30 novembre 2022

Avec le soutien de l’INCa, de la Direction générale de la Santé et de Santé publique France, la Société Française de Santé Publique (SFSP) a mis en œuvre, de 2020 à 2022, un projet de capitalisation portant sur la thématique de la promotion de la participation au dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus auprès de personnes en situation de vulnérabilité sociale ou territoriale. Ce projet est piloté par un Groupe de travail composé de représentant.e.s d’institutions (INCa, ARS Île-de-France, les CRCDC d’Auvergne RhôneAlpes, Centre-Val de Loire et Île-de-France, Santé Publique France), d’organismes de recherche (Centre Léon Berard, l’Inserm), d’associations (Fabrique Territoire Santé, France Assos Santé – Corse, Jeune & Rose, La Ligue nationale contre le cancer, Médecins du Monde) et de personnes qualifiées. Autour de cette thématique de la promotion du dépistage des cancers, il s’est agi de capitaliser une vingtaine de projets, afin de mettre en lumière les pratiques des acteurs de terrain et les enseignements de leurs expériences. Sur la base de ces capitalisations, la présente analyse transversale a été formalisée afin de partager les principaux enseignements et les points de discussion liés à la mise en commun de ces récits d’expérience. Après la présentation des éléments clés de la démarche de capitalisation et une description de la méthode de travail employée pour le présent projet, les enseignements transversaux identifiés seront partagés. 

EN SAVOIR PLUS / https://sfsp.fr/images/Rapport-transversal-CAPS-Oct2022.pdf

Cannabis, périnatalité et représentations sociales

21 septembre 2022

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Des données scientifiques émergentes démontrent que la consommation de cannabis par la mère en période périnatale peut entraîner des conséquences néfastes chez l’enfant. Or, malgré les contre-indications médicales officielles, certaines femmes maintiennent cette habitude pendant la grossesse et l’allaitement.

Les représentations sociales font partie des facteurs qui influencent la décision des femmes de consommer ou non du cannabis en période périnatale. Les représentations sociales renvoient à un ensemble d’opinions, de croyances, d’attitudes, de normes sociales et de perceptions articulées dans les rapports sociaux, les expériences personnelles et celles de l’entourage. En dépit de la pertinence de documenter cette question, peu d’études ont été réalisées pour y répondre et,...

Le petit livret sur les règles du Planning Familial 35

19 septembre 2022

Un outil inclusif vis à vis des personnes LGBTQIA+ qui s'adresse aussi bien aux personnes réglées que non-réglées !
Un groupe de bénévoles de Rennes a réalisé un livret sur les règles à destination des jeunes de 10 à 15 ans. À travers une vingtaine de pages, le livret aborde les règles et les questionnements qui y sont liés : Qu’est-ce que les règles ? À quoi ça ressemble ? Qui ça concerne ? Quels symptômes peut-on ressentir et comment les atténuer ? Quelles protections existent ? Pourquoi est-ce tabou ? Comment se défaire des idées reçues ? Comment être un.e bon.ne allié.e ?Le but de ce livret est de proposer un outil inclusif vis à vis des personnes LGBTQIA+ et qui puisse s'adresser aussi bien aux personnes réglées que non-réglées. À travers le prisme des règles, les notions d'anatomie, de compréhension du corps, de sexualités et d’identités de genre sont également abordées. Le projet a été soutenu par une subvention du Département Ille-et-Vilaine.Il peut être utilisé lors d'évènements, entretiens individuels, accueils collectifs, permanences, consultations médicales, animations, stands, etc..

EN SAVOIR PLUS / https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial-dille-et-vilaine-35/lgbtqi/le-petit-livret-sur-les-regles-du-planning-familial


Nouvelle brochure : « Contraception : faire passer la pilule à 2 ?! »

25 août 2022

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24.08.2022

Nouvelle brochure : « Contraception : faire passer la pilule à 2 ?! »

La nouvelle brochure du Service Education Permanente s’interroge sur les conséquences de la contraception dans notre société, surtout chez les […]

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The Use of Digital Health Tools for Health Promotion Among Women With and Without Chronic Diseases: Insights From the 2017-2020 Health Information National Trends Survey

23 août 2022

JMIR Mhealth Uhealth. 2022 Aug 19;10(8):e39520. doi: 10.2196/39520.

ABSTRACT

BACKGROUND: In the United States, almost 90% of women are at risk of at least one chronic condition. However, the awareness, management, and monitoring of these conditions are low and present a substantial public health problem. Digital health tools can be leveraged to reduce the alarmingly high rates of chronic condition-related mortality and morbidity in women.

OBJECTIVE: This study aimed to investigate the 4-year trend of digital health use for health promotion among women with chronic conditions in the United States.

METHODS: Data for this study were obtained from the 2017 to 2020 iterations of the Health Information Trends Survey 5. Separate weighted logistic regression models were conducted to test the unadjusted and adjusted association of the study variables and each digital health use. The 95% CI, adjusted odds ratio (aOR), and P value (.05) were reported. Analysis was conducted using Stata 17 software.

RESULTS: In total, 8573 women were included in this study. The weighted prevalence of the use of a smartphone or tablet for various activities were as follows: track health goals, 50.3% (95% CI 48.4%-52.2%; 3279/7122); make a health decision, 43.6% (95% CI 41.9%-45.3%; 2998/7101); and discuss with a provider, 40% (95% CI 38.2%-41.8%; 2834/7099). In the preceding 12 months, 33% (95% CI 30.9%-35.2%; 1395/4826) of women used an electronic wearable device, 18.7% (95% CI 17.3%-20.2%; 1532/7653) shared health information, and 35.2% (95% CI 33.2%-37.3%; 2262/6349) sent or received an SMS text message with a health professional. Between 2017 and 2020, the weighted prevalence of having 0, 1, and multiple chronic conditions were 37.4% (2718/8564), 33.4% (2776/8564), and 29.3% (3070/8564), respectively. However, slightly above half (52.2%, 95% CI 0.50%-0.53%; 4756/8564) of US women reported having at least one chronic disease. Women with multiple chronic conditions had higher odds of using their tablet or smartphone to achieve a health-related goal (aOR 1.43, 95% CI 1.16-1.77; P=.001) and discuss with their provider (aOR 1.55 95% CI 1.20-2.00; P=.001) than those without any chronic conditions. Correspondingly, in the past 12 months, the odds of using an electronic wearable device (aOR 1.40, 95% CI 1.00-1.96; P=.04), sharing health information (aOR 1.91, 95% CI 1.46-2.51; P<.001), and communicating via SMS text messaging with a provider (aOR 1.31, 95% CI 1.02-1.68; P=.03) were significantly higher among women with chronic conditions than those without a chronic condition.

CONCLUSIONS: This study suggests that women with chronic conditions accept and integrate digital health tools to manage their care. However, certain subpopulations experience a digital disconnect that may exacerbate existing health inequities. Implications for research and opportunities to leverage and integrate digital health tools to prevent, monitor, manage, and treat chronic conditions in women are discussed.

