Coralie Helleputte et Florence Degavre
"Les organisations de l’Economie Sociale (ES) sont souvent perçues comme des laboratoires d’innovation et des sources d’inspirations pour faire advenir un système économique plus inclusif. Des études récentes (principalement qualitatives) montrent pourtant qu'elles n’échappent pas aux rapports de pouvoir présents dans l’économie et qu’elles perpétuent des inégalités liées aux genres, classes sociales ou origines ethniques. En outre, les enjeux d’Equité, Diversité et Inclusion (EDI) dans l’ES restent une boite noire d’un point de vue statistique. En effet, malgré que ces enjeux prennent de plus en plus de place dans les législations européennes, nationales et régionales, les données sont rares ou partielles, manquent d’une perspective intersectionnelle et se limitent souvent aux questions d’égalité femmes-hommes. La Belgique ne fait pas exception. Des statistiques sur le marché du travail et certains facteurs de discrimination sont produites depuis peu mais ne permettent pas un regard spécifique sur les organisations employeuses de l’ES. Ce manque de données entrave la pleine compréhension et la prise en compte des enjeux d’EDI dans l’ES et au-delà.
Face à ces constats, un groupe de travail pluridisciplinaire s’est constitué dans le cadre du projet escap (www.escap.be) qui vise à rapprocher des acteurs de la recherche et du terrain pour coconstruire des connaissances faisant progresser l’ES en Belgique. Ce groupe de travail travaille en étroite collaboration avec l'Observatoire de l'économie sociale qui peut exploiter des données via l'ONSS, la BCE et la BNB. Récemment, le groupe de travail a obtenu des données inédites de la Banque-Carrefour de la Sécurité Sociale sur le genre, l’origine, l’âge, le niveau d’éducation, la composition de ménage, le temps de travail et le salaire dans l’emploi en ES en Belgique.
Cette présentation visera à présenter les premières analyses de ces données et réfléchir sur les analyses futures à mener."