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Classements universitaires : au-delà du rang, que disent vraiment les chiffres ?

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1 October 2026

Le nouveau classement mondial du Times Higher Education (THE) place cette année l’UCLouvain au 205e rang mondial. Un résultat en recul de 21 places qui invite surtout à s’interroger : que mesure réellement un classement universitaire ? Et que peut-on – ou non – en déduire sur la qualité d’une université ?

Chaque année, la publication des grands classements universitaires internationaux fait parler d’elle. Quelques places gagnées ou perdues suffisent parfois à alimenter les commentaires. Pourtant, derrière un rang apparemment simple se cache une réalité beaucoup plus complexe.

Dans l’édition 2027 du Times Higher Education World University Rankings, l’UCLouvain occupe la 205e place parmi 2 297 universités classées, contre la 184e l’année précédente. Elle se situe ainsi dans le top 9 % mondial. Surtout, ces 21 places de différence correspondent à une variation du score global de seulement 0,6 point, passé de 59,7 à 59,1.

Un recul qui concerne plusieurs universités belges

L’UCLouvain n’est pas la seule institution belge à reculer cette année. Sur les dix universités belges reprises dans le classement, la KU Leuven est la seule à progresser, d’une place, pour atteindre le 45e rang mondial. L’Université de Gand passe à la 116e place et l’Université d’Anvers à la 185e. Huit institutions belges restent néanmoins présentes dans le top 500 mondial. À la 205e place, l’UCLouvain demeure par ailleurs la première université francophone de Belgique dans ce classement.

Un rang est toujours relatif

C’est l’une des clés pour comprendre ces classements : une université n’y évolue jamais seule. Le nombre d’établissements classés par THE est passé de 844 en 2016 à 2 297 aujourd’hui. Et dans certaines zones du classement, les écarts de score entre universités sont très faibles. Une variation limitée peut donc se traduire par un déplacement de plusieurs dizaines de places.

« Une baisse dans le classement ne signifie pas automatiquement une baisse des performances de l’université », rappelle Yousra Tahri, chargée d’étude au Service d’analyse, de stratégie et de prospective (SASP) et Ranking officer référente des rankings à l’UCLouvain.

Dans le cas de l’UCLouvain, le recul du score cette année provient principalement du pilier consacré à la qualité de la recherche, et notamment d’indicateurs liés aux citations scientifiques. À l’inverse, les scores liés à l’environnement de recherche et à l’enseignement progressent légèrement.

Que mesure-t-on exactement ?

C’est sans doute la question essentielle. Le classement THE évalue les universités à partir de cinq grands piliers : l’enseignement, l’environnement de recherche, la qualité de la recherche, l’ouverture internationale et les relations avec l’industrie. La recherche pèse à elle seule près de 60 % du score total.

D’autres classements font des choix différents. QS accorde notamment une place importante à la réputation auprès des académiques et des employeurs, tandis que Shanghai privilégie des marqueurs classiques d’excellence scientifique, comme les prix Nobel ou les publications dans Nature et Science. « En réalité, chaque classement raconte une histoire différente », résume Yousra Tahri.

Construire un classement implique donc toujours de sélectionner des critères, de les pondérer et de choisir les données sur lesquelles s’appuyer. Un ranking ne constitue dès lors pas une mesure absolue de la « qualité » d’une université : il mesure d’abord ce que sa méthodologie a choisi de rendre visible.

Des angles morts à garder à l’esprit

Ces méthodologies ont également leurs limites. Les publications scientifiques en anglais et répertoriées dans de grandes bases de données internationales y occupent une place importante. Les sciences humaines et sociales, les publications dans d’autres langues ou encore l’innovation pédagogique sont dès lors moins visibles dans certains indicateurs.

Autant d’éléments qui invitent à considérer les classements pour ce qu’ils sont : des outils de comparaison utiles, mais partiels.

L’UCLouvain choisit de continuer à y participer. Parce qu’ils constituent aujourd’hui un langage commun à l’échelle internationale et jouent un rôle en matière de visibilité, d’attractivité, de partenariats ou encore de mobilité étudiante. Mais sans en faire une fin en soi.
Car la qualité d’une université ne tient pas dans un rang : elle se mesure aussi à la qualité de son enseignement, à son engagement auprès de la société, à la diversité de ses disciplines, à ses collaborations ou encore à sa capacité à contribuer aux grands défis contemporains. Autant de dimensions qu’aucun classement ne peut, à lui seul, résumer.