Centre de documentation sur l’islam contemporain

CISMODOC

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Janvier 2021

Généralisation de l’autorisation du voile dans le réseau supérieur officiel

Élargissement de l’autorisation du port du foulard dans les établissements de l’enseignement supérieur et de promotion sociale, qui sont sous la tutelle du pouvoir organisateur WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), dès la rentrée académique prochaine. Cette autorisation fait toutefois l’objet de restrictions, notamment pour des raisons de sécurité. Cette décision, prise en concertation avec les responsables des universités et de l’enseignement supérieur, ne concerne pas le réseau catholique où les signes religieux sont déjà largement acceptés, comme c’est généralement le cas dans l’enseignement réservé aux adultes. Cette nouvelle résolution ne s’applique donc pas aux enseignements primaire et secondaire qui accueillent principalement un public mineur. Jusqu’à présent, c’était le pouvoir organisateur qui statuait sur cette question. Et l’avis de la Cour constitutionnelle rendu le 4 juin 2020, légitimant l’interdiction du port de signes convictionnels au sein de la Haute École Francisco Ferrer, avait alors eu pour objectif de préserver la liberté des pouvoirs organisateurs des établissements supérieurs d’autoriser - ou non – le port du voile. 

Accueil mitigé de la décision

Cette décision a été saluée par les partisans d’une laïcité inclusive et par divers collectifs (Belges Comme vous, Imazi.Reine, La Cinquième Vague) qui se sont mobilisés l’été dernier suite à l’avis rendu par la Cour constitutionnelle. En effet, à la suite de cet arrêt, l’été 2020 fut le théâtre d’une mobilisation de jeunes femmes adultes en faveur du port du voile dans l’enseignement supérieur au sein d’un mouvement s’appelant « Hijabis Fight Back ». La manière dont cette mobilisation s’est organisée est relatée dans ce texte  « Interview, “Nous voulons avoir le choix”, Rencontre avec Salma du collectif La 5e vague. …, Joc.be, 25 janvier 2025 » par un membre du collectif militant de la 5e vague et organisatrice de la manifestation. Ces collectifs ont accueilli la décision qui mettra fin aux restrictions du port du voile dans l’enseignement supérieur tel un moyen de mettre fin à la discrimination et d’élargir le choix d’écoles. Pour des adultes, le port du voile ne sera donc plus une entrave à une poursuite d’études supérieures.

L’accueil de cette décision n’est pas toujours favorable. En effet, cette décision a suscité des protestations notamment de la part de N. Geerts. N. Geerts, « Voile dans l’enseignement supérieur : un pas en avant, trois pas en arrière », Les carnets de N. Geerts, 16 janvier 2021.  Cette militante laïque estime que cet enseignement inclusif nous mènera « dès demain, dans nos classes, à enseigner le métier d’enseignant à des jeunes femmes qui porteront sur elles le signe de leur soumission à la loi religieuse. »  Elle s’oppose également à cet élargissement de l’autorisation du port du foulard dans l’enseignement supérieur. Suite à ces propos, N. Geerts fut victime de nombreuses réactions haineuses sur les réseaux sociaux, mais aussi de cyberharcèlement. Par crainte de représailles et craignant pour sa vie, elle envisage d’ailleurs de quitter son poste de Maître-assistante en philosophie au sein d’une haute école.  Wallonie-Bruxelles Enseignement a décidé de déposer plainte.

Autre réaction défavorable suite à la décision de BWE : le 23 janvier 21, le Centre d’Action Laïque a rédigé un communiqué de presse dans lequel il « réitère sa revendication d’une législation interdisant le port des signes convictionnels dans l’enseignement obligatoire ». Déjà en 2009, le CAL prônait l’interdiction des signes religieux « à l’école et dans les services publics ». Dans son communiqué du 23 janvier 21, il notifie que pour lui cette décision n’était pas nécessaire et déplore « la disparition d’un espace de neutralité », craignant même un démantèlement de la neutralité et « des acquis de la laïcité ».  En outre, l’organisme estime que la démarche n’est pas progressiste et appelle à la vigilance des établissements d’enseignement quant au prosélytisme. Il « demande aussi de s’assurer qu’aucune dérogation ne soit accordée par rapport à certains cours ni de possibilité de dérogation culturelle ou cultuelle par rapport aux contenus enseignés ». 

