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d'enseignement
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Anglais
Thèmes abordés
Le thème du séminaire change chaque année et est choisi en fonction de sa pertinence pour la formation à la recherche dans le cadre de l’Ecole doctorale de philosophie
Contenu
LISP3100 – Séminaire de doctorat en philosophie I (année 2026-2027)
« Philosophie des techniques et critique des formes de vie »
Ce séminaire de recherche entend confronter la philosophie des techniques à la théorie critique des formes de vie. Ce concept de « forme de vie » est loin d’être étranger à la philosophie des techniques. Dès les années 80, Langdon Winner nous invitait déjà à aborder les technologies comme des formes de vie. Pour lui, les technologies ne se limitent pas à nous assister dans nos activités, « elles sont aussi de puissantes forces qui refaçonnent cette activité et sa signification » (Winner). Plus récemment, dans un bel article sur la vie technique du care, Emanuele Clarizio nous rappelait qu'« une forme de vie est toujours une forme de vie technique » (Clarizio), « c’est-à-dire une vie dont la forme est indissociable des techniques qu’elle manipule, qu’elle nécessite pour survivre, ou avec lesquelles simplement elle interagit ». Autre exemple encore, Vanessa Nurock pousse plus loin encore la défense du concept de forme de vie. Dans un récent livre, elle relève que les technologies de surveillance qui prennent appui sur l’intelligence artificielle développent « un processus de surveillance basé sur les schémas de vie » (Nurock). La surveillance établit des patterns of life, des schémas de vie qui risquent de nous conduire à penser de manière schématique : « ce que font les schémas de vie, c’est ramener la vie à une habitude, à un pattern et dénier l’humanité de cette vie qui s’exprime davantage comme une form of life, ainsi qu’elle a été analysée par Wittgenstein et Agamben : tout à la fois life form, forme inséparable de sa vitalité et form of life, vie créatrice – de nouvelles formes et d’institutions » (Nurock).
A lire ces auteurs, le concept de forme de vie technique semble porteur d’une normativité intrinsèque. Il réfuterait les déterminismes tant biologique que technique et rappellerait qu’une forme de vie est toujours une possibilité (Agamben). Demeure cependant la question de savoir comment « choisir » une forme de vie à laquelle nous voulons adhérer ? Comment juger de ces formes de vie ? Comment critiquer et transformer les formes de vie que les technologies contribuent à façonner ? La critique des formes de vie de Rahel Jaeggi semble pouvoir offrir des outils à ce projet d’une philosophie critique des formes de vie technologique. Pour elle, les formes de vie doivent se comprendre comme les formes dans lesquelles une société reproduit matériellement et culturellement son existence. Le projet de Jaeggi est de thématiser les conditions d’une critique immanente : problématiser la forme de vie elle-même, la considérer comme un problème pour elle-même. La théorie critique de Jaeggi ne devrait-elle pas permettre de thématiser le « processus éthique d’apprentissage » (Jaeggi) qu’implique la « philosophie critique de la technologie » que Winner appelait de ses vœux ? A l’inverse, la philosophie des techniques ne permettrait-elle pas de questionner cette théorie critique ? Si Jaeggi pointe le fait que des « inventions technologiques à première vue anodines peuvent enclencher des transformations sociales et morales » (Jaeggi), elle ne précise pas le concept d’objet technique qui sous-tend sa théorie. Les techniques se résument-elles à aux dimensions matérielles de nos pratiques, à ce qu’elle qualifie de « ressources matérielles » (Jaeggi) dans lesquelles sont encastrées nos pratiques et convictions ?
La finalité de ce séminaire est de mettre en débat la théorie critique des formes de vie avec la manière dont la philosophie des techniques mobilise le concept des formes de vie, que cela soit dans le domaine de la philosophie biologique de la technique (Clarizio, Guchet), dans les approches de la conception technique « orientées milieu » (Triclot) ou encore dans les travaux de philosophie des techniques qui mobilisent la philosophie du langage de Wittgenstein (Coeckelberg).
