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L'animéité en syntaxe diachronique des langues indo-européennes anciennes

cema
Louvain-la-Neuve
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Le rôle de l’animéité reste relativement négligé dans l’étude de la syntaxe diachronique des langues indo-européennes. À la différence du genre grammatical, qui a été étudié dans diverses perspectives, l’animéité n’a pas fait l’objet de grandes synthèses, et les travaux existants se concentrent sur les phénomènes qui émergent dans certaines branches de l’indo-européen, tels que le développement de l’accusatif animé des langues slaves, le marquage différentiel de l’objet dans diverses familles de langues, certains phénomènes d’accord grammatical, par exemple en iranien, ou encore le rôle de l’animéité dans l'assignation de certaines fonctions syntaxiques à certains rôles sémantiques. En ce qui concerne les états les plus anciens des différentes branches de la famille indo-européenne, l’animéité est parfois mentionnée dans certaines études sur la syntaxe des cas ou sur l’accord grammatical, mais son rôle dans les langues anciennes reste globalement peu étudié, et la lecture des ouvrages de référence pourrait donner l'impression qu’il s’est limité à conditionner partiellement le genre de certains substantifs. 

On trouve parfois dans la littérature l’idée que l’animéité peut être un paramètre relevant dans le changement linguistique même lorsque ce critère n’a qu’une influence limitée dans la structure de la synchronie qui précède le changement (cf. Comrie 1989 à propos de l’« innovation radicale » et soudaine que constitue le marquage casuel de l'objet en slave), et l’on pourrait penser que le développement du rôle syntaxique de l’animéité est tardif dans la plupart des langues indo-européennes et ne concerne que certaines sous-branches. Il n’est cependant pas impossible que l’affirmation de Dahl et Fraurud (1996) vaille pour les états les plus anciens des différentes familles de langues indo-européennes : comme dans les langues modernes, le critère de l’animéité devait être si omniprésent qu’on le considère dans les descriptions comme allant de soi et qu’il tend à devenir invisible.

Notre colloque vise à évaluer plus précisément la position de l’animéité dans la syntaxe diachronique des langues indo-européennes. Les communications pourront aborder la question sous plusieurs angles. 

Par exemple, dans une perspective synchronique, il serait intéressant de répertorier et décrire les constructions syntaxiques impliquant une différence de traitement entre un référent animé et inanimé dans diverses branches de l’indo-européen, en particulier dans les états les plus anciens de ces langues, où le phénomène est peu décrit dans les grammaires. À cet égard, il conviendrait de préciser ce qui relève de l’animéité au sens strict, et ce qui relève d'autres types de faits proches ; par exemple, les hiérarchies référentielles impliquant l’individuation ou la personne, la question du contrôle et de l’agentivité, etc. (cf. Yamamoto 1999). D’autre part, dans une perspective diachronique, les communications pourront porter sur l'émergence de nouvelles constructions impliquant une opposition entre animé et inanimé, ou sur leur disparition : quel est le point de départ de ces innovations ? Observe-t-on une migration du rôle de l’animéité d’une construction à l’autre ? Par exemple, peut-on considérer que les nombreux cas de développement de marquage différentiel de l’objet s’expliquent par le remplacement d'autres stratégies en voie de disparition, peut-être moins visibles, et de ce fait, moins bien décrites ? Existe-t-il des langues où le critère de l’animéité augmente son rôle structurant dans la syntaxe, ou l’inverse ?

Affiche
  • Mardi, 02 juin 2026, 14h30
    Jeudi, 04 juin 2026, 12h00
  • Audrey Mathys