Cette décision est également critiquée par le Collectif Laïcité Yallah (fondé le 12 novembre 2019 à l’initiative du CAL, ce collectif Bruxellois est composé de militants laïcs d’ascendance musulmane) qui a publié une carte blanche le 26 janvier 2021 intitulée « L’école n’a pas à se plier aux diktats des intégristes », L’Echo. Le collectif dénonce des groupes de pression et refuse l’idée que le port d’un foulard soit le résultat d’un choix individuel. Selon lui, il s’agit plutôt de l’« outil d’un projet de société en rupture avec nos valeurs et nos principes démocratiques. »

L’Exécutif des musulmans de Belgique dans la tourmente

L’actualité de ces dernières semaines fait état des relations mouvementées entre le nouveau ministère de la Justice et l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). L’actuel ministre de la Justice en charge des Cultes, Vincent Van Quickenborne, réclame un remaniement de tous les organes de l’Exécutif des musulmans de Belgique, reprochant à ce dernier son manque de diversité (manque de représentation des fidèles non originaire du Maroc et de Turquie, mais aussi linguistique) ainsi qu’une ingérence étrangère. Les griefs ne concernent pas d’éventuelles accusations de radicalisme ou de fondamentalisme religieux. Comme souligné dans l’article d’Anne-Françoise Belga, « Le vice-président de l’Exécutif des musulmans de Belgique démissionne », VRT NWS, 16 décembre 2020, il est plutôt reproché au vice-président, Salah Echallaoui, qui est d’ailleurs soupçonné d’espionnage au profit des autorités marocaines, d’être trop proche du pouvoir marocain. Réfutant les accusations qui pèsent contre lui, il a à son tour accusé le ministère de la Justice d’ingérence et a fini par démissionner. Le communiqué de l’EMB rédigé en réaction aux déclarations du ministre dénonce notamment l’entrave à la liberté de culte et aux principes de neutralité et de séparation (cf. « Les institutions musulmanes de Belgique condamnent les déclarations infondées du ministre de la Justice », 05 décembre 2020).

Pourtant, dès le début de la présence musulmane, la Belgique – comme d’ailleurs la majorité des pays européens – a souhaité faire émerger une représentation des musulmans. Celle-ci fera régulièrement l’objet de critiques notamment en raison de son manque de représentativité. Il est en outre de notoriété publique que l’EMB subit une forte influence des autorités turque et marocaine. Malgré ces difficultés de l’organe chef de culte musulman, lors de la mise à distance de l’Arabie Saoudite de la Grande Mosquée du Cinquantenaire en octobre 2017, le gouvernement s’est naturellement tourné vers l’EMB pour lui confier sa gestion. On savait déjà, à l’époque, que l’influence étrangère ne se limitait pas à l’Arabie Saoudite, au Maroc et à la Turquie qui ont une importante diaspora en Belgique et que des dispositifs d’influence assurant la promotion des intérêts nationaux sur le plan culturel, religieux et politique étaient mis en place.

En décembre dernier, la Sûreté de l’État avait rendu un avis négatif sur la demande de reconnaissance de la Grande Mosquée introduite par l’EMB. Bien que cette procédure de reconnaissance ne soit pas obligatoire, dans le cadre du dossier de la Mosquée du Cinquantenaire, l’arrêté royal du 9 avril 2020 stipule toutefois que la concession ne pourra aboutir que si la Grande Mosquée obtient une reconnaissance officielle. En effet, la procédure de reconnaissance officielle grâce à un mécanisme de contrôle (dont la Sûreté, l’OCAM, etc.) assure une transparence dans la reprise par l’Exécutif des musulmans de Belgique de la Grande mosquée de Bruxelles. Suite à la démission de S. Echallaoui, c’est un ancien membre de l’Exécutif qui occupe à présent le poste de vice-président. Mais cette nouvelle figure va-t-elle dans le sens du renouvellement souhaité par le nouveau ministre de la Justice ?

