Centre de documentation sur l’islam contemporain

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Fil d'actualité

Un nouveau cycle d'attaques terroristes

 

Intimidations par la terreur, « traumatisme collectif », panique sécuritaire et polarisation des débats sur l’islam

Dans un contexte meurtri par la crise sanitaire, la France doit faire face à une actualité tragique et à ce qui semble être un nouveau cycle d’attaques terroristes. Rappelons que le vendredi 2 octobre, Emmanuel Macron avait prononcé le discours tant attendu sur le séparatisme. Préférant ce vocable au précédent terme de “communautarisme”, il renvoie principalement au « séparatisme islamiste ». Peu de temps après, les actes terroristes qui ont impacté la France ont touché tant des figures de personnes que des lieux à haute portée symbolique et identitaire : un enseignant, des fidèles dans une église et une agression à l’arme blanche près des anciens bureaux de Charlie Hebdo. On observe que, l’acte terroriste vise des symboles et l’identité en s’appuyant sur des « conflits latents des sociétés pour les exploiter et les aggraver » afin de semer la terreur.

Les émotions et le « choc » qui découlent de ces événements ont depuis suscité de multiples réactions. C’est d’ailleurs la visée des attentats de chercher à déstabiliser la politique et l’ordre public en instaurant un climat de panique sécuritaire et trouble l’équilibre des valeurs démocratiques en vigueur. Aussi, comme le souligne Cyrille Bret dans son article, Comment comprendre le terrorisme au XXIe siècle ?, Diploweb.com. La revue géopolitique, 16 octobre 2020, le terrorisme a pour objectif de changer la « culture du monde » en dominant et en imposant sa propre vision du monde à travers l’instauration d’un climat de terreur. On peut d’ailleurs noter que les actes de violence terroristes de ces deux dernières décennies ont marqué une nouvelle ère politique ainsi que « la sensibilité politique de toute une génération », d’autant plus que ces actes sont diffusés et alimentés sur les réseaux sociaux. Les groupes terroristes exploitent à leur escient les différents outils médiatiques afin de rendre visible leur discours et acte politico-religieux. Dans le contexte actuel, les auteurs d’actes terroristes se réclament principalement appartenir à l’islamisme et à l’extrême droite. Selon Cyrille Bret, le terrorisme « n’est pas une idéologie ou une religion », c’est une action politique violente qui a pour objectif d’imposer « une certaine vision du monde et établir une domination politique ». La portée idéologique permet de pérenniser de tels actes sans engendrer de coût organisationnel conséquent.

Les réseaux sociaux pointés du doigt dans la mort de S. Paty

Vendredi 16 octobre 2020, Samuel Paty fût tué par décapitation sur le trajet de son collège à son domicile. Ce tragique événement est survenu peu de temps après avoir fait l’objet de critiques sur les réseaux sociaux en raison d’un cours de philosophie et de morale durant lequel il travaillait pour parler de liberté d’expression, notamment à partir de caricatures du prophète. N. Deviller, Lynchage de Samuel Paty sur les réseaux sociaux : comment réguler les algorithmes de la haine ?, The Conversation, 19 octobre 2020. L’enseignant d’histoire-géographie donnait le cours sur la liberté d’expression depuis plusieurs années. Quelques jours précédents son assassinat, il est victime d’un « lynchage public » sur les réseaux sociaux, devenus des « tribunaux virtuels » suite à l’appel à mobilisation véhiculé le 7 octobre par le père d’une élève - décrite comme « particulièrement insolente » - contre l’enseignant et dont le nom fut ouvertement mentionné. C’est pourquoi, les réseaux sociaux ont été pointés du doigt peu de temps après son assassinat dont certaines plateformes comme Facebook qui avaient hébergé la vidéo du père de l’élève en question et dans lequel ce dernier a dévoilé, outre le nom de l’enseignant, une série d’informations qui lui étaient personnelles, et ce, avec l’intention de nuire à la victime. En tant que dispositifs numériques, les réseaux sociaux reposent « sur la conflictualité, la polarisation et l’hystérisation des expressions » mais aussi sur l’émotion. Ce sont les messages à « haute portée émotionnelle », particulièrement la colère, qui attirent et incitent au partage et participe à la rendre “virale”. Une étude montre par ailleurs que la colère est l’émotion qui induit le plus de partage sur les réseaux sociaux. L’information est très rarement vérifiée au préalable et les internautes se contentent souvent de se focaliser sur les titres et émoticônes représentant les émotions.

