Défense de thèse : Adélaïde Compaoré
-
Friday, 15 May 2026, 10h00Friday, 15 May 2026, 12h00
Madame Adélaïde Compaoré soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en Sciences politiques et sociales.
La thèse s’intitule : « Understanding contextual drivers of antibiotics’ use in rural Burkina Faso: Insights from the social sciences ».
Le jury est composé de :
- Prof. Dr. Abraham Franssen (UCLouvain), copromoteur et secrétaire
- Prof. Dr. Koen Peeters Grietens (Institut de Médecine Tropicale d’Anvers), copromoteur
- Prof. Dr. Salla Sariola (Université d’Helsinki), copromotrice
- Prof. Dr. Olivier Schmitz (UCLouvain), président
- Prof. Dr. Clare Chandler (London School of Hygiene and Tropical Medicine)
- Dr. Roger Zerbo (Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique du Burkina Faso)
Résumé
La résistance aux antimicrobiens (RAM) est fréquemment conceptualisée comme un phénomène biomédical enraciné dans l’adaptation microbienne. Cependant, sa diffusion est fortement influencée par des facteurs humains et systémiques. Dans les contextes à faibles ressources, une série de facteurs déterminent les modes d’utilisation des antibiotiques. Parmi ces facteurs figurent des vulnérabilités structurelles, notamment des infrastructures de santé limitées, des lacunes réglementaires et des attentes sociales concernant les antibiotiques. La recherche en sciences sociales a joué un rôle essentiel dans l’élucidation de ces dynamiques.
La présente étude doctorale prolonge cet effort en examinant les défis contextuels de la RAM au Burkina Faso. Elle dépasse les modèles centrés sur le déficit de connaissances en mettant en lumière les moteurs socio‑économiques et systémiques de l’accès et de l’utilisation des antibiotiques.
Les résultats révèlent un système de santé fragile marqué par des pénuries de personnel et des ruptures fréquentes de stocks de médicaments, conditions qui favorisent des pratiques inappropriées en matière d’antibiotiques. La précarité socio‑économique accentue ces vulnérabilités, poussant les ménages vers des stratégies de survie risquées telles que l’automédication et le recours à des prestataires informels. Les défis liés à la santé environnementale, notamment un mauvais assainissement et un accès limité à l’eau potable, constituent des conditions dans lesquelles les populations sont confrontées à des problèmes de santé récurrents, entraînant une demande accrue d’antibiotiques.
Cette recherche doctorale soutient que l’utilisation des antibiotiques n’est pas le problème principal de la RAM au Burkina Faso, mais plutôt la faiblesse du système de santé, la vulnérabilité socio‑économique et environnementale qui la soutiennent. Ces moteurs sous‑jacents devraient être considérés comme des priorités dans le contexte de la RAM. En outre, la thèse contribue à l’appel croissant en faveur de stratégies multisectorielles et sensibles au contexte, tout en mettant en garde contre une dépendance excessive aux cadres mondiaux, auxquels certains pays ne parviennent pas à se conformer en raison de ces causes profondes. En l’absence d’une telle hiérarchisation contextuelle, les initiatives politiques risquent de mal allouer des ressources à des solutions qui s’avèrent inadaptées et inefficaces dans la lutte contre la RAM.