Ambroos Verwee - Citizens’ Group Attitudes & Parties' Group Appeals
espo | Louvain-la-Neuve, Mons
Ambroos Verwee
soutiendra publiquement sa dissertation
Citizens’ Group Attitudes & Parties' Group Appeals:
Investigating Group-Based Politics in Belgium
Pour l'obtention du grade de doctorat en Sciences politiques et sociales
le jeudi 8 octobre
à 16 h
au D.2.01 (Promotiezaal) (VUB)
thèse réalisée sous l'accord de cotutelle et double diplôme entre l'UCLouvain et la VUB
Abstract
There is an ongoing debate about whether groups still shape how citizens think and act politically, or whether politics has become a matter of individual choice. For decades, the dominant academic story was one of dealignment, but a growing body of recent research – from cleavage studies to social identity theory – points to the continued relevance of groups in politics. This dissertation builds on these insights, yet turns to a distinct and underexplored piece of the puzzle: citizens' group attitudes. Group membership and identity, while important, do not fully account for the ways in which groups matter for citizens. People also form impressions of groups they have no personal stake in, and these impressions carry political weight of their own: citizens gravitate toward parties they associate with groups they like, and steer away from those linked to groups they dislike.
Whereas previous scholarship treats group attitudes as a given, focusing mostly on their potential consequences, this dissertation puts them centre stage, mapping them as well as understanding their meaning and origin. It argues that attitudes towards groups are not set in stone, but shaped by citizens themselves as well as by parties' political communication. This dissertation includes four empirical studies, divided into two parts, on the case of Belgium. Part 1 is focused on the citizen level: which groups citizens hold relevant political attitudes towards, and how these attitudes take shape in everyday life.
Part 2 shifts the focus to the elite level, investigating the role of parties' communication strategies in (re)shaping citizens' attitudes towards groups – more specifically, parties' use of group appeals, which are statements in party communication that serve to associate the party with, or dissociate it from, a certain group.
The first study analyses an open-ended survey question asking citizens to name groups in society they like and dislike, addressing which groups citizens themselves consider meaningful. Results show that explicitly partisan groups are rarely mentioned. Instead, citizens overwhelmingly refer to social groups (e.g., working people, migrants), trait-based groups (e.g., responsible people, egoists), and ideology- or opinion-based groups (e.g., extremists, racists). Regression analyses also show that attitudes toward such groups are systematically linked to partisan identity, suggesting that the meaning of partisanship is rooted in broader, everyday group attitudes.
The second study uses focus group data to go beyond who citizens like and dislike to investigate how boundaries between groups are drawn, and how this gives rise to affective polarisation. In doing so, we question the seemingly mechanistic nature of intergroup relations and highlight the affective weight group boundaries hold. We find that affective polarisation does not always take the form of a simple two-sided conflict: the divide between two opposite groups, often rests on the implicit construction of a middle ground
The third study then shifts its focus to the elite level. It establishes how political parties use group appeals in Belgium over time (1981-2024) and investigates the strategic incentives involved when parties choose who to (not) appeal to. We explain long-term stability and change in parties’ group appeals by looking at the interaction between two sets of factors: party–group relations and contextual factors (e.g. electoral gain/loss). We find that parties devote significantly more attention to their historical 'core' groups than to non-core groups, and that these appeals exhibit greater stability across elections. At the same time, contextual factors interact with party-group relations to explain variation in group appeal strategies.
The fourth study connects Parts 1 & 2 by investigating the effect of parties' group appeals on citizens' group attitudes towards ‘migrants’, ‘the unemployed’, and ‘business leaders’. We combine novel panel survey data (N = 3,083) tracking voters’ group attitudes throughout the 2024 Belgian general election campaign, together with content analysis data on parties’ group appeals on social media (X). We find that parties’ negative appeals do have an effect: the more a party engages in negative appeals towards a given group, the more negatively that group is evaluated by its own electorate over the course of the campaign – suggesting negative appeals mainly reinforce existing attitudes among supporters.
Together, these empirical chapters show that citizens' group attitudes are broader and more varied than existing research assumes. The boundaries between groups are complex and continuously negotiated, and parties both draw on and actively reshape these attitudes through their communication.
Résumé
Un débat fait actuellement rage pour savoir si les groupes continuent d’influencer la manière dont les citoyens pensent et agissent sur le plan politique, ou si la politique est désormais une question de choix individuel. Pendant des décennies, le courant de pensée académique dominant était celui du « désalignement », mais un nombre croissant de recherches récentes – allant des études sur les clivages à la théorie de l’identité sociale – souligne la pertinence persistante des groupes en politique. Cette thèse s’appuie sur ces observations, tout en se penchant sur une pièce distincte et peu explorée du puzzle : les attitudes des citoyens vis-à-vis des groupes. L’appartenance à un groupe et l’identité collective, bien qu’importantes, n’expliquent pas entièrement l’importance que revêtent les groupes pour les citoyens. Les individus se forgent également des impressions sur des groupes dans lesquels ils n’ont aucun intérêt personnel, et ces impressions ont un poids politique qui leur est propre : les citoyens sont attirés par les partis qu’ils associent à des groupes qu’ils apprécient, et se détournent de ceux liés à des groupes qu’ils n’aiment pas.