D. Lauras, La France dans la spirale de la haine en ligne, L’Orient-le-Jour, 30 octobre. Depuis le procès des attentats de Charlie Hebdo, la nouvelle publication des caricatures du prophète et la réaffirmation du positionnement de la France à leur égard ainsi que le discours du Président E. Macron sur le séparatisme ont amené les groupes radicaux - notamment Daesch et al-Qaëda - à lancer un appel sur les réseaux sociaux visant à cibler la France. Depuis, on note d’ailleurs une résurgence de contenus radicaux et violents dans le cyberspace qui émanent aussi bien de profils anonymes que de personnalités politiques, comme l’ex-ministre malaisien, à l’égard de la politique française. Comme le souligne L. Bindner, consultante sur l’analyse de la diffusion des contenus terroristes en ligne, « Le niveau d'agressivité sur les réseaux est très fort. On note des publications rédigées en langue française et diffusées par des comptes non francophones, dans un français parfois de qualité médiocre. On retrouve également des posts sur les attentats de 2015, du recyclage d'éléments qui concernent la France. » Aussi, d’après l’analyste, la republication des caricatures, aurait participé à alimenter une colère nourrie envers la France, colère qui a atteint le champ religieux musulman de manière plus large puisque de nombreux leaders ont par la suite appelés à boycotter à travers le monde musulman les produits français.

Tension dans la gestion de l’islam de France : de la sphère politique à la sphère académique

Derrière les écrans, un sentiment de totale liberté amplifie non seulement la promotion du terrorisme et du discours violent, mais affecte également le monde académique et plus particulièrement les chercheurs académiques qui étudient l’islam. Ainsi, la polarisation des discours et débats sur l’islam frappe également le monde académique. En Belgique, Th. De Brouckère, l’ULB tire la sonnette d’alarme », RTBF, 29 octobre 2020. Des injures à l’encontre d’une chercheuse et professeure de l’ULB (Corinne Torrekens) proférées à la suite de la publication d’un de ses articles dans la Revue Nouvelle ont soulevé l’indignation d’une partie du milieu académique. À côté du contenu de l’article, lui sont reprochées des « accointances » avec l’islamisme. Si l’islam est une thématique particulièrement sensible et sujette à caution dans la société civile, force est de constater, selon la rectrice de l’ULB que « l’intégrité scientifique » des analyses scientifiques concernant la pandémie sont également remise en question. Aussi, le discours scientifique et la véracité de ses résultats sont-ils questionnés plus largement en société.

Toujours dans le champ de la recherche une polarisation entre d’une part les universitaires qui craignent une délégitimation des sciences sociales, Équipe des rédacteurs d’Academia, Loi de programmation de la recherche : nuit noire sur le Sénat , Hypothèse.org, 29 octobre 2020. En France, des voix s’élèvent, notamment celles des rédacteurs universitaires d’Academia, à propos du projet de loi Recherche voté au Sénat qui concerne principalement l’amendement suivant : « Les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République. » En raison du caractère « vague et malléable », de la formule « valeurs de la République » serait trop, certains craignent la soumission des recherches à une vision et un contrôle politique, plus particulièrement dans le domaine des sciences sociales. Et d’autre part, ceux qui redoutent « la persistance du déni » sur l’islamisme dans les recherches universitaires. Une centaine d’universitaires alertent : « Sur l’islamisme, ce qui nous menace, c’est la persistance du déni », Le Monde, 31 octobre 2020. Ces derniers soutiennent les propos de Jean-Michel Blanquer qui évoque le concept « islamo-gauchiste » dans le champ de la recherche universitaire sur l’islam laissant entendre une forme de complicité au sein des universités. Ces chercheurs mettent particulièrement en garde contre la diffusion d’« idéologies indigénistes, racialistes et décoloniales » et ils évoquent notamment la question du port du voile comme symptôme de l’islamisme.

