L'Europe fait face aux pressions commerciales tandis que la croissance reste stable
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Le rapport général de l'AIECE (automne 2025), dont l'objectif principal est d'évaluer les prévisions et les évaluations des instituts de l'AIECE à travers l'Europe, met en évidence une économie européenne qui connaît une croissance modérée mais qui est exposée à des pressions géopolitiques, à des faiblesses structurelles et à l'évolution de la situation mondiale.
Perspectives de croissance modérée, ralentissement des marchés du travail
En moyenne, les instituts prévoient que la croissance dans la zone euro restera modeste, atteignant 1,1 % en 2025 et 1,0 % en 2026. Ces prévisions sont légèrement plus prudentes que ce que prévoient la Commission européenne dans ses prévisions économiques de l'automne 2025 (1,3 % et 1,2 %) et le FMI dans ses perspectives économiques mondiales de l'automne 2025 (1,2 % et 1,0 %). Les économies centrales ne sont plus les principaux moteurs de la croissance européenne. Au contraire, des pays comme l'Espagne, l'Irlande, la Croatie, le Danemark, la Norvège et la Grèce affichent des performances supérieures à la moyenne, tandis que l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche et la France continuent d'accuser un retard.
L'inflation devrait se modérer pour s'établir à 2,1 % en 2025 et 1,8 % en 2026, même si les chocs externes restent le principal risque. Les marchés du travail ralentissent, avec des divergences persistantes entre les pays : l'Espagne affiche un taux de chômage à deux chiffres, l'Allemagne est confrontée à des difficultés industrielles et plusieurs pays nordiques font état d'une pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
Politique budgétaire et monétaire : soutien modéré, risques croissants
La politique budgétaire devrait rester modérément expansionniste jusqu'en 2026 en raison des programmes d'investissement, des besoins liés à la transition écologique et numérique et de l'augmentation des engagements en matière de défense. La politique monétaire devrait évoluer vers la neutralité à mesure que l'inflation se stabilise. De nombreux instituts avertissent que le dosage actuel des politiques pourrait s'avérer insuffisant pour relever les défis liés à la dette publique élevée et à la compétitivité de l'Europe.
Accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis : réduction temporaire de l'incertitude
L'un des thèmes centraux de cette édition est l'évaluation de l'accord commercial conclu entre l'Union européenne et les États-Unis en juillet 2025. En vertu de cet accord, les États-Unis appliqueront un droit de douane de 15 % sur la plupart des produits de l'UE, y compris les voitures, et un droit de douane de 50 % sur les produits métallurgiques. L'UE augmentera ses importations de gaz et de produits de défense américains et encouragera les investissements européens aux États-Unis. Les instituts membres de l'AIECE considèrent dans leur grande majorité cet accord comme négatif mais inévitable. Beaucoup le qualifient de mauvais accord qui évite néanmoins le pire, tout en soulignant le poids limité de l'Europe dans les négociations mondiales. Dans l'ensemble des instituts, l'impact macroéconomique perçu est globalement neutre, même si certains anticipent une hausse de l'inflation et un détournement des échanges commerciaux. Le principal avantage cité est une réduction temporaire de l'incertitude.
Découplage entre les États-Unis et la Chine : appel à une stratégie européenne plus affirmée
Le rapport fait également état d'une préoccupation quasi unanime quant au fait que le découplage entre les États-Unis et la Chine ralentira la croissance mondiale au cours des cinq prochaines années. La plupart des instituts soutiennent une posture stratégique plus affirmée de l'UE dans le cadre de l'autonomie stratégique ouverte, avec une meilleure protection contre la concurrence déloyale et des contrôles plus stricts des exportations. Le soutien aux approches libérales est faible. Les mesures de protection, notamment les réponses à la concurrence déloyale et les outils visant à prévenir les fuites de carbone, bénéficient d'un soutien plus important.
Défi majeur : résilience à long terme
Le rapport de l’AIECE Automne 2025 conclut que l'Europe est confrontée à une trajectoire économique modérément positive mais structurellement fragile. Le renforcement des capacités industrielles, la lutte contre le coût élevé de l'énergie dans certains pays, l'accélération de l'innovation et le renforcement de l'autonomie stratégique apparaissent comme des priorités essentielles pour améliorer la résilience à long terme.
Rapport général de l'AIECE pour l'automne 2025
Le rapport général de l'AIECE pour l'automne 2025, rédigé par le CEPREDE (Espagne), présente des perspectives macroéconomiques complètes pour l'économie européenne. Il comprend également des évaluations détaillées des instituts membres sur des questions cycliques, politiques et structurelles clés.
À propos de l'AIECE
Fondée en 1957, l'Association des instituts européens de recherche économique (AIECE) regroupe 40 instituts membres et observateurs issus de 19 pays et cinq organisations internationales. L'association se réunit deux fois par an afin d'échanger des points de vue sur les perspectives économiques des économies européennes et de discuter de la politique économique ainsi que des évolutions économiques structurelles. L'AIECE sert de forum indépendant et transnational pour l'évaluation régulière et systématique des perspectives économiques de l'Europe. Pour plus d'informations, consultez le site :