Comme le souligne Caroline Sägesser, « Un mauvais départ pour la politique des cultes », Le Vif, 14 janvier 2021, ce blocage remet également en question la formation des Imams. Il s’agit du projet de cursus d’enseignement supérieur soutenu par l’ancien Ministre de la Justice dans lequel deux universités - une université francophone (UCLouvain) et une néerlandophone (KULeuven) - collaborent avec L’EMB. La politologue redoute également une « nouvelle période d’incertitude dans l’organisation du culte musulman » sur cette question. Soustraire la grande Mosquée de l’influence des pays d’origine, dernier changement en cours concernant la représentation de l’islam belge, s’inscrit dans la volonté du gouvernement belge de mettre fin à l’ingérence étrangère. Notons que c’est également la volonté du gouvernement français.

Charte des principes / islam de France

Le lundi 18 janvier 2021, les représentants du Conseil du culte musulman (CFCM) présentaient au Chef de l’Etat, E. Macron, la Charte des principes de l’islam de France.  Cette Charte constitue l’aboutissement d’un accord de principe entre les représentants de l’islam de France et les pouvoirs publics. Elle reprend dix principes qui permettront la création d’un conseil des imams français, l’un de ses principaux objectifs étant d’assurer un meilleur encadrement religieux musulman, y compris de la formation et de la pratique des imams, et une pratique religieuse musulmane en accord avec le contexte de la laïcité français.

Cette charte d’adhésion aux principes et valeurs républicaines s’inscrit dans la lutte contre le séparatisme communautaire du gouvernement français et une structuration de l’islam de France. Il s’agit principalement de la condamnation de l’islam politique (pour réaffirmer le principe d’une séparation stricte du politique et du religieux) (art 6.), la supériorité du droit positif sur les préceptes religieux, le refus de l’ingérence des États étrangers et particulièrement les pays d’origine (islam consulaire), mais aussi le droit à l’apostasie, à l’égalité du genre, etc. Ces principes républicains font l’objet de polémiques au sein de l’islam contemporain. 

La charte fut ratifiée le 18 janvier par le Conseil français du culte musulman (CFCM), mais elle n’a pas été approuvée par l’ensemble des responsables musulmans. On note en effet une résistance notamment de la part de fédérations liées à la Turquie (le DItib et Milli Görüs), l’association « de foi et pratique » (proche du mouvement missionnaire Tabligh).

Dans un entretien pour France 24 du 18 janvier 2021, «Charte des principes" de l'islam de France : "Un texte pondu d’en haut pour le bas » F. Frégosi estime que la Charte est « une commande politique » ; il critique non seulement la méthode, mais aussi son utilité en relevant les ambiguïtés présentes dans le texte. Selon lui, elle a été rédigée suite aux injonctions de l’Etat, sans prendre suffisamment en compte la réalité de terrain.

Il y a aussi l’article « Haoues Seniguer : La Charte des principes pour l’Islam de France est un marché de dupes », Oumma, janvier 2021. Seniguer estime de son côté que cette charte ne comporte aucune avancée majeure. Comme F. Frégosi, il émet des réserves aussi bien sur le fond que sur la forme, instrumentalisant l’islam à des fins politiques. Alors que la charte s’engage contre l’islam politique, les Musulmans de France (anciennement UOIF) - organisme proche de l’islam politique - a ratifié le document qui remet en question le manque de prise en compte de la réalité locale de l’islam français. Si la Charte a une valeur symbolique, il doute de son utilité sur le terrain.

Même si elle permet d’inscrire encore plus l’islam dans le paysage français, des représentants religieux comme l’imam T. Oubrou critiquent le contexte dans lequel la charte a été adoptée. Il pose également la question de la légitimité de ses rédacteurs - le CFCM -, instance très peu connue et reconnue par la base.