Quelques analyses

A. Belhaj, Le difficile chemin vers « l’islam des Lumières », The Conversation, 21 octobre 2020. Le syntagme « L’islam des Lumières » désignant un « islam progressiste et libéral » alimente les débats en France. A. Belhaj explique que l’histoire de cette pensée est récente et n’a pas de fondement historique dans la civilisation arabo-musulmane ; son apparition est liée au besoin de contrer la montée de l’islamisme chez une poignée d’intellectuels dans l’espace franco-magrébin ; cet article discute en premier lieu des thèmes et outils privilégiés de “l’islam des Lumières". En second lieu, l’auteur aborde les difficultés envisagées par les penseurs de « l’islam des lumières » relatives à la domination de la pensée musulmane par les discours traditionalistes et militants, préconisant « une crise moderniste » et un dépassement d’un « islam en lutte ».

M-A. Adraoui, TRIBUNE. Extension du domaine de la lutte antidjihadiste, L’Obs, 29 octobre 2020. Selon M-A. Adraoui, les deux caractéristiques du djihad hétéroclite sont d’une part son opportunisme, dans le sens où le terroriste est plus proche du « héros négatif » que du soldat de l’islam glorifié par des coreligionnaires pour qui il n’existe pas, et d’autre part, sa viralité, car il se développe dans la marge « loin de la communauté religieuse » deux caractéristiques rendent. Comme elles sont décrites, ces caractéristiques inefficaces l’idée d’une responsabilité collective supposée des musulmans telle que souvent mise en avant par les discours qui prétendent défendre les valeurs républicaines et les opposer dos-à-dos avec l’islam. L’auteur recommande une consolidation du dispositif sécuritaire, de la recherche, « des espaces délibératifs au sein desquels les opinions les plus antagoniques peuvent se déployer sans violence physique » ainsi qu’un meilleur éclaircissement de la notion de laïcité « dans le cadre strict de la loi de 1905 ».  

D. Puaud, La communauté éducative face à la radicalisation des jeunes, The Conversation, 31 octobre 2020. Même si la radicalisation concerne une « frange minoritaire des élèves et jeunes accompagnées » par les travailleurs sociaux et les enseignants, on souligne dans cette génération une « atmosphère radicale ». Ces groupes de jeunes sont nommés les « hésitants » en raison d’une probabilité latente de basculement liée, d’une part, à une situation de fragilité matérielle, et d’autre part, au décrochage scolaire qui s’accompagne d’une rupture (et désaffiliation) avec la société et les amènent à être plus réceptifs aux discours radicaux. Les éducateurs et enseignants tentent de « déjouer les ressorts » du radicalisme en enseignant des « stratégies de civilité ». Cependant, l’auteur met en garde contre une « sémantique guerrière » et la radicalisation des débats publics au sein desquels l’usage des termes tels que racaille, voyous, sauvageons devient omniprésent. Enfin, il met en garde par rapport à l’enseignement « d’une laïcité de « combat » ouvertement “anti-religieuse », ce phénomène comme le précédent participent à renforcer l’identitaire et le communautaire de part et d’autre.

K. Ifrak, Islamisme, Orient XXI, 30 septembre 2020. Islamisme est un mot récent apparu dans un environnement non arabophone et un « contexte géopolitique complexe ». Sa première utilisation remonte à 1695, une analogie aux autres religions « christianisme » et judaïsme. Au XIXe siècle on lui préférera l’usage du terme islam. Le terme islamisme distinguant la religion de l’idéologie refera surface avec la révolution iranienne. C’est pour cela que l’auteur critique le manque de considération méthodologique globale en le « conjuguant à des paradigmes pluriels : historique, sociologique, idéologique, théologique, politique, géopolitique et épistémologique ». L’espace et le contexte d’émergence sont essentiels à prendre en considération L’islamisme peut désigner pour certains des mouvements luttant contre l’autoritarisme alors que pour d’autres il s’agit d’une idéologie ayant pour objectif d’islamiser le monde, le péril islamiste. Il est souvent assimilé au mauvais musulman.

