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Vedaste Cituli Alinirhu - « Forêt protégée, identité brisée »

espo | Louvain-la-Neuve, Mons

espo
10 September 2026 , modifié le 23 July 2026

Vedaste Cituli Alinirhu 

soutiendra publiquement sa dissertation

« Forêt protégée, identité brisée »

Political ecology et déracinement ontologique des Peuples Autochtones Batwa du Sud-Kivu, Est de la RDC

pour l'obtention du grade de Doctorat en sciences politiques et sociales

le vendredi 11 septembre à 14h 

au LECL93

Résumé 
« Forêt protégée, identité brisée » : Political ecology et déracinement ontologique des peuples autochtones Batwa du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC. C’est à partir de ce constat que s’articule cette thèse, qui examine les impératifs environnementaux globaux et les droits fondamentaux des peuples autochtones, en s’ancrant dans le contexte de la RDC.  Dans ce pays où les forêts constituent à la fois un enjeu écologique mondial et un espace vital pour les communautés locales, l’analyse se concentre sur les Batwa, peuple autochtone dont les liens ontologiques avec la forêt ont été profondément affectés par les politiques de conservation. Ces politiques, héritées du préservationnisme occidental et renforcées depuis la période coloniale, ont entraîné des expulsions, une marginalisation et des ruptures identitaires majeures. À ces acteurs, cette thèse mobilise les voix de leurs voisins Bantous, des ONG de conservation et des droits des Peuples Autochtones, des chefs coutumiers ainsi que des gestionnaires de quatre aires protégées ciblées au Sud-Kivu : le Parc National de Kahuzi-Biega, la Réserve Naturelle d’Itombwe, la Réserve de Faune de Ngandja et la Réserve Naturelle d’Idjwi-Nyamusisi.  Elle s’appuie sur une approche qualitative mobilisant des entretiens semi-structurés, des focus groups ainsi que des observations participantes, complétée par deux outils participatifs innovants utilisés lors des entretiens collectifs : le cartoon et le théâtre participatif.
À travers cette approche qualitative et un cadre théorique inspiré de la political ecology, cette thèse propose une innovation conceptuelle : le « totémisme déraciné », pour décrire la désarticulation des liens ontologiques entre les Batwa et leur environnement forestier, conséquence des expulsions, de la militarisation verte et des transformations socio-économiques contemporaines.  
Les résultats mettent en évidence trois constats majeurs : (1) la fragilisation intergénérationnelle des savoirs ethnoécologiques due aux expulsions dans des forêts et aux contacts accrus avec la modernité et ses corollaires ; (2) la complexification des conflits et des stratégies de résistance, dépassant la seule question d’accès aux ressources pour toucher aux dimensions identitaires, historiques et politiques ; (3) et les limites de différentes initiatives institutionnelles d’intégration des communautés locales et des peuples autochtones (Concession Forestière des Communautés Locales, Couloir vert, etc.) ne prenant pas en compte les réalités historiques territoriales et des spécificités sociales des Batwa, ce qui renforce les inégalités autant qu’offrir des opportunités de sécurisation territoriales.
La thèse conclut que l’intégration durable des peuples autochtones dans la conservation exige une approche fondée sur la justice sociale et environnementale, incluant l’extension de la justice transitionnelle aux dimensions écologiques, afin de reconnaître les injustices passées et de favoriser une réconciliation, essentielle à une conservation véritablement inclusive et pérenne.
Mots-clés : Conservation de la nature ; Ontologies ; Totémisme déraciné ; Peuples Autochtones Batwa ; Sud-Kivu.  

Membres du jury

Prof. Christine FARCY (UCLouvain), présidente du jury  
Prof. An ANSOMS (UCLouvain), promotrice et secrétaire de jury 
Prof. Emery MUSHAGALUSA MUDINGA (ISDR-Bukavu, RDC), co-promoteur
Prof. Esther MARIJNEN (Université de Wageningen)
Prof. Léonard MUBALAMA KAKIRA (ISDR-Bukavu, RDC)