Alors que les travaux antérieurs considèrent les attitudes envers les groupes comme un donné, en se concentrant principalement sur leurs conséquences potentielles, cette thèse les place au centre de l’analyse, en les cartographiant et en cherchant à comprendre leur signification et leur origine. Elle soutient que les attitudes envers les groupes ne sont pas immuables, mais qu’elles sont façonnées tant par les citoyens eux-mêmes que par la communication politique des partis. Cette thèse comprend quatre études empiriques, réparties en deux parties, portant sur le cas de la Belgique. La première partie se concentre sur le niveau des citoyens : envers quels groupes les citoyens adoptent-ils des attitudes politiques pertinentes, et comment ces attitudes se concrétisent-elles dans la vie quotidienne ? La deuxième partie se concentre quant à elle sur le niveau des élites, en examinant le rôle des stratégies de communication des partis dans la (re)formation des attitudes des citoyens envers les groupes – plus précisément, l’utilisation par les partis d’appels à un groupe, c’est-à-dire des déclarations dans la communication des partis qui servent à associer le parti à un certain groupe ou à le dissocier de celui-ci.
La première étude analyse une question ouverte d'un questionnaire demandant aux citoyens de citer les groupes sociaux qu'ils apprécient et ceux qu'ils n'apprécient pas, afin de déterminer quels groupes les citoyens eux-mêmes considèrent comme significatifs. Les résultats montrent que les groupes explicitement partisans sont rarement mentionnés. Au contraire, les citoyens font très majoritairement référence à des groupes sociaux (par exemple, les travailleurs, les migrants), à des groupes définis par des traits de caractère (par exemple, les personnes responsables, les égoïstes) et à des groupes définis par une idéologie ou une opinion (par exemple, les extrémistes, les racistes). Des analyses de régression montrent également que les attitudes envers ces groupes sont systématiquement liées à l’identité partisane, ce qui suggère que la signification de la partisanerie trouve ses racines dans des attitudes plus larges et quotidiennes envers les groupes.
La deuxième étude utilise des données issues de groupes de discussion pour aller au-delà des préférences et des aversions des citoyens et examiner comment les frontières entre les groupes sont tracées, et comment cela donne lieu à une polarisation affective. Ce faisant, nous remettons en question la nature apparemment mécaniste des relations intergroupes et mettons en évidence le poids affectif que revêtent les frontières entre les groupes. Nous constatons que la polarisation affective ne prend pas toujours la forme d’un simple conflit bipartite : la fracture entre deux groupes opposés repose souvent sur la construction implicite d’un terrain d’entente.
La troisième étude se concentre ensuite sur le niveau des élites. Elle met en évidence la manière dont les partis politiques recourent aux appels à des groupes cibles en Belgique au fil du temps (1981-2024) et examine les motivations stratégiques qui poussent les partis à choisir à quels groupes s’adresser (ou non). Nous expliquons la stabilité et l’évolution à long terme des appels à des groupes cibles des partis en analysant l’interaction entre deux ensembles de facteurs : les relations entre les partis et les groupes cibles, et les facteurs contextuels (par exemple, les gains ou pertes électoraux). Nous constatons que les partis accordent nettement plus d’attention à leurs groupes « de base » historiques qu’aux groupes non essentiels, et que ces appels font preuve d’une plus grande stabilité d’une élection à l’autre. Parallèlement, les facteurs contextuels interagissent avec les relations entre partis et groupes pour expliquer les variations dans les stratégies d’appel à des groupes spécifiques.
La quatrième étude fait le lien entre les parties 1 et 2 en examinant l’effet des discours des partis ciblant des groupes sur les attitudes des citoyens à l’égard des « migrants », des « chômeurs » et des « chefs d’entreprise ». Nous combinons des données d’enquête par panel inédites (N = 3 083) retraçant les attitudes des électeurs vis-à-vis de ces groupes tout au long de la campagne électorale belge de 2024, avec des données d’analyse de contenu sur les discours des partis ciblant ces groupes sur les réseaux sociaux (X). Nous constatons que les discours négatifs des partis ont bel et bien un effet : plus un parti recourt à des discours négatifs à l’égard d’un groupe donné, plus ce groupe est évalué négativement par son propre électorat au cours de la campagne – ce qui suggère que les discours négatifs renforcent principalement les attitudes existantes parmi les partisans.
Dans leur ensemble, ces chapitres empiriques montrent que les attitudes des groupes de citoyens sont plus larges et plus variées que ne le supposent les recherches existantes. Les frontières entre les groupes sont complexes et font l'objet de négociations constantes, et les partis politiques s'appuient sur ces attitudes tout en les remodelant activement à travers leur communication.
Membres du jury
Prof. Pierre Baudewyns (UCLouvain), co-promoteur et secrétaire du jury
Prof. Jonas Lefevere (VUB), co-promoteur
Prof. Didier Caluwaerts (VUB), président du jury
Prof. Eline Severs (VUB)
Prof. Virginie Van Ingelgom (UCLouvain)
Prof. Anke Tresch (University of Lausanne)
Prof. Jérémy Dodeige (Université de Namur)
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