PMID:35984680 | DOI:10.2196/39520

Sexe, pouvoir et emploi en Belgique

17 août 2022

On entend souvent dire aujourd'hui que les hommes et les femmes sont pratiquement égaux en Belgique. Malheureusement, c'est loin d'être le cas. Examinons cela à travers leur répartition sur le marché du travail. Observer les inégalités dans l'emploi est important, celles-ci étant extrêmement déterminantes (dans le sens qu'elles ont un fort impact sur toutes les autres – sur les inégalités de revenu, de santé ou de logement, par exemple) [1].

Pour voir quelle est la situation en Belgique, j'ai classé les individus selon leur emploi [2]. Les données proviennent d'une enquête récente pratiquée dans toute la Belgique [3]. L'étude présentée ici ne considère que les personnes qui ont un emploi ou qui sont demandeuses d'emploi (elles ont entre 20 et 60 ans) [4]. La classification possède 11 catégories. Les chefs d'entreprise sont les personnes qui contrôlent les moyens de production (les entreprises). Les indépendants sont les personnes ayant un emploi mais qui ne sont pas subordonnés à un employeur. Les salariés constituent quant à eux la plus grande partie de la population. Ils se définissent comme soumis à la volonté d'un employeur. Cependant, les situations sont diverses au sein des salariés. C'est pourquoi ceux-ci sont différenciés selon leur autorité sur le lieu de travail et les privilèges associés à leur emploi. L'autorité est définie par le fait de superviser d'autres salariés. Ce critère permet de différencier les superviseurs des travailleurs. Les privilèges de l'emploi occupé sont ceux en termes de salaire et de prestige. Ils sont abordés en distinguant 3 catégories d'emplois : les emplois très privilégiés désignent les emplois de juge, médecin ou ingénieur par exemple, qui donnent accès à de hauts salaires (ce type de personne vit dans un ménage qui gagne en moyenne, pour tous ses membres [5], 3510€ net) et à beaucoup d'estime ; les emplois moyennement privilégiés désignent les emplois tels ceux d'infirmier, d'électricien ou d'enseignant dans le secondaire, considérés comme estimables, mais cependant moins bien payés (revenu net du ménage : 2852€) et réputés que les précédents ; les emplois peu privilégiés regroupent les emplois déconsidérés, peu valorisants et mal payés (revenu net du ménage : 2523€), comme les emplois d'ouvriers de manutention ou d'employés de bureau, à la poste ou dans l'administration [6]. En ce qui concerne les demandeurs d'emploi, ils sont classés selon leur dernier emploi. Les demandeurs d'emploi n'ayant jamais travaillé sont, eux, regroupés au sein d'une catégorie spécifique, représentant la part de la population active la plus démunie. Le résultat apparaît dans le tableau 1 :

Source : les données proviennent de l'enquête ESS (http://www.europeansocialsurvey.org). L'échantillon est la compilation des enquêtes de 2002 à 2010 ; il comprend 4722 individus.

Dans ce tableau, les cases ont été coloriées en orange lorsque l'on est sûr de trouver significativement plus d'hommes que de femmes dans la catégorie considérée [7]. Il est frappant de constater à quel point les positions de pouvoir sont occupées bien plus souvent par des hommes que des femmes. En effet, les hommes sont sur-représentés parmi les chefs d'entreprise et les superviseurs. Les deux seules catégories où les femmes sont sur-représentées (cases bleues du tableau) sont les travailleurs peu privilégiés et les personnes n'ayant jamais travaillé, position la plus défavorisée ! Détaillons ces résultats.

Si l'on considère uniquement les propriétaires d'entreprise (figure 1 – dans celle-ci ne sont repris que les propriétaires d'entreprise avec au moins 1 salarié), on remarque que ce sont pour 70% d'entre eux des hommes. Et si l'on regarde du côté des salariés qui ont de l'autorité sur leurs lieux de travail (figure 2), la proportion est semblable : elle est de deux tiers. Par contre, si l'on considère la catégorie des travailleurs peu privilégiés (figure 3), ceux-ci comprennent une majorité de femmes [8]. Ainsi, dans le monde de l'emploi, les donneurs d'ordres sont bien souvent des hommes, et ceux qui les reçoivent, des femmes...

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Revenons maintenant sur la question des privilèges associés aux emplois [9]. Dans la figure 4, on peut voir la répartition par sexe des emplois selon les privilèges qu'ils ouvrent. On remarque que les hommes en emploi occupent plus souvent que les femmes des postes très et moyennement privilégiés, et moins souvent des postes peu privilégiés [10].

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Le diplôme est généralement invoqué pour justifier que certains ont de « meilleurs » emplois que d'autres (ceux-ci étant plus « qualifiés »). Or, si l'on s'intéresse au plus haut niveau de diplôme obtenu par les hommes et femmes [11], les différences ne vont pas dans le même sens que celles montrées pour les postes privilégiés. En effet, la figure 5 indique une proportion semblable d'hommes et de femmes ayant des diplômes de l'enseignement supérieur de type long [12]. Et si l'on prend aussi en compte les diplômes de l'enseignement supérieur de type court, on peut considérer les femmes sur le marché de l'emploi comme étant plus diplômées que les hommes [13] ! Malgré cela, les femmes occupent moins souvent les postes les plus privilégiés. Les chiffres ne permettent pas de voir quels mécanismes sont à la base de cette inégalité ; on peut néanmoins penser que celle-ci est produite par le fait que les secteurs où la présence de femmes est importante (enseignement, santé, social) sont moins valorisés (socialement et financièrement), par le fait que les femmes ont moins de temps à consacrer à une carrière, s'occupant encore bien davantage que les hommes des tâches domestiques et ménagères, et par les discriminations sexistes dans le monde du travail [14].

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[1] Voir Alain Bihr et Roland Pfefferkorn, Le système des inégalités, Paris, La Découverte, 2008.

[2] La classification utilisée est inspirée de celle développée par le sociologue Erik Olin Wright : Class counts. Student edition, Cambridge, Cambridge University Press, 2000. Son opérationnalisation est issue des procédures que H. Leiulfsrud, I. Bison et E. Solheim proposent dans le document Social class in Europe II.

[3] Il s'agit de The European Social Survey (ESS). La base de données est librement accessible sur le site : http://www.europeansocialsurvey.org.

[4] Sont exclus de l'échantillon les étudiants, les personnes ne travaillant pas du fait d'un handicap ou d'une maladie durable, les retraités et les personnes au foyer.

[5] Je ne dispose que du revenu du ménage, et pas du salaire individuel de la personne. Ce dernier montrerait sans doute des différences plus importantes.

[6] Cette échelle des postes plus ou moins privilégiés est créée sur base du nom du métier occupé par la personne. Je pars de l'idée que certains groupes professionnels ont agi pour faire reconnaître leur emploi comme plus « complexe » que d'autres, légitimant par là divers privilèges, notamment en termes de salaires.

[7] L'enquête ayant été menée auprès d'un échantillon d'un peu plus de 4700 personnes, on ne peut parfois pas dire si de petits écarts en pourcentage se retrouvent effectivement dans la population belge en général. Ce n'est pas le cas des cellules coloriées en orange ou en bleu, dont il est presque certain que la sur-représentation est réelle.

[8] Les écarts présentés par les figures 1 à 3 sont tous statistiquement significatifs.

