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Fruits de la Passion - Retour sur le festival de la recherche-création

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12 August 2026

Depuis 2020, l’UCLouvain s’est lancée dans l’aventure audacieuse de la recherche-création, à la croisée de la recherche scientifique et de la création artistique. Cette année du 600e célébrait également cinq ans de projets tous plus riches les uns que les autres. UCLouvain Culture a donc décidé de marquer le coup avec la création du Festival « Fruits de la Passion », coorganisé avec le Vilar et en collaboration avec le Centre d’Études Théâtrales et le Louvain Learning Lab.

Du 13 au 17 octobre derniers, le festival a fait résonner plusieurs lieux de la ville en laboratoire vivant où sciences et arts ont dialogué et se sont entrelacés pour donner naissance à des œuvres inédites.

Quand la recherche-création s’expose

La semaine a commencé dans les Halles universitaires avec l’exposition Chroma d’Hélène Bellenger. À travers l’exploration des carrières de marbre de Carrare, l’artiste a interrogé l’hégémonie de la blanchité dans la culture occidentale contemporaine. Le marbre, extrait, broyé, utilisé dans des matériaux de la vie quotidienne (dentifrice, papier, cosmétique, etc.), devenait ici matière à réflexion sur l’identité, l’histoire et les héritages culturels.

Le festival a poursuivi son odyssée à la Fleur de Sel, ancien restaurant universitaire transformé, pour l’occasion, en Cabinet de Curiosités éphémère de la recherche-création. Une création de l’artiste et curatrice Isabelle Dumont qui a récolté et rassemblé artefacts, objets scientifiques insolites, images, installations immersives, récits, musiques… Autant de médiums issus de 23 projets mêlant arts et sciences à l’UCLouvain. Un véritable carrefour de disciplines, d’idées et de sensibilités.

Du côté des arts de la scène

Du mardi au vendredi, le Vilar a proposé des spectacles issus de projets de recherche-création. De l’histoire de Georges Lemaître (L’Anecdote et l’univers, Ludwine Deblon) à celle du procès de Patrice Lumumba (Qui a tué Patrice Lumumba ?, Claire-Marie Lievens), en passant par une pièce chorégraphique autour du microbiote (Holobiontes, Compagnie Demestri-Lefeuvre) et un spectacle sur la question du déterminisme social dans l’enseignement (Kevin, Compagnie Chantal et Bernadette), le festival a navigué entre des formes très diverses mais toutes complémentaires pour témoigner de l’étendue des champs possibles en termes de recherche-création dans les arts de la scène.

Chaque spectacle était précédé d’un « apéro-rencontre » animé par le journaliste Simon Bériaux. L’occasion d’échanger avec les artistes et chercheurs autour du projet ; un geste fort qui rapproche la création du public, humanise la recherche, invite au dialogue et à la réflexion.

Le temps de la réflexion

Le festival ne s’est pas limité pas à des spectacles et des expositions : il a également intégré des temps de réflexion, des journées d’étude et des ateliers destinés aux chercheur·euses, artistes, étudiant·es, mais aussi à toute personne intéressée par les enjeux de la recherche-création.

Le mardi 14 octobre, la journée du Centre d’Études Théâtrales (La science au prisme du théâtre) a questionné les relations entre science et art dans le champ des arts de la scène. Le jeudi 16 octobre, le Louvain Learning Lab a mis en place un atelier participatif (La recherche-création 1.0) permettant aux novices de découvrir les mécanismes et les potentiels de cette approche hybride. Enfin, le vendredi 17 octobre, la semaine s’est clôturée avec la journée d’étude Cultiver l’indisciplinarité qui a invité les publics académiques, artistiques et culturels à réfléchir sur les défis et les apports de la recherche-création au travers des témoignages d’intervenants internationaux, d’ateliers participatifs et d’une performance.

Pour aller un pas plus loin, le comité organisateur de la journée d’étude Cultiver l’indisciplinarité s’attèle actuellement à la rédaction d’un manifeste de la recherche-création à l’UCLouvain (voir article ci-contre), mettant en valeur la richesse des échanges de la journée d’étude et affirmant la volonté de l’UCLouvain de ne pas cloisonner les savoirs, mais, au contraire, de les mêler, d’expérimenter des formes nouvelles de pensée et de productions scientifiques et artistiques.

Avec le Festival Fruits de la Passion, l’UCLouvain a célébré la recherche-création et montre qu’elle ne se limite pas à la transmission académique : elle s’engage dans la transformation culturelle, sociale, citoyenne en déployant son potentiel d’incubateur d’idées, d’émotions, de rencontres, de sens. En encourageant les projets mêlant sciences et arts, l’UCLouvain invite à penser autrement, à rêver autrement, à voir autrement.

« En encourageant les projets mêlant sciences et arts, l’UCLouvain invite à penser autrement, à rêver autrement, à voir autrement. »

Par Shirley Auspert