Aller au contenu principal

Un spray nasal antiviral développé par Intercept Bio

uclouvain |

uclouvain
15 July 2026 , modifié le 16 July 2026

Un spray nasal permettant de bloquer les virus et d’éviter une infection ? On en rêvait lors de la pandémie. Aujourd’hui des scientifiques de l’UCLouvain et de l’UNamur le concrétisent ! Grâce à leurs recherches lancées sur le coronavirus en 2020, ils créent aujourd’hui une spin-off qui va développer un spray nasal efficace contre les virus respiratoires, les virus de la grippe et potentiellement d’autres virus émergents.

C’est une histoire qui illustre parfaitement le continuum entre recherche fondamentale et application concrète pour la société. 

David Alsteens, Maître de recherche FNRS et investigateur du WEL Research Institute au LIBST de l’UCLouvain, utilise la microscopie à force atomique, notamment pour comprendre comment les microbes reconnaissent, s’attachent et entrent dans les cellules pour les infecter.  Dès le début de la pandémie en 2020, il utilise cet équipement de pointe, muni d’une sonde ultra fine, pour voir comment le coronavirus s’attache à nos cellules. 

Très vite, son équipe découvre l’importance de certains acides sialiques à la surface de nos cellules pour permettre au virus de s’y attacher. Les acides sialiques, des résidus de sucre, sont comme des petits verrous où le virus vient se fixer grâce à ses protéines de surface avant d’entrer dans la cellule hôte. Pour tenter de bloquer cette interaction, et donc l’infection des cellules par le virus, David Alsteens se tourne vers Stéphane Vincent, chimiste à l’UNamur, pour produire une molécule « leurre » flanquée d’acides sialiques à sa surface pour tromper le coronavirus. En occupant la place, ces molécules saturent le virus et l’empêcheraient de se lier aux cellules de son hôte. 

Cap sur les essais cliniques

Bingo : les tests en labo valident cette stratégie ! S’ensuivent des tests sur des souris, en collaboration avec l’ULiège grâce à un financement EOS. « Nous avons testé cela sur différents types de souris, avec différents virus, proches de ce qu’il peut se passer chez l’humain, et nous avons observé que l’utilisation de ces molécules sont efficaces dans 80% des cas », précise David Alsteens.

Accompagnées par LouvainTransfer, Namur Invest et le WEL Research Institute, les deux équipes ont créé ensemble la spin-off « Intercept Bio ». L’objectif : trouver des financements pour lancer rapidement une phase d’étude clinique afin de pouvoir valider ces résultats prometteurs chez l’humain et développer un spray nasal antiviral, potentiellement à très large spectre. « Ce spray pourrait être une alternative au vaccin pour les personnes immunodéprimées. Il permettrait d’empêcher d’attraper des maladies respiratoires, la grippe ou d’autres infections en l’appliquant avant d’entrer dans des lieux confinés, comme les transports en commun. Il pourrait aussi être utilisé par une personne infectée pour limiter les risques de transmission du virus aux personnes qui l’entourent », précise David Alsteens. 

De précieux financements ont permis à David Aslteens de mener cette recherche prometteuse jusqu’ici, notamment deux bourses ERC (une ERC Starting Grant en 2018 et une ERC Consolidator Grant en 2023), ainsi que le soutien du Wel Research Institute et de la Fondation Louvain.