« Philosophie des techniques et critique des formes de vie »
Ce séminaire de recherche entend confronter la philosophie des techniques à la théorie critique des formes de vie. Ce concept de « forme de vie » est loin d’être étranger à la philosophie des techniques. Dès les années 80, Langdon Winner nous invitait déjà à aborder les technologies comme des formes de vie. Pour lui, les technologies ne se limitent pas à nous assister dans nos activités, « elles sont aussi de puissantes forces qui refaçonnent cette activité et sa signification » (Winner). Plus récemment, dans un bel article sur la vie technique du care, Emanuele Clarizio nous rappelait qu'« une forme de vie est toujours une forme de vie technique » (Clarizio), « c’est-à-dire une vie dont la forme est indissociable des techniques qu’elle manipule, qu’elle nécessite pour survivre, ou avec lesquelles simplement elle interagit ». Autre exemple encore, Vanessa Nurock pousse plus loin encore la défense du concept de forme de vie. Dans un récent livre, elle relève que les technologies de surveillance qui prennent appui sur l’intelligence artificielle développent « un processus de surveillance basé sur les schémas de vie » (Nurock). La surveillance établit des patterns of life, des schémas de vie qui risquent de nous conduire à penser de manière schématique : « ce que font les schémas de vie, c’est ramener la vie à une habitude, à un pattern et dénier l’humanité de cette vie qui s’exprime davantage comme une form of life, ainsi qu’elle a été analysée par Wittgenstein et Agamben : tout à la fois life form, forme inséparable de sa vitalité et form of life, vie créatrice – de nouvelles formes et d’institutions » (Nurock).
A lire ces auteurs, le concept de forme de vie technique semble porteur d’une normativité intrinsèque. Il réfuterait les déterminismes tant biologique que technique et rappellerait qu’une forme de vie est toujours une possibilité (Agamben). Demeure cependant la question de savoir comment « choisir » une forme de vie à laquelle nous voulons adhérer ? Comment juger de ces formes de vie ? Comment critiquer et transformer les formes de vie que les technologies contribuent à façonner ? La critique des formes de vie de Rahel Jaeggi semble pouvoir offrir des outils à ce projet d’une philosophie critique des formes de vie technologique. Pour elle, les formes de vie doivent se comprendre comme les formes dans lesquelles une société reproduit matériellement et culturellement son existence. Le projet de Jaeggi est de thématiser les conditions d’une critique immanente : problématiser la forme de vie elle-même, la considérer comme un problème pour elle-même. La théorie critique de Jaeggi ne devrait-elle pas permettre de thématiser le « processus éthique d’apprentissage » (Jaeggi) qu’implique la « philosophie critique de la technologie » que Winner appelait de ses vœux ? A l’inverse, la philosophie des techniques ne permettrait-elle pas de questionner cette théorie critique ? Si Jaeggi pointe le fait que des « inventions technologiques à première vue anodines peuvent enclencher des transformations sociales et morales » (Jaeggi), elle ne précise pas le concept d’objet technique qui sous-tend sa théorie. Les techniques se résument-elles à aux dimensions matérielles de nos pratiques, à ce qu’elle qualifie de « ressources matérielles » (Jaeggi) dans lesquelles sont encastrées nos pratiques et convictions ?
La finalité de ce séminaire est de mettre en débat la théorie critique des formes de vie avec la manière dont la philosophie des techniques mobilise le concept des formes de vie, que cela soit dans le domaine de la philosophie biologique de la technique (Clarizio, Guchet), dans les approches de la conception technique « orientées milieu » (Triclot) ou encore dans les travaux de philosophie des techniques qui mobilisent la philosophie du langage de Wittgenstein (Coeckelberg).
Méthodes d'enseignement
Le séminaire comprendra plusieurs séances durant le second quadrimestre. Après une séance d'introduction générale au séminaire, plusieurs chercheur.ses seront invité.e.s à présenter leur recherche. Le seminaire se terminera à la fin du quadrimestre par un colloque de deux jours où les doctorant.e.s auront l'occasion leur travaux de recherche sur le sujet.
Les dates précises seront renseignées prochainement.
Les dates précises seront renseignées prochainement.
Modes d'évaluation
des acquis des étudiants
des acquis des étudiants
L'évaluation portera sur la réalisation d'un travail personnel en lien avec le séminaire.
Autres infos
Le séminaire aura lieu au second quadrimestre.
Voir la page Séminaires de 3e cycle ISP pour l'horaire précis et des informations mises à jour, ainsi que la page Moodle du séminaire
Voir la page Séminaires de 3e cycle ISP pour l'horaire précis et des informations mises à jour, ainsi que la page Moodle du séminaire
Faculté ou entité
en charge
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