 

 

Analyses

Islams, politique, espace et corps de la femme en Algérie

 

 Entretien avec la sociologue Gh. Djelloul, suite à sa défense de thèse, sur les enjeux de pouvoir relatifs aux dispostifs d'enserrement des femmes en Algérie, et leurs tactiques de desserement

Janvier 2021

CISMODOC – À propos de la place prédominante de la religion dans la société algérienne, et les sociétés à majorité musulmane en général, vous évoquez le « renforcement du religieux » au profit de l’État. Le religieux joue-t-il un rôle dans l’acceptation de l’autoritarisme, de l’injustice, du patriarcat ? Ou, au contraire : dans la résilience de la population face aux multiples sources d’autoritarisme ? D’ailleurs, en retournant dans l’histoire, quel a été le rôle de l’islam dans la lutte contre le colonialisme et quel lien établissez-vous entre Islam et « nationalisme culturel » ?

Gh. Djelloul : En réalité, on peut résumer toutes ces questions en une seule ; il s’agit du lien entre le politique et le religieux. Avant de répondre, il convient de rappeler deux moments importants. Avant l’époque coloniale, le lien politique n’existe pas de la même manière qu’aujourd’hui, car la société algérienne, hétérogène, est organisée autour de tribus et de lignages. L’urbanisation imposée par l’administration coloniale va disloquer cette organisation « traditionnelle » et affaiblir les solidarités familiales/claniques. Entretemps, la résistance s’organise et l’imaginaire national naît et se diffuse grâce aux connexions qu’a permis la fabrication du territoire par la France. La décolonisation, qui démarre en 1962, consiste alors en une réappropriation, par la société algérienne, d’un État forgé par la force coloniale qui consacre l’imaginaire de l’État-nation.

Aussi, le lien politique n’est pas généré par un processus endogène qui légitime un pouvoir central, mais il se construit au contraire par la contestation d’une domination externe. En outre, l’imaginaire national se fera à partir d’un nationalisme religieux, c’est-à-dire qu’on va puiser dans le religieux les ressources imaginaires, les symboles et la force mobilisatrice pour construire une nation. Cette mobilisation du religieux va également conduire à son homogénéisation depuis son encadrement par l’État-nation et, car depuis 1962, le religieux est mobilisé par le régime comme un garant de l’authenticité culturelle. Ce dernier, érigé en Parti-État, fonde donc une part de sa légitimité sur une rente historique, celle d’avoir porté la « révolution », et une autre part sur une légitimité religieuse.

Mais, peu à peu, une dissonance s’installe au sein de la société algérienne car le socialisme, qualifié de « spécifique » (car il n’est pas dirigé contre la religion), portait une aspiration utopique de garantie de l’égalité, de la justice, etc. Dans les années 1980, ce pacte social vacille notamment pour des raisons économiques, qui débouchent sur un programme d’ajustement structurel du FMI. C’est alors que des groupes ont mobilisé le religieux pour mettre en avant la dissonance du régime entre les idéaux moraux et la réalité de terrain comprenant injustice et corruption. Ces groupes religieux ne remettent pas en cause l’État, mais le régime qui monopolise cet État. Le religieux devient ainsi une ressource pour demander des comptes aux élites dirigeantes : des groupes religieux, qui finiront par former le FIS (le Front islamique du salut), exploitent l’imaginaire religieux et le retournent contre le régime qui avait lui-même instrumentalisé et contrôlé le champ religieux. > En savoir plus

