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La Louvain House adhère au Green Deal Cantines Durables

lvnhouse |

Le 1er juillet 2026, la Louvain House a signé le Green Deal Cantines Durables. Elle s’engage ainsi à mettre en œuvre un plan d’action pour rendre son offre alimentaire plus durable et viser l’obtention le premier niveau du Label Cantines Durables dans les 18 mois.

Mais qu’entend-on réellement par alimentation durable ? Sur quels changements faut-il agir en priorité ? Et comment inscrire cette démarche dans la durée ? 
Pour éclairer ces questions, Marthe Nyssens, prorectrice à la transition, et Philippe Baret, professeur à la Faculté des bioingénieurs et spécialiste des systèmes agricoles et alimentaires, croisent leurs regards.

Pourquoi est-il important qu’un restaurant tel que la Louvain House évolue vers une alimentation plus durable ? 

Marthe Nyssens : Cette évolution est vraiment essentielle, car l’alimentation durable est un Marthe Nyssensmaillon central du développement d’une société systémiquement durable. L’alimentation concentre des enjeux environnementaux, de santé et de saveur. Or, nous mangeons trois fois par jour : l’alimentation durable représente donc un levier puissant de la transformation systémique de notre manière de nous nourrir et d’habiter la Terre. Notre université a placé les questions de développement durable et de transition sociale et écologique parmi ses priorités stratégiques. Or, se nourrir sur le campus fait partie de nos actes quotidiens. La Louvain House est un lieu apprécié de la communauté universitaire qui vient y passer un moment agréable le midi. C’est donc un endroit parfait pour rendre concrète et visible cette politique qui se veut au cœur de la volonté stratégique de notre université. 

Philippe Baret : Il y a aussi un enjeu d’exemplarité. La Louvain House est soutenue par Philippe Baretl’Université et il est logique que son fonctionnement s’inscrive dans les orientations qu’elle s’est données. Une université ne peut pas uniquement étudier ou enseigner la transition : elle doit aussi chercher à la traduire dans ses propres pratiques. D’autres universités, comme l’ULB ou l’ULiège, investissent également dans l’alimentation durable. Cela pourrait d’ailleurs ouvrir la voie à davantage de collaborations et à la construction d’un cadre commun sur certains aspects.

Pourquoi s’inscrire dans le Green Deal Cantines Durables ? 

Philippe Baret : L’intérêt est double : bénéficier d’une expertise et intégrer un réseau. Cela permet de ne pas avancer seul et de profiter de l’expérience acquise ailleurs.

Marthe Nyssens : L’accompagnement par des spécialistes de la restauration collective est essentiel. Ils peuvent nous aider à identifier les actions qui ont réellement de l’impact et à les mettre en œuvre progressivement. Toutes les actions n’ont en effet pas le même poids. Dans le numérique, par exemple, conserver son ordinateur plus longtemps a beaucoup plus d’impact que vider sa boîte mail. Pour l’alimentation, c’est la même chose : il faut identifier les changements qui comptent réellement plutôt que de s’épuiser dans une multitude de microgestes.

Une alimentation durable doit-elle d’abord être… bonne ? 

Marthe Nyssens : Absolument. Pour moi, les priorités sont notamment de proposer des produits respectueux de l’environnement et du bien-être animal, mais aussi des repas sains, équilibrés et savoureux. Si ce que l’on propose est peu agréable à manger, la démarche ne fonctionnera pas. C’est notamment un véritable enjeu pour l’offre végétale. Une alimentation durable doit aussi procurer du plaisir. La transition ne peut fonctionner que si les personnes ont envie d’y adhérer.

Obtenir un label suffit-il pour parler de réussite ?

Philippe Baret : Non. Le véritable critère est de progresser concrètement en matière de durabilité. Et pour pouvoir le démontrer, il faut disposer d’indicateurs permettant de mesurer cette progression dans le temps. Je suis les dossiers liés au développement durable à l’UCLouvain depuis de nombreuses années et je pense qu’il faut être attentif à notre capacité à mener les projets jusqu’à leur terme. L’enjeu est d’éviter un faux départ. Le label est une étape : ce qui compte réellement, c’est de disposer des moyens nécessaires pour poursuivre la démarche et inscrire les changements dans la durée.

Marthe Nyssens : Un autre indicateur sera la fréquentation. Si davantage de personnes viennent manger à la Louvain House parce qu’elles y trouvent une cuisine à la fois respectueuse de l’environnement et savoureuse, ce sera un signe très concret d’adhésion de la communauté universitaire. Enfin, si en plus de se régaler, les convives de la Louvain House apprennent deux ou trois choses sur l'alimentation durable, ce sera … la cerise sur le gâteau !


Un label, et surtout une démarche

L’obtention du label n’est donc pas une finalité. Elle marque plutôt une étape dans une transformation appelée à se poursuivre et à être évaluée. Avec un défi qui résume peut-être à lui seul l’ambition : faire de la Louvain House un lieu où alimentation durable, plaisir de manger et sensibilisation avancent ensemble.

La Wallonie a lancé en 2019 le Green Deal Cantines Durables dans le but d’augmenter significativement la durabilité des repas servis en restauration collective (au sens large) : il s’agit d’un accord volontaire au sein duquel les acteurs s’engagent, via la signature d’une convention de transition, à mener des actions vers une offre alimentaire durable. Les acteurs signataires ont pour objectif d’atteindre en 18 mois une labellisation « Cantines Durables » et un approvisionnement relocalisé.

Les signataires du Green Deal sont invités à mener des actions de transition sur 6 axes de travail:

Les 6 axes du Green Deal Cantines Durables