Le potentiel du vélo : sous-exploité !
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Près d'un membre du personnel de l'UCLouvain sur deux présente un fort potentiel pour adopter le vélo, alors que moins d'une personne sur sept l'utilise aujourd'hui comme mode de déplacement principal. C'est le principal constat d'une étude menée à l'UCLouvain, qui propose une nouvelle méthode pour identifier les personnes susceptibles de passer au vélo et mieux orienter les politiques de mobilité durable.
Pour comprendre les freins et les leviers de la mobilité cyclable, Barbara Stinglhamber, chercheuse au Centre de recherches et d’études pour l’action territoriale (CREAT) et au Earth & Life Institute (ELI) de l’UCLouvain, a développé un outil qui combine les caractéristiques du territoire et celles des individus. Contrairement aux approches traditionnelles, qui analysent ces facteurs séparément, cette méthode repose sur quatre composantes : l'accessibilité cyclable (facilité de rejoindre sa destination à vélo), le domaine vital (espaces des déplacements quotidiens), la motilité (capacités matérielles et physiques à utiliser un vélo) et la perception du vélo. Leur combinaison permet d'identifier le potentiel cyclable latent, c'est-à-dire les personnes susceptibles d'adopter le vélo si certaines conditions étaient réunies. La méthode a été testée à partir des données recueillies en 2021 auprès de 2 532 membres du personnel de l'UCLouvain, complétées par une analyse des temps de trajet à vélo électrique et en voiture depuis 613 localités vers Louvain-la-Neuve.
Cibler les politiques de mobilité
Aujourd'hui, les déplacements domicile-travail s'effectuent principalement en voiture (53 %), devant les transports en commun (25,9 %), la marche (11,7 %) et le vélo (8,9 %). L'étude montre que l'accessibilité cyclable et la motilité sont les facteurs les plus déterminants dans l'usage quotidien du vélo. Ainsi, 47,5 % des répondant·e·s présentent un potentiel cyclable élevé ou maximal et 14,3 % d’entre elles et eux utilisent déjà le vélo comme mode principal. L’équipe de recherche estime ainsi que 20,5 % du personnel pourrait remplacer la voiture par le vélo dans des conditions réalistes. À l'inverse, 21,7 % des répondant/e.s présentent un « report modal inexistant », rendant un passage au vélo peu envisageable à court ou moyen terme. Ces résultats montrent que les politiques de mobilité gagneraient à être mieux ciblées. À l'UCLouvain, environ 400 membres du personnel disposent déjà de conditions favorables à l'usage du vélo mais ne l'utilisent pas. Pour ce public, des actions de sensibilisation, d'accompagnement ou de promotion pourraient être plus efficaces que de nouveaux aménagements. Plus largement, cette méthode offre aux universités et aux pouvoirs décisionnels un outil pour mieux orienter les investissements et accélérer la transition vers une mobilité plus durable.