[9] Ce point ne concerne donc que les salariés.

[10] Concernant les postes privilégiés, tous les écarts de proportion entre hommes et femmes sont statistiquement significatifs.

[11] La classification des diplômes comprend quatre niveaux. Le niveau supérieur long désigne les personnes qui ont un diplôme de l'enseignement supérieur non universitaire de type long, universitaire, ou un doctorat. Le niveau supérieur court désigne les personnes dont le diplôme le plus élevé est un graduat. Le niveau secondaire supérieur désigne les personnes qui ont au maximum un diplôme du secondaire supérieur (général, technique ou professionnel). Le niveau secondaire inférieur désigne les personnes qui ont au maximum un diplôme du secondaire inférieur (général, technique ou professionnel). Ce dernier niveau comprend également les personnes qui ont au maximum un diplôme du primaire ou qui n'ont aucun diplôme.

[12] En effet, la différence de proportion d'hommes et de femmes ayant des diplômes de l'enseignement supérieur long n'est pas statistiquement significative.

[13] Mis à part le niveau de diplôme le plus élevé, les écarts de proportion entre hommes et femmes concernant le niveau d'éducation sont tous statistiquement significatifs.

Droits sexuels et reproductifs en Europe : entre menaces et progrès

11 août 2022

Recommandations du CESE - juillet 2022 - https://www.lecese.fr/sites/default/files/FicheCom_IVG.pdf

Les droits sexuels et reproductifs sont des droits humains fondamentaux, indispensables à l’autonomie des femmes et à l’égalité entre toutes les personnes sans distinction d’identité de genre ou d’orientation sexuelle. Pourtant, loin d’être acquis, ces droits font toujours l’objet de contestations, à l’image du droit à l’avortement. Dans cette étude, le CESE dresse l’état des lieux de ces menaces et esquisse des pistes de réflexion pour garantir un accès effectif à ces droits.

EN SAVOIR PLUS / Le rapport et la synthèse : https://www.lecese.fr/travaux-publies/droits-sexuels-et-reproductifs-en-europe-entre-menaces-et-progres


Recommandations - https://www.lecese.fr/sites/default/files/FicheCom_IVG.pdf

Structural Barriers to HIV Prevention and Services: Perspectives of African American Women in Low-Income Communities

27 juillet 2022
Health Education &Behavior, Ahead of Print.
BackgroundAfrican American women are at a disproportionate HIV risk compared with other U.S. women. Studies show that complex structural and social determinants, rather than individual behaviors, place African American women at greater risk of HIV infection; however, little is known about women’s views of what puts them at risk.AimsThis study sought to comprehend the perceptions of African American women living in low-income housing regarding the factors that influence both their personal sexual health behaviors and use of HIV prevention services.MethodsWe conducted seven focus groups with 48 African American women from 10 public housing communities in a small city in the southeastern United States. We analyzed the focus group transcripts using thematic data analysis to identify salient themes and points of interest related to the study aim.ResultsWomen identified factors related to the health care system (trustworthiness of the health care system), the external environment (racism, classism, patriarchal structures, and violence/crime), as well as predisposing (health beliefs, stigma, and gender norms), enabling (agency to negotiate gendered power), and need (perceived HIV risk and perceptions of partner characteristics) features of individuals in the population.ConclusionAfrican American women living in public housing are especially vulnerable to HIV infection due to intersectional discrimination based on racism, classism, gender power dynamics, and community conditions. Our findings confirm the need to develop HIV intervention programming addressing intersectional identities of those making up the communities they plan to address, and being informed by those living in the communities they plan to act on.

ACCÈS AU DÉPISTAGE DU CANCER CERVICO-UTÉRIN (CCU) DES FEMMES EN SITUATION DE PRÉCARITÉ – Mise en application d’un projet de recherche interventionnelle national par le Lotus Bus

20 juillet 2022

Présentation de l’intervention

Présentation générale de Médecins du Monde et du projet de recherche

Médecins du Monde (MDM), association médicale de solidarité internationale, s’engage depuis 40 ans à soigner les populations les plus vulnérables, à témoigner des entraves constatées quant à l’accès aux soins, à obtenir des améliorations durables des politiques de santé pour tous. En France et à l’international, ses actions visent à faciliter l’accès au système de santé à travers 5 thématiques : crises et conflits – santé sexuelle et reproductive – réduction des risques – migration, droits et santé – environnement et santé. En France, son intervention terrain est déployée à travers 59 programmes dans 29 villes, grâce à l’engagement de bénévoles actif.ve.s, appuyé.e.s par des salarié.e.s sur le terrain, en délégations régionales et au siège.

Entre 2016 et début 2019, MDM France, dans le cadre de sa mission visant à promouvoir l’accès aux soins des plus vulnérables, a mis en œuvre un projet de recherche, financé par l’Institut national du cancer (INCa), visant à améliorer le dépistage du cancer auprès de la population féminine fréquentant ses structures. Ce protocole de dépistage centré sur le cancer cervico-utérin (CCU) s’est établi sur les constats suivants :

  • 60% des femmes reçues (centres d’accueils de MDM, centres de santé, activités de proximité) n’ont jamais fait de dépistage du CCU,
  • La situation de grande fragilité du public féminin fréquentant MDM les expose à l’infection au Papillomavirus ; elles sont donc plus à risque de développer un CCU.

Selon le schéma d’étude, à partir d’une consultation de prévention, une orientation vers une structure partenaire était faite pour réaliser un frottis cervico utérin (FCU) ou bien une proposition d’auto-prélèvement (APV) pour la recherche d’une infection était réalisée au sein de MDM, faisant l’objet d’une orientation vers un partenaire pour la réalisation d’un FCU en cas de résultat positif.

Les étapes essentielles du projet se sont déclinées par : l’élaboration de celui-ci (2016), une période d’inclusions (2017/2018), l’analyse des résultats (2019) dont les principaux enseignements sont décrits dans le cadre d’un rapport[1].

Afin de mettre en œuvre son action, MDM a défini les programmes de son réseau susceptibles d’être pertinents et volontaires en matière de recrutement : Programmes CASO (centre d’accueil de soins et d’orientation), CAOA (centre d’accueil d’orientation et d’accompagnement), actions spécifiques et programmes auprès des travailleuses du sexe (TdS).

Ainsi, Le Lotus Bus, dispositif parisien d’accompagnement des TdS chinoises, a participé à ce protocole de recherche, ici appelé Projet INCa, participation qui fait l’objet de la présente fiche de capitalisation.

Le programme Lotus Bus

Créé en 2004, le Lotus Bus[2], constitué d’une équipe de trois salariées (une coordinatrice, une travailleuse sociale et une médiatrice en santé) et d’une cinquantaine de bénévoles (dont une trentaine particulièrement active), accompagne à l’année environ 1 000 TdS chinoises. En raison de leur profession, celles-ci sont globalement victimes de discriminations et de violence et ont un accès limité aux soins (dont le suivi gynécologique) et à leurs droits.

