Le Musée L – un atout majeur pour l’Université
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Moins d’un an après sa nomination à la tête du Musée L, nous avons rencontré Elisa de Jacquier, la nouvelle directrice du musée universitaire. Nous lui avons posé quelques questions sur sa vision et ses priorités pour le Musée L.
Quel est votre parcours et quelle est votre histoire avec l’UCLouvain et son Musée ?
EdJ J’ai terminé mes études d’Histoire de l’art à l’UCLouvain en 2000 et j’ai été engagée au Musée en 2001. J’ai assidûment fréquenté le Musée durant mes études avant d’y travailler, puisque son directeur, Ignace Vandevivere était aussi un de mes professeurs. J’ai la grande chance de travailler dans mon domaine de prédilection depuis plus de 20 ans ! Et durant toutes ces années, j’ai pu pratiquer des métiers très différents, depuis le travail d’inventorisation et de numérisation des collections à celui d’édition, en passant par la médiation mais aussi la conception et le montage d’exposition, avant d’endosser le rôle de directrice.
Comment décririez-vous les missions d’un musée universitaire comme le Musée L ? En quoi diffèrent-elles d’un musée plus traditionnel ?
EdJ Les missions communes sont la conservation, la préservation et la valorisation des collections, en les rendant accessibles au plus grand nombre, à travers les espaces d’exposition permanente mais aussi grâce aux expositions temporaires.
Un autre point commun avec la grande majorité des musées est que ceux-ci sont des lieux d’exploration, de réflexion et de dialogue. On s’efforce d’y aborder les thématiques en lien avec les questions sociétales d’aujourd’hui.
Ce qui le différencie d’un musée traditionnel, c’est sans doute le lien avec l’enseignement et la recherche universitaire. En effet, le Musée met ses collections à disposition des enseignant·es, des étudiant·es et chercheur·euses dans le cadre de projets pédagogiques et de recherches pluridisciplinaires passionnants.
En quoi est-ce important, pour une université, d’avoir un musée comme le Musée L ? Quel rôle joue-t-il ou peut-il jouer au sein de l’Université ?
EdJ Un musée universitaire, avec une telle variété de collections, est forcément un atout majeur pour l’Université puisqu’il participe activement aux missions d’enseignement, de recherche et à la diffusion du savoir. La richesse et parfois la rareté de nos collections permettent l’étude spécialisée mais aussi des approches croisées entre disciplines. Il offre aux enseignant·es et aux étudiant·es des supports concrets d’apprentissage, favorisant une pédagogie active fondée sur l’observation et l’analyse. De plus, le Musée joue un rôle de médiation en valorisant les connaissances et en les partageant avec le grand public, renforçant ainsi l’impact culturel et social de l’institution.
Quel message voudriez-vous adresser au public, et en particulier aux collègues de l’UCLouvain, pour les inviter à découvrir le Musée L et ses collections ?
EdJ C’est un magnifique lieu d’évasion, de découverte, de voyage à travers les âges et les cultures où on peut (re)découvrir une partie du patrimoine de notre Université. Il y en a pour tous les goûts : depuis la préhistoire jusqu’à l’art contemporain en passant par des instruments scientifiques et des spécimens d’histoire naturelle. Ouvert à tous les publics sans prérequis obligatoires, c’est un lieu de culture, d’histoire, de partage, de recherche, de débat mais aussi de détente et d’inspiration, où on peut se connecter aux autres ou à soi-même grâce aux œuvres ou même des cours de yoga dans nos salles d’exposition permanente ! Les expositions temporaires y sont fréquentes et l’espace permanent étant tellement riche et varié, il est même indispensable d’y revenir régulièrement pour l’apprécier à sa juste valeur. L’entrée étant gratuite pour l’ensemble de la communauté universitaire et les étudiants, je les encourage vraiment à y pousser les portes.
Le Musée L est un magnifique lieu d’évasion, de découverte, de voyage à travers les âges et les cultures.
Quelle est ton œuvre coup de cœur, au sein des collections du Musée ?
EdJ Difficile de n’en avoir qu’un seul parmi plus de 30 000 objets ! J’ai une affection particulière pour un dessin de Petrus De Man intitulé « La Mouche ». J’aime son côté « brut de décoffrage » qui me fait rire et me touche en même temps.
De plus en plus de femmes occupent des postes de direction dans les musées à travers le monde. Penses-tu qu’elles insufflent une dynamique différente de celle des hommes ?
EdJ Le fait qu’il y ait plus de femmes à la tête de musées correspond à une réalité de terrain observable depuis plusieurs décennies : les auditoires en histoire de l’art et en archéologie sont majoritairement fréquentés par des femmes. Or, très peu de ces femmes ont eu accès à des postes de direction de musée. On peut facilement transposer la théorie du « plafond de verre » des grandes entreprises au monde des musées. Car même si on observe un plus grand nombre de femmes à la tête de musées, les inégalités subsistent encore… Quant à la question d’une dynamique spécifique insufflée par les femmes, je pense qu’elle est une réalité : les femmes, étant directement touchées par la question de l’inclusivité dans leur parcours professionnel et personnel, vont a priori adopter une dynamique de direction plus attentive à l’équité et à l’inclusion en misant sur un leadership collaboratif plutôt que vertical. Mais c’est évidemment à nuancer car, d’après les études qui se sont penchées sur la question, on constate bien souvent que cela dépend du contexte général, de la taille de l’institution, de la personnalité de sa direction, etc.
Quels sont les projets et défis qui attendent le Musée L dans les cinq prochaines années ?
EdJ En très résumé, au-delà de nos missions de conservation, notre priorité est de renforcer notre visibilité et la fréquentation du Musée avec une programmation diversifiée et attractive. Au niveau de la recherche, nous nous lançons dans une grande campagne de décolonisation de nos collections et de nos pratiques. Nous allons aussi veiller à améliorer nos pratiques en termes d’écoresponsabilité et d’inclusivité, sans oublier la recherche de financement, indispensable pour pouvoir soutenir nos projets et nos missions sur le long terme.
En ce moment et jusque février 2026, les visiteurs et visiteuses du Musée L peuvent découvrir deux expositions en lien avec le 600e anniversaire de l’Université. Peux-tu déjà nous révéler les expositions en préparation pour les mois et années à venir ?
EdJ En 2027, le Musée L célébrera ses dix ans et nous prévoyons une exposition valorisant la très belle collection de la Mycothèque de l’UCLouvain. En 2028 et 2029, il y aura plusieurs expositions d’art dont une qui mettra en valeur une de nos artistes et donatrices : Micheline Boyadjian. Il y aura aussi des expositions sous le label « Vitrine de la recherche » et de nouvelles publications et projets de médiation vont voir le jour.