Banlieue, ensauvagement et criminalité

L. Mucchielli et B. Joannon, Que sait-on réellement du lien entre immigration et délinquance ?, Délinquance, justice et autres questions de société, 30 septembre 2020. L’auteur revient d’abord sur la notion d’ensauvagement, un terme évoqué pour décrire des faits de violence qui ont eu lieu au cours de l’été. Cette notion désigne un « phénomène de société qui serait en processus de dé-civilisation, de rupture culturelle, et serait le fait d’un collectif indistinct. » Cette description qui vise une partie de la société, sans toujours la nommer explicitement, établit un lien direct entre l’immigration, la délinquance et la criminalité. Cette métaphore autour de la notion de « sauvage » évoque aussi le risque de décadence de l’entièreté de la société en se basant « sur des arguments quantitatifs tels que la hausse des crimes et délits commis par des personnes immigrées, descendantes d’immigrés et étrangères ou encore la surreprésentation de ces mêmes personnes parmi les détenus en France. ». Les étrangers et leurs descendants sont surreprésentés « dans les types de délinquance qui sont typiquement ceux des milieux populaires, mais qui sont également les formes de délinquance les plus visibles, les plus simples et par conséquent les plus réprimées par la police et la justice ». La surreprésentation disparaît.

Analyses

Musulmans et islams face à la pandémie et au confinement

 

 Des enjeux multiples autour de l’islam et des vécus des musulmans confrontés au virus et à la pandémie, en quête de sens et de mécanismes d’adaptation à la crise

Avril 2020

En un mois, la pandémie du Covid-19 a fait basculer la vie de centaines de millions de personnes sur la planète. Elle les confronte à des incertitudes croissantes mais surtout à leur vulnérabilité non seulement vis-à-vis de leurs conditions matérielles et psychologiques de subsistance - y compris les besoins physiques primaires d’une grande partie d’entre eux -, mais aussi de la maladie et de la mort. Pour tout un chacun(e), l’épidémie fait ressortir des questions plus ou moins nouvelles par rapport aux habitudes et certitudes, en lien à des changements plus ou moins radicaux de vie, imposés ; ceux-ci affectent nos manières d’être au monde, nos manières de vivre notre quotidien, nos manières d’être en relation, la priorité de nos préoccupations. Les questionnements prennent des formes spécifiques chez chacun(e). Mais ils renvoient généralement à des dimensions fondamentales de l’existence qui, pour tout croyant(e) en particulier, recoupent aussi des préoccupations directement religieuses, et bien d’autres aspects.

D’une part, ces interrogations se rapportent en effet au sens donné ou à donner individuellement à cette épidémie et à ses conséquences angoissantes, susceptibles d’entraîner des bifurcations ou des ruptures de vie. De multiples interprétations de leurs causes et finalités sont possibles, en lien aux interprétations historiques et contemporaines variées des sources scripturaires islamiques. Celles-ci sont susceptibles de construire diverses normativités et/ou éthiques variées, sachant que chez les musulman(e)s, par-delà la diversité des sensibilités personnelles, quelques aspects ressortent habituellement. On pense au caractère constructif voire positif de l’épreuve1 qui teste notamment la confiance et la piété des croyant(e)s. Il y a l’acceptation de la toute-puissante volonté divine, sachant qu’en dernier recours, « c'est Lui qui me guérit » (Coran.26 :80-). On peut pointer l’éventuel aspect punitif de cette pandémie, suite à

des excès commis, mais plus encore les attitudes à devoir développer, ne serait-ce que le repentir pour se rapprocher de Dieu. Plus globalement, pour la tradition musulmane, l’homme est considéré comme créature responsable par rapport à l’ensemble de la création et sa vie sur terre devrait avoir d’emblée un sens. Mais si la vie est certes souvent vécue par les musulman(e)s comme un des aspects de la grandeur de Dieu, elle n’en demeure pas moins considérée comme Lui appartenir. Quant à l’inéluctabilité de la mort, rappelée au quotidien, elle est essentiellement envisagée comme un passage, un simple état préalablement à l’accession au Salut, dans l’Au-delà, après avoir réussi l’épreuve du Jugement pour les intentions et actes individuellement assumés sur terre2.

