Qui ne travaille pas ne mange pas

RSCS

La première chaîne de la RTBF consacre une séance de son émission "Un jour dans l'histoire" au dernier ouvrage que le prof. Regis Burnet consacre à une phrase abondamment citée de la seconde lettre aux Thessalonissiens : Qui ne travaille pas, ne mange pas. Vingt siècle de répression des pauvres (Paris, Ed. du Cerf).

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Présentation par les Editions du Cerf : "Croissance, prospérité, récession, crise et désespoir généralisé ! Désemparés, les gouvernants de nos sociétés du chômage ont statué que le "bon pauvre", pour mériter ses allocations, doit vouloir travailler. Ou, à tout le moins, exciper d'une telle volonté. A croire qu'ils ont lu saint Paul : "Que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus." Toutefois, prévient Régis Burnet, la prescription de l'Apôtre a reçu tant d'interprétations contradictoires au cours des siècles que l'on peinerait à l'ériger en solution des nouvelles pauvretés. Destiné à l'origine à contrer les oisifs qui prenaient prétexte du retour imminent du Christ, ce principe servit, explique-t-il, à justifier l'obligation spirituelle faite aux moines de gagner leur pain. Pendant le Moyen Age, il joua un rôle essentiel dans la réhabilitation sociale des activités productives. Puis, avec la Réforme, il permit de fonder durablement le nouveau monde qui s'annonçait sur le travail. A partir de là, le tableau se mit à grincer. Aux Temps modernes, aux XVIIe - XVIIIe siècles, rappelle Burnet, il fut utilisé afin de contraindre les indigents au labeur en les enfermant dans des maisons de force. Aux XIXe - XXe siècles, il tourna au mot d'ordre de l'Internationale socialiste et des mouvements communistes, au point d'entrer tel quel dans la constitution soviétique et stalinienne de 1936 ! Avant, parfait revirement, que les idéologues de la mondialisation ne s'en emparent pour légitimer, sous une forme laïcisée, le capitalisme libéral... Un parcours historique et critique éblouissant où l'un des plus remarquables jeunes exégètes contemporains montre ce que le pauvre d'hier et le miséreux d'aujourd'hui ont malheureusement d'irréductible."

 

Publié le 07 mai 2017