La recette santé ? Une question de genre !
uclouvain |
Faire du sport, manger des fruits et légumes, adopter un mode de vie sain… Ces habitudes sont bénéfiques pour tout le monde, mais les comportements liés à la santé n’ont pas les mêmes effets chez les femmes et les hommes. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l'UCLouvain publiée dans Social Science & Medicine.
Nous connaissons toutes et tous les grandes recommandations pour préserver notre santé : pratiquer régulièrement une activité physique, manger équilibré et adopter de bonnes habitudes de vie. Mais hommes et femmes sont-ils égaux face à ces efforts pour se maintenir en forme ? La réponse est non.
L’étude, publiée dans Social Science & Medicine et menée par l’équipe de Sandy Tubeuf*à l’UCLouvain, a mis évidence que, à modes de vie comparables (pays de résidence, situation familiale durant l’enfance, âge…), une activité physique insuffisante est associée à une dégradation plus importante de l'état de santé chez les hommes, tandis qu'une faible consommation de fruits et légumes pénalise davantage la santé des femmes.
Cette conclusion découle de l’analyse des données de l’enquête européenne SHARE (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe) qui rassemble des informations sur la santé et les conditions de vie des personnes de 50 ans et plus dans 12 pays européens.
Les différences observées, bien que relativement modestes, suggèrent qu'un même comportement n'est pas associé aux mêmes bénéfices pour toutes et tous. Ces observations rejoignent les conclusions d'autres recherches récentes. Une étude publiée en 2025 a notamment montré que les femmes pouvaient obtenir une réduction du risque de maladie coronarienne comparable à celle des hommes avec une durée d'activité physique moins importante.
L'étude montre également que les habitudes de vie ne sont pas les seuls facteurs associés à notre santé : chez les femmes, le milieu socio-économique dans lequel elles ont grandi apparaît comme le principal facteur contribuant aux différences d'état de santé observées. Chez les hommes, c'est la fréquence de l'activité physique qui occupe la première place.
Le genre influence donc la manière dont nos habitudes de vie sont associées à notre état de santé. Des résultats qui invitent à repenser les stratégies de prévention pour mieux répondre aux besoins de chacune et chacun.
*Sandy Tubeuf est Professeure en économie de la santé à la Faculté de santé publique de et chercheuse à l’Institut de recherche santé et société (IRSS) de l’UCLouvain.