Nos nouveautés

Cismodoc, « Entretien avec la sociologue Gh. Djelloul, suite à sa défense de thèse, sur les enjeux de pouvoir relatifs aux dispositifs d’enserrement des femmes en Algérie, et leurs tactiques de desserrement », in Cismodoc en débats [online],  janvier 2021, 6 p. À propos de la place prédominante de la religion dans la société algérienne, et les sociétés à majorité musulmane en général, vous évoquez le « renforcement du religieux » au profit de l’État. Le religieux joue-t-il un rôle dans l’acceptation de l’autoritarisme, de l’injustice, du patriarcat ? Ou, au contraire : dans la résilience de la population face aux multiples sources d’autoritarisme ? D’ailleurs, en retournant dans l’histoire, quel a été le rôle de l’islam dans la lutte contre le colonialisme et quel lien établissez-vous entre Islam et « nationalisme culturel » ? > En savoir plus

Participation du Cismodoc à l’ouvrage collectif dirigé par S. Butcher, C. Odier, E. Frick (2021), Soins et spiritualités en temps de pandémie. L’épreuve de la Covid-19, Sauramps Medical. > En savoir plus

A. Belhaj, Le difficile chemin vers « l’islam des Lumières », The Conversation, 21 octobre 2020. Le syntagme « L’islam des Lumières » désignant un « islam progressiste et libéral » alimente les débats en France. A. Belhaj explique que l’histoire de cette pensée est récente et n’a pas de fondement historique dans la civilisation arabo-musulmane ; son apparition est liée au besoin de contrer la montée de l’islamisme chez une poignée d’intellectuels dans l’espace franco-magrébin ; cet article discute en premier lieu des thèmes et outils privilégiés de “l’islam des Lumières". En second lieu, l’auteur aborde les difficultés envisagées par les penseurs de « l’islam des lumières » relatives à la domination de la pensée musulmane par les discours traditionalistes et militants, préconisant « une crise moderniste » et un dépassement d’un « islam en lutte ».

Cismodoc, « Entretien avec L. Tauil sur l’actualité de son ouvrage « Les femmes dans les discours fréristes, salafistes et féministes islamiques : Une analyse des rapports de force genrés », In Cismodoc en débats [online], juillet 2020, 8 p. L’ouvrage que vous venez de publier apporte un éclairage utile sur le « champ discursif de réislamisation » e.a. au sein des salafistes et des frères musulmans durant les années 2006 à 2011. Une caractéristique de ces discours religieux normatifs est qu’ils consacrent une part importante au(x) rôle(s), au(x) statut(s) des femmes et à leur(s) place(s) dans les sphères privée et publique ainsi qu’à la question du foulard. > En savoir plus

Belhaj, N. El Makrini, B. Maréchal « Musulmans et islams face à la pandémie et au confinement :analyse de discours de leaders contemporains qui circulent sur la toile en Belgique francophone » in Cismoc Papers-on-line, mai 2020, 20p. Les deux précédents paper-on-line du mois d’avril ont présenté quelques enjeux et balises relativement aux particularités de ce ramadan 2020, vécu en plein confinement des suites de la pandémie mondiale du Covid-19, qui affecte également les musulman(e)s en Belgique. Certes, certains discours intra-islamiques y avaient déjà été brièvement présentés, notamment celui d’un leader proche d’une confrérie soufie ou encore celui du président d’une mosquée bruxelloise. Ce paper-on-line s’attarde désormais sur les discours de certains leaders religieux. > En savoir plus

F. Dassetto, « Ramadan en prison au temps du Covid-19. Entretien avec M. Vincent Spronck, directeur de la prison de Forest » in Cismoc Papers-on-line, mai 2020. FD. La prison que vous dirigez est une des prisons bruxelloises. La période de ramadan doit être assez particulière pour des personnes de confession musulmane. Y a-t-il des personnes qui suivent le ramadan dans la prison ? VS. Je ne sais pas vous le dire directement, car l’aspect religieux est une question personnelle que l’administration n’est pas censée connaître. Nous pouvons estimer le nombre indirectement à partir justement de la situation du ramadan. > En savoir plus

