Axes de recherche
iris | Bruxelles Saint-Louis
Cinq axes structurent nos recherches : un axe transversal, à vocation généraliste, et quatre axes consacrés à des questions plus spécifiques. Au-delà de leurs objets propres, tous sont interdisciplinaire et portent un regard réflexif sur les savoirs et les méthodes que nous mobilisons. Cette dimension ouverte et « méta » constitue le fil rouge de nos travaux.
Tendances et mutations du phénomène juridique
Notre axe principal englobe les grandes thématiques intemporelles de la théorie générale et de la philosophie du droit ainsi que l’analyse des transformations contemporaines de la juridicité. Les angles d’approche varient selon les orientations et expertises de nos membres, selon leurs projets en cours et les financements que nous obtenons.
L’équipe du SIEJ s’est ainsi intéressée, notamment, à la nature du raisonnement juridique, aux transformations du rôle du juge, au rapport du droit et de l’intérêt, aux images et usages de la nature, au droit négocié, à la théorie des droits de l’homme, au paradigme de la traduction appliqué au(x) droit(s) européen(s), aux sources du droit, à la division entre public et privé ou, tout récemment, aux liens entre droit et vérité.
Droit, transition et après-croissance
Nombre d’économistes annoncent une période de « stagnation séculaire », caractérisée par une croissance économique quasiment nulle ; des spécialistes des questions énergétiques formulent des prédictions convergentes. Si cette perspective nourrit des craintes légitimes, elle est parfois perçue comme une bénédiction : elle permet de penser les conditions d’une « prospérité sans croissance ». Dans ce débat, le silence des juristes étonne, tant leur indifférence à l’avènement d’une société de l’après-croissance semble inenvisageable.
Tracé à titre principal par Antoine Bailleux, dans la continuité d’une recherche collective (2017-2019), cet axe vise à penser le rôle du droit et des juristes dans la transition économique et écologique qui naît au cœur même de nos sociétés. Depuis plusieurs années, diverses activités sont ainsi consacrées à la croissance, aux communs ou aux liens entre éthique, économie et droit.
Approches féministes du droit
Courant de pensée juridique encore relativement marginal en Belgique quoique reconnu dans le monde anglo-saxon, les approches féministes du droit interrogent l’idée de neutralité du droit en soulignant sa dimension de genre. Leur objectif : contribuer au développement de l’égalité démocratique dans sa dimension substantielle. Au-delà de cette ambition, ce prisme conduit à décaler l’analyse en théorie du droit et, par là, à renouveler la réflexion sur certains impensés ou axiomes de la pratique et de la pensée juridiques.
Depuis 2019, ces approches constituent l’un des axes du SIEJ, sous l’impulsion de Diane Bernard. Cet axe a donné et donne lieu à plusieurs projets collectifs et individuels, concrétisés par des publications, des colloques et des recherches (post-)doctorales.
Droit et littérature
Né aux États-Unis, le courant « droit et littérature » est aujourd’hui reconnu comme une nouvelle manière de poser les questions fondamentales de la philosophie du droit, au carrefour du droit, de la philosophie et des études littéraires. Lancé par François Ost, porté aussi par Quentin Landenne et Antoine Bailleux, cet axe vise à contribuer au développement de ce courant en Europe : par des études thématiques qui en illustrent la fécondité au regard de la spécificité du raisonnement juridique, par une contribution au débat public aussi, il propose une approche fictionnelle des problèmes que soulèvent le droit, la justice et le pouvoir.
Les recherches se structurent en trois pans : la lecture juridique d’œuvres littéraires ; le fait de « faire du droit » en racontant des histoires, en particulier des contes ; enfin, une critique de la raison narrative, qui mobilise les théories narratives pour analyser le discours juridique lui-même (sémantique, syntaxe, pragmatique) comme récit, et non plus pour commenter le droit de l’extérieur, sans identifier pour autant texte juridique et texte littéraire.
Formation et recherche en droit
Initié à la faveur d’un cycle de recherche (2014-2016), cet axe regroupe des travaux méthodologiques sur la formation et la recherche en droit. Des questions concrètes (comment enseigner, comment organiser les études) aux interrogations épistémologiques, il porte sur les nouveaux défis de l’Université au XXIe siècle.
Les conditions, la fécondité et les limites d’une recherche interdisciplinaire en droit y sont étudiées depuis la création du SIEJ et de la RIEJ. À la rencontre de l’enseignement, de la recherche et du service à la collectivité, l’enseignement clinique du droit occupe nos membres en théorie comme en pratique : dans le prolongement du Manifeste rédigé par le SIEJ et adopté par la Faculté de droit, plusieurs cliniques décalent la frontière entre recherche et enseignement. S’y inscrivent aussi les réflexions sur les liens entre recherche et engagement.