Exposition | Parcours de paysannes
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Elles s’appellent Juliane, Zoé, Claire, Barbara. Elles n’ont pas grandi dans une ferme, mais elles ont choisi les champs, les étables, les saisons, comme horizon quotidien. Avec Parcours de paysannes, la journaliste Justine Havelange propose une immersion sensible dans leurs réalités, entre photographies et podcasts. Une exposition à découvrir du 17 au 21 novembre aux Halles universitaires, dans le cadre de la Semaine de la Transition de l'UCLouvain.
En Belgique, seules 16 % des exploitations agricoles sont dirigées par des femmes. Un chiffre encore minoritaire, mais une tendance qui évolue. Pour comprendre ce mouvement, Justine Havelange est partie à la rencontre de quatre agricultrices wallonnes, rejoignant leurs fermes en train et à vélo.
« En allant à la rencontre de ces agricultrices, je voulais visibiliser leur quotidien, leurs valeurs, leurs métiers, leurs réflexions. Le constat de base, c’était leur faible représentation médiatique lors des mobilisations agricoles de 2024 et l’envie de leur redonner de la place. Pas seulement en dressant leurs portraits individuels, mais aussi en les complétant d’informations plus générales sur la place des femmes dans l’agriculture wallonne aujourd’hui. Et donc faire comprendre des enjeux globaux grâce à des récits particuliers et, je trouve, super inspirants ! »
Quotidiens intenses, pensées en mouvement
Au fil des fermes, Justine découvre des journées denses, presque sans pause : la traite, la transformation du lait, l’administratif, les visites de client·es, l’entretien des vergers ou la construction d’un nouvel entrepôt. « Ce qui m’a le plus marquée, c’est leur force ! Elles portent tellement de choses en même temps : des quotidiens hyper intenses, des réflexions super intéressantes et des projets dans tous les sens. (...) Elles sont sur tous les fronts et sont passionnées par leur métier ! Dans les photos, j’essaie de représenter la diversité de leurs activités. Dans le podcast, j’aborde les nombreuses réflexions qui les animent. »
L’exposition prend ainsi la forme d’un double regard : des portraits photographiques qui montrent les gestes, les animaux, les corps au travail ; et des podcasts qui donnent à entendre les voix, les doutes, les convictions.
Pourquoi demain doit aussi s’écrire au féminin
Pour Justine, féminiser l’agriculture revient d’abord à garantir une égalité d’accès, de représentation et d’horizons possibles.
« Je pense que l’agriculture de demain (et d’aujourd’hui) doit être féministe, à savoir garantir l’égalité des chances au sein de ce métier, et notamment à son accès. Pour ça, je pense qu’il est nécessaire de visibiliser les parcours de ces femmes pour en inspirer d’autres. Briser l’image qui nous vient à tous·tes en tête quand on pense à une ferme : un homme sur son tracteur. Montrer cette diversité, c’est permettre à n’importe qui de pouvoir se projeter. Et c’est nécessaire aujourd’hui de donner envie de se lancer dans ce métier vu les chiffres de disparition des fermes (40 fermes ont disparu en Wallonie entre 2023 et 2024 et seul 1 agriculteur·rice sur 5 en âge de transmettre sa ferme trouve un·e repreneur·euse). Bref, l’agriculture wallonne a aussi besoin des bras des femmes. Leurs parcours doivent être mis en avant si on veut garantir une relève. Et puis, moi je les trouve tellement inspirantes ces meufs et j’ai envie de le partager ! »
Infos pratiques
Halles universitaires de l'UCLouvain, Place de l'Université, 1 à Louvain-la-Neuve
Du 17 au 21 novembre de 9h à 18h
Entrée libre pour toutes et tous