Les activités du programme Lotus Bus sont organisées en deux Pôles :

Pôle Accueil collectif et réduction des risquesPôle Suivi individuel
Organisation de tournées / maraudes quasiment quotidiennes dans différents lieux de Paris, avec des horaires fixes
 
–         Localisations
–   Bus installé dans le quartier de Crimée
–   Locaux associatifs ou centres sociaux (plus espacés que le bus, rendant plus facile la réalisation d’entretiens individuels) : quartier de Belleville, près de la Porte de Choisy, dans les locaux de l’association ARCAT près de la place de Clichy
–         Horaires
–   Entre 20h et 22h30 en général (moment de la jonction entre les femmes qui travaillent en journée et celles qui travaillent de nuit)
–   Pour chaque lieu, adaptation au mieux des horaires à la disponibilité des femmes
–         Equipe
–   Dans l’idéal, un·e bénévole avec un profil soignant, deux bénévoles sinophones, une bénévole paire
–         Activités
–   Accueil collectif anonyme
–   Prévention collective : santé gynécologique, transmission des IST, couverture maladie, etc.
–   Distribution de matériel de RdR (préservatifs en particulier),
–   Réalisation d’entretiens individuels, notamment pour les personnes se présentant pour la première fois
Permanence et autres activités organisées par la travailleuse sociale et la médiatrice en santé, avec le soutien de bénévoles
 
Permanences

–         Localisation
–   Locaux du Lotus Bus, dans le 12ième arrondissement de Paris
–         Horaires
–   Le jeudi après-midi
–         Activités pendant la permanence
–   Echanges avec la travailleuse sociale : suivi social (aide par rapport aux questions de couverture maladie), médical (coordination du parcours, prise de rendez-vous médicaux) et juridique (accueil des personne ayant subi des VLG, accompagnement dans les procédures judiciaires du dépôt de plainte à la demande d’indemnisation))
–   Réalisation d’entretiens de prévention
–   Entretiens pour les premières rencontres : présentation de MDM et du dispositif, échanges sur le parcours de la personne et ses besoins, informations en santé sexuelle et sur l’accès aux droits, couverture maladie et questions de violence, importance du médecin traitant, etc.
–   Distribution de préservatifs
–   Permanence psychologique par un·e bénévole psychologue, avec un·e interprète
–   Proposition de TROD VIH, VHC, Syphilis – outil de prévention qui permet d’aborder de nombreux sujets autour de la santé sexuelle

Autres activités du Pôle

–   Tournée virtuelle par la médiatrice en santé, pour échanger avec les TdS qui travaillent sur internet
–   Accompagnement individuel physique aux rendez-vous médicaux et juridiques par des bénévoles, la travailleuse sociale ou la médiatrice en santé
–   Présence de la médiatrice en santé sur différents groupes WhatsApp et WeChat (groupes qui comptent jusqu’à 600 femmes) : permet aux femmes de la contacter si besoin et de transmettre des messages sur la santé et les droits

Le Lotus Bus vise, dans une perspective de réduction des risques et d’empowerment, à répondre aux difficultés rencontrées par les TdS, en proposant des activités en la langue chinoise, dans une logique d’aller vers et non jugeante, en s’adaptant aux contraintes et attentes des personnes (sur les horaires des activités par exemple) et impliquant la communauté (travailleuses paires notamment).

L’équipe bénévole est composée de personnes pratiquant la langue chinoise (sinophones), quelques profils médicaux (médecins, infirmiers et infirmières, psychologues), personnes pouvant aider sur des points particuliers (aide logistique, chauffeurs, expertise juridique, etc.) et des bénévoles paires. Issues de la communauté (expérience du travail du sexe, soit actuelle soit passée), ces dernières sont présentes sur tous les lieux d’intervention, sont des relais communautaires essentiels du dispositif et sont impliquées dans les réflexions sur les activités, notamment dans le cadre de réunions décisionnelles.

En particulier, une équipe de bénévoles accompagne les femmes qui le souhaitent dans les lieux de soins, de droits ou dans le cadre de procédures judiciaires, afin de prendre en charge la traduction des échanges mais également pour sensibiliser les professionnels que rencontrent les TdS.

Les partenariats du Lotus Bus

Le Lotus Bus appuie ses activités sur des partenariats bien implantés, notamment avec des CeGIDD[3], plusieurs des CMS dans les différents quartiers[4] d’intervention et plusieurs plannings familiaux[5], comme le Centre de PMI Belleville (GOSB, groupe des œuvres sociales de Belleville) qui réserve une fois par semaine 4 consultations aux TdS accompagnées par le Lotus bus, pour lesquelles ils font venir un interprète.

Public concerné par le programme

Le Lotus Bus accompagne environ 1 000 femmes TdS chinoises présentant des profils différents :

 Femmes travaillant dans la rueFemmes travaillant sur internet en région parisienneFemmes travaillant sur internet en régions
Age moyenAutour de 50 ansEntre 25 et 35 ansAutour de 50 ans
ProfilGrande variété des parcours : Certaines n’ont pas nécessairement d’expérience du travail du sexe préalable. Elles ont pu exercer d’autres métiers en France auparavant (travail en atelier clandestin, nounou, etc.). A la suite de ces expériences, elles choisissent le travail du sexe notamment car il n’y a pas vraiment de réseau de proxénétisme dans cette communauté chinoise. Elles se sentent ainsi moins exploitées que pour d’autres activités professionnelles.D’autres assurent cette activité dès leur arrivée en France.Personnes qui ont pu exercer le travail du sexe dans d’autres pays auparavant.  Profil très développé depuis la loi de 2016 de pénalisation des clients (moins de clients dans la rue et hausse de la répression policière depuis cette loi). Elles travaillent depuis dans des lieux plus cachés, en régions.
Séjour en FranceMigration économique : payer les études ou le logement de leur(s) enfant(s) ou les frais de santé de leurs parents, rembourser des dettes liées à leur voyagePériodes de présence plus courtes (plus difficile de les accompagner dans l’accès aux soins, notamment pour leurs droits à l’assurance maladie car elles ne restent pas en France)Personnes très mobiles même si basées à Paris, et qui reviennent de temps en temps quelques jours à Paris
Maitrise de la langueParlent très peu français ou anglaisPeuvent communiquer en anglaisParlent très peu français ou anglais
Liens avec les actions de préventionElles connaissent en général bien les sujets de contraception, ont dans la majorité des cas un enfant, ont déjà bénéficié d’un suivi gynécologique. Elles connaissent globalement mal leur statut sérologique et sont mal informées sur les pratiques de réduction des risques liées au travail du sexe (préservatif notamment). Elles participent aux maraudes et à la permanence.Moins au courant des questions de santé sexuelle, elles n’ont par exemple pas forcément connu de suivi gynécologique dans leur vie.   Elles échangent principalement avec la médiatrice en santé via les réseaux sociaux. Elles peuvent venir à la permanence.Ces personnes sont moins vues qu’avant dans les actions de prévention. Elles diffèrent les soins car il est difficile dans leur situation de mettre en place des suivis médicaux et de programmer des rendez-vous. L’accompagnement est plus complexe à organiser pour ces personnes.

Déploiement du protocole de recherche au sein du dispositif du Lotus Bus

Le Projet INCa a été intégré dans les activités de permanence du Lotus Bus selon les modalités suivantes :

Certain·e·s bénévoles étaient également formé·e·s au TROD et pouvaient alors proposer aux femmes patientant dans la salle d’attente de réaliser les deux dépistages, ce qui était souvent apprécié.

