L’héritage de Philippe de Woot porté par les leaders de demain
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L’UCLouvain a accueilli la 9ᵉ édition du Prix international Philippe de Woot le 18 mars dernier. Décerné tous les deux ans, ce prix récompense un ou plusieurs mémoires de master apportant une contribution originale à la compréhension de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de la durabilité. Cette édition 2026 a récompensé Putri Nabilah pour son mémoire portant sur l’évaluation de la « double matérialité ».
Cette distinction s’inscrit dans l’héritage de Philippe de Woot (1930‑2016), professeur émérite à l’UCLouvain et figure majeure de la réflexion sur la responsabilité des entreprises en Europe. Pionnier de la RSE, il a défendu tout au long de sa carrière un management attentif aux impacts sociaux et environnementaux, convaincu que l’entreprise doit contribuer activement au bien commun. Son engagement a largement façonné l’émergence du débat sur la responsabilité des organisations, bien avant que ces questions ne s’imposent au cœur des stratégies des entreprises et des politiques publiques. Le prix perpétue cette vision en mettant à l’honneur de jeunes talents engagés dans la transformation du monde économique.
Une cérémonie placée sous le signe de l’engagement
Pour cette édition, 41 mémoires issus de six pays ont été soumis au jury académique. À l’issue d’une première sélection particulièrement rigoureuse, sept travaux ont été retenus comme finalistes. Ces sept mémoires ont ensuite été évalués par le jury de parties prenantes – composé de représentants du monde économique, associatif et de la société civile – chargé de départager les candidats. Ce second jury a sélectionné trois nominés ainsi que le lauréat du prix. Les trois mémoires nominés cette année étaient ceux de Maria Belpaire (Solvay Brussels School of Economics & Management – Belgique), Julien Chouak (HEC Liège – Université de Liège, Belgique) et Putri Nabilah (Wageningen University and Research, Pays-Bas).
La cérémonie a également été marquée par la conférence de Chuck de Liederkerke, intitulée « Fixing our food system: lessons from Philippe de Woot ». Son intervention a prolongé l’esprit du prix en illustrant concrètement comment l’héritage intellectuel de Philippe de Woot continue d’inspirer les réflexions contemporaines sur la durabilité et la construction de systèmes alimentaires responsables.
Une recherche au service de la durabilité
Le jury a décerné le prix à Putri Nabilah pour son mémoire intitulé « Stakeholder Engagement in Double Materiality Assessment: Decision Making Under Heuristic and Self-Reinforcing Effect ». Son travail se distingue par une analyse approfondie du concept de double matérialité, introduit par la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Cette approche exige des entreprises qu’elles rendent compte à la fois de l’impact des enjeux de durabilité sur leur performance financière et de l’impact de leurs activités sur la société et l’environnement.
Son étude explore de manière fine la façon dont les entreprises mobilisent leurs parties prenantes au cours de ce processus. Elle montre que ces démarches reposent souvent sur des heuristiques, c’est-à-dire des règles de décision simplifiées, qui orientent la priorisation des contributions et structurent les choix organisationnels. Le mémoire met également en évidence des mécanismes auto-renforçants, révélant comment certaines pratiques tendent à se répéter et à se consolider avec le temps. Ces résultats offrent un éclairage précieux pour améliorer la qualité et la pertinence de l’engagement des parties prenantes dans les évaluations de matérialité. Putri Nabilah reçoit un prix de 3 000 €, dont la moitié est reversée à une association.