Qui a tué Patrice Lumumba ?
drt | Louvain-la-Neuve
Théâtre – procès fictif – mémoire et responsabilité
« Qui a tué Patrice Lumumba ? » est une pièce de théâtre-confrontation qui propose de reconstruire un « tribunal populaire fictif » chargé de mettre à jour les responsabilités (belges, congolaises, internationales) dans l’assassinat de Patrice Lumumba, figure centrale de l’indépendance congolaise. À travers cet exercice de mémoire dramatique et politique, la pièce interroge la justice historique, les complicités d’État, et l’héritage colonial.
Contexte et genèse
CLINIQUE ROSA PARK - ART ET DROIT
« L'art, c'est la plus sublime mission de l'homme, puisque c'est l'exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre. » disait Rodin.
Le projet Art et droit propose aux étudiant·es de master en droit d’explorer le droit par le prisme de l’art — théâtre, littérature, peinture, cinéma, sculpture… Ce dispositif pédagogique innovant répond à la nécessité de repenser l’enseignement du droit dans un contexte anxiogène où les méthodes classiques montrent parfois leurs limites. En mobilisant l’art et l’action (notamment à travers la création théâtrale), les étudiant·es s’approprient autrement les savoirs scientifiques et apprennent à les partager de manière vivante et engagée.
La pièce s’insère aussi dans une dynamique universitaire de recherche-création (notamment via les « apéros de la recherche-création » de l’UCLouvain) visant à croiser science, création artistique et engagement social.
Structure dramaturgique
La pièce se présente comme un procès fictif. Un jury d’assises (constitué de citoyen·nes, universitaires, artistes) est chargé d’entendre des témoins, d’examiner des pièces, de mettre en balance les éléments historiques, et d’en débattre publiquement. Les grandes étapes dramatiques sont :
Ouverture du procès – mises en accusation : on expose les faits (arrestation, transfert, assassinat de Lumumba)
Témoignages – voix multiples : des intervenant·es (historien·nes, acteur·ices congolais·es, acteur·ices belges, descendant·es, expert·es) prennent la parole, parfois avec des archives ou des extraits documentaires
Débat du jury : confrontation des arguments, ambiguïtés, non-dits Verdict symbolique : le jury rend une décision (morale, symbolique, politique) — l’enjeu n’est pas seulement juridique, mais mémoriel
Épilogue réflexif : perspectives pour la mémoire, la justice, le présent
La pièce ne prétend pas résoudre tous les mystères, mais incite le public à interroger les responsabilités, les zones d’ombre et le poids des silences historiques.
Réception médiatique
Objectifs & enjeux
Mémoire et justice symbolique : rendre visible ce souvent invisible, les complicités d’État et les zones de silence dans l’histoire post-coloniale.
Éducation et engagement citoyen : inviter le public — universitaires, étudiants, citoyens — à ne pas rester spectateur passif, mais à questionner les enjeux d’héritage colonial.
Dialogue interdisciplinaire : croiser les regards des historiens, politologues, juristes, artistes pour mieux comprendre la pluralité des facteurs à l’œuvre.
Transmission et débat : proposer un espace de rencontre entre mémoire, archives, création artistique et débat public.