Les éléments suivants étaient abordés dans le cadre de l’entretien :

  • Présentation et échanges concernant la consultation gynécologique et la réalisation d’un frottis
  • Echanges autour de la contraception
  • Présentation du papillomavirus, du CCU, explications sur l’intérêt du dépistage
  • Partage des prochaines étapes dans le parcours de dépistage

L’équipe du Lotus bus s’est appuyée, pour les entretiens en particulier, sur des outils créés au niveau national pour l’ensemble des parties prenantes du Projet INCa. Selon l’équipe du Lotus Bus, ces outils étaient adaptés aux activités, notamment dans la mesure où ils étaient élaborés dans différentes langues et qu’ils présentaient des illustrations facilitant l’explication du déroulement du projet. Il pouvait s’agir d’une affiche pour les salles d’attente, de planches illustrées comme outils de counseling, de notices, d’une note d’information didactique sur le Projet INCa, etc.  

En particulier, un carnet de prévention en santé sexuelle et reproductive a été élaboré en impliquant les différentes équipes de MDM mobilisées sur le programme et en recueillant l’avis des femmes concernées. Il a été décliné en 7 langues et était en format « sac à main », permettant aux femmes de l’emporter plus facilement avec elles.

Principaux éléments saillants dans la mise en œuvre

Articuler attentes des personnes et objectifs du protocole de recherche

Plusieurs réunions d’équipe ont été organisées afin de partager la décision de participer au Projet INCa. L’ensemble des membres de l’équipe a été sollicité à cette étape, y compris les bénévoles paires. Il a pu être parfois difficile de bien partager avec toutes et tous l’ensemble des enjeux liés à ce programme. En effet, ceux-ci ont pu sembler parfois trop théoriques par rapport aux activités menées au quotidien.

Il s’agissait de répondre en équipe à ces deux questions :

  • Quels sont les objectifs en participant à ce protocole de recherche ? Dépister plus largement ou travailler sur l’empowerment des TdS via ce projet ?
  • En quoi cette participation répond à certains des besoins des personnes et cela va-t-il dans leur intérêt ?

Plusieurs membres de l’équipe ont rapidement fait le parallèle entre le Projet INCa et l’activité de TROD, comme moyen de faire de la prévention via la réalisation du dépistage. En effet,  en ce qui concerne les TROD, l’objectif visé n’est pas uniquement le dépistage en tant que tel mais bien de s’appuyer sur cet outil pour créer un moment d’échange avec les TdS autour de sujets liés à la santé sexuelle (modalités de transmission des IST par exemple).

D’autres ont partagé quelques inquiétudes liées au protocole en tant que tel : proposer un auto-prélèvement risquait-il de diminuer l’intérêt des femmes de se rendre directement à une consultation gynécologique ? Comment gérer la différence de protocole d’un mois sur l’autre ? Comment articuler ce souhait de développer le dépistage avec la qualité des entretiens à réaliser ? Comment prendre le temps de la discussion ?

Enfin, des échanges ont porté sur le fait de participer en soi à un programme de recherche-action : comment conjuguer l’objectif global de la démarche de collecte de données avec la qualité de l’accompagnement des personnes ? Comment ne pas instrumentaliser ces dernières dans l’intérêt d’objectifs de recherche ?[6]

La dimension qualitative des échanges est majeure au sein du Lotus Bus et son intérêt est renforcé par la dimension communautaire du dispositif. En effet, en échangeant longuement avec une personne, on ne touche pas que cette personne mais plusieurs membres de la communauté, le bouche à oreille fonctionnant bien. Ce phénomène, difficilement quantifiable, a déjà permis d’atteindre des personnes que le Lotus Bus n’accompagne pas d’habitude.

S’il a été décidé de s’engager dans le Projet INCa, les points d’attention partagés par l’équipe ont fait l’objet d’une vigilance commune, notamment via des échanges réguliers avec les participantes au projet afin de s’assurer de sa pertinence et de son adéquation à leurs attentes.

« Les réticences, c’était aussi le fait de participer à une recherche-action et que ça ne réponde pas vraiment aux besoins des personnes et qu’au final, l’aspect « protocole » prenne le pas sur ce qu’on veut proposer aux usagères. Finalement, la communauté s’est saisie de ce protocole, c’est-à-dire que les femmes elles-mêmes se sont débrouillées pour avoir accès à ce qui les intéressait dans la recherche-action. Donc ça n’a pas été un problème pour l’équipe, parce qu’au final, on n’a pas eu l’impression d’imposer quelque chose à nos usagères qui ne répondraient pas à leurs besoins. »

Nora Martin-Janko, Coordinatrice du Programme Lotus Bus 

Une préférence pour les mois avec auto-prélèvements

Les femmes accompagnées par le Lotus Bus ne souhaitent en général pas perdre du temps sur des activités qu’elles jugent non prioritaires pour leur santé. Aussi, elles ne sont parfois pas très réceptives aux messages de prévention tant qu’elles se sentent bien, qu’elles n’ont pas de symptômes. Elles sont, de plus, souvent pressées, au regard de leur activité professionnelle. Il s’agit donc de leur proposer des activités qui ont du sens pour elles, qui ne leur donnent pas l’impression de « perdre leur temps ».

Au fur et à mesure de la mise en œuvre du protocole, les équipes du Lotus Bus ont constaté une plus forte appétence des femmes pour les mois comprenant la réalisation d’un auto-prélèvement au sein de la permanence. Ce constat est spécifique au Lotus Bus par rapport aux autres sites de MDM mobilisés sur le Projet INCa. 

Selon l’équipe du Lotus Bus, les raisons de cette préférence sont diverses :

  • Les activités de dépistage du CCU étaient au Lotus Bus préexistantes à la mise en place du Projet INCa. En effet, dans le cadre des activités courantes du dispositif, les femmes pouvaient déjà être orientées vers des partenaires, comme les plannings familiaux, pour la réalisation de consultations gynécologiques. La possibilité de réaliser un auto-prélèvement au niveau de la permanence était la réelle nouveauté du Projet INCa par rapport aux activités existantes.
  • Il pouvait être parfois difficile de proposer aux femmes un entretien de 30 minutes pour ensuite orienter directement vers une consultation gynécologique, sans qu’il y ait d’auto-prélèvement. La plus-value de ce seul entretien était difficile à faire percevoir, même si, une fois réalisés, ils étaient jugés intéressants et pertinents, notamment en matière d’empowerment et de développement des connaissances.
  • Comme pour les TROD, les TdS qui se présentent à la permanence du Lotus Bus étaient intéressées de réaliser l’examen sur place : cela représente un gain de temps pour elles, notamment pour celles qui ne vivent pas toute l’année à Paris. Le protocole comprenant un auto-prélèvement et la remise de résultats sur place leur apportait une flexibilité adaptée à leur activité professionnelle et a permis de développer le dépistage pour ce groupe de TdS spécifique.
  • Le bouche à oreille a fonctionné par rapport à cette modalité d’examen sur place : les mois sans examen sont devenus rapidement moins plébiscités par les femmes concernées.

