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Donner forme à un manifeste constellatoire et collaboratif

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12 August 2026

À la suite du festival « Fruits de la Passion » et, en particulier, de la tenue de la journée d’étude « Cultiver l’indisciplinarité » qui s’est déroulée le 17 octobre 2025, a été lancé un chantier éditorial visant tant à garder trace de ce qui s’est échangé qu’à poser les bases des façons dont la recherche-création pourra être investie à l’UCLouvain dans les prochaines années.

C’est ainsi qu’un manifeste est en train d’être composé, dont j’assure la coordination générale aux côtés de l’artiste visuelle et illustratrice Camille Nicolle, qui prend pour sa part en charge le design graphique de l’ensemble. Conçu comme un opus constellatoire et collaboratif formé de matériaux diversifiés, il vise moins à définir ce qu’est la recherche-création – foncièrement plurielle – qu’à interroger les tensions, agitations et éventuelles contradictions qui colorent ce syntagme dès lors qu’il est porté en contexte universitaire, bien qu’encore relativement mystérieux – voire opaque – pour beaucoup. L’édition en cours d’élaboration vise justement à la fois à désopacifier ce qui peut être entendu derrière le terme de recherche-création et, surtout, à déplier plusieurs de ses possibles. Construites au départ de toutes les idées échangées lors des quatre ateliers s’étant tenus l’après-midi du 17 octobre, on y trouve actuellement ce type d’assertions :

« La recherche-création s’appuie sur des constellations d’idées, de compétences, d’épistémologies et de pratiques, mises en partage, (re)connectées singulièrement, s’inter-contaminant. Elle avive l’urgence d’autres régimes de savoir (vs “knowledge production”). Elle est école de complexité et de perplexité, accueillant nuances et ambivalences. »

« Il n’y a pas un modèle de recherche-création, pas de modèle absolu, ni de protocole prototypique pour la mener à bien. Elle est foncièrement polyvalente : recherches-créations, dix-t-on donc. Une multitude de points d’attache, de mises en mouvement, de pratiques, d’objets et de rendus matériels sont possibles, et il convient de travailler à activer et soutenir cette multitude. Elle est amenée, de la sorte, à s’incarner dans des formes et formats très divers, fréquemment déconcertants. »

Elle est, plus encore, invitation à la prise de risque et à l’hybridation ; une ouverture à l’accidentel, l’hétérogène et l’imprévu. L’ambition est de constituer un terreau le plus fécond qui soit, depuis lequel pourront croître de nombreuses initiatives futures portées par des membres de la communauté UCLouvain. C’est ainsi qu’on configure l’opus tel un jeu de ficelles, c’est-à-dire, suivant la perspective développée par la philosophe-biologiste américaine Donna Haraway : comme « quelque chose qui crée un relais de connexions qui importent […] [qui] façonne des conditions d’une manière d’être florissante » et qui est à faire circuler de mains en mains.

Cinq ans après sa mise en branle officielle, la recherche-création a encore de beaux jours devant elle à l’UCLouvain – beaux jours que l’édition à venir entend alimenter de la plus vive des façons.

Sortie annoncée en avril prochain. Restez à l’affût !

Par Corentin Lahouste (chargé de recherches FNRS en FIAL/INCAL)