Poste de chercheur·e doctorant·e en sociologie des inégalités scolaires
iacchos | Louvain-la-Neuve
Site principal : Louvain-la-Neuve
Contrat à temps plein (100%) pour une durée déterminée de 2 ans (renouvelable)
Entrée en fonction : 01/03/2026
Contexte
Le Pacte pour un enseignement d’excellence vise à combattre les inégalités structurelles et à développer une école inclusive pour tous les élèves. Pour autant, il ne mentionne pas de manière directe ou explicite des publics cibles, comme les élèves issus de l’immigration. Pourtant ceux-ci cumulent souvent les effets négatifs liés aux inégalités. De même, si la sociologie de l’éducation s’est concentrée sur les manières dont les inégalités sociales, ethniques et de genre sont reproduites à travers l’école, elle ne s’est pas encore penchée sur le lien entre inégalités et statut migratoire. Or, non seulement ces dernières décennies les mobilités internationales ont augmenté, mais les états européens, dont la Belgique, ont multiplié les statuts migratoires afin d’opérer une sélection sociale plus stricte des migrants. Ceci se répercute aussi sur l’école. Dès lors, ce projet vise à étudier les inégalités liées au statut migratoire et comment les combattre.
Le projet se compose en trois parties successives et complémentaires. La première partie interroge le vécu des élèves primo-arrivants (demandeurs d’asile, réfugiés, regroupement familial, etc.) et sans-papiers afin de connaître à la fois les obstacles auxquelles ils sont confrontés dans leur scolarité, ainsi que leurs stratégies de navigation du système scolaire et de la société d’accueil. Dans le sillage de la sociologie de l’éducation, cette partie vise à étudier le décalage existant entre les attentes culturelles implicites du système scolaire et les pratiques culturelles familiales des élèves. Il vise également à étudier les compétences développées au sein des familles et des communautés des élèves qui seraient méconnues par l’école, renforçant ainsi l’implicite scolaire qui contribue à la reproduction des inégalités, et comment celles-ci varient (ou pas) selon le statut migratoire.
S’appuyant sur cette première partie, la deuxième partie vise à étudier la connaissance et les perceptions qu’ont les acteurs scolaires de ces obstacles et de ces compétences. Connaissent-ils les difficultés vécues par ces élèves et que mettent-ils en place pour les accompagner à les dépasser ? De même, (re)connaissent-ils les compétences non valorisées de ces élèves ? Le cas échéant, de quelles manières les mobilisent-ils pour contribuer à une expérience scolaire positive et une meilleure réussite scolaire de ces élèves ? L’objectif de cette deuxième partie est donc de répertorier le décalage entre, d’un côté, le vécu et les compétences des élèves primo-arrivants et sans papiers, et de l’autre, la connaissance des acteurs scolaires de ceux-ci.
Ceci nous mène à l’objectif final du projet qui est de mettre en place une recherche-action avec des établissements scolaires (et des intervenant parascolaires) de lutte contre les inégalités scolaires liées au statut migratoire. Se basant sur les deux premières parties du projet il s’agit de mettre en place des actions tant dans la classe, afin d’améliorer les pratiques pédagogiques et didactiques, qu’au niveau organisationnel de l’établissement, afin de mettre en place des procédures qui facilitent l’inclusion, l’intégration et la réussite scolaire des élèves primo-arrivants et sans papiers.