« Pour que ça fonctionne, il faut une carotte, pour attirer les personnes vers quelque chose. Elles voient ensuite l’intérêt. Et puis le discours pendant l’entretien doit être adapté pour être entendu par la personne et utile. Ce qui compte, c’est l’intérêt pour la personne, qu’elle ait accès à quelque chose de profitable pour elle, pour sa santé. »

Julan Huang, médiatrice en santé

Au regard de ces constats, il a pu être difficile pour l’équipe de maintenir sur la durée les mois sans auto-prélèvement. Comment proposer d’un mois sur l’autre des services différenciés, en particulier quand, pendant les mois sans auto-prélèvement, les TdS demandaient pourquoi elles ne pouvaient le réaliser. Il n’était alors pas simple d’expliquer la logique du protocole.

L’annonce des résultats : expliquer et rassurer sans minimiser

Dans le cadre du protocole, les femmes pouvaient revenir récupérer leurs résultats à la permanence, après deux semaines. Une date limite était fixée mais était suffisamment lointaine pour s’adapter à leurs contraintes d’organisation. Les bénévoles étaient formé·e·s à la lecture et l’annonce des résultats. Ce n’était cependant pas toujours évident à réaliser (résultats parfois difficiles à bien interpréter).

A terme, c’est principalement la médiatrice en santé qui réalisait cette annonce. Il fallait en effet expliquer les choses, rassurer tout en faisant prendre conscience de l’importance des examens complémentaires à réaliser si le résultat était positif. Les nuances n’étaient pas évidentes à faire percevoir (entre positivité au test et présence d’un cancer). Quel que soit le résultat, une orientation vers une consultation gynécologique était proposée, en utilisant les plages dédiées proposées par les structures partenaires.

En général, les femmes venaient chercher leurs résultats. L’équipe du Lotus Bus ne réalisait pas de travail de relance pour inviter les femmes à venir chercher leurs résultats : chaque femme est libre de venir prendre connaissance de ses résultats et il est important de respecter leur choix, de ne pas imposer.

« Le non-jugement, ça se travaille »

L’ensemble des bénévoles impliqués dans le projet ont bénéficié de plusieurs sessions de formations effectuées au niveau national par MDM. Elles ont porté sur les problématiques de santé sexuelle et reproductive, le papillomavirus, le CCU, des notions d’anatomie et de gynécologie, la prévention, mais aussi le protocole de recherche, le déroulé et le contenu de l’entretien, les techniques de counseling ou l’utilisation du Dossier informatisé (DPI) pour rentrer les données des personnes rencontrées.

Le Counseling, approche anglo-saxonne de la relation d’aide, se définie comme un accompagnement relationnel « favorisant la confrontation avec les problèmes rencontrés et la recherche de ressources internes et externes pour faire face à ces problèmes ». Il est question avec cette démarche de créer « un partenariat avec la personne en difficulté afin de pouvoir, ensemble, rechercher et trouver des stratégies ».

Concernant le counseling, des mises en situation, tests et jeux de rôles étaient utilisés pendant la formation, sur une journée, afin de travailler la posture et les techniques d’entretien et d’écoute. Il s’agit d’apprendre à s’inscrire dans une approche centrée sur la personne, ses connaissances et ses souhaits. Pour l’équipe du Lotus Bus, il aurait été intéressant de renforcer la formation sur ce point, en permettant plus de mises en situation et, ainsi, de travail sur les postures de chacun·e.

« Celles et ceux qui s’en sortent le mieux ont une compréhension à la fois interculturelle et des problématiques des personnes. Les bénévoles qui font à la fois des TROD, des maraudes, des accompagnements, étaient les mieux à même de mener ces entretiens parce qu’ils projettent probablement moins de choses personnelles dans les échanges avec les personnes, parce qu’ils ont cette vision un peu plus poussée des réalités des personnes.. »

Nora Martin-Janko, Coordinatrice du Programme Le Lotus Bus

Par ailleurs, l’expérience a montré que ce sont les bénévoles les plus anciens, connaisseurs des activités du Lotus Bus et des attentes et souhaits des TdS chinoises, qui étaient le plus à l’aise dans le suivi du protocole et la réalisation des entretiens. Cela a pu être plus difficile pour les nouveaux bénévoles, recrutés spécifiquement pour le Projet INCa.

Des points d’attention identifiés par l’équipe du Lotus Bus quant à la posture à adopter en entretien de prévention

Le non-jugement est une dimension fondamentale du counseling. Dans le cadre d’un entretien, le simple fait de dire à une personne « c’est bien », c’est déjà porter un jugement. Il est ainsi nécessaire de faire attention à ne pas trop valoriser de manière positive un comportement. En effet, dans ce cas, les personnes qui parfois vont prendre un risque et ne pas suivre ce comportement valorisé pourraient à l’avenir ne pas oser en parler.

Un autre point de vigilance concernant la posture est lié à  « l’empathie mal placée ». Cette attitude pendant l’entretien peut en effet empêcher l’animateur de prévention ou le bénévole d’être attentif aux ressources propres de la personne lui permettant d’être en capacité de prendre des décisions pour elle-même.  

Principaux enseignements

Des retours positifs des femmes participant au programme

Le Projet INCa a montré tout l’intérêt des auto-prélèvements réalisés sur place, avec remise des résultats, pour les TdS accompagnées par le Lotus Bus, notamment celles plus rarement présentes à Paris.

Les retours des femmes ayant participé au Projet INCa sont globalement positifs :

  • Il était pour elles intéressant de bénéficier de deux actions pendant leur visite à la permanence : l’entretien de counseling et l’auto-prélèvement.
  • La possibilité de récupérer les résultats au moment où cela leur convient le mieux était confortable.
  • Même si elles étaient a priori plus intéressées par l’auto-prélèvement, elles ont globalement jugé l’entretien intéressant et pertinent. Certaines ont cependant partagé le fait que les entretiens comprenaient peut-être trop de questions, et des questions parfois trop complexes.

Le bouche à oreille a fonctionné au sein de la communauté : il n’était pas rare que des femmes se présentent spécifiquement pour bénéficier de l’entretien du Projet INCa et d’un test de dépistage.

Ce projet est jugé pertinent par l’équipe car il a permis de dépister plus largement que d’habitude, notamment, des personnes qui ne l’auraient pas été sinon, qui ne seraient peut-être pas allées voir un gynécologue. De plus, certaines femmes n’auraient probablement jamais franchi la porte du Lotus Bus sans cette activité nouvelle.

Plus globalement, c’est la confiance en l’équipe du Lotus Bus qui a favorisé l’inscription des TdS participantes dans ce parcours gynécologique. Le rôle des bénévoles, et, en particulier, de la médiatrice en santé, a ainsi été clé : expliquer, accompagner, rassurer, répéter les messages avec patience.

Un nombre limité de perdues de vue dans le projet

Il a été constaté très peu de perdues de vue dans les parcours proposés via le Projet INCa au Lotus Bus : la grande majorité des femmes sont venues prendre connaissance de leur résultat et se sont rendues à la consultation gynécologique ensuite proposée et planifiée (notamment en cas de résultat positif).

