Femmes & Entrepreneuriat : Regards croisés
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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, deux parcours emblématiques de l’entrepreneuriat à Mons se distinguent : celui de La Prof. Amélie Jacquemin, qui a contribué à structurer le parcours entrepreneurial sur le campus, et celui de Stéphanie Titcho Tenkep, étudiante en entrepreneuriat engagée. Leurs témoignages mettent en lumière la richesse et les défis de l’entrepreneuriat au féminin.
Le développement du parcours entrepreneurial remonte à 2014-2015, lorsque La Prof. Amélie Jacquemin transforme un cours de projets en un véritable projet entrepreneurial , offrant aux étudiant·es l’occasion de vivre concrètement l’idéation, le prototypage et le pitch. L’option de Master 2, lancée en 2020-2021, attire depuis un public diversifié, avec une forte présence féminine : « On a eu un pic à 61 % d’étudiantes en 2022-2023 et 54 % cette année ».
Le tableau change toutefois lorsque les étudiant·es passent à la création réelle de leur projet : « On tombe à 25 % de femmes parmi ceux qui se lancent effectivement ». Selon la Prof. Amélie Jacquemin, cela reflète des tendances plus larges : « Les femmes se perçoivent parfois comme moins compétentes et rencontrent davantage de préjugés ». Pour soutenir celles qui souhaitent franchir le pas, elle a participé à la création du Women Founders Network, au sein de l’Alliance européenne d’universités Circle U. dont fait partie l’UCLouvain, qui est un espace dédié aux entrepreneures étudiantes, doctorantes et alumni.
En parallèle, Stéphanie Titcho Tenkep représente la nouvelle génération d’entrepreneures qui façonnent leurs projets avec sens et conviction. Elle met au cœur de sa démarche une ambition claire : transmettre une identité forte et valoriser le savoir-faire africain. À travers la marque Stephy 💯, elle œuvre à faire rayonner cet héritage culturel tout en créant des ponts entre ses racines et son quotidien en Belgique.
Elle puise notamment son inspiration auprès d’entrepreneuses comme Maureen Ayité, fondatrice de Nana Wax, dont elle admire l’authenticité ainsi que la capacité à hisser la mode africaine vers des standards d’excellence et de rayonnement international.
Stéphanie décrit son expérience entrepreneuriale comme une aventure menée avec détermination, portée par une intuition et un sens de l’esthétique qu’elle considère comme de véritables atouts stratégiques. Elle observe toutefois la persistance de stéréotypes, notamment l’idée que l’entrepreneuriat féminin dans la mode serait « un passe-temps ». Selon elle, mettre en lumière les parcours et les réussites permet de déconstruire ces perceptions et de renforcer la crédibilité des entrepreneures.
Ces deux voix illustrent une réalité essentielle : les femmes ont toute leur place dans l’entrepreneuriat, et créer les conditions pour qu’elles puissent s’affirmer est indispensable pour faire évoluer les mentalités et encourager l’émergence de nouveaux projets.