A. Belhaj, F. Dassetto, Gh. Djelloul, N. El Makrini, B. Maréchal « Musulmans et islams face à la pandémie et au confinement : balises et enjeux divers » in Cismoc Papers-on-line, avril 2020. Comme une partie du monde, les musulmans sont confrontés à la pandémie du Covid-19. C'est évidemment aussi le cas de ceux qui vivent en Europe et en Belgique. Ce dossier porte une attention à quelques aspects des attitudes, des débats, des positionnements des musulmans face à cette épidémie, à la mort et au confinement. Prises de conscience du danger de la pandémie et de ses conséquences, débats normatifs, attitudes spirituelles, enjeux idéologiques et politiques s’y mêlent. Les sujets traités dans ce dossier témoignent des manières dont les musulmans traversent la pandémie, entre (in)certitudes, contraintes et résilience. > En savoir plus

Dassetto F., Bilan du devenir du jihadisme radical-terroriste en fin 2019 après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, la vitalité de foyers radicaux jihadistes et le désordre au nord de la Syrie, novembre 2019. Le clerc combattant Abou Bakr Al Bagdhadi avait lancé un « Califat » islamique (appelé également avec l’acronyme Daesh) prétendant se situer en ligne directe avec la réalité politique et religieuse du Prophète Muhammad. Il avait également fait prendre en 2014 un nouveau tournant au jihadisme radical, à la suite de celui inspiré et programmé par Oussama Ben Laden et ses compères dans les années 2000. Il est mort le 27 octobre. Il a été tué lors d’un raid des forces spéciales américaines. Etonnement, alors qu’on le pensait terré dans des régions désertiques, il vivait depuis quelques mois dans un village près de la ville d’Idleb, au nord- ouest de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque, dans une région contrôlée par des groupes islamistes proches d’Al-Qaida (donc opposés à Daesh) et par des postes d’observation de l’armée turque. Cela fait partie des jeux difficiles à comprendre qui se jouent dans la région. > En savoir plus

Entretien avec Lahouari Addi autour de son ouvrage « La crise du discours religieux musulman. Le nécessaire passage de Platon à Kant », In Cismodoc en débats [online], Université catholique de Louvain, novembre 2019, p. 6.  Le discours religieux musulman est pris dans une fièvre idéologique depuis au moins deux siècles, réagissant avec une violence verbale aux évolutions sociales, ce qui atteste d'une crise culturelle profonde. La domination européenne a révélé la crise, mais elle n’en est pas la cause. Celle-ci est à rechercher dans l’histoire intellectuelle de la culture religieuse au cours de laquelle l’orthodoxie officielle avait interdit la philosophie comme activité intellectuelle autonome. > En savoir plus

F. Dassetto, Les institutions européennes face aux religions et à la complexe question de l’islam. Tâtonnements en attente d’une vision globale Essai prospectif, juin 2019, 64 p. Que doivent faire les états en matière de religion ? On pourrait répondre qu’ils ne doivent rien changer par rapport aux équilibres qui se sont forgés durant les siècles précédents, lors de la constitution des États-nations modernes. Équilibre incertain, qui a vu des issues différentes en Europe, allant de la totale séparation entre religions et état jusqu’à des rapports plus conciliants et réciproquement fonctionnels. Ne rien faire, d’autant plus que les instances religieuses connaissent une perte d’emprise sur les populations dans un bon nombre de pays ou bien, au contraire, en profiter pour liquider les privilèges que les religions ont réussi à garder ? Que doivent faire les instances européennes ? > En savoir plus

A. Belhaj, « Tajdid (renouveau) ». In : Vocabulaire de l'Islam (online), avril 2019, p. 3. Le terme tajdid (renouveau) dérivé de la racine j-d-d donne un sens de nouveauté, de grandeur, d’effort, de chance, de renouveau, etc.Dans la pensée islamique pré-moderne, le concept de tajdid ou de tajaddud (son synonyme) n’a été utilisé que dans la période tardive (14ème-15ème siècles), dans le sens de renouveler l’application du Coran et de la sunna dans les commentaires du hadith.

