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Prix Nobel de chimie : un écho à l’UCLouvain

sc | Louvain-la-Neuve

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9 October 2026 , modifié le 13 October 2026

 

Le prix Nobel de chimie 2026 est décerné au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai.

Le prix Nobel de chimie 2026 a été attribué au chimiste français Henri B. Kagan et au chercheur japonais Kenso Soai pour leurs travaux sur les effets non linéaires et l’autocatalyse en synthèse organique asymétrique. Ces recherches contribuent à mieux comprendre la formation des molécules chirales, dont les propriétés jouent un rôle important en chimie et dans le développement de médicaments.

À l’UCLouvain, cette distinction résonne particulièrement avec le parcours d’Olivier Riant, professeur à la Faculté des sciences et président de l’École de chimie, qui a réalisé son doctorat sous la direction d’Henri B. Kagan à l’Université Paris-Sud.

Comprendre les molécules en miroir

Certaines molécules existent sous deux formes qui sont l’image l’une de l’autre dans un miroir, sans pouvoir se superposer. On parle alors de chiralité. Cette particularité est essentielle en chimie du vivant : deux formes d’une même molécule peuvent avoir des effets différents dans un organisme.

La maîtrise de cette chiralité constitue donc un enjeu majeur, notamment pour la conception de médicaments. Dans les années 1980, Henri Kagan a contribué à mettre en évidence les effets non linéaires en catalyse asymétrique, qui permettent à un faible déséquilibre entre deux formes moléculaires d’être amplifié. Kenso Soai a ensuite développé des réactions autocatalytiques, dans lesquelles les produits formés favorisent leur propre production.

Ces travaux ont également nourri les recherches sur l’origine de l’homochiralité du vivant, c’est-à-dire la prédominance d’une même forme chirale dans de nombreuses molécules biologiques.

Olivier Riant, formé auprès d’Henri Kagan

Le lien avec l’UCLouvain passe par le parcours scientifique d’Olivier Riant. Lors de son doctorat, achevé en 1992, il a travaillé sous la direction d’Henri Kagan sur la catalyse asymétrique de la réaction de Diels-Alder et sur l’induction asymétrique dans des complexes ferrocényles chiraux.

Après un séjour postdoctoral à l’Imperial College de Londres et une expérience de recherche au CNRS, Olivier Riant a rejoint l’UCLouvain en janvier 2000. Il y poursuit aujourd’hui ses activités d’enseignement et de recherche dans le domaine de la chimie, notamment autour du développement de nouvelles méthodes de catalyse.

De la recherche fondamentale aux applications

Les recherches sur la catalyse asymétrique permettent de mieux contrôler la manière dont les molécules se forment. Cette maîtrise est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de produire des molécules complexes, notamment celles qui présentent un intérêt pour la chimie médicinale et le développement de substances actives.

Le prix Nobel d’Henri Kagan et de Kenso Soai rappelle ainsi l’importance de travaux fondamentaux menés sur plusieurs décennies et dont les retombées dépassent largement le laboratoire. Le parcours d’Olivier Riant illustre également la transmission des connaissances entre chercheurs et la manière dont une formation scientifique peut contribuer au développement de nouvelles recherches.

À travers cette distinction, c’est tout un domaine de la chimie qui est mis à l’honneur, ainsi que les liens scientifiques qui continuent de nourrir la recherche et l’enseignement à l’UCLouvain.