D’autre part, la pandémie renvoie également à des considérations politiques au sens large quant aux mesures à devoir prendre et/ou accepter, ou non, pour solutionner les nombreux problèmes qui se posent, que ce soit sur le plan individuel et collectif, sachant que la tradition musulmane valorise habituellement des valeurs génériques telles que la patience, la solidarité et la justice. En effet, quelles attitudes adopter par rapport à une politique sanitaire et de traitement des malades voire des personnes à risque quand des avis de politiques ou même d’experts médicaux sont à tout le moins relativisés par des autorités religieuses ou même simplement des associations à référence religieuse3 voire encore des productions anonymes, insidieusement mensongères, sur les réseaux sociaux ? Que faire des politiques plus ou moins restrictives de confinement et de limitation des libertés publiques qui ont des conséquences dramatiques sur les personnes défavorisées, à fortiori aussi sur les sans-abris et les sans-papiers ? Comment assumer la question de la prise en charge d’un accompagnement humaniste dans la maladie alors que les relations interindividuelles se trouvent fortement réglementées voire interdites ? > En savoir plus

Nos nouveautés

A. Belhaj, Le difficile chemin vers « l’islam des Lumières », The Conversation, 21 octobre 2020. Le syntagme « L’islam des Lumières » désignant un « islam progressiste et libéral » alimente les débats en France. A. Belhaj explique que l’histoire de cette pensée est récente et n’a pas de fondement historique dans la civilisation arabo-musulmane ; son apparition est liée au besoin de contrer la montée de l’islamisme chez une poignée d’intellectuels dans l’espace franco-magrébin ; cet article discute en premier lieu des thèmes et outils privilégiés de “l’islam des Lumières". En second lieu, l’auteur aborde les difficultés envisagées par les penseurs de « l’islam des lumières » relatives à la domination de la pensée musulmane par les discours traditionalistes et militants, préconisant « une crise moderniste » et un dépassement d’un « islam en lutte ».

Belhaj, N. El Makrini, B. Maréchal « Musulmans et islams face à la pandémie et au confinement :analyse de discours de leaders contemporains qui circulent sur la toile en Belgique francophone » in Cismoc Papers-on-line, mai 2020, 20p. Les deux précédents paper-on-line du mois d’avril ont présenté quelques enjeux et balises relativement aux particularités de ce ramadan 2020, vécu en plein confinement des suites de la pandémie mondiale du Covid-19, qui affecte également les musulman(e)s en Belgique. Certes, certains discours intra-islamiques y avaient déjà été brièvement présentés, notamment celui d’un leader proche d’une confrérie soufie ou encore celui du président d’une mosquée bruxelloise. Ce paper-on-line s’attarde désormais sur les discours de certains leaders religieux. > En savoir plus

F. Dassetto, « Ramadan en prison au temps du Covid-19. Entretien avec M. Vincent Spronck, directeur de la prison de Forest » in Cismoc Papers-on-line, mai 2020. FD. La prison que vous dirigez est une des prisons bruxelloises. La période de ramadan doit être assez particulière pour des personnes de confession musulmane. Y a-t-il des personnes qui suivent le ramadan dans la prison ? VS. Je ne sais pas vous le dire directement, car l’aspect religieux est une question personnelle que l’administration n’est pas censée connaître. Nous pouvons estimer le nombre indirectement à partir justement de la situation du ramadan. > En savoir plus

