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Soutenance publique de thèse – Elie Pauporté

lab | Louvain-la-Neuve, Bruxelles Saint-Gilles, Tournai

lab
24 August 2026
PhD

La terre crue, matériau d’architecture vulnérable ou durable ? D’une approche technique à une lecture critique, réflexion autour des rapports entre visées d’(in)vulnérabilité et de durabilité en architecture

Mercredi 23 septembre 2026 à 16:00 - LOCI Site de Tournai - A001 Salle Simone Guillissen-Hoa - Rue du Glategnies, 6 - 7500 Tournai

La terre crue est l’un des plus anciens matériaux de construction. En Belgique, son emploi a décliné au cours des deux derniers siècles pour finir par pratiquement disparaitre. Pourtant, ces deux dernières décennies ont vu un regain d’intérêt pour ce matériau, porté principalement par ses remarquables qualités environnementales. La promotion et la diffusion de l’emploi de la terre crue prend dès lors son sens dans la perspective d’une architecture durable. Cependant, la vulnérabilité du bâti en terre face aux agents environnementaux, et en particulier l’eau, constitue un frein majeur dans le contexte belge contemporain. C’est en trois temps que cette étude se saisit de cette problématique. 

Adoptant une approche relevant des sciences appliquées, la première partie envisage « comment maîtriser et réduire cette vulnérabilité ». Cette première partie de l’étude conduit à constater un paradoxe apparent : alors que l’emploi de la terre crue est motivé par sa durabilité environnementale, la réduction de sa vulnérabilité requiert l’augmentation de sa durabilité matérielle qui tend à se traduire par une réduction de la durabilité environnementale.

La deuxième partie opère un double déplacement face à ce constat. Géographique d’abord, envisageant une nouvelle situation, la construction en terre crue en Atacora. Méthodologique ensuite, passant de « comment » à « pourquoi réduire la vulnérabilité du matériau terre » et conduisant ainsi l’étude vers une lecture théorique et critique. Questionnant la rationalité, l’objectivité et la neutralité de la technique en tant qu’institution imaginaire (Castoriadis), la conformation de la terre crue à l’imaginaire du risque dont participe la vulnérabilité y parait échouer à rencontrer la visée initiale de cette étude, soit la promotion d’un matériau permettant une architecture durable.

La troisième partie se saisit de la redéfinition de la durabilité en tant que construction de la durée (Caye) pour inverser la question initiale : et si la terre est un matériau d’une architecture durable grâce à sa vulnérabilité et non malgré celle-ci ? Car c’est en raison de celle-ci que la terre appelle à la maintenance (Denis et Pontille) et, ce faisant, ouvre aux liens du care. Par ces liens se construisent une présence et un présent hors de l’aliénation engendrée par la mobilisation totale de l’accélération (Rosa). En étant fragile et donc maintenue, l’architecture en terre permet notre installation dans le monde et est durable : elle soutient notre construction de la durée.

Membres du Jury

Prof. Luca Sgambi (UCLouvain), Promoteur
Prof. Quentin Wibaux (UCLouvain), Promoteur,
Prof. Renaud Pleitinx (UCLouvain), Président
Prof. Chloé Salembier (UCLouvain), Secretaire
Prof. Elsa Garavaglia (Politecnico di Milano, Italy)
Ir. Laetitia Fontaine (ENSA Grenoble – amaco, France)
Dr. Pauline Lefèbvre (FNRS ULB, Belgique)
Prof. Pierre Caye (ENA CNRS, France)
Dr. Arnaud Evrard (ETH, Zurich, Suisse)

Pay attention : the public defense of Elie Pauporté will also take place in the form of a videoconference