Vous prendrez bien un verre d'archéologie ?
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En bref :
Contact presse : Marco Cavalieri, professeur d’archéologie à l’UCLouvain : 010 47 48 78, gsm sur demande, marco.cavalieri@uclouvain.be |
À l’heure où les subventions allouées aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur pour leurs actions en faveur du patrimoine sont supprimées par le gouvernement wallon, les archéologues doivent user de créativité afin de trouver des voies alternatives de financements. Marco Cavalieri, archéologue à l’UCLouvain a ainsi créé un partenariat entre une exploitation viticole et le site archéologique d’Aiano en Italie.
Marco Cavalieri a convaincu l’exploitation viticole Cappella Sant’Andrea d'associer l'un de ses vins à la villa romaine d'Aiano (San Gimignano), découverte par l’équipe d’archéologues de l’UCLouvain. Le nom de cette cuvée originale ? Vernaccia « Prima Luce », un vin blanc bio produit en amphore, selon une technique ancestrale découverte par les archéologues de l’UCLouvain, dont les bouteilles arborent une étiquette représentant l’objet le plus emblématique découvert sur le site, un poisson en pâte de verre colorée. L’intérêt pour ces fouilles et les recherches UCLouvain ? Permettre l’ouverture du site archéologique au grand public.
Tout le monde gagne à cette alliance entre le vin et l'archéologie : les ventes de vin augmentent, les recherches archéologiques se poursuivent, un projet de muséalisation et de gestion de la villa d'Aiano est en développement, auquel pourraient participer les scientifiques UCLouvain, la ville de San Gimignano et les entreprises viticoles. Et le grand gagnant sera le public, local et international, qui pourra enfin découvrir à quel point la culture est aussi ce qui se cultive, au sens premier du terme, et depuis des millénaires.
Via cette opération, Marco Cavalieri, professeur d'archéologie romaine et d'antiquités italiques à l'UCLouvain, est l’un des premiers scientifique belge à mener à bien un projet d'économie de la culture, en augmentant la qualité et la vente d'un produit d'excellence, le vin, qui va en retour créer des emplois et des investissements dans la protection et la mise en valeur du patrimoine archéologique. « Cette initiative démontre que l'archéologie peut participer au cercle vertueux d'une économie rentable, environnementale et culturellement enracinée » s’enthousiasme l’archéologue. « Le contact avec le public est essentiel afin de créer une dynamique d’échanges. »
Depuis 2005, les fouilles menées par Marco Cavalieri, professeur d’archéologie à l’UCLouvain, ont mis au jour une monumentale villa romaine datée entre le 4e et le 7e siècle apr. J.-C, installée dans un lieu stratégique entre les villes de Sienne et Florence. À ce jour, plus de 5 000 m² du site ont déjà été révélés, sur une superficie totale estimée entre 10 000 et 15 000 m². La particularité de cette villa ? Elle recèle une monumentale cella vinaria de la villa, la pièce où était produit et stocké le vin. À l’intérieur de cette grande salle longue de 30 mètres et large de 9 mètres, divisée en deux nefs par six piliers centraux, une trentaine de dolia defossa (grandes jarres enterrées qui servaient pour la conservation du vin) ont été fouillés. D’après les dimensions du cellier, on estime leur nombre initial à au moins une cinquantaine, ce qui illustre une production à large échelle, donc pas uniquement pour le marché local ou l’autoconsommation.