A. Belhaj, F. Dassetto, Gh. Djelloul, N. El Makrini, B. Maréchal « Musulmans et islams face à la pandémie et au confinement : balises et enjeux divers » in Cismoc Papers-on-line, avril 2020. Comme une partie du monde, les musulmans sont confrontés à la pandémie du Covid-19. C'est évidemment aussi le cas de ceux qui vivent en Europe et en Belgique. Ce dossier porte une attention à quelques aspects des attitudes, des débats, des positionnements des musulmans face à cette épidémie, à la mort et au confinement. Prises de conscience du danger de la pandémie et de ses conséquences, débats normatifs, attitudes spirituelles, enjeux idéologiques et politiques s’y mêlent. Les sujets traités dans ce dossier témoignent des manières dont les musulmans traversent la pandémie, entre (in)certitudes, contraintes et résilience. > En savoir plus

Dassetto F., Bilan du devenir du jihadisme radical-terroriste en fin 2019 après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, la vitalité de foyers radicaux jihadistes et le désordre au nord de la Syrie, novembre 2019. Le clerc combattant Abou Bakr Al Bagdhadi avait lancé un « Califat » islamique (appelé également avec l’acronyme Daesh) prétendant se situer en ligne directe avec la réalité politique et religieuse du Prophète Muhammad. Il avait également fait prendre en 2014 un nouveau tournant au jihadisme radical, à la suite de celui inspiré et programmé par Oussama Ben Laden et ses compères dans les années 2000. Il est mort le 27 octobre. Il a été tué lors d’un raid des forces spéciales américaines. Etonnement, alors qu’on le pensait terré dans des régions désertiques, il vivait depuis quelques mois dans un village près de la ville d’Idleb, au nord- ouest de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque, dans une région contrôlée par des groupes islamistes proches d’Al-Qaida (donc opposés à Daesh) et par des postes d’observation de l’armée turque. Cela fait partie des jeux difficiles à comprendre qui se jouent dans la région. > En savoir plus

Entretien avec Lahouari Addi autour de son ouvrage « La crise du discours religieux musulman. Le nécessaire passage de Platon à Kant », In Cismodoc en débats [online], Université catholique de Louvain, novembre 2019, p. 6.  Le discours religieux musulman est pris dans une fièvre idéologique depuis au moins deux siècles, réagissant avec une violence verbale aux évolutions sociales, ce qui atteste d'une crise culturelle profonde. La domination européenne a révélé la crise, mais elle n’en est pas la cause. Celle-ci est à rechercher dans l’histoire intellectuelle de la culture religieuse au cours de laquelle l’orthodoxie officielle avait interdit la philosophie comme activité intellectuelle autonome. > En savoir plus

F. Dassetto, Les institutions européennes face aux religions et à la complexe question de l’islam. Tâtonnements en attente d’une vision globale Essai prospectif, juin 2019, 64 p. Que doivent faire les états en matière de religion ? On pourrait répondre qu’ils ne doivent rien changer par rapport aux équilibres qui se sont forgés durant les siècles précédents, lors de la constitution des États-nations modernes. Équilibre incertain, qui a vu des issues différentes en Europe, allant de la totale séparation entre religions et état jusqu’à des rapports plus conciliants et réciproquement fonctionnels. Ne rien faire, d’autant plus que les instances religieuses connaissent une perte d’emprise sur les populations dans un bon nombre de pays ou bien, au contraire, en profiter pour liquider les privilèges que les religions ont réussi à garder ? Que doivent faire les instances européennes ? > En savoir plus

A. Belhaj, « Tajdid (renouveau) ». In : Vocabulaire de l'Islam (online), avril 2019, p. 3. Le terme tajdid (renouveau) dérivé de la racine j-d-d donne un sens de nouveauté, de grandeur, d’effort, de chance, de renouveau, etc.Dans la pensée islamique pré-moderne, le concept de tajdid ou de tajaddud (son synonyme) n’a été utilisé que dans la période tardive (14ème-15ème siècles), dans le sens de renouveler l’application du Coran et de la sunna dans les commentaires du hadith.