N. El Makrini, « N. Tabbara (2018), « L’islam pensé par une femme, Bayard ».  In : Compte rendu du Cismodoc (online), avril 2019, p. 3.  Riche d’un parcours personnel et intellectuel varié, N. Tabbara souhaite être une voix parmi d’autres en proposant une manière de vivre sa religiosité en phase avec son temps. Dans son ouvrage « L’islam pensé par une femme », elle prône une nouvelle interprétation de l’islam qui doit, selon elle, se faire à partir du Coran. > En savoir plus

N. El’Makrini, « Pratique médicale, spiritualité et Islam », mars 2019, p. 17. Au cours de ces dernières années, les sociétés européennes se considérant comme affranchies du religieux, ou du moins au sein desquelles la religion détermine de moins en moins les comportements quotidiens, sont confrontées à des débats suscités par des affirmations identitaires, culturelles et religieuses. Ce phénomène traverse l’ensemble des champs sociaux, y compris le champ médical. Aux réalités diverses, psychologiques, socio-économiques, etc., auxquels sont confrontés les professionnels de la santé, ils doivent aujourd’hui également prendre en considération la multiplicité des héritages ainsi que les différentes références culturelles et religieuses.

Gh. Djelloul, « Ismaël Saïdi et Michael Privot (2018), Mais au fait, qui était vraiment Mahomet?, Flammarion », In : Compte rendu du Cismodoc(online), mars 2019, 2p. Ce livre a vocation à rendre accessible une somme importante de connaissances tirées de travaux de sciences humaines et sociales concernant l’environnement socio-politique du prophète de l’islam. Loin de constituer une énième biographie traditionniste dans le style narratif de la sira nabawiya (la vie du prophète), les auteurs procèdent au contraire à la déconstruction de nombreux récits mythologiques contenus dans cette « histoire sainte ». > En savoir plus

N. El’Makrini, « Les tenues « islamiques » des femmes : le voile partiel et intégral », mars 2019,7 p. La tenue vestimentaire des femmes musulmanes dans l’espace extra-domestique varie selon la région, l’origine sociale, l’urbanité ou le degré d’attachement à la norme islamique. Cette norme ne donne pas de réponse définitive sur la forme de cette tenue vestimentaire. > En savoir plus

Belhaj A., Dassetto F. et El’Makrini N., Le chiisme et les quarante ans de la révolution iranienne, janvier 2019, 62 p. En janvier et février 2019, l’Iran célèbre le 40ème anniversaire de la révolution islamique qui a mené à la fondation de la République islamique en 1979. Il s’agit d’un élément majeur de l’histoire contemporaine de l’islam, du Moyen-Orient et du monde qui a eu et continue à avoir des conséquences géopolitiques importantes. > En savoir plus

M. Brignone, « Les transformations en cours dans l’islam marocain », novembre 2018, 7p. Dès 2002, le Maroc s’est engagé dans une profonde restructuration du champ religieux, pour affronter, à l’intérieur, les lectures fondamentalistes et promouvoir, à l’extérieur, un Islam tolérant et modéré. Au cœur de ce projet se trouve l’Université Qarawiyyin, qui s’est vu confier la tâche de former les oulémas de demain. > En savoir plus

N. El’Makrini « Jean-Claude Kaufmann (2018). Burkini: Autopsie d'un fait divers, Les Liens qui Libèrent », In : Compte rendu du Cismodoc(online), décembre 2018, 2p. Le sociologue J-Cl. Kaufmann s’était déjà penché sur la question de la nudité et de l’exposition du corps de la femme à la plage, à travers la « pratique des seins nus » dans son ouvrage « Corps de femmes, regards d’hommes », publié en 1995.  Dans cet ouvrage, il analyse l’esthétique des gestes ainsi que les règles et comportements subtils, complexes et précis en vigueur dans cet espace, comme par exemple le contrôle du regard et ce que E. Goffman nomme « l’inattention respectueuse ». Dans le présent ouvrage, il poursuit ce travail d’analyse et de compréhension à partir de l’emballement médiatique et la « crise du burkini » qui a eu lieu en France durant l’été 2016. > En savoir plus