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce constat :

  • La démarche communautaire dans laquelle s’inscrit le Lotus Bus crée un environnement favorable : les échanges avec les TdS paires et les discussions entre femmes elles-mêmes, ont eu un impact sur les parcours. Par exemple, il pouvait arriver qu’une femme à qui il était proposé un rendez-vous via le Lotus Bus demande si une de ses amies pouvait également avoir un rendez-vous pour qu’elles y aillent ensemble.
  • Le fait de proposer un accompagnement physique pour les rendez-vous et un interprétariat facilite également le passage de l’annonce du résultat à la consultation gynécologique.
  • Le fait que les consultations sont dédiées aux personnes accompagnées par le Lotus bus garantit que le médecin saura s’adapter aux attentes et besoins des TdS, élément majeur pour la qualité de la prise en charge.

« Au-delà de la question de la langue, je pense que pour plein de raisons, les consultations dédiées fonctionnent, parce que c’est une garantie d’avoir quand même une consultation où le médecin, il sait à quel public il parle. Déjà, […] au-delà de la langue, je pense ce qui est important pour les personnes, c’est qu’elles n’ont pas besoin d’expliquer au médecin qu’elles sont travailleuses du sexe. Le médecin le sait déjà parce que c’est une consultation dédiée. Je pense que ça joue beaucoup sur le fait de ne pas avoir à verbaliser les choses. En fait, il n’y a pas besoin de dire : « Oui… Je me prostitue… » et de devoir expliquer pourquoi, répondre à des questions gênantes.. »

Nora Martin-Janko, Coordinatrice du Programme Le Lotus Bus 
  • De plus, avec les partenaires, une organisation spécifique est mise en place pour permettre un suivi. Ainsi, dans le cas de la prescription d’un examen complémentaire lors de la consultation gynécologique, le médecin de la structure partenaire rédige deux courriers, pour la personne et pour le Lotus Bus, afin que l’équipe accompagne la personne dans la prise du rendez-vous. La personne peut ainsi être accompagnée par le Lotus Bus ou organiser elle-même la suite de son parcours.

« Donc je pense que cet accompagnement global et physique, et qui n’est pas juste « one-shot » : « Je t’oriente et après, tu te débrouilles », c’est rassurant pour les personnes. Du coup, ça leur coûte moins de se lancer dans un parcours de soins qui, en plus, est psychologiquement difficile. »

Nora Martin-Janko, Coordinatrice du Programme Le Lotus Bus 

L’auto-prélèvement comme outil permettant une action de prévention

Le Projet INCa s’est achevé en début d’année 2019. Ces modalités n’ont pas pu être maintenues en routine car un budget était dédié à l’interprétariat pour les entretiens, budget non maintenu à la fin du Projet INCa. De ce fait, le fonctionnement en place auparavant a repris, avec des orientations directes vers des consultations gynécologiques possibles dans le cadre des différentes activités du Lotus Bus. Certains partenariats mis en place pour le projet ont cessé, faute de demande suffisante pour remplir les plages de consultations dédiées.

Actuellement, une réflexion est menée au sein de l’équipe pour proposer des auto-prélèvements au même titre que les TRODs, dans un objectif de prévention et discussion autour des pratiques. 

L’équipe serait cependant intéressée de remettre en place les auto-prélèvements, non pas pour se substituer au dispositif de droit commun mais pour y recourir, comme les TROD, en tant qu’outil de prévention supplémentaire, attractif pour les femmes et qui permet d’aborder en profondeur, avec elles, dans le cadre d’entretiens dédiés, les sujets liés.

Il s’agirait d’ailleurs de privilégier cette activité pour les TdS qui voyagent beaucoup dans le cadre de leurs activités et ont des difficultés à organiser leurs parcours gynécologiques. Les TdS qui travaillent et vivent toute l’année à Paris peuvent plus facilement accéder à des consultations gynécologiques directement, sans avoir besoin de réaliser un auto-prélèvement à la permanence du Lotus Bus.

Enfin, le Lotus Bus continue à utiliser les outils créés dans le cadre du Projet INCa dans la mesure où ils sont jugés pertinents par l’équipe et les TdS (cf. documents en annexe)

Des enseignements sur les modalités de participation des personnes concernées par les projets

L’équipe s’est interrogée, notamment en lien avec le Projet INCa, sur les modalités de participation des personnes concernées. Cette réflexion est au cœur des questionnements plus généraux de l’équipe sur le bon niveau de mobilisation des personnes accompagnées par le dispositif du Lotus Bus.

Il semble tout d’abord plus intéressant d’interroger les personnes sur les modalités du projet que sur son intérêt intrinsèque a priori. En effet, il est difficile pour les personnes de se prononcer en amont sur l’intérêt et la pertinence d’une nouvelle activité. Cela peut être évalué ensuite.

En revanche, il est toujours important de recueillir leur regard sur la façon de mettre en œuvre un nouveau projet, comme par exemple les questions suivantes :

  • Quel est leur besoin d’accompagnement ? Y-a-t-il en particulier des questions liées à la langue ?
  • Souhaitent-elles des consultations dédiées, ou est-ce qu’elles veulent juste qu’on leur donne une adresse et pouvoir choisir quand elles y vont et comment ?
  • Souhaitent-elles être appelées lorsque les résultats sont disponibles ?

Par ailleurs, un point d’attention est lié au risque de « caution paire ». Parfois, dans une logique participative, des bénévoles paires sont conviées à des réunions (de cadrage du projet par exemple), mais à des horaires qui ne leur conviennent pas, principalement menées dans une langue qui n’est pas la leur, avec des codes de participation qui ne sont pas les leurs, etc.

Il peut en fait être plus intéressant d’organiser leur participation au projet de façon différente, par exemple informelle : en discutant pendant la permanence ou pendant les tournées, en partageant des informations, etc.

Cette dimension participative est très présente au sein du dispositif du Lotus Bus, ce qui génère beaucoup d’échanges au sein de l’équipe sur comment mobiliser au plus juste, au bon moment, de la bonne façon et en tenant compte des contraintes et attentes des travailleuses paires.

« On envisage aussi parfois de se dire : « On ferait pas une petite réunion préparatoire avec la médiatrice en santé et les bénévoles paires, et peut-être pas forcément une réunion à la permanence, mais se retrouver un soir au café, dans un quartier qui leur correspond plus, pour recueillir leurs avis, dans un contexte où, en fait, elles se sentent plus légitimes pour parler ? »Je pense que y a plein d’enjeux très intersectionnels qui sont hyper intéressants à explorer. »

Nora Martin-Janko, Coordinatrice du Programme Le Lotus Bus

Dans le cadre du Projet INCa en particulier, une attention a été portée à l’implication des personnes concernées par la démarche afin de prendre connaissance de leur avis sur la pertinence et la réponse à un besoin existant. Si c’était à refaire, l’équipe aurait souhaité aller plus loin dans l’explication du projet : ce qu’implique la participation à une recherche action, les questions que peut poser le fait de collecter des données sur les personnes et leur parcours, etc.