N. El Makrini, « N. Tabbara (2018), « L’islam pensé par une femme, Bayard ».  In : Compte rendu du Cismodoc (online), avril 2019, p. 3.  Riche d’un parcours personnel et intellectuel varié, N. Tabbara souhaite être une voix parmi d’autres en proposant une manière de vivre sa religiosité en phase avec son temps. Dans son ouvrage « L’islam pensé par une femme », elle prône une nouvelle interprétation de l’islam qui doit, selon elle, se faire à partir du Coran. > En savoir plus

N. El’Makrini, « Pratique médicale, spiritualité et Islam », mars 2019, p. 17. Au cours de ces dernières années, les sociétés européennes se considérant comme affranchies du religieux, ou du moins au sein desquelles la religion détermine de moins en moins les comportements quotidiens, sont confrontées à des débats suscités par des affirmations identitaires, culturelles et religieuses. Ce phénomène traverse l’ensemble des champs sociaux, y compris le champ médical. Aux réalités diverses, psychologiques, socio-économiques, etc., auxquels sont confrontés les professionnels de la santé, ils doivent aujourd’hui également prendre en considération la multiplicité des héritages ainsi que les différentes références culturelles et religieuses.

Gh. Djelloul, « Ismaël Saïdi et Michael Privot (2018), Mais au fait, qui était vraiment Mahomet?, Flammarion », In : Compte rendu du Cismodoc(online), mars 2019, 2p. Ce livre a vocation à rendre accessible une somme importante de connaissances tirées de travaux de sciences humaines et sociales concernant l’environnement socio-politique du prophète de l’islam. Loin de constituer une énième biographie traditionniste dans le style narratif de la sira nabawiya (la vie du prophète), les auteurs procèdent au contraire à la déconstruction de nombreux récits mythologiques contenus dans cette « histoire sainte ». > En savoir plus

N. El’Makrini, « Les tenues « islamiques » des femmes : le voile partiel et intégral », mars 2019,7 p. La tenue vestimentaire des femmes musulmanes dans l’espace extra-domestique varie selon la région, l’origine sociale, l’urbanité ou le degré d’attachement à la norme islamique. Cette norme ne donne pas de réponse définitive sur la forme de cette tenue vestimentaire. > En savoir plus

Belhaj A., Dassetto F. et El’Makrini N., Le chiisme et les quarante ans de la révolution iranienne, janvier 2019, 62 p. En janvier et février 2019, l’Iran célèbre le 40ème anniversaire de la révolution islamique qui a mené à la fondation de la République islamique en 1979. Il s’agit d’un élément majeur de l’histoire contemporaine de l’islam, du Moyen-Orient et du monde qui a eu et continue à avoir des conséquences géopolitiques importantes. > En savoir plus

M. Brignone, « Les transformations en cours dans l’islam marocain », novembre 2018, 7p. Dès 2002, le Maroc s’est engagé dans une profonde restructuration du champ religieux, pour affronter, à l’intérieur, les lectures fondamentalistes et promouvoir, à l’extérieur, un Islam tolérant et modéré. Au cœur de ce projet se trouve l’Université Qarawiyyin, qui s’est vu confier la tâche de former les oulémas de demain. > En savoir plus

N. El’Makrini « Jean-Claude Kaufmann (2018). Burkini: Autopsie d'un fait divers, Les Liens qui Libèrent », In : Compte rendu du Cismodoc(online), décembre 2018, 2p. Le sociologue J-Cl. Kaufmann s’était déjà penché sur la question de la nudité et de l’exposition du corps de la femme à la plage, à travers la « pratique des seins nus » dans son ouvrage « Corps de femmes, regards d’hommes », publié en 1995.  Dans cet ouvrage, il analyse l’esthétique des gestes ainsi que les règles et comportements subtils, complexes et précis en vigueur dans cet espace, comme par exemple le contrôle du regard et ce que E. Goffman nomme « l’inattention respectueuse ». Dans le présent ouvrage, il poursuit ce travail d’analyse et de compréhension à partir de l’emballement médiatique et la « crise du burkini » qui a eu lieu en France durant l’été 2016. > En savoir plus

