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Ma Thèse en 180 secondes : quand la recherche fait son show

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11 March 2026 , modifié le 19 March 2026

Trois minutes pour comprendre un sujet de thèse, c’est trop peu ? Pas du tout ! C’est ce que vous prouveront neuf doctorant·es de l’UCLouvain lors de la soirée MT180, le 24 mars prochain. En 180 secondes, ils et elles vous plongeront dans l’univers de leurs recherches et tenteront de vous convaincre de l’intérêt de celles-ci… Une performance où chaque seconde compte.

Le 24 mars 2026, l’Aula Magna accueillera une soirée où la rigueur scientifique rencontre l’art de la communication. Neuf doctorant·es de l’UCLouvain se prêteront à l’exercice exigeant de présenter leur thèse en trois minutes seulement. Pas de notes, pas d’accessoires, une seule diapositive : tout repose sur leur capacité à captiver, expliquer et convaincre en un temps record.

Chaque candidat·e devra puiser dans son imagination pour rendre accessible un sujet complexe. Métaphores audacieuses, humour, intonations travaillées et gestuelle précise seront leurs seuls outils pour transformer des années de recherche en un récit percutant. De l’hypnose aux mathématiques, les thèmes abordés seront plus que variés ! 

Cette soirée est bien plus qu’un concours : c’est une démonstration de pédagogie et d’éloquence, où chaque présentation devient une performance. Entre tension, éclats de rire et moments de révélation, cette soirée promet une ambiance unique, où la recherche se vit comme une aventure collective.

Les trois finalistes sélectionné·es représenteront l’UCLouvain lors de la finale interuniversitaire qui aura lieu à Gembloux sur le site de l’ULiège le 12 mai 2026. Une occasion de découvrir celles et ceux qui feront voyager leur sujet bien au-delà des murs de l’UCLouvain, aux côtés des lauréat·es des 4 autres universités francophones du pays.

Rendez-vous le 24 mars à partir de 17h30, au Foyer du Lac à l’Aula Magna (Place Raymond Lemaire 1, Louvain-la-Neuve). Le concours sera suivi d’un drink jusque 21h30. Inscription obligatoire ici et programme détaillé :

17h30 : Accueil des participant·es
18h00 : Début de la soirée et mot de bienvenue
18h15 : Passage des 9 candidat·es MT180
19h00 : Délibérations du jury et organisation du vote du public
19h30 : Annonce des résultats par la Présidente du Jury
19h45 : Drink dans le hall

En avant-première, voici les visages de nos candidat·es et déjà un petit résumé sur leur sujet de thèse :

Sinusite chronique : et si la clé pour retrouver l’odorat se cachait dans nos cellules ?

Chez 80% des patients, la sinusite chronique s’accompagne d’une perte d’odorat. Mais pourquoi ? Dans le cadre de sa thèse, Agnès Dekeyser explore les mécanismes de cette altération et une piste prometteuse : les cellules basales, ces cellules souches qui renouvellent les neurones olfactifs.

Son approche ? Développer un frottis nasal pour prélever ces cellules et évaluer leur fonctionnement. Une avancée majeure pour comprendre et peut-être inverser la perte d’odorat liée à l’inflammation cellulaire.

Obésité et mélanome : une croissance tumorale accélérée

L’obésité transforme le corps en perturbant son métabolisme et son microbiote. Mais quel est son impact sur le mélanome, ce cancer de la peau ? Dans le cadre de sa thèse, Axell-Natalie Kouakou explore ce lien encore peu étudié.

Ses recherches sur modèle préclinique montrent que le mélanome progresse plus vite chez les souris obèses. Un constat qui interroge : ces changements internes pourraient-ils favoriser la croissance tumorale et altérer l’efficacité des traitements ?

Violons anciens : quand l’IA révèle leurs secrets de fabrication

Pourquoi certains violons, altos ou violoncelles ont-ils été modifiés au fil des siècles ? Dans le cadre de sa thèse, Philémon Beghin explore cette question en croisant musicologie et ingénierie. À l’époque de leur standardisation, des instruments ont été rétrécis ou recoupés pour s’adapter aux normes, une pratique qui intrigue les luthiers et les historiens.

Grâce à la photogrammétrie (reconstitution 3D à partir de photos) et au machine learning, il tente d’identifier ces altérations avec précision. Une approche inédite pour distinguer un violon d’origine d’un instrument retouché, et percer les mystères de leur évolution.

L'algèbre sans commutativité : réinventer les outils pour élargir les possibles

Imaginez un monde où 2 + 3 ne donnerait pas le même résultat que 3 + 2. Absurde ? Pas pour les mathématiciens ! Dans certains cas, l’ordre des opérations fait une énorme différence. Dans le cadre de sa thèse, Maxime Culot étudie ces cas où les règles classiques ne s’appliquent pas. Son objectif ? Adapter des outils mathématiques conçus pour des situations "simples" (où l’ordre n’a pas d’importance) à des cas plus complexes, où chaque étape dépend de la précédente.