L’équipe s’est ainsi interrogée sur le bon niveau d’informations transmises aux personnes afin de s’assurer de leur consentement éclairé. Mais il faut également équilibrer cette nécessité d’information avec le temps qu’on y consacre, pour ne pas qu’il se fasse au détriment d’autres activités potentiellement plus intéressantes ou importantes pour les personnes. Ainsi, il fallait trouver l’équilibre, notamment dans le cadre des entretiens, entre le temps passé à expliquer le protocole et recueillir le consentement de la personne et le temps dédié aux échanges et au renforcement des connaissances.


[1] https://www.medecinsdumonde.org/statement/les-travailleuses-du-sexe-chinoises-a-paris-face-aux-violences/

[2] Ce dispositif a fait l’objet d’un travail de capitalisation en 2019, mené par PromoSanté IDF, dans le cadre du dossier « Comprendre & Agir » sur la thématique de la Littératie en santé : https://www.promosante-idf.fr/file/64931/download?token=JGeZNzTY

[3] Exemple du CeGIDD de l’hôpital Fernand Widal : vient sur les tournées pour effectuer des dépistages (VIH, hépatites, prélèvements sanguin, buccal et vaginal, avec auto-prélévement)

[4] Exemple du CMS de Belleville 

[5] Exemple du GOSB 

[6] Des éléments de réponse à cette dernière question peuvent être trouvés dans la « Charte éthique de la recherche » de MdM.

L’article ACCÈS AU DÉPISTAGE DU CANCER CERVICO-UTÉRIN (CCU) DES FEMMES EN SITUATION DE PRÉCARITÉ – Mise en application d’un projet de recherche interventionnelle national par le Lotus Bus est apparu en premier sur CAPS.

Extreme events and gender-based violence: a mixed-methods systematic review

22 juin 2022

Lancet Planet Health. 2022 Jun;6(6):e504-e523. doi: 10.1016/S2542-5196(22)00088-2.

ABSTRACT

The intensity and frequency of extreme weather and climate events are expected to increase due to anthropogenic climate change. This systematic review explores extreme events and their effect on gender-based violence (GBV) experienced by women, girls, and sexual and gender minorities. We searched ten databases until February, 2022. Grey literature was searched using the websites of key organisations working on GBV and Google. Quantitative studies were described narratively, whereas qualitative studies underwent thematic analysis. We identified 26 381 manuscripts. 41 studies were included exploring several types of extreme events (ie, storms, floods, droughts, heatwaves, and wildfires) and GBV (eg, sexual violence and harassment, physical violence, witch killing, early or forced marriage, and emotional violence). Studies were predominantly cross-sectional. Although most qualitative studies were of reasonable quality, most quantitative studies were of poor quality. Only one study included sexual and gender minorities. Most studies showed an increase in one or several GBV forms during or after extreme events, often related to economic instability, food insecurity, mental stress, disrupted infrastructure, increased exposure to men, tradition, and exacerbated gender inequality. These findings could have important implications for sexual-transformative and gender-transformative interventions, policies, and implementation. High-quality evidence from large, ethnographically diverse cohorts is essential to explore the effects and driving factors of GBV during and after extreme events.

PMID:35709808 | DOI:10.1016/S2542-5196(22)00088-2

3ième rapport du Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO)

20 juin 2022

Le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO), organe spécialisé du Conseil de l’Europe, estime que de nombreux pays n’accordent pas une protection suffisante aux enfants et aux victimes de violence domestique. Le GREVIO, qui assure le suivi de la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), a publié aujourd’hui un rapport annuel portant sur la garde des enfants, les visites et la violence domestique, établi sur la base des évaluations qu’il a réalisées jusqu’à présent.

EN SAVOIR PLUS / https://www.coe.int/fr/web/istanbul-convention/-/3rd-general-report-on-grevio-s-activities#:~:text=Le%20Groupe%20d%27experts%20sur,aux%20victimes%20de%20violence%20domestique.


And It’ll Come Back Real Baby Fine: Black Women’s Experiences With Hair Loss and Regrowth After Chemotherapy for Breast Cancer Treatment

14 juin 2022
Qualitative Health Research, Ahead of Print.
In this study, I use a modified grounded theory, intersectional approach to understand the wellness-illness experience for black women experiencing breast cancer. I use interviews from 38 breast cancer survivors from Nashville, Durham-Chapel Hill, and Atlanta conducted between 2014 and 2015 to explore variations in perceptions of hair loss and regrowth. Universally, hair loss from chemotherapy treatments is a stressful experience, which cause women to question their health and femininity. Hair loss is a crisis in which women feel less beautiful and more sick. Interesting patterns steeped in race and beauty emerged from women’s narratives as they experienced hair regrowth. Black women’s stories of hair loss associated with chemotherapy are influenced by values associated racialized ideologies about beauty. Good, baby fine, soft and thick, loosely curled, straight, wavy, and beautiful are just some of the words many women chose to describe their chemically altered hair. The dialogue around hair regrowth and texture is problematic given Eurocentric standards of feminine beauty, notions that coincide the long ties between chemicals and hair straightening in the black community.

Midwives' experiences of supporting women's mental health: A mixed-method study

14 juin 2022

Midwifery. 2022 May 11;111:103368. doi: 10.1016/j.midw.2022.103368. Online ahead of print.

ABSTRACT

OBJECTIVE: To explore midwives' skills, knowledge and experiences of supporting women's mental health.

RESEARCH DESIGN AND SETTING: This paper reports the second phase of a larger project, the 'Mothers' Mood Study', which recruited women and midwives to explore their experiences of perinatal mental health and service provision and focuses on midwives' experiences of supporting women with perinatal mental health problems. This paper reports on midwives' experiences through self-administered questionnaires and focus groups. Descriptive statistics were used to analyse questionnaire data and focus group data were thematically analysed.

PARTICIPANTS: All midwives employed at one Health Board in South Wales UK, were eligible to participate. Recruitment took place between February and October 2018. Questionnaires were completed by 145 midwives and 15 attended one of three focus groups.

FINDINGS: Questionnaire data showed the majority of midwives had cared for women with mental health problems, most commonly anxiety (95.0%, n = 138) and depression (87.0%, n = 127). Midwives assessed women's mental health informally by observing or asking questions about mood (99.3%, n = 144), anxiety levels (94.5%, n = 137), levels of support (91.0%, n = 132) and mental health history (95.9%, n = 139). The majority of midwives (82.8%, n = 120) indicated they would make some sort of mental health assessment at least 50% of the time. Around a third of midwives 31.7% (n = 46) reported receiving training relating to perinatal mental health in the previous two years, however only 21.4% (n = 31) of these suggested this had helped them in their practice. Three themes were generated from the focus groups, 1) Conversations 2) Support 3) Knowledge and skills.

KEY CONCLUSIONS AND IMPLICATIONS FOR PRACTICE: A lack of time and continuity at appointments and a focus on physical health of mother and baby reduced the opportunity for conversations around mental health. In addition a lack of experience reduced midwives' confidence resulting in a low threshold for referring women to other services for support. Midwives' main concerns were a need for training on aspects of day-to-day practice and referral options to support women's mental health. A package of training to improved skills and confidence as well as a clear pathway of care will enable midwives to be better placed to support women's mental health.

PMID:35617880 | DOI:10.1016/j.midw.2022.103368