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Science au féminin : oser, affirmer, inspirer

woluwe | Bruxelles Woluwe

woluwe
1 August 2025

Dans un monde scientifique encore trop souvent dominé par les hommes, la chercheuse Lucile Gely s’emploie à déconstruire les stéréotypes et à incarner un modèle inspirant pour les jeunes générations. Interviewée à l’occasion de l’événement Soapbox Science Brussels, elle revient sur son parcours de femme scientifique et son engagement pour une science plus inclusive.

 

« Ce type d’événement permet de montrer que la science n’est pas l’apanage des hommes. Les femmes et les personnes non binaires peuvent tout à fait s’inscrire dans une démarche scientifique rigoureuse et passionnée »

 

Une recherche innovante au service de la santé

Lucile Gely travaille au sein des laboratoires IoNS (Institute of neurosciences) et LUNS de l’UCLouvain. Son domaine de recherche est à la fois novateur et porteur d’espoir : elle explore un traitement non invasif pour l’apnée du sommeil. Son objectif ? Évaluer l’impact d’exercices de la langue et de la respiration sur la réduction des apnées nocturnes. Ces exercices visent à modifier la structure du cerveau, de la langue et des voies aériennes supérieures pendant le sommeil.

« On cherche à comprendre si une simple gymnastique orofaciale peut améliorer la qualité de vie des patients sans intervention lourde », explique-t-elle avec passion.

Rendre la science visible… et accessible

À travers sa participation à Soapbox Science, un événement public qui met en lumière les travaux de scientifiques femmes et non-binaires, Lucile veut briser les barrières. Le concept est simple : présenter ses recherches dans l’espace public, sans filtre, au plus près des citoyennes et citoyens.

« Ce type d’événement permet de montrer que la science n’est pas l’apanage des hommes. Les femmes et les personnes non binaires peuvent tout à fait s’inscrire dans une démarche scientifique rigoureuse et passionnée », insiste-t-elle.

Au-delà de la vulgarisation, Soapbox Science est pour elle un outil d’empowerment : « Ça permet aussi d’incarner un rôle modèle, de dire aux jeunes filles : regardez, c’est possible. »

Les obstacles invisibles de la chercheuse

Lucile Gely ne cache pas les défis qu’elle a rencontrés en tant que femme dans un environnement scientifique. Plus que les discriminations directes, ce sont parfois des freins internes qui minent la confiance en soi : « On peut se sentir illégitime, ne pas oser, vouloir cocher toutes les cases avant de se lancer. Ce perfectionnisme, cette autocensure, sont des freins qu’on intériorise. »

Elle pointe également les biais de recrutement, où les hommes sont encore parfois favorisés. C’est pourquoi elle insiste sur la nécessité de créer des environnements scientifiques plus ouverts et diversifiés.

Un message puissant pour les jeunes filles

À celles qui hésitent encore à franchir les portes d’un labo ou d’un cursus scientifique, Lucile adresse un message clair et encourageant : « Valorisez votre curiosité, elle est précieuse. Et surtout : ne vous excusez pas d’être là. Vous êtes légitimes, vous avez votre place. Vous n’avez pas besoin de la demander. Dès l’instant où vous avez envie d’aller quelque part, vous pouvez y aller. »

Par ses mots et son parcours, Lucile Gely incarne cette nouvelle génération de scientifiques engagées, déterminées à faire bouger les lignes et à bâtir un avenir plus équitable dans le monde de la recherche.