N. El’ Makrini, Rapport des musulmans contemporains au Coran, octobre 2018, 4 p. Cette sélection bibliographique est un compte rendu du numéro 23 de la revue Oasis. Fondazione Internazionale Oasis (dir.) (2016), Le Coran et ses gardiens > En savoir plus

Entretien avec Lionel Remy, à propos de son ouvrage : "Le parti ISLAM. Filiations politiques, références et stratégies. Louvain-la-Neuve, Academia-L’Harmattan", octobre 2018, 3 p. C'est un parti qui a un nombre très réduit de membres et pourtant, il a eu un large écho médiatique, et aux dernières élections communales il a récolté quelques 5.000 voix.  > En savoir plus

B. Brodard, « La formation des autorités religieuses musulmanes en Suisse », juin 2018, 12 p. En Suisse, la formation des autorités religieuses musulmanes est devenue un enjeu public. Ces dernières années, l’islam a acquis en visibilité et est devenu un thème largement médiatisé et discuté politiquement. > En savoir plus

A. Belhaj, N. El Makrini et B. Maréchal, « La notion du juste milieu en islam (Wasatiyya) », mai 2018, 10 p. La formule « l’islam du juste milieu » est très populaire dans le monde musulman contemporain, y compris parmi les citoyens musulmans européens pour qualifier l’islam vécu ou promu par des personnes ou groupes islamiques qui visent à témoigner d’un islam à la fois orthodoxe et adapté au contexte. Cette expression courante, d’apparence anodine, suscite toutefois perplexité au sein d’un public peu averti quant à la teneur concrète des discours musulmans véhiculés sous ce label. > En savoir plus

Gh. Djelloul et B. Maréchal, L’islam et les musulmans en Belgique : Quelques repères historiques, démographiques et organisationnels , avril 2018, 7 p. La présence musulmane en Belgique remonte essentiellement au milieu des années 1960, même s’il y a des musulmans dans le pays depuis le XIXème siècle. [...] En cinquante ans, et notamment dans le prolongement de la reconnaissance officielle de l’islam en 1974, les dynamiques musulmanes d’implantation et d’investissement se sont transformées et diversifiées. > En savoir plus

N. El’Makirini et B. Maréchal, Le vécu des musulmans européens en tensions : une brève présentation des enjeux du devenir de l’islam contemporain, février 2018, 6 p. Depuis les années 1970, dans le monde musulman ainsi qu’en Europe, « l’islam est redevenu un axe de référence pour les individus et pour la société » (Dassetto : 2004) mais les attentats récemment perpétrés au nom de l’islam dans les pays occidentaux et la violence présente dans le monde arabo-musulman depuis quelques décennies renforcent l’idée que les discours voire les pratiques des mouvements radicaux dominent et sont les plus actifs dans le vécu des populations musulmanes. > En savoir plus

Gh. Djelloul et N. El’Makrini, Le féminisme islamique comme courant minoritaire en voie d’institutionnalisation, janvier 2018, 17 p. Le « Féminisme islamique » est un courant de pensée relativement récent, de production intellectuelle, autour d'un corpus religieux, alimenté par un réseau transnational de militantes  dans des contextes socio-politiques très contrastés. L’objectif de cet article est de dresser le panorama des luttes communes et des modalités d’action des différents collectifs qui l’animent, pour réfléchir dans un deuxième temps au degré d’institutionnalisation atteint par ces groupes de militantes. > En savoir plus

Entretien avec Felice Dassetto, à propos de son ouvrage : Jihad u akbar. Essai de sociologie historique du jihadisme terroriste dans le sunnisme contemporain (1070-2018). Dans le cadre d’un entretien mené au CISMOC en avril 2018, le Prof. F. Dassetto revient ici sur les motivations à la base de cet ouvrage ainsi que sur les jalons qui ont façonné sa réflexion sociologique sur le radicalisme violent islamique. > En savoir plus