N. El’ Makrini, Rapport des musulmans contemporains au Coran, octobre 2018, 4 p. Cette sélection bibliographique est un compte rendu du numéro 23 de la revue Oasis. Fondazione Internazionale Oasis (dir.) (2016), Le Coran et ses gardiens > En savoir plus

Entretien avec Lionel Remy, à propos de son ouvrage : "Le parti ISLAM. Filiations politiques, références et stratégies. Louvain-la-Neuve, Academia-L’Harmattan", octobre 2018, 3 p. C'est un parti qui a un nombre très réduit de membres et pourtant, il a eu un large écho médiatique, et aux dernières élections communales il a récolté quelques 5.000 voix.  > En savoir plus

B. Brodard, « La formation des autorités religieuses musulmanes en Suisse », juin 2018, 12 p. En Suisse, la formation des autorités religieuses musulmanes est devenue un enjeu public. Ces dernières années, l’islam a acquis en visibilité et est devenu un thème largement médiatisé et discuté politiquement. > En savoir plus

A. Belhaj, N. El Makrini et B. Maréchal, « La notion du juste milieu en islam (Wasatiyya) », mai 2018, 10 p. La formule « l’islam du juste milieu » est très populaire dans le monde musulman contemporain, y compris parmi les citoyens musulmans européens pour qualifier l’islam vécu ou promu par des personnes ou groupes islamiques qui visent à témoigner d’un islam à la fois orthodoxe et adapté au contexte. Cette expression courante, d’apparence anodine, suscite toutefois perplexité au sein d’un public peu averti quant à la teneur concrète des discours musulmans véhiculés sous ce label. > En savoir plus

Gh. Djelloul et B. Maréchal, L’islam et les musulmans en Belgique : Quelques repères historiques, démographiques et organisationnels , avril 2018, 7 p. La présence musulmane en Belgique remonte essentiellement au milieu des années 1960, même s’il y a des musulmans dans le pays depuis le XIXème siècle. [...] En cinquante ans, et notamment dans le prolongement de la reconnaissance officielle de l’islam en 1974, les dynamiques musulmanes d’implantation et d’investissement se sont transformées et diversifiées. > En savoir plus

N. El’Makirini et B. Maréchal, Le vécu des musulmans européens en tensions : une brève présentation des enjeux du devenir de l’islam contemporain, février 2018, 6 p. Depuis les années 1970, dans le monde musulman ainsi qu’en Europe, « l’islam est redevenu un axe de référence pour les individus et pour la société » (Dassetto : 2004) mais les attentats récemment perpétrés au nom de l’islam dans les pays occidentaux et la violence présente dans le monde arabo-musulman depuis quelques décennies renforcent l’idée que les discours voire les pratiques des mouvements radicaux dominent et sont les plus actifs dans le vécu des populations musulmanes. > En savoir plus

Gh. Djelloul et N. El’Makrini, Le féminisme islamique comme courant minoritaire en voie d’institutionnalisation, janvier 2018, 17 p. Le « Féminisme islamique » est un courant de pensée relativement récent, de production intellectuelle, autour d'un corpus religieux, alimenté par un réseau transnational de militantes  dans des contextes socio-politiques très contrastés. L’objectif de cet article est de dresser le panorama des luttes communes et des modalités d’action des différents collectifs qui l’animent, pour réfléchir dans un deuxième temps au degré d’institutionnalisation atteint par ces groupes de militantes. > En savoir plus

Entretien avec Felice Dassetto, à propos de son ouvrage : Jihad u akbar. Essai de sociologie historique du jihadisme terroriste dans le sunnisme contemporain (1070-2018). Dans le cadre d’un entretien mené au CISMOC en avril 2018, le Prof. F. Dassetto revient ici sur les motivations à la base de cet ouvrage ainsi que sur les jalons qui ont façonné sa réflexion sociologique sur le radicalisme violent islamique. > En savoir plus