Quand les neurones de la lecture sont déficitaires…
Professeure émérite Marie-Pierre de Partz
Université catholique de Louvain - Louvain-la-Neuve
Centre de revalidation neuropsychologique des Cliniques universitaires Saint-Luc - Bruxelles
Le thème de cette semaine dédiée au cerveau porte cette année sur les aphasies définies comme les troubles du langage que présentent un certain nombre de personnes victimes de lésions cérébrales d’étiologies qui peuvent être différentes (vasculaires, traumatiques, tumorales, infectieuses). Ces troubles neurologiques sont susceptibles d’altérer à des degrés divers les fonctions langagières telles que le langage oral (production - compréhension) et/ou le langage écrit (écriture - lecture). Cet exposé ciblera les troubles de la lecture que l’on appelera « dyslexies acquises » pour les différencier des dyslexies développementales.
Depuis quatre décennies, les développements de la psychologie cognitive et les progrès plus récents des neurosciences nous permettent de mieux comprendre la remarquable prouesse qu’accomplit le cerveau du lecteur habile quand il reconnaît les signes qui couvrent la page blanche et accède à leur sens en une fraction de seconde.
Les résultats de ces recherches nous permettront de comprendre en particulier pourquoi certains dyslexiques, qui ne présentaient aucun déficit de la lecture avant l’accident vasculaire, se retrouvent subitement incapables de reconnaître la plupart des lettres de l’alphabet alors que dans le même temps ils les traces aisément et maîtrisent parfaitement leur orthographe. Ou encore, pourquoi d’autres patients éprouvent des difficultés à lire des mots irréguliers (ex. choléra) alors qu’ils lisent normalement les mots réguliers (ex. chocolat) et les pseudomots[1] (ex. chalocat). Ou pourquoi d’autres encore lisent la plupart des mots réguliers et irréguliers alors qu’ils sont en grande difficulté lorsqu’ils ont à convertir une lettre en son correspondant sonore leur permettat de lire des pseudomots.
De par la sélectivité de certains déficits, l’étude des dyslexies acquises a permis en retour d’étayer les recherches menées chez le lecteur habile.
[1] Un pseudomot est une séquence de lettres qui ne correspond pas à un mot de la langue mais qui en respecte la structure écrite et orale.
INFOS PRATIQUES
Mardi 10 mars 2026 de 12h45 à 13h45
À 12h15, un sandwich sera offert à tous les participant.es inscrit.es à la conférence.
Auditoire Maisin (51, Avenue Emmanuel Mounier – 1200 Woluwe-Saint-Lambert)
Gratuit, sur inscription
Marie-Pierre de Partz est docteure en psychologie (orientation logopédie) et professeure émérite de la Faculté de psychologie, logopédie, sexologie et des sciences de la famille de l’Université catholique de Louvain. Elle y a été responsable de l’option de spécialisation dédiée aux troubles neurologiques acquis du langage et a enseigné, dans le cycle du master en logopédie, la clinique de l’évaluation et de la rééducation des troubles du langage présentés par les patients aphasiques et par les patients souffrant de pathologies neurodégénératives, particulièrement les aphasies progressives primaires.
Elle fait partie du Centre des Neurosciences (IoNS) de l’UCLouvain et a axé ses recherches sur les troubles du langage écrit (lecture et production écrite), les troubles sémantiques et les troubles de la communication chez les patients aphasiques. Elle a fait partie à plusieurs reprises du bureau de la Société de Neuropsychologie de Langue Française.
Parallèlement, Marie-Pierre de Partz a exercé comme clinicienne, logopède et neuropsychologue, au Centre de revalidation neuropsychologique des Cliniques universitaires Saint-Luc.
Aujourd’hui, elle poursuit une activité de professeure invitée dans les universités de Louvain, Liège et Genève.