Pourquoi ? Parce que ces outils élargis pourraient aider à modéliser des phénomènes du monde réel où l’ordre est crucial : les enchaînements de calculs dans une intelligence artificielle ou même les transformations géométriques en 3D.

L’ornement liturgique moderne : une carapace textile 

Au 16ᵉ-18ᵉ siècle, dans les Pays-Bas méridionaux, les ornements liturgiques n’étaient pas de simples vêtements : revêtus par les ministres sacrés, ils matérialisaient la présence divine. Dans le cadre de sa thèse, Hélène Malice explore la singularité de ce vêtement conçu pour célébrer, à travers une étude matérielle de nombreuses pièces conservées. 

Lourds, rigides et bidimensionnels, les ornements liturgiques formaient une carapace textile. Leur étude révèle un paradoxe : conçus pour élever le célébrant, ils l’enfermaient aussi dans une rigidité physique.

La langue comme cible thérapeutique des apnées obstructives du sommeil chez l’enfant ?

Chez l’enfant, l’apnée du sommeil est souvent associée à des amygdales et/ou végétations trop volumineuses. La solution actuelle ? Les retirer chirurgicalement. Pourtant, pour plus d’un enfant sur dix, cette opération ne suffit pas. Pourquoi ? Pierre Cnockaert, dans le cadre de sa thèse, lève le voile sur un coupable inattendu : la langue.

Composée de plusieurs muscles, celle-ci pourrait dysfonctionner pendant la nuit et s’effondrer vers l’arrière, bloquant les voies respiratoires. Une piste méconnue, mais prometteuse : en comprenant mieux comment les muscles de la langue fonctionnent, des solutions de rééducation ciblée pourraient émerger, offrant un complément non invasif à la chirurgie.

Elevage laitier en Wallonie : bureaucratie vs réalité de terrain

En Wallonie, les éleveurs·euses laitier·ère·s disparaissent, pris·es dans un système qui dépasse leur réalité. Pendant six ans, Carolina Carpio Villarroel a enquêté au cœur des fermes et des mobilisations agricoles. Son constat : la bureaucratie s’invite partout, contrôles imprévus, dossiers et normes, jusqu’à devenir plus lourde que le travail physique. Dans un métier sans horaires, où vie privée et professionnelle se confondent, cette pression réduit l’autonomie et épuise les familles.

À cela s’ajoutent des revenus insuffisants, soumis aux prix mondiaux, et une pénibilité quotidienne, trop souvent portée dans l’ombre par les femmes. Entre passion et épuisement, les éleveurs racontent un métier essentiel, mais fragilisé par un système qui ne reconnaît plus celleux qui nourrissent.

La douleur sous hypnose : un court-circuit neuronal ?

Comment l’hypnose parvient-elle à atténuer la douleur ? Dans le cadre de sa thèse, Gabrielle Herbillon plonge au cœur des mécanismes nerveux en étudiant son effet sur des volontaires. Grâce à l’électroencéphalographie, qui enregistre l'activité électrique du cerveau, elle traque le moment précis où l’hypnose bloque la transmission du signal douloureux de la périphérie jusqu'au cerveau.

Une piste pour comprendre sur quelle synapse (relais entre neurones) l’hypnose agit et peut-être optimiser son usage en médecine.

L’énergie solaire dans les Alpes : qui décide vraiment où poser les panneaux ?

La transition énergétique s’accélère, mais où et comment déployer les panneaux solaires dans les Alpes françaises ? Dans le cadre de sa thèse, Caroline Bottu révèle une réalité surprenante : les choix ne dépendent pas tant des besoins énergétiques.

En effet, les locaux, pourtant directement concernés, ont peu de poids face aux multinationales et aux contraintes administratives. Finalement, les projets s’implantent là où ils ont le plus de chances d’être acceptés, pas forcément là où ils seraient les plus utiles. Un paradoxe qui soulève une question cruciale : la transition énergétique est-elle vraiment démocratique ?

« Ma thèse en 180 secondes » vise à informer le grand public de la richesse et de l’intérêt des recherches scientifiques, tout en développant les compétences communicationnelles des doctorant·es avec le grand public. Chaque année, le concours se déroule durant le Printemps des Sciences à l’UCLouvain, une semaine dédiée à créer davantage de lien entre la science et la société grâce à une série d’activités telles que des visites de laboratoires, des ateliers, des expériences en labo, des jeux, des balades, un café des sciences, des spectacles, des conférences et ciné-débat, ...

Découvrez le programme du Printemps des Sciences ici 

Pour celles et ceux qui ne pourront pas se déplacer en personne mardi soir, ne ratez pas une minute de ce concours grâce à ce lien de visionnage.