ELI member of the week: Maryline Calonne
eli | Louvain-la-Neuve
Chaque semaine, découvrez un nouveau portrait d'un ou d'une membre de l'Earth and Life Institute. Cette semaine, rencontrez Maryline Calonne, chargée de recherche en ELI-M, spécialisée dans l’étude de champignons bien utiles.
Peux-tu te présenter brièvement, et expliquer le travail que tu fais à l'Earth and Life Institute ?
Maryline Calonne-Salmon, Chargée de recherche (senior scientist), personnel scientifique, Pôle ELI-M.
Chercheure en mycologie, spécialisée dans l’étude des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA), qui réalisent des symbioses à bénéfices réciproques avec les plantes, notamment celles cultivées.
Quelle est ton équipe de recherche et ton sujet de recherche ? Peux-tu nous en parler un peu de façon vulgarisée ?
Equipe de recherche : Sous la direction du Professeur Stéphane Declerck, le laboratoire de mycologie compte 30 chercheurs, techniciens et personnels administratifs, dédiés à la recherche sur les champignons d’intérêt agro-alimentaire et environnemental.
Le laboratoire héberge l’une des plus importantes collections de champignons et levures au monde, avec plus de 30 000 souches vivantes conservées (BCCM-MUCL).
Nos recherches sur les CMA s’articulent autour des relations plantes/CMA ; la taxonomie, phylogénie et la diversité des CMA dans les sols naturels ou cultivés ; l’utilisation des CMA pour bio-stimuler la croissance des plantes ou pour les protéger contre les maladies et les stress environnementaux.
Nous travaillons également sur l’hyphobiome et les continuums plantes/CMA/communautés bactériennes associées. Une spécialité de notre laboratoire est la culture in vitro des CMA, technique que nous transmettons à de nombreux chercheurs et industriels via la formation internationale sur la culture in vitro des CMA, que nous organisons chaque année.
Sujet de recherche : je m’intéresse principalement (1) au biocontrôle des maladies et ravageurs des plantes et la biostimulation de leur croissance grâce aux bénéfices apportés par la symbiose mycorhizienne, combinée ou non à l’inoculation de certaines bactéries bénéfiques ou les molécules qu’elles produisent, (2) à l’impact des pratiques culturales, comme l’application de pesticides, sur le fonctionnement de la symbiose, (3) à la myco-phytoremédiation assistées par les CMA des sols pollués par les éléments métalliques ou les polluants organiques persistants.
Quel a été ton parcours avant d'arriver à ton poste actuel en ELI ?
Après une licence en biologie et un master en environnement obtenus à l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO), Calais et l’Université de Lille, en France, j’ai réalisé ma thèse de doctorat au sein du laboratoire UCEIV (Unité de Chimie Environnementale et Interactions sur le Vivant (France)) entre 2009 et 2012.
Mon sujet de thèse portait sur l’impact de certains hydrocarbures sur le métabolisme lipidique d’un CMA et le fonctionnement de la symbiose mycorhizienne.
Durant cette période, j’ai adoré enseigner à l’ULCO la physiologie végétale et fongique, la biochimie, l’écotoxicologie de la licence jusqu’en 2ème année de master.
Après la thèse, j’ai continué mes recherches à l’UCEIV par une année en tant qu’attachée temporaire en enseignement et recherche.
Lors d’un congrès en Inde juste après ma soutenance de thèse, Prof. Stéphane Declerck m’a proposé la rédaction d’un projet à soumettre auprès des actions Marie Skłodowska-Curie pour la réalisation d’un Intra-European Fellowship. Ce projet très bien classé m’a permis d’intégrer le laboratoire de mycologie en 2014.
Par la suite, différents financement régionaux et Européens m’ont permis d’étudier d’autres aspects de la symbiose mycorhizienne, comme la biostimulation de la croissance des plantes hôtes et le biocontrôle des maladies et ravageurs, les interactions plantes/CMA/bactéries, ou encore les effets des pratiques culturales sur la symbiose.
Concrètement, à quoi ressemble ton quotidien ?
La chance d’être chercheure c’est de ne jamais avoir une journée identique à l’autre, donc pas de routine ! : gestion de projet, expérimentations, analyse de résultats et stats, analyse d’articles, rédaction, encadrement et formation d’étudiants…
Je m’intéresse de plus en plus aux méthodes ‘omics’, que je trouve fascinantes, comme le métabarcoding ou la transcriptomique. Je me forme à ces analyses et de nombreuses publications vont suivre 😊
As-tu un hobby, une passion, un talent caché, quelque chose que tu aimes faire ou qui te tient à cœur en dehors du travail ?
J’ai la chance de vivre en pleine campagne, en pleine nature, entourée d’arbres et de nombreux animaux. J’aime contempler cet environnement qui m’entoure, observer les oiseaux, les écureuils, les insectes, les plantes et, bien sûr, les champignons.
J’essaye de montrer à mon fils de 5 ans les super-pouvoirs des organismes et micro-organismes, mais seuls les super-pouvoirs de Superman l’intéresse !
Cite une chose que tu apprécies particulièrement à l'Earth and Life Institute ?
J’apprécie la diversité des connaissances et compétences des chercheurs de l’ELI et de pouvoir facilement interagir ensemble pour faire progresser nos recherches.